Sczomène, HUtoria ecclesiasiica^ lib. 7,c. â
5. Vita S. ^2iû7ti, 2 décembre, ap. Acl. Bolland., c. 5. Cf. S. Grogorius Magnus, Dialogi, lib. Il, c. 27; et sur les idées morales et figurées qui se rattaciiaient à l'aumône, S. Joannes Damascenus, 16. Parallèles, lib. II, c. IG, De eleemosyjia.
6. « Qui recipit vos, me recipît; et qui me recipit, recipit eum qui me misil. » Matb.. X. 40. Cf. Luc, X,16; Joan., XXII, 25. Malh, XXV, 34. Dans une hymne
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infortune. N*écontant que son cœur, il brave le danger et soigne Finfortuné. Charité sublime qui trouve une éclatante récompense» car le lépreux était Jésus-Christ lui-même * ! Le même fait se lit dans les légendes de saint Julien THospitalier ', de saint Martin ', de saint Jean TAumônier, avec de
sur le Jugement dernier, attribuée à tort à S. Ambroise, et que Ton chantait au Yiii* siècle, on trouve les vers suivants :
Karitate qui fraterna me juvistis pauperem Karitatis nunc mercedem reportate, Divites. Lœti dicent : « Quando, Christel pauperem te vidimus a Te, Rex magne, relegentem miserati juvimus? » Magnus illis dicet Judex : « Cum juvistis pauperes. Panem, domum, vestem dantes, me juvistis humiles. »
(Voyez Edelestand du Méril, Poéiiei latinet antérieures au xiie siècle, Paris, 1843).— D'après Jacques de Voragine, une fois que saint Grégoire était en train d'écrire dans le monastère dont il était abbé, un pauvre se présenta, le suppliant d'avoir pitié de lui. Grégoire lui fit donner six deniers d'argent. Le pauvre revint à plusieurs reprises, disant qu'il avait beaucoup perdu et reçu. Grégoire ne se lassa pas; le pauvre n'était autre que le Seigneur Jésus, qui lui apparut, plus tard, sous forme d*ange, pour lui annoncer son élévation au pontificat.
1. Lobineau, Vies des Saints de Bretagne, éd. Tresvaux, t. II, p. 180.
2. Ce trait de la vie de saint Julien figure souvent sur les vitraux. Il a fournL aussi à Cristofano Allori le sujet d'un de ses tableaux. A la cathédrale de Rouen^i^ on a représenté l'histoire tout entière de ce saint. Cf. Langlois, Essai historiques descriptif sur ta peinture sur verre» p. 40. Cette légende valut à saint Julien 1^^ titre de patron des pèlerins ; ceux-ci l'invoquaient pour avoir un bon gite :
Ainsinc m'aist saint Julien Qui pèlerins errans herbcrge.
(Romin de la Rose, éd. Méon, t. Il, v. 8871-72.)
Cf. sur la légende de saint Julien, qu'on voit représentée sur une des verrièv~«s de la cathédrale de Séez, le Mémoire de M. Lecointre-Dupont, Mémoires de la Société des Antiquaires de l Ouest, t. V, p. 190 (1835).
3. Sulpice Sévère, Vita Martini^ c. î. Fortunal., Carmifia varia, lib. X. iJe sujet était représenté sur une des verrières de l'église métropolitaine de Tour», donnée par Albon, abbé de Saint-Martin de Cormery, Bulletin manumental, 1^40, p. 261. On le voit aussi sur un diptyque en bois rapporté par Gori, 1. 111, pl.XXA,' p. 2d4. On lisait, sur îine tapisserie de l'église de Montpezat, ces vers qui résument toute la légende :
Quant de Amiens Martin se partisl
Pour cheminer soubz loy payenno.
