‹ Crustacés de la Mediterranée et de son littoralChapitre 9 sur 45 · PL. V · texte numérisé non relu

PL. V

S. Corporc fuho , suprà levi ^ pollicibus bidentatis; canda rubra , spinosa, canaliculata.

Cette nouvelle Squille, que je dédie à mon ami, Lcfebure de Cerisy, connu par plusieurs services qu'il a rendus à l'Entomologie et plus encore par l'importante monographie qu'il prépare depuis long-tems sur le genre Sphinx, ne peut être confondue avec aucune des espèces mentionnées par les auteurs. Le Caractère essentiel qu'elle présente est de n'avoir cpie deux aiguillons sur la griffe terminale de la première paire de pieds mâchoires, trois autres aiguillons moljilcs sont placés sur la partie interne de la main vers le poignet. Les autres pieds mâchoires termines par un ongle crochu, sont ciliés de rose ainsi que les pattes proprement dites. Les segmens de l'abdomen sont entièrement lisses, excepté le pénultième dont les Lords sont munis de six épines dirigées en arrière : le dernier est terminé par sept pointes aiguës; il porte onze cannelures longitudinales, fortement relevées en carène; la première des nageoires latérales de cette partie du corps est armée, vers son extrémité inférieure, de trois forts piquans; on aperçoit, en dessus, un autre piquant vers sa base, et quelques-uns très-rapprochés sur son bord extérieur donnent à cette

Ord. Stomapodes, Fam. Unipeltés.

partie un aspect cilié. La seconde lame natatoire n'est bordée que de poil j l'une et l'autre sont profondément sillonnées. La couleur générale de cette Squille est d'un jaune fauve ou verdàtre. Les antennes et les cils de diverses parties du corps sont roses. Le bord postérieur des segniens de l'abdomen et les deux derniers anneaux de cette partie du corps sont d'un rouge de brique.

La Squille Cerisy m'a été apportée de la Corse dont il paraît qu'elle fréquente les parages. Elle a été trouvée aux environs de Toulon où elle est rare. Je ne connais point la couleur de ses œufs, ni l'époque à laquelle elle les porte.

Or.D. mCAFODES, DECJFODJ ; F m. iVLiCROURES, MACROURA.

Tribu PAGURIENS, PAGURIl.

Car. {Voyez l'Introduction.)

Genre PAGURE, PAQURUS.

Pagurus. Bisso, F ah. , Desm. , Leach, Latr. , Lam. , Bosc, Oliv- , Rajînesque,

Cancer. Linné , Herbst.

AsTACDS. Baster, Dégeer.

Cancellus. Rondelet, Swammerdam, Aldrovande , Gessner.

Caractères. — Antennes extérieures distantes, longues, se'tace'cs , ayant l'extrémité supc'iieure de leur second article pourvue d'une c'pine mobile. Les intermédiaires ou intérieures tourtes , rapproclie'cs , courbe'es , notablement moins longues que les late'ralcs, filiformes, termine'es par deux filets courts dont le supérieur en cône alongé ou subulé.

Pieds-micîioircs extérieurs ayant leur tige interne formée de six articles dont le premier court et inégal ; le second court; le troisième anguleux et dentelé intérieurement, supportant les trois derniers qui sont aplatis et ciliés.

Pinces inégales , courbées tantôt à droite tantôt à gauche suivant les espèces , le plus souvent anguleuses , ruguleuscs et couvertes de poils roides divisés en faisceaux; les quatre grands pieds des seconde et troisième paires inégaux eu longueur et suivant la direction des pinces • les quatre dernières pattes très-courtes, un peu molles, velues et didactyles ; le doigt immobile chagriné extérieurement en forme de râpe ou de pelotte.

Carapace n'ayant de solide que sa région stomacale, qui est plane ou légèrement convexe en dessus , tronquée en avant et infléchie sur les côtés ; régions postérieures à celle-ci en étant séparées par un sillon transversal ; la génitale et la cordiale occupant nn espace médian linéaire ; les branchiales recouvertes d'un têt mou, membraneux et ridé.

Abdomen très-mou , en forme de sac vésiculeux , contourné, sans anneaux bien distincts terminé par deux appendices latéraux petits , d'inégale longueur, composés d'un article codjmun , qui porte deux autres petits articles dont l'animai ne paraît se servir que pour se fixer aux parois intérieures de la coquille qu'il habite.

Des fausses pattes ou filets portant les œufs sur un seul côté ; l'autre côté en offre quelquefois; dans ce cas ils sont oblitères ou solitaires.

