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partie postérieure de celte région, un lobe médian assez bien indiqué

De fortes aspérités squamiformes garnissent toute la surface dorsale de la carapace, à l'exception du front et du rostre ; elles se terminent en avant par un bord libre et saillant sur lequel se trouvent une ou plusieurs spinules et des poils assez courts.

Le rostre est droit, assez large et muni d’une forte carène qui se prolonge assez loin sur la région gastrique ; il dépasse le milieu du second artiele des antennules.

L'espace orbitaire se trouve parfaitement limité, grâce à une forte saillie du bord frontal ; cette saillie se termine par une épine qui atteint presque l'extrémité des pédoneules oculaires; on observe également, sur le bord frontal, vers le bord de l'orbite, une saillie spiniforme dont la pointe seule est visible du côté dorsal. Des épines assez fortes se trouvent de chaque côté sur les bords de la carapace ; la plus antérieure est à l'angle antéro-latéral, les deux suivantes occupent le lobe branchial antérieur et les deux dernières les parties un peu plus postérieures des aires branchiales. On observe une rangée d’épines recourbées en avant, sur le bord postérieur saillant de la carapace.

Les pédoncules oculaires atteignent presque le milieu du rostre; ils sont arrondis en avant et leur surface cornéenne se fait remarquer par une longue et étroite échancrure dorsale ; cette échancrure se termine en pointe saillante et présente quelques soies.

Les antennules sont caractérisées par le grand développement de l'épine antérieure de leur article basilaire ; leur article terminal se termine, comme de coutume, par un faisceau de longs poils.

L'article basilaire des antennes externes présente en dehors une forte saillie acuminée ; une saillie se rencontre encore sur Particle suivant et y devient une véritable épine ; l’avant-dernier article se termine en avant par quelques denticules aigus ; enfin l’article terminal est très court. Le fouet antennaire est nu et fort grèle; il dépasse un peu Particulation basilaire des pinces.

Les appendices buccaux ne présentent rien de bien particulier : l’exopodite des mäàchoires postérieures est large en avant et tronqué en arrière ; l’épipodite des pattes-mâchoires antérieures est presque aussi long que l’exopodite et rétréci en avant; enfin les pattes-màchoires

GALATHEID Æ. 329 de la dernière paire se font remarquer par les deux saillies aiguës qui terminent en avant l'ischiopodite, ainsi que par les quatre épines inégalement longues du bord interne du méropodite. Les pattes-mâchoires de cette paire ne sont pas tout à fait en contact à leur base.

Branchies et épipodites sont disposés de la même manière que dans la M. Talismanr.

Les pattes antérieures sont longues et armées de nombreuses épines. Leurs divers articles restent grèles, à l’exception des pinces qui sont assez élargies et d’ailleurs fortement comprimées de haut en bas. La portion palmaire est plus longue que les doigts: elle s'élargit progressivement d’arrière en avant et présente sur ses deux bords une rangée de spinules. Au voisinage de ces dernières, la face dorsale est légèrement déprimée, mais elle se relève et devient assez saillante dans la région médiane. Les deux doigts ne se touchent que dans leur moitié antérieure ; ils sont séparés en arrière par un léger hiatus auquel correspond une saillie du doigt mobile et une échancrure du doigt immobile, Des denticules obtus forment une rangée sur le bord de chacun des doigts. Le carpe est plus court que la portion palmaire ; il présente quatre épines en avant, ainsi que deux rangées longitudinales d’épines beaucoup moins fortes; il n’est pas tout à fait aussi large que la pince. Plus grèle encore est le méropodite, qui est d’ailleurs presque aussi long que la pince et aussi long que la carapace ; il présente une rangée de 6 ou 7 longues épines sur la partie supérieure de sa face interne, et une rangée d’épines plus nombreuses, mais un peu plus courtes, le long de sa ligne dorsale.

