‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 151 sur 251 · Cicognara, Storia délia scultura, t. I, pi. XVII · texte numérisé non relu

Cicognara, Storia délia scultura, t. I, pi. XVII

8. Rossi e Lasinio, Pitture a fresco det Campo Santo di Pisn, pi. XV.

is les miniatures d'un manuscrit latin exécutées, auxii' ou • siècle, par un peintre italien, élève de Técole grecque, ^oit une femme tourmentée par des serpents qui Tatlent par où elle a péché \ Jérôme Drexelius, dans son B intitulé : De œternitate considerationes, cite une mpe, dans laquelle on a figuré des réprouvés dévorés des serpents. Langlois, dans son Essai sur la Calligra- ', page 3o, reproduit une initiale tirée d'un manuscrit du )u XII* siècle (Bibliothèque de Rouen), qui représente un ion apode, perché sur des échasses et dont les seins sont s par des espèces de lézards-serpents, 'est-il pas permis de croire que tous ces sujets, variés nt aux détails, mais chez lesquels reparaît toujours la ne idée du supplice par les reptiles, ont été inspirés par représentation typique primitive, telle qu'on la voit à issac ou à Montmorillon, dans laquelle le peuple aura cru iver des damnés en proie au supplice infernal? l'était d'ailleurs au moyen âge une opinion généralement le chez les chrétiens, qu'une des principales peines de fer consistait à devenir la pâture d'horribles reptiles^, s'imaginait trouver dans une parole d'Esaïe la preuve de e étrange idée^. Une foule de passages de poètes et

D'Agincourl, Peinlures^ pi. Clll.

Celle croyance se fondait sur ces paroles du psalmisle : a Qui confidunt in m timebunt colubrum tortuosum. » Ps. 101. Elle oilre une grande analogie celle des Scandinaves, qui plaçaient le grand dragon Nidhoggr, qui suce et ire les coupables, dans le Xostratidir, partie la plus profonde du Niflheini on Enfer. Kdda Sœmund. Lexîcon mijthologicum, pp. 455, 5ii. Dans l'enfer ou, Patala, qui a pour roi Vainn, un des supplices des damnés consiste à dévoré par des serpents. Voy. Coleman, Mylliology of Uie Hindus, p. 114,

f'ermiseorumnonroorielur et igniseorum nonextinguetur».Esaïe,c.66, v.24. hymne de l'église sur le jugement dernier, renferme la phrase : a Et vermes Tum mordebunt intima cordis», dans laquelle on a fait usage de la môme phore. Cf. Hymni ecclesiastici, éd. A. -G. Cassandro, p. 431. Coloniœ, 1556, 1.— Saint Cyrille s'écrie, en parlant de l'enfer : *()?o; sativ o àxotuTjio; xai '.o; 'jxfijXT)Ç. Ilomilia div. ap. Opera^ t. V, p. 409, éd. Aubert. Dante a dit du le.

Difendimi, o signer, dallo gran vernie.

ailiers, le dragon de sainte Radegondc était appelé, par une expression du »e genre, « la bonne sainte vermine ». Mémoires de lu Société royale des ^iuaires de France, t. I, p. 464.

d'écrivains ne nous laissent d'ailleurs aucun doute sur Fexistence de cette croyance.

Dante nous montre au tond de Tenfer les yoleurs dévorés par de hideux serpents ^ On lit dans la vision de Tindal: « E per tolz lors membres autres yssian bestias serpentines « qui avaient caps ardens et bex agusatz de fer am losquels « squissivan aquelas armas tristas las cos (lesquelles) d'aqIl^ « las serpens avian aguilhas tortas aissi coma son moscalhas « (hameçons)*. » Dans la vision miraculeuse du moine d'Evesham, rapportée par Mathieu Paris, il est question de damnés déchirés par les dents venimeuses de reptiles monstrueux^. On raconte, dans le roman de Guerino el Meschino, le supplice de malheureux damnés, plongés dans les glaces jusqu'aux mamelles, et celui du géant Machabeus, tourmenté avec sa femme, au fond des enfers, par de semblables animaux*. Nous lisons dans le Voyage au Purgatoire de saint Patrice : « Là avoit hommes et femmes de divers aages qui « se gissaient tous nus trestous estandus à terre, le ventre « dessoulz, qui avoient des clous ardents fichiés parmy les « mains et parmy les pies. Et y avoit de grands dragons toulz « ardents qui se sevient sur eulx et leur fichoient les dentz « tous ardentz dedans la chair, et sembloient qui les vou- « lussent mangier... Ailleurs, on voyait encore des damnés « mordus par des serpents, aux yeux, aux oreilles, au nez^ » L'enfer est peuplé de verminiers et de couleuvres puantes, nous dit la légende de Faust ^,

1. Con serpi le mandictro avean legate : Quelle ficcavaii per 11 ren la coda EM capo ed eran dinanzi aggroppate.

(Ch. XXIV.)

2. Mémoires de la Société arcfiéologique du Midi. l. II. Notice sur la vision d« Tindal, par le marquis de (>ustcllane.

3. Grande Chronique de Matthieu Pdris, Irad. Huillard-Brehollcâ, t. II, p. 2*J "

4. Homan de Guerino el Meschino^ anc. irad. ital. de Bottari, c. 77 et 1 ' (éd. Bibl. roy., in-4'», Y.l 8o3.

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