Yeux rapprochés , portés sur des pédoncules mobiles , alongés , cylindriques , placés au-dessus dus antennes intermédiaires et pourvus d'une appendice à leur base.

Ord. Décapodes, Fam. IMacrocres, Trib. Paguuieks.

Les singuliers et nombreux Crustacés renfermés dans ce genre sont vulgairement connus sous le nom de Bernard-l'hermite , de Sodats , etc. , de l'habitude singulière qu'ils ont de s'emparer des coquilles univalves qu'ils rencontrent pour y loger la partie postérieure de leur corps. En Provence et sur plusieurs côtes d'Italie les pêclieurs les nomment Piados , Bieou-Arpiis , Ermitos , etc.

Les mœurs Curieuses des Pagures ont été observées par les Grecs : ces Crustacés portaient le nom générique de Carcinion ; les Latins les distinguaient sous celui de CancelU et c'est aussi cette dénomination que leur conservèrent Aldrovande , Gessner , Rondelet et Swammerdam; mais Fabricius leur substitua mal-à-propos, ainsi que le fait observer M. Latreille, celle de Pa^urus , par laquelle les anciens désignaient une espèce de Crabe. Linné avait placé ces animaux dans son genre Cancer; M. Rafinesque Schmaltz, dans son yï?ia- Ijse de la nature , a indiqué dans sa première sous-famille des Paguriens, les Apaluriens , deux nouveaux genres Eremitius et Apalurus dont il n'a point fait connaître les caractères. D'autres divisions génériques ont récemment été présentées. On a sépai'é les Birgiis dont l'abdomen est divisé et recouvert par des tablettes transA'ersales; le genre Cénobite a été créé pour les espèces dont la longueur des antennes intermédiaires égale presque celle des extérieures ; nous devons encore à M. Latreille l'établissement de celui qu'il nomme Prophjlace dans ses familles du règne animal , lequel diffère des autres par la présence d'appendices foliacées de chaque côté de l'abdomen et par l'absence de l'ouverture bifide de l'extrémité des quatre dernières pattes. Par conséquent, d'après les travaux de ce naturaliste et de M. Leach , le genre Pagure se trouve aujourd'hui restreint , et ne comprend que les espèces dont les quatre pieds postérieurs sont bifides, les antennes intermédiaires notablement plus courtes que les extérieures et l'abdomen mou portant des fausses pattes ou filets d'un seul côté.

Quoique ces Macroures fussent bien connus depuis long-tems Swammerdam a néanmoins prétendu, contre l'autorité d'un grand nombre d'auteurs, que les Pagures naissaient avec leur coquille et avaient la faculté de l'agrandir. Cette assertion erronée a été facilement combattue et on sa!l aujourd Imi po-

Ord Décapodes, Fam. Macroures, Trlb. Paguriens.

sitivement que ces Crustacés sont privés deTorgane sécréteur que la nature a accordé aux Mollusques pour foi'iner des coquilles.

C'est une fois par au , à l'époque de la mue , que le Pagure ayant gi'ossi et se trouvant trop à l'étroit dans son domicile se voit obligé d'en clierclier un plus spacieux 5 à celle fin , il entre successivement à reculons dans presque toutes les coquilles vides qu'il rencontre, se replace promptement dans son ancienne Labitation, et se remet en route pour recommencer de nouveaux essais jusqu'à ce qu'enfin le hasard le favorise. Plusieurs auteurs ont assuré que lorsque pressé de changer de logement un Pagure en rencontrait un autre, possesseur d'une coquille qui paraissait lui convenir, un combat était engagé, et le plus faible était contraint de céder sa place au plus fort.

Dans leur jeunesse ces Crustacés s'enfoncent quelquefois entièrement dans leur coquille ; plus avancés en âge et ayant grossi , leurs serres et les deux pattes suivantes se montrent presque toujours au dehors, les avitres restent cramponnées au fond du gîte. Quelques espèces de Pagures choisissent de préférence pour demeure des coquilles de la même espèce; on en rencontre qui se logent constamment dans les murex '; les uns, à cause de la longueur de leur abdomen , semblent ne se plaire que dans des cérites ; d'autres habitent indifféremment, les colombelles, les cassidaires, les buccins et même des bulimes, des hélices ou des cyclostomes entraînés dans la mer; il en est enfin qui se placent dans des alcyons, qui se fixent dans les cavités des éponges ou dans des fragmensde serpules ; j'en ai même vu qui s'étaient contentés de se blottir dans des trous de vieux morceaux de bois cariés.