Les pattes des trois paires suivantes sont courtes et faibles ; la plus grande ne dépasse pas l'extrémité antérieure du carpe des pattes précédentes. Leur méropodite est granuleux et présente sur son bord dorsal anguleux une rangée de spinules. Sur le carpe se trouvent en dessus une rangée d’épines et, sur la face postérieure, deux rangées de saillies spiniformes. Le propodite à aussi une rangée dorsale de spinules ; il se fait remarquer par une légère torsion dans le sens longitudinal. Le doigt est beaucoup plus court que le propodite, il n’est pas sensiblement arqué et ne présente, sur son bord inférieur, que quelques soies mobiles

peu développées. Le méropodite des pattes ambulatoires antérieures est

: ; 42 {TaLISMAN. — Crustacés. :

un peu plus long que celui des pattes postérieures, contrairement à ce

qu’on observe dans la M. Talismant. É L'abdomen est lisse dans toute son étendue, sauf sur les parties mé-

dianes du telson qui sont granuleuses; on observe une forte carène

transversale sur les quatre anneaux antérieurs de l'abdomen, mais sur-

tout sur le second et le troisième.

Haprrar, Variarioxs. — Talisman, 1883 : 9 juillet, n° 70, 698 mètres; un peu au sud du cap Bojador: lat. N. 25°39", long. O. 1818". Sable vaseux, coraux, coquilles.

Cinq exemplaires de même taille, deux mâles et trois femelles, l’une avec une vinglaine d'œufs, l'autre avec cinq seulement.

Voici les dimensions du spécimen mâle qui nous à servi de Lype :

Longueur du corps, du rostre au telson..…....,........ 22 millim. —= du céphalothorax y compris le rostre........ 11 — Largeur du céphalothorax en avant.................... T — Longueur des pédoncules oculaires.................... 1,5 — — AU POSTE RAT PÉTER LES 3,2 — — dela patte antérieure droite... 4... 32 — —Guméropodite de cetlepalte tee. 12. — AU ICAEDE ET Ce co Le DURE de TAPINCe Mere eee -reee ces 13 — —MAdes does meet er er eee Ce D — Marseurmaximumidela pince EEE EPE EE C EC TEE ee 3,6 — Longueur de la première patte ambulatoire droite, ..... 155 —

La femelle se distingue par la forme de ses pinces qui sont plus étroites que celles du mäle :

Longueuride lapinceldroite RC ee cOTT TRee 10 millim. Largeur NT Ste cree cc one 1,8 —

Les doigts des pinces sont en contact sur toute l'étendue de leur bord interne. Les pattes des deux femelles sont un peu plus courtes et plus fortes que celles

des mâles.

Arrivés, — La 1. scabra Faxon, recueillie par l « Albatros » dans le Pacifique oriental, est une espèce extrêmement voisine de la précédente et peut être regardée comme une de ses formes représentatives. D’après la figure 1 de la planche XXI, donnée par M. Faxon, elle paraît avoir le bord frontal plus oblique el armé de dents, beaucoup moins d’épines latérales et postérieures, plus de poils sur les pattes et une dent de moins sur le bord interne du méropodite des pattes-mâchoires postérieures.

GALATHEIDÆ,. 991

GALATHODES, A. Milne-Edwards.

Galathodes tridentata, Esmark.

PI. XXXI, fig. 5-7

Galathea tridentata, Esmark.

1882. Galathodes tridentata, G.-0. Sars, Or. Norg. Crust., p. 6 et 43, pl. L fig. 8, in Vid. Selsk. Forhändl.

1899. Galathodes tridentata, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Résult. des camp. scient. de P« Hirondelle » (Supplément) e{ de La « Princesse-Alice », fase, XTIT, p. 83 (ubi syn.).

ISS1. Galathodes rosaceus, À. Milne-Edwards, (A. Arad. des Se., novembre.

Hagrrar, Vartarions. — Travailleur, ISST : 16 août, n du cap Cebes. Vase, coraux.

42, S96 mètres; au nord

Trois males. Voici les dimensions de Fun d'eux. comparées à celles d'une femelle de taille à peu près semblable.

