‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 142 sur 251 · REPRÉSENTATIONS DE L*AME · texte numérisé non relu

REPRÉSENTATIONS DE L*AME

Ainsi peu à peu la représentation matérielle s*emparaitdes idées les plus spirituelles et les plus inaccessibles ans; sens, pour les revêtir d'une forme grossière et purement humaine. L'âme elle-même, Tâme n'échappait pas à cette triste influence de Tanthropomorphisme. On la vit bientôt représentée

1. Dans la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, au département du Finistère. on voit, sur la voûte de Tune des chapelles latérales, une peinture singulière représentant trois faces humaines réunies par le front, ayant trois nez et trois bouches, mais seulement trois yeux. A volonté, on réunit ces yeux deux à deux pour chaque face prise isolément... Au bas on lit en lettres gothiques: Ma Doues, c'est-à-dire en bas-breton : Mon Dieu. Cf. P. Mérimée, NoU$ dun voyage dam l'Ouest de la France, p. 177. — En Picardie, selon M. Dusevel, la Trinité est représentée tantôt par deux tOtes humaines ayant trois yeux, tantôt par deux t^tes avec des ailes. C'est à des rcprcschtatious do ce genre que fait allusion le Père Ayala dans ce passage do son livre intitulé : Pictor chrisUamis eruditiu, cité par Molanus: « Jam supra meminimus absurdœ prorsus ac monstruosa} imaginis Trinitatis, utpessimi pictores volunt sacratissimœ, in qua uno vultu comptéetantur très nares, tria monta, très quoque frontes et quinque oculos».

2. Jean Gerson s'éleva avec force contre ces représentations grossières ; il dit dans son Sermon sur la nativité {Opéra, t. IV, fol. 470) : « Et pourtant on se doit bien garder de paindrc faulscment une histoire de la Sainte-Escripture, tant que bonnement se peut faire. Je le dy partie pour une image qui est aux Carmes et semblables qui ont dedans leur ventre uno Trinité, aussi comme toute la Trinité eut prins char humaine en la Vierge Marie.» — Un vitrail français du xvi* siècle représente la Vierge Marie, dans le vontrodo laquelle on voit l'enfant Jésus les mains jointes, droit et environne d'une auréole flamboyante. (Didron, ouv. cit., p. 287). Cf. liullelin du comité des Arts, p. 246, 6« numéro. — On lit encore au sujet de ces mômes images dans les Controverses du cardinal Bellarmin : a Nec tolcrandum est quod pictores audent ex capite suc confingero imagines Trinitatis, utcum pingunl unum hominem cum duobus capitibus et in medioeorum columbam, haec enim monstra qusedam vidontur et magis oiTendunt deformitate sua, quain juvent similitudine ». — Le pape Alexandre 111 avait senti que des tentatives pour représenter la Trinité ne pouvaient aboutir qu'à dos imagos grossiùros, el il s'exprimait à ce sujet en ces termes, en écrivant à Soldanus : « Porro licet nihil invenirc possumus quod expressam habcat unitatis, quae in Deo est, et summae Trinitatis imaginem ». Alex. III, pont, max opist. 32, ap. LabbeietCossartii Sacrosancta concilia, t. X, p. 1214 (in-f°, 1771). Cf. sur ce sujet J. I»h. Ëssich, Deeo quod Ucitum est circa picturam imaginum S. S. TrinitatiSf Tubingac, il kù, et Frod. Borromaei, Depictura sacra, lib. II, c. 1, ap. Gori, Symb, Utter. t. Vil.

liGENDBS INVENTÉES POUR EXPLIQUER LES SYMBOLES, ETC. 2ii

dans les images, sous la figure d'un petit homme S sans sexe, pour eiqprimer que la différence entre Thomme et la femme ne tient qu'au corps et qu'ils sont au fond un être identique ' et na, pour faire voir qu'après la mort, Tâme est dépouillée de toute enveloppe terrestre et vicieuse '. Tantôt on voit cette petite figure, les mains jointes, s'échapper de la bouche du défont et portée vers Dieu, dans un linceul, par les anges ; tantôt, on a peint cette figure devenue un sujet de dispute, entre les anges qui la protègent et les démons qui l'assaillent ^ ; tantôt encore, l'âme est pesée par l'archange Michel, dans les i^doutables balances^, ou entraînée par les esprits des

1. Cétait par allusion à ces paroles du Christ : « Nisi efOciamini sicut parvuli, ■lOD JQtrabitis in regnum coelonim ». MaUh.« XVIII, 3. ~ Cf. l'excellent ouvrage hurles vitraux peints de Saint-Etienne de Bourges, publié par MM. Arthur Martin «1 Cahier, i«r Uv., pi. i.

