‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 149 sur 251 · Bollandistes, Acta sanctorum, VI, feb., p · texte numérisé non relu

Bollandistes, Acta sanctorum, VI, feb., p

9. Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. V, p. 475.

LéOSNDBS INVENTÉES POUR EXPLIQUER LES SYMBOLES, ETC. 227

grand Dombre de saints guérirent de morsures de serpents ^ L'eau bénite* et les cloches chassaient les reptiles. Quand les serpents ont sept ans, au dire d'une superstition de la Sologne, il leur pousse des ailes et ils s'envolent à Babylone^. Il est aisé de retrouver, au fond de cette dernière tradition, Tidée symbolique qui faisait du serpent Temblëme du démon et de Babylone la personniflcation de son royaume. Certains saints furent, à l'exemple de saint Paul, mordus impunément par des serpents, comme saint Paterne ^, ou même respectés peu* eux, comme sainte Christine', qu'on avait jetée dans une prison remplie de ces reptiles.

Certains trésors étaient confiés à la garde de dragons ou de serpents ; telle est la légende de la Toison d'Or. Aujourd'hui encore les mariniers de la mer Noire croient qu'une île, située à l'embouchure du Danube et qu'ils nomment l'Ue des Serpents, est habitée par un énorme serpent qui garde des trésors et dévore les hommes qui ont la témérité de s'en approcher. Cette lie paraît être l'ancienne île de Leucé, consacrée à Achille*.

Nous avons dit que le peuple prenait pour des serpents véritables les images symboliques du démon. En présence des représentations, dans lesquelles on voyait un di*agon écrasé par un prélat ou par une vierge, frappé du bâton pastoral, enchaîné par l'étole, le vulgaire, déjà nourri de cette idée que les saints étaient venus détruire les serpents de la contrée, dut

1. Les personnes mordues par un serpent étaient guéries dès qu'elles s'approchaient du tombeau de saint Phocas. Grégoire de Tours, De miraculis, lib. I, c. 99, Saint Vital guérit avec un signe de croix un chrétien qui avait été mordu par un serpent. Bollandistes, Acta fXmart., p. ^. Saint François de Paul pouvait manier impunément les serpents. Bollandistes, Acta II, april , p. 117. On chassait les serpents par le nom de Jésus. On lit à ce sujet, dans la Vie de iaint Ailelelme, c. 2, p. 1058, XXX januar., ap. Bollandistes : a Rustico in prato dormienti in os penetrarat anguls. Ab amicis ad Adelelmum perductus, aquam ab eo benedictam.sibique Jesu nomineinvocato pnebitam,potat:etcontinuoanguemsanguine involutum evomuit. »

Page 1