‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 230 sur 278 · Voy. Boliand., Act. Sanctor. IV febr., p · texte numérisé non relu

Voy. Boliand., Act. Sanctor. IV febr., p

3. Voy. Feuillet de Conclieg, Causeries d' un curieux, 1. 1, p. 99.

4. Baillet, les Vies des Saints, t. IX, p. 22, mardi de la Qiiinquagdsime.

LA VÉnOiMQUf.

« l’une (le ces Véroniques dans l’église de Saint-Pierre, K dés le douzième siècle, devant laquelle on entrete- « nait des lampes allumées, jour et nuit. On a toujours « continué de l’appeler ainsi jusqu’à la fin du seizième « siècle ; et les marchands qui avaient coutume d’é- « taler des images saintes à l’imitation de ce saint « suaire dans la place Septimienne devant l’église du « Vatican, n’étaient distingués ordinairement que par « le nom de vendeurs de Véroniques. »

De la sainte face le nom de Veronica fut transporté à la femme qui , dans plusieurs peintures, était figurée portant le saint suaire, et cette dénomination avait cours chez le peuple, lorsque le nom de Bérénice, appliqué à l’hémorrhoïsse, pénétra à Rome et dans l’Italie.

La ressemblance des deux noms Bérénice ou Béronice et Veronica amena immédiatement une confusion, et le crédule et ignorant vulgaire s’imagina que l’hémorrhoïsse était cette femme pieuse qui portait sur le suaire l’image du Sauveur , personnage sur lequel on avait très-vraisemblablement commencé à broder une légende. Ce qui facilita sans doute cette confusion ce fut le souvenir de l’image du Christ que l’hémorrhoïsse avait , au dire d’Eusèbe. élevc^e par reconnaissance en l’honneur du Christ *. Les inventions des hagiographes ne firent pas défaut pour venir corroborer cette première erreur.

Un faussaire nommé Méthodius, ou qui prenait ce nom, forgea l’histoire d’une dame juive, appelée Vé-

1. Voy. Excitrs, ad. Eiiseb. Ilisl. eccl., vu, 18, éd. Hcinidien, l. lit, p. 396.

ronique, venue de Jérusalem à Rome pour guérir l’empereur Tibère, malade de la lèpre. Marianus Scotus, dans sa chronique *, s'empressa d'enregistrer le fait que Jacques-Philippe de Bergame, dans un supplément à la môme chronique, enrichit de nouveaux détails d’une égale authenticité, ajoutant, par exemple, que l’empereur romain fut guéri par l’attouchement du saint suaire qu’avait rapporté Véronique, amenée de Jérusalem par un certain Volusien

L’idée de faire intervenir ici l’empereur Tibère avait été suggérée à Philippe de Bergame et peut-être aussi au pseudo-Méthodius, par d’autres légendes plus anciennement accréditées et que nous trouvons dans Moïse do Khorène.

Suivant l’historien arménien, Abgare, roi d’Édesse, après avoir été baptisé par l’apôtre Thaddée, écrivit à Tibère pour lui faire connaître la vie miraculeuse et la mort de Jésus-Christ Quelque temps auparavant, Jésus-Christ, encore vivant, avait, au dire également de Moïse de Khorène, envoyé à Abgare sa propre imago, image qu’on mojilra longtemps à Édesse et dont parle un canon du concile de Nicée, tenu en 787, contre les Iconoclastes *. Le faussaire, s’emparant des

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