t « Car après la résurrection, les hommes n'auront point de femmes, ni les ^mmes de maris; mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel ». Matth. ^XII, 30, Luc. XX, 85. Cf. S. Grégoire, évoque de Nysse, De anima et returrectUme *^ialogvt, éd. Krabingerus. p. 110, part. 236, et Tertullien, De anima, c. 18. ~ On 'H dans un fragment de V Evangile des Égyptiens conservé par Clément Romain C^P. II, 52): Interrogatus a quodam ipse Dominus, quando vcnturus esset regnum ^^, dixit: n Cum pudoris indumentum eonculcaveritis et cum duo erunt unum, ^^(fucd foris est erit intus, et masculiu cum femina, neque mas. neque femina ». ^. a Figura infantilis animae, quœ in cœlum defertur, significat cjus innocen- *'*!&. » Rubei, De divinis officiis^ lib. 1. c. 4, p. 10.

^. J'ai déjà parlé, dans le troisième chapitre, de cette idé<;figurcedc lutte qui avait ^^i par se traduire sous les traits d'une croyance positive. On lit à ce sujet dans ^ livre intitulé: Dwi Hugonis Eterianif de anima corpore jam exuta liber, ad ^^erum Pisanum, Coloniao, 1540, ln-12o, c. 9, p. 35: « Verum post mortem, lan- ^^ida est confessio, quando omnium malignorum instantia spirituum vehcmeny^^ma est, qui non solum peccatorem, verum etiam justum enituntur ut précipitent in inferni profundum, quod Judas testatur apostolus»; et plus loin : H^ Nullo certe modo ambigu um esse débet christiano,quin cgredientesdocarceri- ^Usoorporum animas angeli suscipiant. Etenfmcum molem corporumdeserunt, ^ni proti nus angeli et invida dœmonum acies occurrunt, invcstigationc subtili ^Ualitates operum discutiunt et cujus partis do jure censentur, ad invlcem con- '^Qdunt ».-- L'histoire arabe de Joseph nous montre Michel et Gabriel défendant ^On âme contre les attaques des démons: « At angeli conservarunt animam ejus ^ flemonibus tencbraruro, qui erant in via ». C. 23, ap. Thilo., Codices apon'yphi, *. I, p. 43.

S. Cf. la note donnée plus haut et d'Aginrourt, Peintures, pi. 135, pour une

'■'«îsquo de Saintc-Agn«»s, à Rome, fresque qui est du xv«* siècle. A. Martin et

^^hier, ouv. cit., pi. 3, 2« liv. Dans le vitrail de l'ojîlise de Bourges, on voit saint

Michel tenant une balance ; dans chaque platoau est une âme; une autre ùme

^oboul est près de l'archange, à la ceinture duquel elle s'attache; c'est l'âmo du

ÎHste qui n'a pas été trouvée trop légère. Lo diable tire à lui un des plateaux, en

Y plaçant le pied. Un diablotin vert, couché sous ce même plateau, cherche

«Qcoreà l'attirer à lui, sans le faire pencher. Derrière est une âme qui attend

^'on tour et voit ce pèsement avec effroi.

ténèbres, dans Tablme infernal. Quelles qu*elles soient, ces représentations indiquent toutes combien les idées étaient déchues de ce spiritualisme de quelques docteurs qui s'épuisaient en vains efforts pour faire concevoir Tâme, sans y attacher la pensée d'un corps quelconque ^

§ 6. — SUBSTITUTION DBS IMAGES AUX SYMBOLES ET VICISSITUDES DE l'IGONOGRAPHIE DU XII* AU XVI* SIECLE

L*Église sanctionna par ses décrets Tabandon des symboles que Ton commençait déjà en effet à délaisser, parce qu'ils cessaient d'être compris et qu'ils étaient défigurés, par suite. Elle prescrivit, à la place, l'emploi d'images purement représentatives. En G92, un décret du concile de Constanti- « nople, appelé Quinisexte ou in trullo, avait défendu l'emploi du symbole jusqu'alors si usité de l'agneau, auquel dut substituée la peinture pure et simple du crucifiement '.

Cependant il ne faudrait pas s'imaginer que ce fut instanta nément et, d'un accord général, que s'opéra ce grand change ment dans les sujets traités par l'art chrétien. L'usage d symboles avait été trop universel pour qu'il s'eflaçât d' coup, et ainsi que nous l'avons déjà remarqué, il se conser davantage dans ces contrées où il avait paru pour la premiè fois et avait été le plus répandu. L'espace de temps assez c sidérable, qui sépare le concile Quinisexte et Tépoque v

i. Cf. Martin et Cahier, ouv. cit., 2<? liv.. pi. 4. — Dans la Bible historiée mi^z^ug. crite citée plus haut, fol. 80 recto, on voit Tâmc du mourant qui, au licudes'él ^ver vers le ciel, se dirige en bas où elle esl re<.ue por un diable. Cela rappelle €jue dans le mystère de la Passion analysé par M. Onésime Leroy {Élude$ ult ie* Mystères, p. 199), on représentait Hérode abandonné à ses remords, sur unimt de douleurs. A son chevet, deux diables lui présentaient un couteau en lui cosb seillant de s'en servir pour se délivrer de la vie; à peine avait-il cédé àcelC ^ infernale inspiration, qu*on voyait tous les diables s'emparer de son Mue ol ^ ^ porter en enfer.

