‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 52 sur 251 · IbiiL, p · texte numérisé non relu

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5. Leroux do Liacy, Introdtiction au Livre des Légendes, p« 178.

de trois, le doter de grandes vertus ^ Trois fées firent aussi présent de trois beaux souhaits au fils de Maillefer*. Les fées assistèrent de même à la venue au monde dlsaïe le Triste. Aux environs de la Roche-aux-Fées, dans le canton de Rhétiers, les paysans croient encore aux fées qui prennent, disent-ils, soin des petits enfants, dont elles pronostiquent le sort futur ; elles descendent dans les maisons par les cheminées et ressortent de même pour s'en aller'. Suivant une tradition P3rrénéenne, les fées (hadas) viennent dans les habitations de ceux qui les vénèrent ; elles portent le bonheur dans leur main droite, le malheur dans la gauche. On a soin de leur préparer, dans une chambre propre et reculée, le repas qu'on doit leur offrir. On ouvre les portes et les fenêtres ; un linge blanc est placé sur la table, ainsi qu'un pain, un couteau, un vase plein d*eau et de vin et une coupe. Une chandelle ou une bougie occupe le milieu de la table. On croit en général que ceux qui leur présentent les meilleurs mets peuvent espérer que leurs troupeaux se multiplieront, que leurs moissons seront abondantes et que l'hymen comblera leurs vœux les plus chers ; tandis que ceux qui ne s'acquittent qu'à regret de leurs devoirs envers les fées, et qui négligent de faire des préparatifs dignes d'elles, doivent s'attendre aux plus grands malheurs. Le I" janvier, au point du jour, le père, l'ancien, le maître de chaque maison, prend le pain qui a été présenté aux fées, le remet et après l'avoir trempé dans l'eau et le vin, il le distribue à tous ceux de sa famille, et même à ses serviteurs. On se souhaite donc la bonne année et l'on déjeune avec ce pain^. Les colas Scandinaves allaient de môme prédire la destinée des enfants qui naissaient dans les grandes familles^:

i. Leroux de L'incy, Introduction au Livre des Légendes, p. 180 et ss. 2. Ibidem, pp. 179-180.

i. Voyez un mémoire de M. de la Pillave, dans le l. II de la seconde série dos Mémoireê de la Société des Antiquaires de France, p. 95.

4. Duroège. Monuments religieux des Vôtres Tectosages pp. 387 et 388.

5. Cf. Bergmann, Poèmes islandais, p. 157; Greiiville Pigott, A mamial ofSc.tndinavian myt/iology, p. 353 (London, 1839 j.

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elles assistaient aux accouchements laborieux et aidaient par leurs incantations {galdrar) les femmes en travail. Souvent même, les fées prétendaient être invitées. Longtemps, ^ l'époque des couches de leurs femmes, les Bretons servirent un repas dans une chambre contiguë à celle de Taccouchée, repas qui était destiné aux fées dont ils redoutaient le ressentiments Trois fées furent invitées à la naissance d'Auberon, elles le dotèrent à Tenvi des dons les plus rares ; mais Tune d'elles, mécontente, condamna Auberon à ne jamais dépasser la taille d'un nain-.

Il serait bien long de rapporter ici toutes les traditions qui rappellent encore cette parenté entre Lucine et les fées, ce rôle dHobstetrices^ de « ventrières » comme disaient nos pères, qu'elles tenaient des Parques antiques. Nous ne citerons plus qu'un fait : dans la légende de saint Armcntaire, composée vers l'an i3oo, par un gentilhomme de Provence nommé Raymond, on parle des sacrifices qu'on faisait à la fée Esterelle qui rendait les femmes fécondes. Ces sacrifices étaient offerts sur une pierre nommée la Lauza de In Fada ^

On voit combien de dires populaires consacrent, pour les fées, ce nombre trois. Dans le pays des Galles, les elfes qui se rapprochent tant de nos fées, et dont nous parlerons bientôt, se distinguent également en triades*. Burchard de Worms appelle les fées les Trois Sœurs ou les Trois Parques-*; le même chiffre se retrouve chez Folquet de Romans. Le Pentamerone fait fréquemment mention de trois fées, fa te, qui apparaissent à la naissance des enfants et les placent dans leur sein*; Morgue la Sage, qui est la même que la fée Morgane, joue avec deux

1. DansTantiquite, ùla naissance des enfants dos funiiiles riches et par suite des croyances analogues à celles-ci, on établissait dans Tatrium un lit pour Junon Lucine.

2. Huon de liorileaux, chanson de geste, cdit.Guessard et Grandmaison. p. 10,1.

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