‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 152 sur 251 · Mss. Bibl. roy., in-4«», no · texte numérisé non relu

Mss. Bibl. roy., in-4«», no

6. Lvijende de Fdust^ par Widman, Irad. franc, de Paliua Cayel, p. 277, de ^^ Irad. du Fujist de tiœthe, par M. Gérard.

Dans le poème de D. Gonzalo de Berceo, intitulé : Signos del Juicio, on lit c*-^

Dans le tableau de Tenfer que nous trace un chant populaire de la Bretagne, il est dit des damnés que leur peau sera écorehée et leur chair déchirée par les dents des serpents et des démons ^ Les hallucinations de certains maniaques, qu*on croyait possédés du démon, ont pu entretenir cette croyance. Le D' Esquirol cite une hystérique qui croyait que le diable, des serpents, des animaux s'introduisaient dans son corps*.

L'analogie que les différents sujets figurés, dont nous avons parlé ci-dessus, présentent avec les figurines d'Isis, tétée par des crocodiles, et surtout avec les représentations de la terre, Tellus, que Ton voit dans deux manuscrits d'Exultet du musée Barberini, nous confirme dans Topinion que nous avons émise en commençant, qu'elles sont devenues dans la pensée des artistes ignorants qui les ont reproduites les images d'un des supplices endurés en enfer. En eflet, les figures symboliques de la Terre représentées dans les Exultet en question sont précisément le type de celles qu'on observe dans les bas-reliefs de Moissac, de Montmorillon, de Dinan et de tant d'autres lieux. Dans le premier de ces manuscrits, on voit une femme tétée par un serpent et par un autre animal qui semble être une biche ; au-dessous est écrit le mot

Vers, qui font voir aussi que cet auteur regardait les serpents comme les principaux agents du supplice des damnés :

Comerlos an serpientes et los escorpiones Que an amargos dientes, agudos aquijones Meterlis an los rostras fasta los corazones Nunca abran remedio en ningunas sazoncs.

(V. 39 etsuiv.)

l.p. t. 11 de la Coleccion de Poesias Coitellanes anteriores al siglo XV^ por ^. T. G. Sanchez.

On connaît la légende qui rapporte que le corps de Charles Martel était, au fond :1e son tombeau, rongé par un serpent, en punition do ses impiétés et de ses ^crilèges. Cf. Bollandistcs, Acta /K, januar., ap. VitaS. Rigoberti, c. 4, p. 177. tians VHittoire apostolique d€ mint Jean, attribuée àÂbdias, on voit qu'un serpent rongeait le corps de Callimaque, qui avait voulu séduire Drusiana, ch. viiiix, p. 549.

i.Th. de la Villemarquo, Chants populair ex de la Bretagne, t. 11, p. 459, 4c édit

1 Maladies mentales, t. I, p. 213.

TELLVS^ Dans le second, qui date du xi' siècle, on voit cette même femme tétée par deux cerfs. Ces figures de femmes tétées par des reptiles', et comme on le voit d'origine païenne, pourraient fort bien avoir été apportées par les Templiers, dont les doctrines orientales et en partie empruntées aux idées gnostiques admettaient de semblables simulacres. Leur célèbre idole de Baphomet n*était sans doute pas autre chose qu'une de ces figures panthées. G*est ce qui est confirmé par l'existence de certaines figurines orientales, offrant une femme le corps entouré d'un serpent, comme on en voit à la bibliothèque de Weimar'.

Quoi qu'il en soit d'ailleurs de l'origine des représentations, dans lesquelles on voit figurer le serpent comme principal instrument des souffrances éternelles, il est au moins certain que la présence du sei*pent dans l'enfer se rattachait encore, dans les idées du moyen âge, à l'antique association qui s'est faite dans l'esprit de l'homme entre le reptile et le démon. Le peuple ne séparait pas ces idées d'enfer et de serpent, et cette union intime qui s'opérait dans son esprit donnait tous les jours naissance à de nouvelles fables.

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