Au povre son manteau partist ]
Faisant œuvro de foy chrétienne. \
Lui reposant comme endormy, *
Dieu se apparut environné
De angelz auquelz disoit ainsi :
<( Martin le manteau m'a donné. »
(Baron Ch. de Crazannes, Tableau des Motiuments de Tan^-et^Gafonne^ 1831» Bulletin monumental, mou., t. IV, p. 28y. — Legenda aurea, c. 38. — DaP»
LÉGENDES véES DE LA CONFUSION DU SENS LITTÉRAL 163
légères Tariantes. Nous citerons le récit consigné dans la vie da dernier, dans le style naïf da traducteur de Jacques de Yoragine : a Et comme ce riche homme alloit ung jour, par la Yoye, vestu de nobles vestements, ung homme tout nud loi demanda aucun vestement à se couvrir. Et celluy dépouilla tantost des précieux vestements et lui donna, et tantost celluy pouvre les vendit. Et quand ce riche homme veit qu'il avoit Tendu et despendu les vestements, fut si courroucé qu*il ne voulait boire ne manger. Et quant il s*endormyt, il veit ung qui estoit plus resplendissant que le soleil, et portoit une croix sur son chef, qui avoit vestu le vestement qu'il avait donné au pouvre, et lui dit : Pourquoi plores-tu, Pierre? Et quant il luy eut dit la cause de sa tristesse, il dist : Gongnoista ce? Et il dit: Ouy, sire; et Notre Seigneur lui dist : Je sois bien vestu de ce que tu me donnas et rends grâce à la bonne voulente, pour ce que j'estoye tourmenté de froid et tu me couvris. »
La charité a été célébrée par les premiers chrétiens comme une des vertus les plus propres à gagner le ciel. Jésus répondit au jeune homme pauvre qui lui demandait ce qu'il fallait faire pour acquérir la vie éternelle. « Si tu veux ^tre parfait, va, vends tout ce que tu as et le donne aux Pauvres et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis- 'ûoi! » (Math, xix, 2). On lit de môme dans le Jalkut ftubeni (fol. i65, col. 3) : « Pour celui qui fait l'aumône.
^^ vie de saint Y'vcs, ce saint qui donnait à manger aux pauvres, l'histoire de ce
'Mendiant couvert de haillons et d'un aspect repoussant qui vint s'asseoir le
dernier à la table, et qui parut, après le repas, environne de lumière et revêtu
^^ magnifiques vêtements blancs, est encore empruntée à la même idée figurée.
^'f* P. Albert le Grand, Vies des Saints de Bretagne, éd. Miorcec de Kerdanct et
^«■averan, p. 175; Lobineau, Vies des Saints de Bretagne, éd. Tresvaux, t. 111,
p. i4.~ Un fait tout semblable est raconté dans la Légende de saint Grégoire le
Granl.— 11 est assez curieux de retrouver en Chine, chez les sectateurs du Tao,
^Qe tradition absolument semblable. Tchéou-Hoei-Hoa aimait à faire l'aumône
^ux pauvres; nulle peine, nulle fatigue ne pouvait ralentir son zèle. Un jour, le
'^'cu Tchi-Kouan-Tchin-Sin se changea en mendiant pour l'éprouver. Tchéou
^empressa avec joie de lui donner l'aumône, et, aussitôt, le dieu le transporta
**• séjour céleste, où il porte le nom de Si-Hoa-Tchin-Sin (Le Livre des Bccom-
'«««eiet des Peines^ trad. S. Julien, p. 407).
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« Dieu sèmera ses dons dans le jardin d*Eden ; il recueillera « des fruits au centuple et amassera un grand trésor. ï>
Rien n'est plus commun, dans les livres juifs^ les Actes des Saints et les écrits des Pères, que les comparaisons tirées di: lis et de la rose, du rameau fleurissant, auxquels est assimilé le juste, pour la pureté de son cœur, la suavité de son âme, Féclat et la beauté de son triomphe : « Florete, flores, quasi lilium, » dit TEcclésiaste ^
On lit dans le quatrième livre d*Esdras ' : « Ex omnibus floribus orbis, elegisti tibi lilium unum. )> Et dans le Testament de saint Siméon ^ : « Ut rosa florebunt omnia ossa mea in Israël et ut lilium caro mea in Jacob. »
Une racine sort de Jessé ^, elle produit une tige miraculeuse, de cette tige éclôt une jolie rose^. « La racine est la race de David; Marie, toi, tu es la tige; ton fils est la fleur, la jolie rose ®. »
« Vous êtes dans ma cour comme des racines de rosiers blancs, de lis ou d'aubépine dans le coin d'un courtil, » dii encore un chant populaire de la Bretagne ^ ; « Dieu a cueill Gertrude comme une belle fleur, comme un lis blanc dans 1( jardin de TÉglise *. » « Hilarion a fleuri comme une rose sui