Didron. Iconographie chrétienne, p. 4il
3. Voyez Vexilla régit, dans l'hymne Pange Ungwt du Vendredi-Saint.
4. Paulin Paris, Le* Manu*critt français de là Bibliothèque du Roi, t. I, p. 124.
5. Les Evangiles apocryphes rapportent l'histoire d'une verge qui fleurit aux mains de saint Joseph et le désigna pour l'époux de la Vierge. Cf. Protevange- Uum S. Jacobi, ap. Thilo, Cod. apocryph,, p. 209 et ss. Cette légende, fort accréditée au moyen âge, fit adopter chez les artistes l'usage de peindre ce saint ayant à la main une baguette qui fleurit, ainsi qu'on peut le voir dans le tableau de Raphadl représentant le mariage de la Vierge.
épanouies au moment de la mort d*un saint S ou qui, leur présence, ont indiqué sa tombe ' ; de lis ^ poussés dan bouche des âmes pieuses ^, ou qui ont, à Finstant du pass
i. Au moment où l'on ouvrit le tombeau de saint Salve, évoque d'Amiens, odeur suave se répandit de loin et la terre se couvrit de fleurs : Âger vi amœnitate diversorum florum adesset. Bollandistes, Acia, t. VII,, c. 3, pai p. 706. Des roses rouges indiquèrent la présence du corps de saint Etienne, e roses blanclies celle des reliques de saint Nicodème. Collin de Plancy, Die naire des Reliqites et images, t. II, p. 211. Suivant la légende locale, lorsque apporta les reliques de saint BcnoU, par la Loire, à Fleury, les arbres se i tirent de feuilles et de fleurs. Cette circonstance, dont on prétendait trouve monument dans l'arbre vert sculpté sur le pertail nord de l'abbaye de S Benoit, valut, dit-on, au lieu où les reliques avaient abordé, le nom de FI (Floriacum). Une fête religieuse, appelée VlUation, consacra dans ce vil nommé plus tard Saint-Benoit, le souvenir de ce prétendu miracle. Marct Souvenirs historiques de l'ancienne ahbaye de Snint-Benolt-sur-Loire. p. Orléans. 18B8). Une rose fleurit miraculeusement sur le tombeau de saint Wil martyr enfant. Rolland., Acta XXV, Mars, p. 365, et XVII, Mai, p. 657.
2. Ce sens allégorique était souvent rappelé par des inscriptions aussi int prises et qui complétaient Terreur, telles que celles-ci :
Gallin palmigerus Fortino praestat honores, Totque rosascapiti, vulnera quanta secat.
{MenologiumS. Francisa, XIV, Jul., p. 1390.
3. Les premiers chrétiens et les juifs attachaient au lis des idées su pi tiouscs; ils lui attribuaient la vertu de neutraliser les enchantements et d' ter les dangers. Pour pénétrer sans crainte dans la chambre d'Holoph Judith se ceignit la tête d'une couronne de lis. On représentait souvent su anciens calendriers, notamment sur ceux à symboles nommés cloggs, dos ciflx dans un pot de fleurs; les membres du Christ s'épanouissaient en tig lis ou au milieu d'un lis. Ce signe se mettait le jour de l'Annonciation (^ James Barr, Anglican Church Architecture, i*" édit., p. 166).
4. On lit dans la vie de saint Bonoist do Vallonibrose : lu ojus ore CCCXX annos, liliura quasi recens natum, nivo candidius inventum esse, land., Acta XX, Jan., p. 715. Dans l'histoire de N.-D. do Folgoal. on trou légende d'un lis poussé dans la bouche d'un écolier qui no savait répotei ces mots : « 0 dame viorgo Mario ! » Voyez Cambry, Dans le Finistère, 1. 11, p.3î fleur sortit également de la bouche do saint Louis de Toulouse, k sa mort. ( de Plancy, ouv. cit., t. Il, p. 127. Cf. Vinconlius Hollovacensis, Speculut torialê, lib. XV, c. 23. Toutes ces Idées sont rappelées dans cette autre co raison du Ménologe de saint François :
Membra quid important scissis raptata dumclis Lilia suppliciis nempc recisa virent.
(XllI, Jul.. p. 1258.)
Saint Jean-Baptiste, saint François d'Assise, saint .Antoine do Padoue, Cajetan de Thieno. saint Louis do Gonzaguo, saint Casimir, étaient représ portant des lis à la main, et saint Guillaume de Montpellier, avec un lij sortant do son soin et sur lequel était écrit : Ave Maria. (Cf. Chrisllich K Ki/mhoUk und Ikonographie, pp. 28, 29, Francfort. 1839). Voyez l'histoire du I monastère do Corvey, qui indiquait la mort de chaque fn^o. dans Griinm.. ditions allemandes, Irad. Theil, 1. 1, 122. Los peintres pl.»cenl toujours un lis la chambre de la Vierge, lorsqu'ils peignent rAnnonciation.
de ceUes-ci dans le ciel, jeté de délicieux parfums ^ La vigne, employée comme symbole du martyre chez les premiers chrétiens', objet fréquent de comparaisons des prophètes, dans les écrits desquels on la regardait comme la figure de l'Église et de la foi^, a aussi suggéré Tidée de vignes poussées miraculeusement *. Erreurs entretenues encore par les représentations matérielles de ces métaphores, par ces fréquentes images de fleurs, de lis, de roses placées à la main d'un saint, ou sortant de sa bouche, pour indiquer la pureté de son âme'^; de vignes données comme emblèmes à certains personnages qui s'étaient fait une célébrité par leur piété. Nouvel ejQTet de Tignorance, qui trouvera son explication dans la troisième partie de ce livre.
Le goût pour les miracles était tel qu'il n'y avait pas jusqu'à la plus simple figure de langage qui ne fût interprétée de manière à faire croire à quelque nouveau prodige. Saint Thomas demandait à saint Bonaventure où il puisait cette force et cette onction qu'il mettait dans ses ouvrages? Celui-ci lui montra un crucifix appendudans sa chambre. « C'est cette image », dit-il, « qui m'a dicté toutes mes phrases. »En vain les biographes de saint Bonaventure ne rapportent-ils ces paroles que comme exprimant que c'était dans la vue des souffrances du Christ que le grand théologien puisait toute son éloquence •, le peuple raconta l'histoire de ce crucifix miracu-