‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 214 sur 251 · DE STIGMATES · texte numérisé non relu

DE STIGMATES

(Légendes pieuses, p. lia. — Ire édil., p. 35, noie %.)

C'est cette même métaphore du portement du Christ, qui a suggéré souvent aux artistes italiens la pensée de représenter les saints portant la croix ou Tcnfant Jésus ; ces représentations ont certainement contribué à entretenir la croyance qw^ les saints avaient réellement porté le Sauveur. Saint Chrisloplic n'est pas, en efl'et, le seul saint qui ait été regardé coniinc ayant exerce ces augustes Ibnctions. Saint Amadour \^^ remplit, dit-on, aussi auprès de la Vierge, d'après une tradition dont il serait, sans doute, puéril de discuter rautheniicite -. Une confusion du même ordre, fondée sur une interprétation littéral des paroles de Tapôtre : E*ro .stiffinotd Jcsii, in corpore mco porto, ou de ce précepte de saint Vincent Ferrier : Debeuuis crucifiai ad iwitar Christi et recipcr^ quiîujue plagas virtualité/', a donné naissance aux idées sin-

1 Cf. Mcmoires de la Soc. des <ui tiqua ires de France, l. III, p. 386; Mcnoio^ de M. Vauf^rois: H. Rochelle, D/nrours sur iongiue, le développement etle^'iv"-' Icrr des types imita tifa de lart du cUrùitianismCy p. 38.

i. Cf. CailUm. Histoire critique et reliqieuxe de N.-S. de lioeamadour. P *'• (18301, iii-s.>.

;ulières de la stigmatisation, à cette légende de saint Yoland, iup le cœup duquel on trouva, après sa mort, la marque Tune croix imprimée *. Sainte Radegonde donne la première l'exemple de cette explication de ce précepte allégonqne, en se gravant la forme d'une croix sur le corps , avec le bout d'une pique rougie au feu (Ribadeneira, i3 août, p. aïo). Une fois acceptée, détournée de son acception première, cette idée aura été matérialisée, dans la vie de quel- <iaes nouveaux saints ; on Taura reproduite plusieurs fois par imitation et, imbus de la croyance que le Christ imprima parfois à certaines créatures qu'il distinguait des autres les marques de sa passion, des esprits exaltés se seront imaginés, dans des extases et des visions, nées de l'hallucination de leurs sens, les recevoir à leur tour. Il est à remarquer que Ton rencontre un bien plus grand nombre de femmes que d'hommes, dans la vie desquelles se lit cette circonstance étrange de l'imposition des stigmates. Ainsi pour deux saints, saint François et saint Furst, qui reçurent cette faveur divine uommée par l'Eglise : vulnus dwinum, plaga amoris çiça, ^ous trouvons parmi les femmes : sainte Gertrude, sainte Ida Je Louvain, sainte Catherine de Sienne, sainte Hélène de Hongrie, sainte Osanne de Mantoue, sainte Catherine et la ^ur Emmerich, toutes femmes dont la biographie décèle le ^lus grand dévergondage d'idées mystiques et la plus incroyable exaltation. M. J. Gœrres, dans son savant ouvrage inti- Ulé : Die chrislliche Mystik (t. II, p. 4^0), tout en ayant à cet 'gard une opinion très différente de la nôti'e, reconnaît néantloins que saint François est le premier saint dont la vie ►rcsente cette circonstance extraordinaire et que l'idée des tigmates doit être cherchée dans la version littérale de ces Paroles figurées de saint Paul : Ego stlgniata Domini nostrl wrto -, On renconlrc des stigaiates dans la vie de tous les ïxtatiqucs célèbres, mais principalement celle de sainte Ger-

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