Voyage en Botnie, Paris
5. Pococke, Euai tur l'hUtoire det Arabes, p. 186; Gagnier, Vie de Mahomet, t. Il, p. 290.
6. C'est Hincmar qui a rapporté le premier celte histoire fabuleuse de la sainlu ampoule {Hiêtorïa Prancorum, lib. 1, apud Duchesne, p. 524), et Aimoin, au
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de reproduire le miracle de Tapparitioii du Saint-Esprit sonf forme de colombe, joint à Tinfluence exercée par des images grossières qui offraient, sous la figure de cet oiseau, le Part* clet apportant l*huile sainte, voilà tout le secret de ce miracle longtemps consigné dans notre histoire nationale, i côté des faits les plus graves et les plus positifs. Le clergé ne contribua pas peu à en répandre la connaissance, y voyant pour lui un moyen d'entretenir une foi crédule et de flatter les rois, tout en les assujettissant au joug sacerdotal, parle récit d*un prodige, qui attestait que Dieu avait sanctionné 1a cérémonie dans laquelle le préti^ vient ratifier, au nom A.^ ciel, le droit du monarque ^
Rien n'est plus commun dans les légendes que ces réel d'Iimes qu*on a vues s'envoler du cadavre d*un saint, sous forme d'une colombe. Une métaphore poétique «itendu^® littéralement a été la source de cette fable si souvent répélé ^* Le vulgaire prenait à la lettre les comparaisons de la ly«.^® chrétienne, qui assimilaient l'âme de la vierge ou du mai 131^ abandonnant sa demeure terrestre à la chaste colombe q^^ s'envole vers les cieux ; métaphore contenue dans ces
u* siècle, Ta répétée d'après lui (lib. I,c.16).Mais il est à remarquer que ni Âviti évéque de Vienne, qui avait écrit à Glovis pour le féliciter de son baptême (£^1. Clodovkhum ap. Duchesne, 1. 1), ni Grégoire de Tours, qui s*est montré si avide ^^ prodiges, ni Nicetius, évéque de Trêves, auteur qui traite aussi du baptême ^^ Glovis, ne parlent en rien de ce prétendu miracle. En sorte que cette légei»^ doit avoir été composée au temps d'Hincmar et peut-être par Hincmar lal-mêroc- Voyez le mémoire de l'abbé de Vertot sur la sainte ampoule, dans le t. Il, cIm Mémoires de l'ancienne Académie det inecriptione et beUêt ùttret. L'on sera frappa de la pauvreté des arguments dont cet historien se sert pour appuyer la vérité du miracle.
1. Les chrétiens, supposant que la colombe avait été la forme prise par le Sainl- Esprit, attachèrent à cet oiseau une sorte de vertu prophétique. Déilà,' dans i< Bible, on l'avait vue annoncer à Noô Id fin du déluge, et c'est une colombe <I<" indiqua à saint Gaucher le lieu voisin de Limoges ou il devait fonder le moo^*têredeSaint*Jean d'Aurel. Fr. de Blois, la Viedeeaint Gaucher, premier prieur de Saint-Jean d'Aurel, c. 12, p. 85 (Paris, 1653, in-18).
L'apparition d'une colombe mystérieuse fit de même élever près de Bologoe l'église surnommée, à raison de celle circonstance, N.-D. de la Cilombe. Uoe colombe fit connaître le lieu où était enterré saint Gunibert. Gela rappelle 1^ colombes, dans le vt« livre de VEnéide^ qui découvrent à Énée l'endroit de '* forêt où s'élevait l'arbre qui portait le rameau d'or. Les Orientaux ont encore ^^ grand respect |>our les colombes.
«6es intentées pour expliquer les symboles, etc. 271
tidence et qui a fait placer le miracle en question dans I de sainte Eulalie :
Emicat inde colomba repens Martyris os nive candidior Visa relinquere et astra sequi ; Spiritus hic erat Eulalix LacteoluSy celer, innocuus.
Colla fluunt, abeunte anima, Et rogus igneus emoritur.
Pax datur artubus, exanimis Flatus in zthere plaudit ovans Templaque celsa petit volucer '.
( vers suivants d*une hymne chantée à Naples à Toffice int Potito, firent admettre dans Fhistoire de ce saint un ;le absolument identique :
Lau8 unitati triplici Pro qua Potitus sanguine Fuso, potitur martyrum Palma, in columbae imagine*.
e fois inventée, cette légende a été reproduite par les graphes, pour différents saints, d*après le système d'imiï que j*ai développé dans la première partie de cet ige. On la retrouve dans la vie de saint Biaise ', de Menigne ^, de sainte Scholastique ", de saint Quentin *, int Médard ', de sainte Thérèse ^ et d'une foule d*autres. léme figure de langage qui avait fait naître la fable
coronis, Hymne IX, v. 161.
llandistes, Àeta, XIII jan., p. 764.
llandistes, Àeta, III feb., p. 353.
llandistes, Àcta, XV niart., p. 391.
alogi, S. Greg. Magn., lib. 11, c. 34.
fons, Hittoire de taint Quentin, apôtre du Vermandois, p. 65 (in-13, 16S9).
ta s. Medardi, c. 4, ap. Àcta Sanctor. Belgii wlecta, t. Il, p. 156.
ta B. Marin Theress, lib. III, c. 16, p. 961.
employée dans le discoim, a jm d*ailleiirs aTofr pour diacpie saint on eflTet isolé et lui faire attribuer un miracle» sans qœ pour cela il y ait eu pensée d'imitation. Noos retrouYons d'ailleurs plus d'une fois cette comparaison. On lit, par exemple, dans la vie de sainte Agrippine, viorge * : cQoando istis desuper adstare yisa est, instar, pulchcmm» oolnmlMe Yolans, crucemque prœferens, vii^ Agrippina, ete« ; » et le Ménologe de saint François 'dit : « P. Joannes de S. Maria evolavit in cœlum, velut candida columba^ et yelul aqiiila renovayit senectutem*. » On lit dans la légende de saint Benoit, par Jacques de Voragine, que ce saint, regardant au ciel, Tit Tftme de sa sœur sous la^ forme d'une colombe» qui pénétrait dans les r^ons les plus reculées du firmam^it.
Au reste , c'est toujours sous l'image d'un oiseau qui s'envole, qu'on s'est représenté l'Ame quittant sa défoville mortelle. Les Égyptiens ' peignaient les âmes sous la rAgmw d'oiseaux à tête humaine, et dans les idées superstitteases de certaines provinces de France» les chauyes^souris sont les âmes des morts ^.
Plusieurs des légendes analogues à celles que nous avons rapportées paraissent avoir été inspirées par des souvenirs païens : tel est le récit du miracle consigné dans la lettre des chrétiens de Smyme racontant le martyre de leur évoque Polycarpe ' et d'après lequel on vit une colombe s'échapper du bûcher, où le corps du saint venait d'être réduit en cendres. Il y a là évidemment, comme le remarque Henke*, un fait emprunté à la cérémonie de l'apothéose des empereurs, dans laquelle on lâchait au-dessus du bûcher fimëbre qui
i. Bollandisles, Àcta Sanetorum, XXllI jun., p. 421.