‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 240 sur 278 · Relation, trad · texte numérisé non relu

Relation, trad

riE L ASIE OCCIDENTALE.

meilleur camphre du monde'. D’après la place h laquelle se trouve mentionné ce royaume dans le voyage du dernier, on voit qu’il s’étendait entre Sumatra et les îles Nicobar, c’est-à-dire qu’il formait trèsprobablement une partie de l’ile de Sumatra. Ce môme camphre, Fansour, est encore cité par Âboulféda'^, comme ayant reçu son nom d’une ville d'El- Fansour, située dans l’île de Djaba. Nous savons, par le voyage d’Ibn-Batouta®, que les Orientaux donnaient ce nom (Djàouab) à Sumatra, fréquemment confondu par eux avec Java. La latitude 5" qu’assigne Aboulféda à Djaba, et qui correspond ü la partie septentrionale de Sumatra, me confirme dans l’opinion, au reste généralement adoptée, que cette dernière île est la Djaba des Orientaux. Java est au contraire à 6 ou 7 degrés au S. de l’équateur, et la géographie des Arabes fait voir combien peu ceux-ci s’étaient avancés au delà de la ligne équinoxiale. Ainsi la présence des camphriers nous ramène à l’hypothèse que j’ai proposée plus haut, c’est-à-dire à voir dans Al-Ramny la partie septentrionale de Sumatra. Le docteur Roulin, qui a joint de savantes notes au travail de M. Reinaud, a fait observer que Ceylan est la seule île où se rencontrent des éléphants; et bien qu’il semble, par les expressions

1 . Voyage Je Marco-Polo , éd. de la Société de géographie, p. 447. et Tli. Wright, The iruvels of Marco Polo, p. 37 4 (London, 1854).

2. ÂbulleJœ opus geographicum ex urab. traii.sl, a D. Reiske, ap. Magazin ffir die nette JlUiorie uitd Géographie , t. IV, p. 27 7 (Hauib. 1770).

3. Ibii Buiuta’s Travcls, transi. , by Lee, (). 190. — Ibn Baluta trad. Derreuiery et Sanguinelti , t. IV, p. 230.

DES ANCIENS RAPPORTS

dont il se sort, pou éloigné de voir dans Al-Ramny une partie de Sumatra, la mention que fait la Relation des éléphants qu’on y trouve semble l’embarrasser. Toutefois, remarquant que les Hollandais avaient vu dans celte île des éléphants, qu’il iTbôsile pas à supposer avoir été apportés d’ailleurs, il ajoute que l’on peut admettre que les voyageurs arabes ont cru propres à l’île des animaux qui avaient été amenés d’ailleurs ‘. Mais ici l’ingénieux naturaliste s’est laissé tromper par une erreur qui paraît s’être accréditée en Europe, et qui est cependant réfutée par le témoignage des voyageurs les plus dignes de foi. Il y a à Sumatra des éléphants sauvages : Marsden ^ et Grawfurd * le disent formellement, et l’ivoire forme encore aujourd’hui une branche importante du commerce de cette île. Ce fait, reconnu par BulTon, qui ne doit point être ici accusé d’inexactitude, achève de ramener Al-Ramny à la position de Sumatra. Les trois productions que lui accorde la Relation, l’or*, le camphre et l’ivoire, lui conviennent parfaitement. Èdrisi ^ nous dit en outre que l’on trouve à Al-Ramny le rhinocéros : or, l’on sait également que cet animal, qui ne se rencontre ni à

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