‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 67 sur 251 · Griiuin, Traditions aUemandes, trad. Theil, t. 1, p · texte numérisé non relu

Griiuin, Traditions aUemandes, trad. Theil, t. 1, p

elfes, avons-nous remarqué, attachent souvent leurs services à unhoioameou aune famille et, suivant les contrées, reçoivent dons iee cas des noms différents'. On les appelle nùce et kcbotd en Allemagne, brownie en Ecosse, cluricaune en Irlande', le vieillard Tom-Gubbe ou tonttu en Suède% rnssgod-drange dans le Danemark et la Norwège, duende ou trasgo en Espagne, lutin, goblin on follet en France, hobgo* blin^ puck, Robin Good^Pellow, Robin-Hood en Angleterre, pwcca^ dans le pays de Galles. En Suisse, des génies familiers sont attachés à la garde des troupeaux, on les appelle servants; ce sont peut-être les sulèves antiques^. Le pasteur de THelvétie leur fait encore sa libation de lait, comme, il y a vingt siècles, celui de TArcadie ou de la Sabine la faisait à Pan, Pan, type primitif de ces génies protecteurs du bétail. Pan qui, du sommet du Lycée ou du Lucrètile, défendait la chèvre ou la brebis des feux dévorants du midi^ En plusieurs lieux,

1. Dans les idées populaires des Romains, les lares paraissent avoir été des génies al>soIument du même genre; c*est au moins ce qu'indiquent ces vers de Piaule dans le prologue de VAulularia :

Ne quis miretur qui si m, paucis eloquar : Ego lar sum familiaris, ex hac familia, Unde me exeuntem me aspexistis.

2. Le cluricaune se distinj^ue des elfes, parce qu'on le rencontre toujours seul . Il se montre sous la figure d'un petit vieillurd lidé. au costume antic|ue; il porte un habit vert fonce à larjjies boutons; sa télé est couverte d'un chapeau ù bords retroussés. On le déteste à raison de ses méchantes dispositions, et son nom est employé comme expression de mépris. On parvient quelquefois, par les menaces ou la séduction, à le soumettre comme serviteur; on remploie alors à lubriquer des souliers. II craint l'homme, et lorsque celui-ci le surprend, il ne peut lui échapper. Le cluricaune connaît en général, ainsi que les nains, les lieux ou sont enfouis les trésors et. comme les nains bretons, on le représente (\oyez plus lias) avec une bourse de cuir à la ceinture, dans laquelle se trouNe toujours un schelling. Quelquefois, il a deux bourses. Tune contient alors un coin de cuivre. Ia* cluricaune aime à danser et à fumer; il s'attache en général à une famille. tant qu'il en subsiste un membre; il a un grand respect pour le maître de la maison, mais il entre dans de violents accès de colère lorsqu'on oublie de lui ilon* ner sa nourriture (Crofton Croker, Fairy Legeiidê, partie III, p. 7).

3. Cet es))rit s'app<?lle Para chez les Finnois, d'où les Suédois ont fait le nom deBjiira; il vole souvent le lait des vaches pour le boire (Cioker, ibidem, partie 111, p. f47).

^. J. Kudolph Wyss, IdiflUn, Legenden undKrzœhlungen aui der Schireic (Berne 1813. Conip. Alf . Ceresoic, Légendes des Alpes Vaudoises (Lausanne, 1887).

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