DB LA PARENTÉ DES DÉMONS INCUBES AVEC LES NAIKS
{Féet, p. 5e. — ir« édit., p. 89, note 4.)
La croyance aux démons incubes remonte à celle aux nains ou esprits nocturnes, qui venaient sous les formes les pins bizarres ou les plus effrayantes tourmenter les hommes dorant leur sommeil. Dans le Nord, ces esprits étaient nommés mahr^ mahra^ et se rattachaient aux elfes et aux druds. Les mots qui, dans les différentes langues européennes, désignent le sommeil accompagne d'oppression et agité de rêves allreux sont empruntés au nom de mahr : en danois, maren; en anglais, nightmare ; en allemand, nachiiiiar; en français, cauchemar. Dans les pays Scandinaves, on croit que la mahr prend plaisir à tirer rhomme par les cheveux, comme les lutins de l'ouest de la France s'amusent à tirer les crins des chevaux. La maladie, appelée plica en polonais et dans laquelle les cheveux deviennent comme une sorte de feutre, s*appelle en suédois, marlock ; dans la basse Allemagne, ifiahrklafte, mahrenzopf; en allemand, mahrenjlicht^ c'est-àdire chevelure tressée, tapée, bouclée par la main de la mahr^'
1. On a souvent attribué au culte de Tlior, et nous Pavons fait nous-mt^roe.l* nom de Thornldi sUra donne jadis h une forêt de la Belgique actuelle; inaisc't^ une opinion erronôe, car Thornldug vul simplement là un n(»m d'homme.
Voy. la dissertation de M. Coqueberl-Montbrei : Mémoires de il Soeiéli'tlft
ntiquaires de France, Ire série, t. VI, p. 295.
Chez les nations superstitieuses, le cauchemar a dû être iturellenient rapporté à la main d*un démon qui lutine le >nneur, et ces rêves voluptueux, produits chez Thommc sur Fécoulement séminal involontaire et dans lesquels il imagine avoir commerce avec quelque beauté mystérieuse, es chez la femme d'excitations hystériques ou de sensations nalogues, qui lui font croire qu'elle se livre à des étreintes imoureuses, ont été l'origine de la même croyance chez tous es peuples. Les pilosi des Hébreux, les panisques^ sat)^res !t éphialtes des Grecs, les faunes et sylçains des Latins, les lénious incubes ou succubes^ et les sj^lphes du moyen âge ont autant d'enfants de l'imagination du dormeur, agitée ►ar ses sens. Cicéron avait déjà fait observer qu'il ne faut hercher nulle part ces êtres fantastiques, qu'ils n'existent *as'. II faut comparer, pour l'explication du cauchemar, un hapitre curieux, de l'ouvrage de Joseph Franck, intitulé : ^l'oxeos medicœ unwersœ prœcepta^ publié à Leipzig, en i832, ù l'on trouvera la bibliographie complète du sujet*.
AFFINITE ENTRE LES STATUES DE LA VIERGE MARIE ET CELLES DE MAYA ET d'iSIS
{Légendct pieuses, p. 127. — Irp édil., p. 38, noie 2.)
De même qu'il existe une ressemblance frappante entre les lages de Marie allaitant le Sauveur et celles de Maya allaint Bouddha, comme celle que rapporte Moor {the Hindu antheon, pi. 69), de même les figurines égyptiennes d'Isis mrrissant Horus, si fréquentes dans les collections d'antilités, rappellent encore ce même type '. Non seulement le type archaïque de la Vierge, tel qu'il appa- It dans les portraits attribués à saint Luc, nous reporte à déc d'Isis, mais encore ce même type égyptien reparaît
. Cicéron y De n^turn Deorum, cap. 111. 7.
!. Toiiiu 1, partie 2, cli. x, p. 452 : (lt> fnruho.
\. Cf. Champollinn, Notice sur le Musée Charles A', n»» 5&5, 536; Wilkinson,
slomê and matmers of the ancient EgyptianSt pi. 34.
dans plusieurs simulacres révérés dans rOccident : au Puyen-Velay , la statuette de la Vierge la représente noire et h tradition populaire dit que cette image est venue d'Egypte. Cette même couleur noire se retrouve dans les statues de Notre-Dame, en bois de cèdre, de Lorette, d'Einsiedeln, de Chartres, de Notre-Dame de Liesse, de Walcourt, près de Namur, de Hal en Brabant, et de Kevelaer, non loin de Geldern *. On sait qu'Athor, la Vénus égyptienne, la nourrice des Dieux, était aussi noire. Bcaulieu, dans son Archéologie de la Lorraine^ rapporte une figure dlsis trouvée à Tarquimpol, qui rappelle aussi beaucoup celle de la Vierge (pi. ii, n" ii).