Monuments rcUgieu-JC des Vulces Teclos:igcs, \).^S
Sur la Dive, en Normandie, et sur toutes les rivières du Maine, de FAnjoa, de la Saintonge, de TOrléanais et du Berry, les Milloraines, les Blanches mains, les Fadettes ou DemoiselleSy gardent les ponts ou les moindres passages ^ Enfin, en Angleterre, les habitants de Gloucester prétendent que neuf fées, neuf magiciennes, veillent à la garde des eaux thermales de cette ville ; et ils ajoutent qu'il faut les vaincre, si Ton veut faire usage des eaux.
Les Irlandais attribuent aux fées une très petite stature, ils les supposent habillées de vert, avec de larges bonnets écartâtes. De là vient que la digitalis purpurea s'appelle en anglais ^fairj' cap *. »
Un des traits les plus caractéristiques des fées, c*ctait le soin qu'elles prenaient d'assister à la naissance des enfants auxquels elles dispensaient à leur gré les défauts et les qualités, le bonheur et la mauvaise fortune. Nous reconnaissons, dans cette présence près du berceau des nouveau-nés, un des attributs des Parques, dont une des fonctions était d'assister Ilithye et de se trouver à la naissance des enfants pour prononcer sur leur avenir. Les Parques présidèrent à la naissance d'Achille. Pindare nous montre Apollon ordonnant à ces déesses d'être présentes aux couches d'Evadné ; Ovide les fait pénétrer dans la chambre d' Althée, pour allumer le tison fatal auquel est attaché le sort de Mclcagrc '. A la naissance d'Hercule, ministres de la jalousie de Junon, elles prolongèrent les douleurs d'enfantement d'Alcmène*. Une patère du musée Borgia les fait assister de même à la nais-
\. K. Souvesire. LesHédts dn la MusepopuUdre, Hovuc don Deux Mondes flS'il , t. IIî. CnJton Croker, Researc/iesin south ofIreLand, p. 83.
3. Cf., sur la présence des Parques à la naissance de cesdiflérenU personnages, Ovide. Métamorphotie» VIII, 434 ; Tristes, V, 3, 23; Tibulle, I. 8; I, 4; V. 3; Horace, Carmtn sœrulare, 25; Catulle. 6i. 306: Pindare, Obimpc. XI, 65; Antoniiius I>ibera- \\r^ Tranêfunn'itiones, cli. ii. Voyez aussi sur ce sujet et relativement à la substitution que Ton a faite (luelquefois des Muse- aux Paniues, Philoslrati Imagines, éd. F. Jacobs. cum notis Welckeri (noto^ad lib. Il, p. 448).
4. AnloaJnus Libcralis, Transformationes, ch. xxix, p. 227 (éd. Westermann).
âO l'ES FÉES
sance de Bacchus • ; et, à titre de divinités Génétyllides, elles sont associées aux Heures et aux Grâces, qui, comme elles, recevaient les nouveaux-nés et les ornaient de mille dons brillants*.
Dans la Grèce moderne, on invoque les Mires, c'est-à-dire les Parques des anciens (Motpai se prononce Mirai dans la langue moderne), à la naissance des enfants ou pour obtenir un époux. Le cinquième jour de l'accouchement, VamphU dromie des anciens, porte le nom de « visite des Mires ». La plus pauvre cabane prend ce jour-là un air de fête, pour recevoir les bonnes demoiselles qu'on ne voit jamais, quoiqu'elles emportent la fièvre de lait de l'accouchée (IXixwva). Malgré cette attente, il faut se garder de laisser celle-ci seule, de peur qu'elles ne lui tordent le cou'. On reconnaît dans cette croyance la trace du double caractère génétyllique et léthique de ces divinités.
La jeune Grecque, qui éprouve une émotion inconnue, fait exposer par une bonne (BaT«) une ofiraude de gâteaux et de miel dans une grotte, afin de supplier les Mires de lui envoyer un époux, qu'elle a soin de désigner par quelque emblème, propre à faire connaître son âge et ses qualités. Les nouvelles mariées invoquent aussi les Mires pour obtenir la grâce de la fécondité*.
Les romanciers du moyen âge nous montrent également les fées se présentant la nuit que naquit Ogier le Danois, pour lui faire chacune un don différent^. Brun de la Montagne fut, peu de temps après sa naissance, porte dans la forêt de Bréchéliant, où les fées vinrent, comme les Parques, au nombre
\. Musp.o Pio-Clementino. IV, luv. 34.
± Ce s(^)nt, ainsi que le reraai-quo avec justesse Bœttigcr {Ideen zur Kun$l~M^-^ titologie. II, p. 99). les trois Parques et non les trois Ilithyes, comme le veut Vis* conti, qui figurent sur un des côtés du précieux autel de la villa Borghèse, dont les deux autres sont occupes par les Heures et les Grâces. Cf. Monumenti Gabini p. 219; Tavolo aggiunte, tavola 2.
3. Tocqueville, Votjaje en Grèce, 2e éd., t. VI, pp. 160, 161.