‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 24 sur 132 · VoY. l'ouvrage de M. Simpson · texte numérisé non relu

VoY. l'ouvrage de M. Simpson

2. W. J. IIoFKMAN, The Grand Medicine Society of Ihe Ojibwa clans le 7' Rapport annuel du Bureau of Ethnology. Washington, 1891, p. loO et 191.

3. Jami'S Stephenson, Articles from the Indinns ofXew-Mexico, dans le -' Rapport annuel du Bureau of Ethnology, 1883, fig. 5Gi. — Les Novajos (.\c lArizona exécutent au solstice d'hiver une danse magique où un danseur, porl-ait

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indice de plus en faveur tlune communication préhistoricjue entre l'Américjue précolombienne et les populations de l'Asie orientale, ou s il faut simplement y constater une de ces renci>ntres si fréquentes dans le symbolisme reli«^ieux des races les plus diverses. Ce serait le cas de répéter : \il novi sub sole. Il y a peu de nouveau sous la roue solaire.

une étoile sur la lêle, tournoie en tenant une image du soleil au bout d'un bâton : «> C'est là. écrit un témoin, le point culminant de la cérémonie, qui ne célèbre pas seulement le solstice d'hiver mais qui a pour objet sjiécial de forcer le st>leil à suspomire sa fuite vers le sud (Gi:ou(ii-: A. Di»iisi:y, Indians of the South \\ PS/, p. 13e et 171 .

LES ROUES LITURGIQUES DE L'ANCIENNE EGYPTE

On donne en Belgique et en France le nom de « roues de forlune )) à des roues qu'on l'ait tourner pour consulter le sort ; pour obtenir un résultat magique ; pour honorer un personnage surhumain; pour démontrer, par une image facile à saisir, Tinstabilité des choses humaines ; pour imprimer plus de solennité à certaines fêtes mi-profanes, mi-religieuses. Nous connaissons tous les roues de fortune qui jouent un rôle dans nos cavalcades, nos processions, nos plantations d'arbres de mai, nos cortèges de géants, etc. Plusieurs églises de la Basse-Bretagne renferment encore des roues accrochées à la voûte ou suspendues aux piliers ; les fidèles les font tourner à la main ou au moyen d'une corde, pour deux sous. Parfois, c'est un véritable oracle que les jeunes Bretonnes consultent } our savoir si elles se marieront dans l'année, les gens mariés pour s'assurer s'ils seront heureux ou malheureux dans cerlalnes entreprises. Ailleurs, on espère ainsi obtenir du saint la délivrance d'une maladie, la fécondité du bétail, etc. 11 s'agit évidemment là, comme le fait observer M. Gaidoz, de prati([ues, étrangères et antérieures au christianisme, dont la signification originaire s'est perdue-. Des roues de fortune se montrent, du reste, jarmi les représentations figurées des verrières et des bas-reliefs, dans certaines églises gothicjues. Le même usage se rencontre au Japon. On y trouve, à l'entrée

1. Bull, de VAcnd. roy. de Belgique, 3" sér., t. XXXVI, n» 11, pp. 43'.)-4Gf , 1898. iî. H. GAiitoz, Le dieu gaulois du soleil el le symbolisme de la roue. Pari*!. 18SG, pp. 38-39.

ARCllKOLOGIE ET IIISTOIIU': HK LKHl- USES

dos sanctuaires binuldhicjues, eiicastives cl;ins los piliers de l)ois, des roues en l)ronzc que les lidèles font tourner à la m;iin. De même (jue les roues bretonnes sont parfois munies de clochettes, les roues ja])onaises portent des jinneaux de niétîd (jui, g'iissant

le long' ties rayons, produisent un son arii'entin.

AuThibet. ces roues sont remplacés par des cylindres, les célèbres « moulins à prières » du lamaïsme.

11 n'est pas diiEcile de reconstituer la genèse des roues liturgiques du Japon. C'est un instrument d'origine indienne, la représentation de la « lîoue de la Loi. » que le Bouddha mit en mouvement pour le salut du genre humain ; elle-même a son antécédent, comme l'a péremptoirement démontré M. \V. Simpson, dans les roues magiques que les brahmanes faisaient tourner pour dominer le cours des forces naturelles et, en particulier, du soleiP.

En réalité, nous avons là une combinaison d un symbole et d'un rite.

Le synd)ole, c est la représentation du soleil par une roue ou un disque. Le rite, c'est la circumambulation où l'on imite le mouvement a; parent de l'astre.

Gomme ce rite et ce svmbole ont été retrouvés, hors de l'Inde, parmi les principales branches de la famille indo-européenne, — notamment chez les populations celti(|ues de l'Europe occidentale^, — on peut se demander si les roues liturgiques de la Breta-

Fijf. S. — Ijoiic litui'iîuinc ilu Japon' .

1. Daprès un exemplaire du musée de Brij^hton. reproduit par M. Willam Simpson dans son ouvraj:c The liuddhifit Prai/incf-\\ heel. Londres. ISl'G, p. 110.

