‹ Croyances et légendes de l'antiquité, essais de critique appliquée à quelques points d'histoire et de mythologieChapitre 34 sur 278 · Voy. Lassen, o. c · texte numérisé non relu

Voy. Lassen, o. c

DES ARYAS

Varouna esl-il représenté comme ayant étendu la surface du ciel semé d’étoiles

L’Arya, étranger aux connaissances les plus élémentaires de la physique et de l’aslronomie, ne pouvait s’expliquer comment le soleil disparaît du firmament; il supposa que cet astre, au bout de sa carrière journalière, parvenu à l’occident, se dépouillait de sa clarté et traversait les deux avec uno face obscure, pour regagner l’orient, d’où il s’élevait, le jour suivant, en reprenant son disquo lumineux^. Varouna fut donc le soleil de nuit, le soleil ténébreux, et le chantre védique le célèbre comme le précurseur du soleil, comme celui qui prépare la voie céleste ^

Le caractère assigné ici à Varouna ressort d’une foule de passages du Rig-Véda. Les épithètes appliquées au dieu, le genre de vœux qu'on lui adresse, font reconnaître la personnification de l’espace obscur, du ciel éclairé seulement par le feu des étoiles, astres dont la cuirasse d’or que le chantre védique donne au dieu, personnifie l’éclat^.

Et les ténèbres inspirant à l’Arya cette terreur profonde dont je parlais plus haut, Varouna devint le plus redouté des dieux; divinité mystérieuse, invisible, son action ne se faisait sentir qu’en secret. L’Arya était incessamment occupé à fléchir sa colère; il le suppliait de ne point l’égarer dans sa route, d'éloigner de lui

1. Rig-Téda, secl. v, lecl. 5, h. G, v. 1, trad. Langlois, t, III, p. 155.

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