Legenda auren, p
5. On voit, par exemple, dans l'église de Hosheim, en Alsace, Timage d'un lion tenant entre ses grifTes des êtres humains de petite stature. Un aigle surmunie le faite de l'église. Le peuple a pris cet aigle pour un corbeau et il raconte au sujet de cette représentation symbolique, qui se trouve ailleurs et notamment à Saint-Trophi me d'Arles, qu'un corbeau indiqua l'emplacement de l'église, et que des enfants d'un prince furent, en ces lieux, arrachés à la dent cruelle d'un lion Bulletin du Comilc des Arls et des }fonume7its, 8e num., I84O. p. 247.
6. Matth. X. 16. Cf. sur d autres passages, Matth. VU, 15, Joh. X, 12; Sophonie, III. 3.
7. G. Wilkinson, Customs and manneis of Ike ancient Egyptians^ t. IV, c. 14. p. i47. « Lupus ferrum non évitât, neque ad fustera non tremiscit; solum lapidem impend io perhorrescit. cujus ictum tam perniciosum sentit, ut qua parte tactus fuerit, computrescat : Diabolus. vorax lupus, nihil humanorum virium meiuit ad solum Dei verbum contremiscit. » Arch. Simson JlieroglypUica an i ma Uum </u« in Scripluris sacris invefiiuntur. Edimburg, 1622, p. 46.
enfers, sortit de son royaume sous la forme d*un loup. Dans la mythologie Scandinave \ le loup Fenris est le frère du serpent et Tenfant de Loki, le Satan du Nord. La forme d'un loup* ou d'un ours', suivant les croyances populaires, était une de celles sous lesquelles le démon apparaissait aux hommes^.
Les nombreux bas-reliefs du moyen âge où ces animaux
i. Le loup Fenns ou Fenrir, le frère du serpent Midgard et de la mort» Hela produit les éruptions volcaniques, par les flammes qui s'échappent de sa gueule. Lexieon Mythologicum^ t. III, de VEdda sœmundar, Uins Froda, p. 497. (le serpent est enchaîné, comme le Satan de PApocalypse, jusqu'à la fln du monde, jusqu'au crépuscule des dieux.
3. Wieriusdit, dans sa Démonologie, qu'un des principaux démons a la figure d'un loup et la queue d'un serpent. Tout le monde connaît la croyance aux loups-garous. Cette transformation en loup se rattachait à la démonologie; toutes les métamorphoses de ce genre s'opéraient toujours par un effet du démon. Horst, Dœmonologie oder GeschichU des Glaubent an Zauberei und dœmonische Wunder, i. II, p, 217 (Francfort, 1818, in-S»}. Les sorciers, ministres du diable, passaient pour avoir la puissance de se changer en loups. Le nom saxon de Bewouif, le vainqueur de Grendel, mauvais génie d'une nature supérieure & l'humanité, signifie le vainqueur du loup. Dans les Loupi'Bavissanti ou Doctri^ nal-Moral de Robert Gobin (vers 1Se20), le diable est un archi-loup. Les Anglo- Saxons donnaient au diable le nom de Were-Wolf. Ilampson, Medii cevi Calendan'uni, 1. 1, p. 114. Cf. Leroux de Lincy, Inlroduelton au livre des Légendes, p. 187 et 9. Suivant Sprenger, Maliens malefieorum, les loups-garous sont de vrais loups poMédés du démon. Comp. Parchappe, Redierches historiques et critiques sur la démonologie et la sorcellerie, Rouen , 184&
3. Un démon apparut à saint Taurin, sous les formes d'un lion et d'un ours. Cf. Le Prévost, Mémoire sur la Chasse de saint Taurin^ ap. Méro. des antiq. de Normandie, t. V, p. 3i9. Un choriste de CIteaux s'était légèrement endormi, en chantant les matines; il se réveilla en sursaut, et aperçut !e derrière d'un ours, qui sortait du chœur: c'était le démon. Collin de Plancy, Diclionn. infeinal, art. Ours. Ce fut aussi sous la forme d'un ours que le diable se montra au moine Armann. Pétri Venerabilis, abb. Clunac, Miracula lib. /, c. 18. « Quadam die vidi ursum magnum ad me deduci ligatum, ut soient, cirra ora, et dictum est mihi Eccedttimon ! »B. Richelmi,Vallisffei;e/at<one<,(<e insidiis Dœmonum, c.h9,ap. Thés, anectloct., 1. 1, part. II. p. 425.— Au moyen ége le diable était souvent désigné sous les épiphètes &hircus, simia, ursus, lupus, eanis impurus. Augusti, Denkw'urdigkeiltn aus der Christlichen.Archœologie, t. XII. c. 4, part. 2, p. 258. — Trithemius, cité par Wierius, De prœstigiis dœmonum (Basil., 1583, in-W), dit également : a Cœlerum quando ad banc non invencrint concedentem aeris materiam, apparentem formam sibi indicunt. prout contrarius vel humor vel vapor efflngal et sic in forma conspioiuntur plerumque leonis, tupi, suis, asini. hippocentauri. honiinis cornuti, etiam caprinis pedibus, qualesvariis in locis quando(|ue apparuere. » Dans les prédictions du Liber Mirabilis, le diable qui doit désoler le siège apostolique de Trêves, est désigné sous lesépithètes de loup et d'ours. Liber Mirabilis, c. 14, p. 18 fnouv. édit., Paris, 1831). Cornélius a Lapide dit : « Yaj illis qui desiderant diem Domini, id est diem mortis ut priesentis vita) mala évadant : naro incident in ursum et in terrible judicium Christi et m colubrum et in l^ehennam. »
4. Le démon tourmentait saint Albert, ermite, sous la forme de serpents et de loups. Bollandistes, Acta, Vil jan., p. 404.
figurent comme emblèmes da démon, confirment le fait de Tassociation des idées d'ours et de loup à celles de Satan et d'enfer. A Tabbaye de MoissacS on voit des espèces de loups dévorant des oiseaux ; allégorie destinée sans doute à peindre la lutte de Tesprit des ténèbres contre Thomme qu'il cherche à dévorer. Sur les deux vantaux de Féglise du Blanc sont sculptés de petits personnages, dont deux sont pris à mi-Kîorps entre les dents d'un loup. Au^essus de Tare du portail, à l'abbaye de Saint-Riquier, on voit, au pied de la statue de ce saint, un lion et un loup qui dévorent de jeunes enfants'. Dans une peinture ruthénique du xiV siècle, rapportée par d'Agincourt^ le démon est représenté avec une tête de loup.
L'usage s'introduisit dans l'art de placer, à côté d'un saint, un loup et un ours, emblèmes du démon, dont le saint avait triomphé, qu'il avait réduit en servitude^. Le peuple, toujours par l'eflet de son ignorance, s'imagina que ces animaux féroces avaient été soumis par la vertu surnaturelle du saint, réduits même à lui servir de bête de somme, comme cela se lit dans les légendes de saint Corbinian^ de saint Humbert de Marolles*, de saint Maximin', de saint Malo^, de sainte Austreberte •, de sainte Gudule et de bien d'autres; fable qui une fois inventée fut reproduite ensuite dans d'autres vies, par imitation et par Fefl'et de l'avidité du légendaire à s'ap-
i. I.aborde, Monuments dti la France, I. 11. pi. 12.