Longueur totale du corps, du rostre au telson..,... 20 millim. 22 millim. — du céphalothorax y compris le rostre.... 11 — 12 — Largeur de la carapace en avant. ..... PNR TT Do 6 — — — CHMADPIÈPE (Én— % — Longueur des pédoneules oculaires. .....,...,..... 1,5 — 1È GES D DUR OS DE. Sant am ns sors nee deuu us 4 — k.. — — de la patte antérieure droite. ........... 22,5 — 26 — du méropodite de la mème patte. ........ S — Qu LUC ONDES <obeter detdouceuties 3,4 — 4 — — de la pince...... RE 10,4 — 11 — | ANSE IARDINCE Lee ie ce re cemress RE — PAST MON UEUMAeSIDIEIS PE ee. 5,2 — 5,1 —

Talisman, 1883 : 11 juin, n° 13, 1216 mètres. ; côte du Maroc, au large d'Elarish : lat. N. 35°7', long. O. 9°38". Vase et coraux. |

Deux spécimens, un mâle un peu plus grand que le précédent, et une femelle dont les dimensions sont consignées dans le tableau ci-joint. Dans le spécimen mâle, les doigts des pinces laissent entre eux un hialus sur plus de la moitié de leur longueur.

9 juillet, n° 70, 698 mètres; au sud du cap Bojador : lat. N. 2539", lat. O. 18248". Sable, vase, coraux.

Trois spécimens mâles.

Talisman, 1883 : 9 juillet, n° 72, S82 mètres; Les Pilones (côte du Soudan) : lat. N. 25°39', long. O. 18°22". Sable vaseux, coraux, coquilles.

Trois beaux spécimens, une femelle et deux mâles.

30 juillet, n° 114, 593-633 mètres; îles du Cap-Vert.

Un mâle d'assez grande taille.

16 août, n° 128, 960 mètres; Açores : lat. N. 38°7', long. O. 29°32’. Sable, coquilles, Globigérines.

Deux spécimens mâles. La carapace du plus petit ne mesure pas plus de 5 millimètres de longueur, y compris le rostre, et ce dernier ressemble tout à fait au rostre des jeunes que M. Sars a représentés (fig. 31, tab. #) dans son mémoire intitulé : Bidrag til Kundshaben om Decapodernes Forvandlinger.

30 août, n° 141, 1 480 mètres; golfe de Gascogne, à 120 kilomètres au large de Rochefort : lat. N. 45°59', long. O. 7°29’. Corail.

Deux individus de moyenne laille, un mâle el une femelle, celte dernière avec cinq œufs.

Les variations de cette espèce sont, en somme, peu importantes et se limitent aux pinces, dont les doigts s’écartent un peu chez les mâles de grande taille, tandis qu’elles sont étroites et terminées par des doigts toujours en contact chez la femelle.

Armnrrés. — L'espèce d'Esmark présente les affinités les plus étroites avec la G. tridens À. Milne-Edwards, qui fut recueillie par le « Blake » dans la mer des Antilles. Cette dernière, toutefois, présente un certain nombre de caractères distinctifs très accentués : elle est presque dépourvue de poils et porte deux épines sur la région gastrique; la face interne du méropodite des pattes antérieures et le bord interne du carpe des mêmes pattes sont inermes; le rostre, dans sa moilié postérieure, se fait remarquer par un bord rectiligne et par conséquent non convexe; les doigts des pattes ambulatoires n’ont qu'un petit nombre de denticules, et l’on n’observe pas de petit lobe impair en arrière du segment basilaire du telson. Ajoutons que les pinces de la femelle, dans la G. tridens, ressemblent assez à celles des mâles âgés de la G. tridentata et que leurs doigts ne sont pas en contact sur le bord interne. La G. crinitus Faxon ressemble beaucoup à la G. #ridens, mais est couverte de longs poils.

DisrriBuriox. — Celte espèce a été signalée par Esmark et par Sars, dans les eaux norvégiennes, jusqu'aux Lofoten et à Hardanger, entre 80 et 300 brasses de profondeur. Grâce aux recherches du « Travailleur » et du « Talisman », on sait aujourd’hui qu’elle se trouve dans l’Atlantique jusqu'aux iles du Cap-Vert, qu’elle est assez fréquente dans le golfe de Gascogne et qu'elle peut atteindre des profondeurs de 1480 mètres.

C'est, dans les mers de nos contrées, une espèce représentalive de la

GALATHEIDÆ. 333 G. tridens des Antilles; la G. crinilus Faxon représente à son tour cette dernière espèce dans le Pacifique oriental.