t. a Ut ergo quod perfectum est vel coloruni expressionibus omnium ocul^^^^ subjiciatur, ejus qui tollit peccata mundi, Chrisll Dei nostri, humana forma cha.^^ racterem etiam in imaginibus deinceps, pro veteri agno, erigi ac depingi jubu -^^ mus ». Cauou 82, Acta Conciliorum, 1714, 1. 111, col. 1691 et 1692.

laquelle se montrent les premières représentations humaines de Dieu le Père, nous est une preuve que la tranformation ne s^efTectua que lentement et à de grands intervalles. D'ailleurs, ce qui était abandonné, ce que TÉglise avait défendu, c'était remploi des symboles, séparés de la figure, de l'image qu'ils étaient destinés à rappeler sous le voile de l'allégorie. L'usage des symboles s'est, il edt vrai, conservé longtemps dans les almanachs grossiers, dits Cloggs,.qpi furent en usage en Angleterre durant le moyen âge. Ces cloggs paraissent être d'origine septentrionale et se rattacher aux runes ; ils n'ont confondu que plus tard les symboles païens avec ceux des chrétiens *.

L'agneau continua bien à rendre mystiquement Tidée du Christ, mais il accompagna désormais la représentation de celui-ci. On employa encore les symboles des quatre évangélistes, mais ces symboles ne parurent plus seuls et ils ne servirent plus que d'attributs aux images de saint Mathieu, de saint Marc , de saint Luc et de saint Jean ; ainsi le symbole perdit alors, à vrai dire, son caractère idéographique et il ne fut plus réduit qu'au rôle secondaire d'attribut. Dès lors, certains symboles furent attachés plus spécialement à certaines images, et devinrent par là le caractère distinctif de personnages déterminés; et le vulgaire, qui ne comprenait plus le sens de ces images symboliques, s'efforça par des faits supposés, des légendes forgées à plaisir, d'expliquer la présence de ces objets, de ces animaux dont il ne saisissait pas le rôle emblématique, et, accumulant toutes les erreurs, il associa des croyances tirées du paganisme, à ces images qui furent bientôt défigurées et altérées elles-mêmes. Les légendes créées dans différentes contrées se firent des emprunts réciproques, et rentrant dans l'art des œuvres duquel elles tiraient leur origine, elles furent à leur tour reproduites par les artistes, avec toutes les circonstances dont les

1. Y. James Barr, Anglican chureh architecture, 4« édit., Append. p. 152 et suiv.

avaient grossies des imaginations ignorantes et crédules'.

Avant d'aborder quelques-unes des explications destinées à faire connaître l'origine de légendes qui ont été jusqa*à présent mal comprises et quoiqu'il n'entre pas dans mon sujet de faire l'histoire des nouvelles transformations subies par les représentations à partir de l'époque à laquelle elles ont revêtu un caractère matériel et iconographique, je crois devoir dire cependant quelques mots sur les vicissitudes qu'elles ont éprouvées dans la suite.

Du XII* siècle au xv!*", le goût du fantastique et du bizarre a dominé tous les sujets religieux, et, sans parler de ces images ridicules ou obscènes qui se trouvent dans les basreliefs des églises et les miséricordes de certaines cathédrales, les symboles anciens eux-mêmes, conservés par l'artiste qui sans doute en avait oublié le sens, furent affublés d'ornements modifiés par des accessoires singuliers, qui en dénaturèrent tout à fait Tesprit et la physionomie primitive.

La Renaissance, en ramenant l'étude des poètes de l'antiquité, fit reparaître l'allégorie antique, avec son cortège mythologique. Néanmoins il se conserva encore quelques traces du système antérieur et cette fusion du principe antique avec celui du moyen âge donna naissance, par un phénomène tout semblable à celui qui se produisait dans le style architectonique, au genre moral et allégorique de la fin du xv* siècle et du siècle des Valois. Déjà, dans cet ordre nouveau de représentations, la pensée chrétienne s'est un peu effacée.

