Laborde, Monuments de la France, t. Il, pi. XXI
9. Sur un des chapiteaux de ce cloître, on \oit des hommrs dé\orés par des lions. Voyage pittoresque dans C ancienne France, I^nguedoc, t. Il, pi. CLXlll.
10. J.Britlon, The liistory of the metropolitical church of York, pi. XX (1819, iD-4o].
Dans cette dernière église, on a représenté Jésus-Christ ouvrant les portes de Tenfer, sous Fallégorie d*un homme qui ouvre la gueule d'un lion; derrière ce personnage est une femme qui tient une clef.
Telle était la tendance à reproduire sans cesse cette lutte de rhomme contre le lion, que toutes les représentations, qui offrent un semblable sujet, ont été particulièrement affectionnées par les artistes du moyen âge : telles sont celles de David ou de Samson contre un lion, de messire Yvains, dit « le chevalier au lion ^ ». Il est à remarquer que les scènes de combat ne se rencontrent guère que sur les chapiteaux de la nef, tandis que dans le chœur on trouve des représentations, plus riantes, de fleurs et de fruits, d'oiseaux faisant leur nid, de troupeaux paissant.
Le peuple confondit dans une même idée grossière le sens de tous ces symboles. Que le lion fût Temblème de la force morale de rermilc, du démon vaincu et soumis, que ce fût même un simple ornement héraldique, un de ces animaux qu'un usage fréquent plaçait dans les tombeaux aux pieds de la statue d'un seigneur-, signe de la puissance et des droits
1. C(î sujet du chevalier Vvains se trouve sur une ancienne tapisserie citée par M. Jubinal; on le voit ogalemenl dans le bas-relief d'un cofTre d'ivoire donne par M. Willemin, pi. CXllI, p. J46, et sur une stalle de la cathédrale de Rouen. Langlois, SlaUes de la cathédrale de Houen, 6c stalle.— A Saint-Neotaire( Puy-de- Dôme), on remarque, au porche de l'église, des personnages montes sur des lions. Bullelin du Comilé dis Arts et des Monuments, t. Il, n«» 1, pi. XIV. Ces sujets auraient-ils une origine assyrienne, comme celui d'hommes luttant contre des lions, des grifTons, d'animaux s'entre-devoranl, sujets si fréquents dans nos églises du moyen âge? On ne saurait le décider, mais on e.st frappé des sujets analogues dans les bas-reliefs et sur les cylindres persépolitains. V. Lajard : Culte de Vé7ius, pi. I, II, 111 et IV. — Dans les églises de Chef-du-Pont et de Sainte-ErgO' nèfle, on voit des bas-reliefs représentant un personnage, sans doute Samson, déchirant la gueule d'un lion. De Caumont: /iu/Zetin monumental, arrondissements de Valogneet Cherbourg. On attribuait à plusieurs saints la destruction de lions, comme on le faisait pour les serpents, ainsi que nous l'avons constate. C'est ce qu'on peut observer, par exemple, dans la vie de saint Emerius.BoIland.. Act., XXVU jan., p. 782. Rien n'est au reste plus commun, dans les églises du moyen âge. que ce sujet d'hommes luttant contre des animaux plus ou moins fantastiques. Cf. dans Carter, pi. XXIV, les chapiteaux de Tégliso de Rumsey (Ilampshire) et les décorations du cintre du portail do Sainte-Marguerite à York, pl.CIV.
i. Comp. pour de nombreux exemples do lions placés aux pieds des statues, Cotman, Engravings of spjmlchral brasses, i» édit., % vol. in-f*, et Stothard, The Monumental effigies ofGrcat Uritain, 2 vol. in-f», 1817.
féodaux S n'importe, ce fut toujours, aux yeux du vulgaire, Timage d'un lion véritable que Termite, le saiut, le seigneur avait apprivoisé', qu*il s*était attaché par quelque bienfait. On renouvela sans cesse, dans Fimpuissance où était Timagination d'expliquer ce symbole, Tanecdote si connue d*Androclès, comme cela eut lieu dans les légendes de saint Jérôme^ ; de saint Gérasime^, de saint Siméon^, de saint Anina leThaumatui^e'. On supposa aussi, tantôt que des lions avaient servi de
1. Cf. Dupuia-Demportes, Traité historique et moral du Blason, 1. 11, p. 6 (Paris, 1754. in-12).
2. A Brunswick, on voit un lion, suivant Tusage héraldique, sur le tombeau l'Henri le Lion, au pied de sa statue. Mais la tradition populaire explique la Présence de cet animal, en disant que c'est un lion qui allait succomber dans un ^mt>at que lui livrait un serpent, lorsque Henri le secourut. Grlmm., Trad. Hfpul. de l'AUemagne: trad. Theil, t. Il, p. 289. — De môme le lion qui décore le ombeau de Gouffier de Lascours, est regardé comme l'image d'un de ces animaux qui suivait ce seigneur avec la fidélité d'un chien. Allou. Description des Monuments des différents dges de ta Haute-Vienne, p. 359.— D'après la légende de Qilles, seigneur de Chin, ce dernier ayant rencontré un serpent qui combattait contre un lion, tua le serpent et délivra le lion, qui s'attacha désormais à sa personne. ttSy en furent moult esbahys, ajoute-t-elle, car ils veirentle lyon pas à pas ■ le sieuir, tant simple et débonnaire, comme le fust ung lévrier. Moult grant B semblant d'amour montrait à messire Gilles, car jamais ne SQavait sy tost Q monter ou descendre que lo lyon ne fust à son estrier. » Ouv. cit., ch. 32, p. 126.
3. Malgré la légende, plusieurs auteurs ont déjà cherché avec raison une signification symbolique au lion de saint Jérôme. On lit dans l'ouvrage intitulé: u Sacrarum Vaticanœ Basilicœ crifpatrnm monumeiita, œreistabulis incisa, a Phil. Jxiur. Dionysio^ édita a Aug. de Gabrielis (Romœ. 1773, in-fo, p. 71)». au sujet d'un biis-relief donné pi. 28, et représentant saint Jérôme et son lion, bas-relief qui remonte à Calixte II : a Quorsum vero ut haec quoque lapidea tabula ostendit, ad S. Hieronymi effigiem leo appingi consuevit ? Suum in desertis locis (in quibus plenimque belluœ commemorantur) manondi desiderium SBUCtus ipse doctor tum faclis, tum luculentissimis hisce verbis explicavit: Mihi solitudo paradisus, est. Insuper invictum animi cjus robur adversus hœreticos ac perstrepentem in eos tanquam rugitus leonisclamorem nemo unus ignorât. » « Significat leo, dit Molanus, de Historia imaginum, lib. 111, c. 42, en parlant du lion de saint Jérôme, quod soceiiserit Hieronymus in vastam Syriœ solitudinem. Leonem Marco tribuit qui evangelium suum a solitudine incipit. » Cf. J.-B. Casalii, De veleribus tacris Christianismi litibus, p. I, c. 1, p. 2i.