SPÉCIMEN INDÉTERMINÉE. — Nous rapportons provisoirement à l'espèce précédente un jeune spécimen mâle (PI, XXXE, fig. 7) dont la carapace, y compris le rostre, ne mesure pas plus de 3 millimètres de longueur, et que la drague du « Travailleur » à ramené, en IS81, des profondeurs du golfe de Gascogne (n° 42, 890 mètres). Cet individu se distingue de l'espèce typique par ses pédoncules oculaires courts, par son rostre entier, denticulé sur les bords et très vaguement tridenté, par les é6pines des bords latéraux de la carapace et par les ornements saillants de la face dorsale de cette dernière. La forme générale du rostre rappelle assez le jeune Galathodes tridentata figuré par M. Sars, mais, comme les autres caractères sont différents, il pourrait bien se faire que notre spécimen appartint à une autre espèce Jusqu'ici non décrite. Les pattes antérieures ont des saillies ou des épines plus nombreuses que celles de la 4. tridentata.

ELASMONOTUS, A. M.-Edw.

Elasmonotus Vaiilanti, À. M.-Epw.

PI. XXXF, fig. 8-10.

1SS1. Ælasmonotus Vuillanti, A. Milne-Edwards, €. 28, Acad. des Se., 5 déc. 1881. 1882. Ælasmonatus Vaillanti, A. Milne-Edwards, Zapport de la Comm. chargée d'étudier la faune sous-marine, p. 40, in Arch. des Miss. scient. et litt. sèr. 3, € IX.

1883. Ælasmonotus Vaillanti, A. Milne-Edwards, Recueil de figures de Crust., pl NUIT.

189%. Ælasmonotus Vaillanti, À. Miine-Edwards et EL. Bouvier, Ann, des Se. nat., Zo0l., ser. t. NN, pee 2827225,

La carapace est un peu plus large en arrière qu'en avant; toutes ses régions sont très nettement indiquées et le plus souvent lisses; l'angle antéro-latéral est obtus, un peu saillant, et les bords latéraux sont complètement inermes. À l'exceplion des sillons, d’une profonde dépression transversale qui constitue la moitié antérieure de laire cardiaque, et d’une autre dépression moins profonde qui précède immédialement le bourrelet marginal postérieur, la carapace est partout couverte

de granules saillants, qui deviennent plus grands .et plus larges vers

les régions brachiales, et qui forment mème de courtes saillies transversales sur la région cardiaque. La région gastrique est très saillante, surtout en avant, où elle porte deux fortes épines entre lesquelles se trouve un tubercule obtus ; la moitié postérieure de la région cardiaque est également très saillante et présente une épine médiocre sur le milieu de son bord antérieur; on observe enfin deux épines sur le bourrelet marginal postérieur. Le rostre est à un niveau bien plus bas que la partie antérieure de l’aire cardiaque; ses bords sont légèrement denticulés dans la partie antérieure qui est triangulaire ; ils deviennent sensiblement parallèles en arrière et se continuent avec le bord frontal. Le rostre se relève légèrement en avant: il est convexe el caréné sur ses deux faces, mais la carène dorsale est de beaucoup la plus saillante et s'étend jusqu'au iubercule interépineux de la région gastrique. Le bord frontal offre, dans son milieu, une saillie qui limite assez bien l’espace orbitaire. Les flancs de la carapace sont sensiblement verticaux ; ils sont granuleux comme la face dorsale et présentent une ligne anomourienne qui est fort étroite en arrière et qui s'efface presque complètement en avant.

Les pédoncules oculaires sont très mobiles, assez courts et arrondis en avant; leur surface cornéenne occupe presque toute l'étendue de ta face dorsale, où elle présente cependant une petite échancrure aiguë et légèrement saillante. Les pédoncules sont séparés par une bande chitineuse continue, mais étroite.

L'article basilaire des pédoncules antennaires est armé en dessus de deux longues épines; l’article suivant est grêle et dépasse un peu le rostre ; enfin le dernier se termine en avant par une bordure de longs poils absolument simples. On ne trouve que trois articles au fouet terminal inférieur.

Les pédoncules antennaires sont très courts et atteignent à peine l’extrémité de l’article basilaire des pédoncules antennulaires ; leurs deux premiers articles sont munis d’un prolongement externe; le fouet terminal est nu, extrêmement grèle et atteint sensiblement la base des pinces.