1. Uno source nou moins féconde de légendes, qui se rattache à ceiles-ci, a oie la présence des ex-voto placés dans les églises, en mémoire de maladies guéries par l'intercession du saint patron. Lindanus rapporte, dans son Armure évangélique, liv. III. ch. xxxi, sur le témoignage do saint Théodoret, que ce fut longtemps l'usage de suspendre des jambes, des mains, des pieds, des yeux de cire, d'or et d'argent aux temples des martyrs, par reconnaissance par les cures merveilleuses opérées parleur intercession. Souvent ces représentations, défigurées par le temps ou rendues d'une manii^^re grossière, offraient aux regards l'apparence d'objets différents de ceux qu'on avait voulu représenter, et dont on donna ensuite l'explication dans des légendes forgées à plaisir. Fort souvent, ces exvoto eux-mômes n'avaient aucun rapport direct avec l'objet pour lequel ils étaient consacrés, mais le vulgaire n'en prétendait pas moins rattacher, par des légendes, l'objet de l'ex-voto au motif qui l'avait amené.

pour faire place à une idée simplement philosophique. C*est ce qui arriva pour une classe de monuments qui caractérisèrent cette époque, d'une manière toute spéciale, je veux parler de la a danse des morts ^ d En général dans ce sujet, ainsi que dans tous ceux qui s'y rattachent, tels que la légende des « Trois morts et des trois vifs » , la lutte de la mort et du mourant, la mort n'est plus l'ange exterminateur envoyé par Dieu pour firapper le pécheur, c'est un être allégorique figuré sous la forme hideuse d'un squelette. Il y a dans cette danse folle, cette ronde générale menée par la mort, je ne sais quelle idée satirique et moqueuse sur l'objet le plus grave et le plus solennel de la vie humaine, qui indique déjà, quoique vaguement, l'invasion du scepticisme. De même et par un pareil ®fiet de la transformation opérée dans la pensée qui animait ^artiste, on remarque à cette époque la fréquente substitution ^e sujets tirés de la vie civile et privée, à ceux empruntés à * Écriture Sainte. Et la manière même dont l'idée morale est Pï*ésentée est déjà toute différente. Les vices, par exemple, ^^ sont pas, comme auparavant, des démons particuliers qui f^cissèdent le cœur de l'homme, ce sont des êtres abstraits ^^ présentés par des personnages allégoriques. Sans doute il ^ avait dans cet enseignement moral, dans ces tableaux métaoriques de la fragilité de nos jours et de l'inanité de nos chesses, une idée toute chrétienne. Cette image même de la ^^^ort, le christianisme l'avait apportée, les anciens ne l'avaient ^Tière connue*, puisqu'elle se rattachait au dogme de l'autre

^.^^ 1. Voir Peignot, Recliercfiet historiques et littéraires sur les Danses des morts, etc. ^-^ijon et Paris, 1820, ln-8o pi.— P. Lacroix, La danse macabre, Paris, 1832, in-8«.— ''V. de Montaiglon, L'Alphabet de la mort de Ilans llolbein, Paris, Edwin Tross, "^«6. in-8«> illustré.

2. a Les anciens craignaient la mort moins que les modernes; à la vérité, leur

Religion, toute poétique, ne présentait pas à la raison les consolations de la nôtre ;

^ais elle entourait les derniers moments de la vie d'images douces et riantes.

^ous, au contraire, nous renforçons les traits difformes de la Mort par les

Idées tristes et lugubres que nous lui associons et le sombre cortège que nous

lui donnons. Quelle comparaison entre le a jeune homme qui tourne un flam-

« beau 1», emblème de la mort chez les anciens, et le squelette hideux de la Mort

chez les modernes ! n (Voir F. Ancillon, Mélanges de politique et de philosophie

morale, «art. nature, temps, moet.)

Tie que la toi noordle arail implanté dans les esprits ; maû néanmoins la forme même de cet enseipiement, cette antre pensée pliilo6oplii<ine qni t était nnie, venait en ligne directe dn stoïcisme, de répicoréisme, de la philosofrfiie païenne. L'on fit plos« on ramena pen à pen des sojets, des détails tons empruntés à l'antiquité, sujets et détails que le moyen âge ne nous oflfre jamais, ou ne laisse entreroir que comme une réminiscence passagère et en leur attribuant même un sens chrétien. Cette mjtholc^e du temps on le polythéisme ex|nrant s*accrochait encore à de froides personnifications, à d'impuissantes allégories, cette mytholc^e, dis-je, rentra dans W et alla donner la main au christianisme : union contre natnr^^ qui, en ne faisant plus des dogmes de la religion que dc^sba moyens de fictions pareils à ceux de la poésie païenne, ébrai^k^ . lait la foi et habituait les esprits à ne plus attacher d'id^^^ sérieuse à ce qui dcTcnait le jouet de l'imagination caprra. cieuse. Cest ainsi que Fart perdit au xW siècle son caractèvrv hiératique et rcTétit ce caractère individuel qui enlera à ses œuvres Tinflaence religieuse qu'elles avaient jusqu'alors exercée.

Page 1