2, The Bmhlhisl l'ruyinff-Wheel. Londres, iil9(t, chap. »v.

o. Cf. A. Bertrand. La reli(jion des Gaulois. Paris, 1897, p. 181 : « La rouelle a joué un rôle particulièrement important en Gaule, A titre damulettc. nous la tr'^iuvons répandue en abondance dans nombre d'enceintes ^"^auloises préromaincs, ceritrcs de cérémonies rclijiicuses.... On en faisait un commerce analoprue au commerce des médailles et rutres souvenirs pieux, vendus en Brelag^ne, les jours de pardon, à la porte de nos églises. »

LES ROLES ElTLliGIQUES DE L ANCIENNE ÉdYPTE 27

"lie et en o-énéral nos roues do fortune se rattachent aux vieux usages indo-européens, cjui n'ont jamais complètement disparu de notre sol, ou bien s'il faut y voir une importation lardixe. f[ui serait venue se grelfer sur un symbolisme [)réexistaiit.

Le paganisme classicjue a connu à la fois la circumambulation et la roue magique ^ Il y avait, tout d'abord, la roue de la déesse Fortuna quia passé dans notre symbolisme artistique. M. Gaidoz la tient pour l'antécédent direct de nos roues de fortune, mais il soupçonne en même temps qu'elle pourrait bien se rattacher au svmbolisme solaire de la Grèce ou de l'Asie Mineure-.

Chez les Grecs, il y avait, d'abord, les disques qu'on utilisait dans les mystères : les xtovo'. côuiêo'.. — Un scholiaste de Clément d'Alexandrie les définit connue un morceau de bois, attaché à une cordelette, qu'on faisait tourner dans les mystères pour produire une sorte de ronflements D'après M. Andrew Lang, ce serait le bruyant jouet (|ue nos enfants qualifient de grenouille, en anglais hull-roarer. M. Lang l'a rapproché du iurndum — emplové de la même façon dans les Initiations religieuses des Australiens — ainsi que de certains engins utilisés pour un objet analogue dans la Nouvelle-Zélande, le Nouveau-Mexique et l'Afrique méridionale*. D'autres commentateurs estiment ({ue les termes du scholiaste s'appliquent plutôt à un véritable « sabot, » sorte de toupie ronflante qui reste attachée à sa corde. — (Uioi qu'il en soit, je me suis demandé s'il ne fallait pas voir (^fig. D.) la représentation d'un instrument, apparenté à l'engin dont parle M. A. Lang, sur un vase peint reproduit par Millingen : dans uuLî scène figurant l'enlèvement de Perséphone, Kros, qui vole au-dessus du char de Iladès, agite une corde à laquelle est attachée une rouelle.

ilentrant sans doute dans la même famille d'instruments magiques, non moins que dans celle des roues à invocations et

\. Cf. larticle précédent.

•1. II. Gaido/. op. cit., pp. 57 et suiv.

3. K(I)vû; ç'jAâp'.ov ou éir^-'zoL: tô ï-aoT'iov aolI iv -ra'; TtA^Taï^ ïoovcTto -.va ôoi^ï,.

4. The Bull-roarer, clans Cistom and Myth. Londres, 18S4, pp. -'.) et suiv.

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même dos moulins à prières, on })out é«]^alement mentionner le cercle que, sur un semnus apulien, Proserpine fait tourner autour d'un bâton ou d'une corde tendue tli»'. 10).

Aux roues ma<^i(jues était parfois attaché un oiseau, l'ivini^. I/'Ij"';, qui porte en français le nom significatif de torcol [Viinx tnrquUlnK à raison de la facilité avec laf[uelle il fait pivoter sa tète, passait pour exercer une influence aphrodisiaque'. Afin d'accroître cette influence, nous apprend le scholiaste de Pindare,

Vv^. n. — Mii.i.ixucN. Pain'ed Groeli Vn!<es, pi. X\'I-.

on liait l'oiseau — ou sa représentation — sur une roue qu'on faisait ensuite tourner', (ùes roues elles-mêmes s'appelaient des Ivinojes, 'Ij^'^'î^. — Philostrate rapporte que, à Babylone, des Ivinges en or pendaient du phifond dans la salle d'apparat où les rois de Perse rendaient la justice. Pour peu que loiseau, les ailes épandues, dépassât la circonférence, on ne peut s'empêcher de songer ici aux disques ornithomorphes que les Perses avaient jadis hérités des Assvro-Babvloniens. Mais Philostrate ajoute que ces lyinges, installés par les Mages en vue de refréner la présomption des rois, passaient pour parler (( la langue des dieux'*; » ce qui semble indif[uer (ju'ils émettaient un bruit de nature particulière. Je signale ce passage à l'jittention de M. Andrew Lang (jui a relevé, chez les sauvages, différents cas où le ronflement du turnchuii est pris pour la voix d'êtres surhumains ^

Les Grecs avaient également des roues ou des rouelles, x-jxAol,

i. D'Arcv W. Thompson, a Glossary ofGreek Birds, Oxford. 189.j. p.71.

2. Cf. un autre exemple, moinscaractérisé, dans Lenohmant et nu ^^'ITT^, Elite des monuments cérumogrnphiques de la Grèce, t. II, pi. XXIII A.

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