Les mandibules sont inermes.Les mächoires postérieures se fontremar-

GALATHEIDÆ. 399 quer par leur exopodite assez court et échancré sur son bord postérieur. Les pattes-mâchoires antérieures ont un grand épipodite triangulaire. Les pattes-mâchoires postérieures sont assez fortement armées : l'angle antéro-externe de leur ischiopodite se prolonge en pointe longue et aiguë : il y a trois denticules spiniformes sur le bord interne du méropodite et des denticules plus réduits sur le bord externe du même article ; on observe enfin trois spinules sur le bord externe de l'article suivant.

Branchies et épipodites sont disposés comme dans la Galathodes tridentata.

Les pattes antérieures sont longues et grèles. Le méropodite est subquadrangulaire et hérissé de granules aigus entre lesquels se voient un petit nombre d’épines, dont deux ou trois sont situées sur la face interne et deux sur le bord antérieur. Le carpe est armé d'une longue épine sur sa face interne, et lon observe sur sa face externe des granules aigus. La -ince se rétrécit beaucoup à la base, et acquiert son maximum de largeur

l'articulation du doigt ; elle est peu convexe sur ses deux faces, présente une rangée de spinules au voisinage du bord supérieur, ainsi qu'une dépression longitudinale contiguë et parallèle à ce bord. Les doigts sont plus courts que la portion palmaire et faiblement denticulés sur leurs bords internes, qui sont en contact dans toute leur étendue.

Les pattes ambulatoires sont ornées d'un très grand nombre de granules aigus, qui se divisent en trois rangées longitudinales sur le carpe, puis s’atténuent et deviennent plus rares sur le propodite. Les doigts sont un peu plus courts que ce dernier, faiblement arqués et à peu près complètement inermes sur leur bord interne.

Le deuxième segment de l'abdomen présente, en arrière, une carène transversale au milieu de laquelle on voit deux épines ; cette carène en présente une autre qui s’interrompt sur la ligne médiane. Sur le bord postérieur du troisième segment est une carène également élevée, mais plus étroite, et également terminée par deux épines. Les autres articles sont inermes. L'article basilaire des fausses pattes postérieures présente quelques denticules en arrière; le lobe médian du telson se termine en pointe obtuse, et les lobes latéraux sont au nombre de trois

paires. I n'ya pas de deuxième lobe impair.

Hamrrar, Variarioxs. — Travailleur, 1881: 4 juin, n° 2, 1 068 mètres: au large des côtes portugaises : lat, N. 41913", long. O0. 11°39'40”. Caiïlloux, sable, un peu de vase.

Un spécimen femelle avec une dizaine d'œufs sous l'abdomen : les dimensions

de cetexemplaire sont les suivantes :

Longueur du corps, de l'extrémité du rostre à celle du telson. 18.2 millim. — du céphalothorax y compris le rostre.............. 9,5 — Largeur du céphalothorax en avant”. 4,1 — — — CNNAPPIÈR CORRE Ba — Poncveuridurosires PR EE PETER SEE 2,9 — — de la patte antérieure droite. ..................... 18 — — duwméropodile dercette patte ARR ü — — du Carpersrss MERE AMP ENNEMI TNNR PEAU 2,7 — — LelApINCE M rs EE EL GORE —— TESIADIDLS nie cie 2e Re EE LS DR — Larsecurmaximum de lapince PAR REP PE re Ê — Longueur de la première patte ambulatoire droite. .......... 10,6 —

Du mème dragage provient un individu male à peu près de même taille : l'épine cardiaque y est rudimentaire, le rostre assez court et la pince droite un peu plus grande que la gauche.

ArriNITÉs. — L'espèce précédente a quelques affinités avec l£. asper Hend., qui s'en distingue d'ailleurs aisément par sa carapace plutôt

déprimée et dépourvue d'épines gastriques.

OROPHORHYNCHUS, A. M.-Edw.

Orophorhynchus Parfaiti, A. M.-Enw.

PI. I, fig. 4 (en couleur). — PI. XXXI, fig. 11-13.

Elasmonotus Parfaiti, À. Milne-Edwards, 4/ss.

