ET SA CHAIRE DU COLLEGE DE FRANCE XXVII
qui ont peuplé TEurope, et porter ensuite son attention sur les migrations qui, depuis La haute antiquité jusqu'au xv® siècle de notre ère, conduisirent les populations asiatiques dans TAsie occidentale, l'Europe et TAfrique. L'histoire ancienne, proprement dite, fut encore plus largement représentée dans renseignement de Maury, et, dans ce vaste champ d'investigations, il s'attachait de préférence à Tantiquitë la plus reculée, à la plus ancienne histoire de rhomme dans la partie du monde que nous habitons : son programme comportait, dans ce dernier ordre d'études, tantôt des questions aussi étendues que les origines de la civilisation en Europe et en Asie considérées dans leurs rapports «avecTarchéologie, ou les informations que les découvertes «archéologiques fournissent sur rhistoire de Tantiquité grecque et romaine, tantôt des sujets plus particuliers, mais non moins intéressants, comme Thistoirc primitive de la Grèce étudiée dans ses relations avec les monuments, les traditions héroïques delà Grèce et de Tltalie envisagées au point de vue de l'histoire primitive de ces contrées, ou l'histoire et les antiquités des populations italiques. Il ne délaissait pas cependant la période réellement historique des temps anciens, car, non content de traiter de l'une des époques les plus douloureuses de l'histoirede la Grèce — je veux dire son asservissement parles rois de Macédoine, — il étudia les agrandissements du territoire romain et, à l'occasion des progrès de la domination romaine, le principe des nationalités dans l'antiquité ; il retraça aussi l'histoire et la géographie de la Gaule et, comprenant à merveille l'importance de cette partie de la critique littéraire qu'on appelle assez improprement l'historiographie, il tenta de déterminer le caractère des principaux historiens de l'antiquité et les sources auxquelles ils ont puisé. Ces nombreux sujets de cours, empruntés à l'histoire ancienne, furent développés à tour de rôle, avec le renouveau que leur apportaient les résultats de l'érudition moderne, devant un auditoire qu'émerveillait la science si silre et si variée du professeur.
Moins versé dans la connaissance du moyen âge que dans celle de l'antiquité, il ne parla qu'incidemment de cette époque de transition, si importante toutefois, de l'histoire de l'humanité; il consacra pourtant l'une des leçons hebdomadaires de toute une année scolaire (1882-1883) aux monuments écrits, considérés au point