Baillet, Vies des Suints, I. c., p. 26, col
348 LA VÉRONIOLTC.
sur le compte de l’hémorrhoïsse. Tandis que ITlalie en faisait une dame arrivée de Jérusalem pour guérir Tibère, en France, les liagiographes la transformaient en une des compagnes de Lazare, de Marthe, de Marie- Magdeleine et de Joseph d’Arimatliie avec lesquels ils la faisaient aborder dans les Gaules. C’est dans la chronique attribuée à Flavius Lucius Dexter *, œuvre apocryphe du moyen ége, que cette légende apparaît pour la première fois. Rattachée de la sorte à l’histoire non moins fabuleuse du voyage dans les Gaules de Lazare et de scs sœurs elle en partagea la popularité.
L’origine de cette nouvelle invention des légendaires du moyen dge se lie à l’existence d’une certaine sainte Venise, dont le culte remontait en France à une époque reculée, et dans laquelle on s’imagina aussi reconnaître sainte Véronique. Cette sainte singulière rentre dans la classe assez nombreuse de saints locaux et ignorés qui tirent leur origine de divinités païennes. La piété crédule des paysans gaulois transforma en image de saints et de saintes les simulacres de dieux qu’ils avaient adorés avant leur conversion. Sainte Venise a très-certainement pris naissance de la sorte, et il n’est pas diflicile d’y retrouver la Vénus latine adorée jadis par la population gallo-romaine. Le culte