‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 90 sur 251 · Liv. IH, p. 148 (Porisso, 1816, in · texte numérisé non relu

Liv. IH, p. 148 (Porisso, 1816, in

iiO LES LÉGENDES PIEUSES

accourt yers lui, dès qu'elle le sait de retour, et, se jetant à ses pieds, tout en larmes, elle lui dit, à peu près comme Marthe et Marie à Jésus : « Maître, ma fîUe ne serait point morte, si vous aviez été ici. » Xavier se rend enûn aux prières de la mère désolée ; il fait ouvrir le tombeau de la jeune fille et ordonne à la morte d*en sortir*.

On observe dans les légendes beaucoup moins de faits dans lesquels se rencontrent des analogies avec les derniers moments du Sauveur et avec ceux qui suivirent la résurrection. Par un respect facile à concevoir, par la crainte que limitation ne se trahit trop visiblement, les légendaires ont évité de pousser jusque-là les emprunts. Parfois seulement, quelques traits isolés révèlent encore des reproductions plus timides. Ainsi, saint Germain prédit, comme le Christ, sa mort à ses disciples qui ne le comprennent pas'. Saint Ambroise^ et nombre de saints apparaissent après leur mort, avec des circonstances plus ou moins évangéliques. Saint Maurille se montre sous la figure d*un jardinier, comme le Sauveur^. Saint Pierre Pascal est, à Tinstar de saint Thomas, convaincu de son incrédulité par Jésus qui lui fait toucher ses plaies^. Les derniers moments de saint Taurin rappellent, jusqu'à un certain point, l'Ascension ^\

Dans les récits des supplices atroces, des tortures inouïes que des persécuteurs orgueilleux et féroces faisaient endurer aux martys, récits, il faut le dire aussi, si souvent exagérés par Tenthousiasme, inventés même par la superstition, plus

1. Une autre fois, Xavier dit au père d'une jeune ûlle quMl ressuscita au Japon : « Allez, votre fille se porte bien », comme le Christ au centenior (liv. V,p. 51). En général, plus les maints se rapprochent de notre epodue, moins on leur attribue de miracles. Les seuls missionnaires dans les pays barbares et lointains font exception à cette règle. Remarque utile à faire, puisqu'elle démontre que les prodiges sont en raison do Tignorance du vulgaire et de Téloignement des lieux où ils s'opèrent.

2. Vita melritd suncli Germani. episc. Auliss,, c. 3, apud Bollandistes. Acta sanctorum, 3< juillet.

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