‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 175 sur 251 · LE CORBEAU · texte numérisé non relu

LE CORBEAU

Le corbeau se place naturellement comme symbole à côté de la colombe. Oiseaux prophétiques, ils avaient été tous deux envoyés par Noé, pour s -assurer si les eaux s'étaient enfin retirées de la terre. Mais le corbeau ne revint pas ; la colombe seule revint, apportant un signe d'espérance '. Cette circonstance, jointe à celle de l'opposition de couleurs et des idées défavorables que l'antiquité attachait au corbeau', fit adopter quelquefois celui-ci comme emblème du démon, tandis qu'on n'admit jamais que la forme de la colombe pût être revêtue par l'esprit tentateur. On crut donc, que le démon pouvait se montrer sous la figure d*un corbeau ^. Parfois aussi on conserva à cet oiseau sa vertu prophétique ^ et on lui fit jouer

i. Cf. Dio Cassius, lib. XVI, 41. Herodiaous, 1, 4.

2. Celle circonstance fit prendre la colombe comme «lymbole de l'espérance: A'.â to'jto xat 7) TZi^i'S'zzpk çaivETai, ou, xXà8ov sXaia; ^epouaa, ùXXà tov 7;avTojv Toiv xaxcTy/ sXsyOEpcuTTjV 7j[xiv Ssixvuoyaa, dit S. Jean Chrysostôme. In Malh.^ HomiHa A'//, t. Vil, p. 164, éd. Monlfaucon.

Ces préjugés défavorables au corbeau ont suggérée Anthoine Uzier, curé de village en Lorraine, la pensée de prendre sa défense. Voyez son livre assez plaisant, intitulé: Le triomphe du Corbeau, {Nancy ^ 4619, 2e édit. Saint-Nicolas-du- Port, 1889, in-12). Il y démontre que u la voix du corbeau, craSt en son auguration, est un averti^-semeiit du ciel ».

3. « Ut corvus malitiam, sic virtutom columba exprimit ». S. Ambroise, De Noe et Arca, c. 18. Dans les traditions orientales, le corbeau joue toujours un rôle défavorable: c'est ainsi que les Arabes racontent que Cabyl (Gain) étant embarrassé pour cacher le cadavre de son frère Habyl (Abel) qu'il venait de tuer, un corbeau lui suggéra l'idée de le cacher en terre, en tuant, sous ses yeux, un autre corbeau, et creusant avec son bec et ses pattes un trou pour l'y placer, Koran, ch. V, p. 98. Voyez un article intéressant de M. Perron, p. 451, numéro d'août 1842, de la Revue indépendante. Le poète El-Hârethi appelle le corbeau « père de malheur ».

4. Voyez Thilo, Codex apocryphus EvangeUi arabici infantiœ Salvatoris^ c. 14. Il y est question de démons qui se montraient sous cette forme.

5 Kôpaxa opviv saalv ÎEpôv 'AtioT^Xcuvo; xal axo7.ouOov, x«i (xavxix^; ^j{x6o>.oiî à^aOov. Elien., De animalibus, lib. I,c. 48. i« Corniceset corvi, si exercitui circum^» vol i tassent, ma la omina crerlebantur. Alexandri Babylonem subounlis et Cicero* nis ab Antonii facie fugientis, mors corvorum crocitutione prœdicta traditur.» Joan. Potteri, ^rc/MPO%ia grceca, lib. II, c. 15, p. 350 (Venetiis, 1734. in-4o).— Dans la mythologie Scandinave, Odin est averti au fond du Walhalla, de tout ce qui se

un rôle mystérieux dans la vie de plusieurs saints, tels que saint Oswald\ saint Guillaume Firmat', sainte Ida ^, saint Meinrad^, et saint Vincent, archidiacre de Saragosse ^.

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