I.A KELir.ION
de la presqu’île gangétique, contrée dont la population n’est point d'origine aryenne. Le génie dravidien a toujours plus ou moins repoussé l’esprit de caste du braliinanisme, et cette circonstance explique, soit dit en passant, pourquoi c’est dans le sud de l’Hindoustan que le bouddhisme trouva surtout faveur.
Ce qui vient à l’appui de ces idées, c’est que Çiva, ainsi que l’a remarqué M. Stevenson, rappelle beaucoup Maha-Sohon \ le grand démon de Ceylan, le plus pui.ssant de tous, suivant les bouddhistes, qui lui donnent le nom de H/ioutsesa, c’est-à-dire prince des démons'^. L’adoration de cette dernière divinité est donc vraisemblablement antérieure à l’établissement du bouddhisme dans l’ile ; et ainsi que cela est constamment arrivé dans l’histoire religieuse, la divinité, dépossédée par le culte nouveau, s'est vue réduite à la condition de démon, de divinité malfaisante et inférieure. C’est par la même raison que le grand dieu des Philistins, lleelzébuth, était devenu pour les Juifs, aux temps évangéliques, le prince des démons; que dans la Gaule christianisée les divinités du paganisme. Mercure, Diane, Vénus, etc., sont transformées par les hagiographes en diables et en anges déchus*.
M. Stevenson soupçonne que le nom primitif de Giva était Kedar\ dont le sens originel implique l’idée