‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 143 sur 251 · LE SERPENT · texte numérisé non relu

LE SERPENT

De tous les symboles que le christianisme a adoptés, i n'en est certainement aucun qui remonte à une plus haut^^ antiquité que celui du serpent. Le plus ancien des livres sacré ^ des Hébreux adopte, dès ses premières pages, la forme d.^^3 reptile, pour en revêtir le génie du mal, lorsqu'il tente Eve * . C'était très probablement en Egypte, qui le tenait à

1. Genèse III et ss. Cf. Bohlen, Die Gênent hittorisch-krititch erlœuiert, pi IT^ - ^i Oimond de Beauvoir-Priaulx, Quœttionet mo$aicœ, or the book of Genetit ^>^^^, pared with the remaim ofaneient religions, p. 85 et ss. London, 184t, in-««»^

UÊGK2fDBS INYBNTiBS POUR BXPLIQUBR LES SYMBOLES, ETC. 217

lourde Tlnde et de la Perse, que Moïse ayait puisé cet emblème de la ruse, de Tinsinuation et de la perfidie. En effet, nous voyons les Égyptiens peindre sous la figure du serpent, i^jKiphis, la divinité malfaisante, Fadversaire d*Horus. Celuici était représenté perçant Apophis d'une lance \ comme on vît plus tard les chrétiens montrer saint Michel triomphant du dragon infernal. Dans la religion indienne, le serpent Sécha ou Vasouki, Tarbre Calpavrikcham, jouent le même ^le que le serpent tentateur et Tarbre de la science du bien €t du mal, dans la Genèse'. Crichna, Tincamation de la seconde personne de la trinité hindoue, tua le serpent Caliya', idée qui rappelle trait pour trait celle de Jésus-Christ venant mettre fin au règne du démon ou du serpent. Garuda est placé à rentrée de FEden hindou, dont il défend Taccès aux serpents ^. En général le serpent se lie au culte de Çiva, le pTîncipe destructeur de la Trimourti , le Satan indien. En Perse, Ahriman, le dieu rival d*Ormuzd, la cause du péché du premier homme, celui qui a introduit le mal dans le ixionde, était regardé comme ayant la figure d*un serpent; c'était, sous la forme d*une couleuvre, qu'il avait sauté du ciel sur la terre et les dews ses sujets étaient autant de serpents gardiens de Tor^. Les adorateurs d'Ormuzd, les ennemis d' Ahriman, devaient, par le travail, extirper les serpents, emblèmes maudits *. Dans la mythologie Scandinave, le serpent Midgard, que combattait Thor, la seconde personne de

^* Gard. Wilkinson, Cttttoms and mahnert of the ancient Egyptiant, t. IV, pp. 243, 435. Rosellini, Monumenti delV Egitto e délia Nubia, favola 40 et 41. ^nip, Lep«lu8, Doi Todlenbuch der jEgypter, Leipzig, 1842, pi. XVI et XVII. •• ^reuier, Rêligiong de innliquilât trad. GuiKniaut, t. 1, p. 342. •• Bohien, Dtis aile Indien, t. I, p. 249. W. Francklin, Retearches on the ler.ets Qa ùoctrmeê of the Jdine$ and Roodhistet, Londres, 1827, in-4*, p. 15. Coleman, '^ ^ylhology ofthe Hindw, London, 1832, in-4». ♦• K. Moor, Thehindu Panthéon, pp. 23. el341. deA ^*'*"'*''» ®"^- *î**'» *• *• P' 33*' Zend-Avetla, édit Anquetil-Duperron, RotindiJ^**^^* t. Il, p. 351. L'un des plus puissants d*eux s'appelait Aschmogh, c'est-à- S V® arpent à deux pieds. {Zend Avesla, ibidem,) e^/l ^<^irez, en général, sur cette matière, Rhode, Die heiligen Sagen de$ Zendl w^f*^^' '*♦ P* ^^ (Francfort, 1820, in-8»), et l'excellent article zoroastre, de "^ Heynaad, dans V Encyclopédie nouvelle.

la trinité du Nord, est fils de Loki. Or, Loki est le démon de la religion odiniqiie, c'est Topprobre des dieiix etdes hommes, Tartisan de tromperie et de fraude ^

La Grèce a fait aussi paraître, dans ses fables, le symbole du serpent. Apollon, né de THorus égyptien, tue le serpent Pithon * ; Hercule triomphe de l'Hydre de Leme ' et du dragon du jardin des Hespérides ^. Les Titans, ennemis des dieux et qui, dans la mythologie antique, jouent le rôle des anges rebelles, étaient représentés avec des membres terminés par des serpents ^.

Celui de tous les livres canoniques des chrétiens, qui porte empreinte davantage la trace des mythes de la Perse et de rinde, l'Apocalypse, transporta dans la religion nouvelle l'antique symbole du serpent. Saint Jean peignit le démon sous les traits d'un grand dragon roux, ayant sept têtes, comme l'hydre, et dix coriles, et sur chacune des têtes, un diadème®. Ce dragon, après avoir séduit tout le monde, fut précipité à terre et l'ange l'enchaîna pour mille ans^.

Conduite par la parole de l'auteur de l'Apocalypse, l'Eglise accepta donc le serpent comme l'emblème du démon. Satan fut

1. Cf. Mallet, Kdda, fab. VII, p. 147-206, mais surlout Lexiconmythologicumy p. 497, ap. t. 111, de VEdda Sœmundar Hins Froda, p. 497, Copenhague, in*4o.

2. Dupuis, Oriifine de toiis les Cultes, éd. Auguis, t. V, p. 100. — Éméric-David Jupiter, recherches sur ce Dieu, I. Il, p. 498. — Millin, Galerie mythologique, t. I, pi. 15 (53), 16 (54). — K.-O. MUlIer, Die Dorier, t. I, p. 315. — J.-U. Voss, MythologUche liriefe, t. Il, br. XV, p. 121.

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