XXVIII ALFRED MAURY
de vue de Thistoire de la civilisation au moyen âge et à la Renaissance. En revanche, il avait plaisir à entretenir ses auditeurs de rhistoire de l'Europe occidentale, en prenant pour point de départ Taurore des temps modernes. Il débuta, dans cet ordre d'idées, par un aperçu sufïisamment large de l'histoire de la civilisation du xv« au XVII* siècle. Plus tard, il développa ce premier essai en traitant de l'état moral et politique de la France au xvi* siècle, qu'il compara depuis à l'état politique de l'Allemagne pendant la même période, et en exposant dans ses leçons soit l'histoire de la civili. sation en France depuis le xvii' siècle jusqu'à nos jours, soit encore l'état moral et politique, comparatif, de la France et des autres contrées de l'Europe au xvii* siècle, soit enfin les progrès des connaissances géographiques en Europe, depuis le xv* siècle envisagés principalement par rapport au développement du commerce et de l'industrie. Un exposé rapide de l'histoire des institutions politiques et administratives de la France, du xiv^ au xviii* siècle, fut suivi de l'histoire comparée des mêmes institutions en France et en Angleterre du xvi® au xviii" siècle. Enfin durant une longue suite d'années, Maury retraça aussi dans sa chaire, avec un grand luxe d'érudition, l'histoire de l'Italie aux xv', xvi* et xvii* siècles, et celle de l'Angleterre depuis le règne de Henri VIII jusqu'à la révolution de 1688.
Bien que le professeur ne soit en principe qu'un éducateur oral, il est néanmoins fort regrettable qu'Alfred Maury n'ait pu faire part des richesses de son enseignement à cette partie du public qui, pour les causes les plus diverses, ne peut toujours suivre les cours de nature à intéresser sa curiosité. On trouve, à la vérité, le résumé de quelques-unes de ses leçons dans la Revue des cours littéraires^ et la matière de plusieurs autres a passé dans certains articles de la Revue des Deux Mondes, Mais cela n*est rien en regard de ce qui, aujourd'hui, n'existe plus que dans les notes de quelques auditeurs diligents. Le public dont je parlais il y a un instant, et qui, non sans motif, regrette de ne voir arriver jusqu'à lui que des bribes seulement d'un enseignement auquel il ne peut assister, ne songe pas que la collaboration à V Histoire de Jules César d'abord, la direction générale des Archives ensuite, empêchèrent le savjint professeur de tirer des sujets traités par lui au Collège de France la matière de livres intéres-