La plupart des Pagures qui habitent nos rivages font plusieurs pontes dans l'aimée; les femelles portent leurs œufs sur le côté et les retiennent avec les filets qui y sont placés. Quelques espèces s'approchent des bords où la mer accumule des détritus de petites coquilles vides, afin que leurs petits puissent se choisir au plus tôt un berceau protecteur ; mais il en est qui n'abandonnent jamais les grandes profondeurs , d'autres se tiennent à quelques mètres seulement sous l'eau, dans les lieux fangeux , ou passent leur vie à roder le long des rochers du rivage,où,dèsqu'on veut les saisir, ils se retirent dans leur retraite

Ord. Décapodes, Fam. Macrodres, Tvib. Paguriens.

et se laissent tomber dans la mer. Les espèces du genre Birgies (i) qui , ainsi que je l'ai dit plus haut, ont été séparées du grand genre Pagiu-e , vivent babituellement sur terre: MM. Quoi et Gaymard, médecins de l'expédition autour du monde commandée par le capitaine Freycinet, en ont rencontré dans les forêts de l'île de Vaigiou à plus de mille pas du rivage. M. Bosc a fait la même observation sur des Birgus propres à l'Amérique méridionale. Il en est d'autres qui vivent en société, si toutefois l'on peut considérer dans ce cas ceux qui se rassemblent et s'entassent sur des corps morts dont ils dévorent les lambeaux en se les disputant, mais le festin terminé cbaciui se retire et va cbercher fortune ailleurs. Leur démarche est irrégulière, la moindre éminence devient un olistacle qui les fait se heurter, trébucher et rouler aAec leur coquille. L'époque de leurs amours et du renouvellement de leur habitation leur est toujours dangereuse et souvent fatale, caries poissons les guettent sans cesse pour en manger la chair dont ils sont très-friands, aussi s'en sert-on avantageusement comme appât à la pêche. M. Risso a observé que, soit qu'ils se promènent sur les rochers hors de l'eau , ou qu'ils se traînent dans ce fluide, leurs palpes et leurs antennes sont dans un mouvement continuel. Les Pagures sont abondamment répandus dans toutes les mers du globe; il est des plages, dans quelques îles des mers des Indes, qui en sont couvertes; pendant l'hiver ils s'éloignent de la côte.

Olivier décrit trente-quatre espèces de ces Décapodes parmi lesquelles ont

(i) C'est sur un individa du Birgus latro que M. Geoffroy S'-Hilaire nous a donne quelques observations ■uatomiques et iilivsiologiques qui le mirent dans le cas de penser que les îtres des derniers degrés de IVchelle animale, qui respirent dans l'air et sous l'eau, pouvaient avoir, dans un médium de développement les organes respiratoires des deux sortes i c'est-^-dire 5tre munis d'un poumon et de branchies. Bien nu'il eût été facile à cetillustre professeur de continuer ses observations sur ce nouveau svstcnie d'orcauisation avec un vaste et profond savoir, il paraît néanmoins que ses nouvelles recherches ne sont point venues suflisarament corroborer les premii'res idées qu'il s'était formées. Mais nous devons ^ Mil. Audouin et Milne Edwards de nous avoir définitivement fixé sur les fonctions de l'appareil branchial considéré comme oreaae de la respiration chei les Crustacés. C'est dans un savant mémoire, dont MM. Cuvier etDuméril ont rendu compte îi l'Académie des sciences, que ces naturalistes ont démontré que les Crustacés, sans exception, n'ont d'autre mode de respiration que celui qui existe dans les poissons, mais que c'est .\ !a faculté de rete. nir îi l'intérieur de la cavité respiratoire comme dans une sorte de réservoir , l'eau qui entretient l'humidité nécessaire au libre exercice des lames de leurs branchies , qu'est due la possîljilité où ils sont de vivre lon^-tcms exposés \ l'air atmospliériquc.

Ctd. Décapodes, Fam. Macroures, Trib. Paguriens.

été faites les divisions génériques dont j'ai parlé. M. Maximilien Spinola en a reconnu plus de quinze aux environs de Gênes, M. Risso en mentionne neuf de la mer de Nice , je ne doute pas que ce nombre ne puisse bientôt être considérablement augmenté. On n'en connaît point encore de fossiles.

LE PAGURE STRIÉ, PAGURUS STRIATUS.

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