ISS5. Elasmonotus Parfaiti, À. Filhol, La Vie au fond des Mers, pl. VII (en couleur).

1886. £lasmonotus Parfaitli, Ed, Perrier, Les erploral. sous-marines, p. 295 et 524.

1894. Orophorhynchus Parfaiti, À. Milne-Edwards etE.-L. Bouvier, Ann. des Sc, nalt., Zool., sér. 7, t. XNI, p. 287, fig. 4, 13, 34.

1599, Orophorhynchus Parfaili, À. Milne-Edwards etE.-L. Bouvier, Æésult. des camp. scient. de © « Hirondelle » (supplément) e{ de la « Princesse-Alice », fase. XITT, p. 85.

La carapace est régulièrement et assez fortement convexe dans toute son étendue; elle est partout couverte de granulations ou de petits tubercules, sauf dans les parties déprimées et dans les sillons qui séparent les

diverses régions et leurs lobes. De tous ces sillons, le plus profond et le

GALATHEIDÆ. 337

mieux marqué est celui qui correspond à la suture cervicale ; vient ensuite celui qui limite en arrière le lobe antérieur des aires branchiales, enfin celui que forme la limite postérieure de l'aire cardiaque. Une profonde et large dépression à peu près lisse divise en deux moiliés la région cardiaque et détermine même deux lobes dans la moitié antérieure de cette région; il y a aussi une dépression transversale sensiblement unie, mais peu large et médiocrement allongée, en arrière de la région cardiaque, le long du bord postérieur saillant de la carapace ; deux autres dépressions moins marquées et obliques déterminent un lobe triangulaire dans la partie postérieure de la région gastrique ; enfin l'aire hépatique, qui est très réduite, se sépare mal, par une dépression finement granuleuse, de la région gastrique;! d’ailleurs ses bords latéraux sont fortement en retrait sur ceux des régions branchiales qui lui font suite, ce qui fait que la carapace est beaucoup plus étroite en avant qu’en arrière. Le rostre est subtriangulaire, très élargi à la base et acuminé en avant ; beaucoup moins saillant que la région gastrique, il est granuleux comme elle et se relève à son extrémité. Il est nettement caréné sur sa face dorsale, mais sa face ventrale, qui est plate et unie, ne présente qu'un rudiment de carène localisé dans sa partie la plus antérieure.

Les pédoncules oculaires sont conerescents, sur toute l'étendue de leur bord inférieur et interne, avec le segment chitineux qui les sépare ; ce segment est d’ailleurs très nettement séparé du rostre par une large suture, mais en arrière la suture n'apparaît plus ou n’est que fort indistincte. Les pédoncules sont larges et très aplatis dans presque toute leur étendue, surtout à la base; ils dépassent à peine les bords du rostre et se terminent par une petite surface cornéenne en verre de montre.

Les pédoncules antennulaires ne présentent que deux épines assez réduites sur leur anneau basilaire. Le bord antérieur de leur article terminal est orné de longs poils munis de barbules; le fouetterminalinférieur se compose de quatre articles. On observe une paire de saillies tuberculiformes sur les téguments chitineux qui séparent les deux pédonceules.

L'article basilaire des pédoncules antennaires se termine à son angle antéro-interne sous la forme d’un gros lobe saillant; les trois articles

, , (TaLISMAN. — Crustacés.) 43

suivants se distinguent seuls quand on examine l'animal par la face dorsale : ils sont très réduits, et le dernier n’atteint pas même l'extrémité des pédoncules oculaires. Le fouet terminal est nu, très grêle, et égale à peu près en longueur la carapace.

Les appendices buceaux, les mandibules notamment, sont assez fortement développés; ces dernières sont inermes sur leur bord interne. L'exopodite des pattes-mâchoires postérieures est très légèrement échancré en arrière, l’épipodite des pattes-màchoires antérieures est assez développé et subtrapézoïde, les pattes-màchoires postérieures, enfin, se font remarquer par leur méropodite inerme et simplement irrégulier sur les bords.

Branchies et épipodites sont disposés de la même manière que dans l'Elasmonotus Vaillanti, mais on observe un épipodite à la base des pattes de la première paire.

Les pattes antérieures sont très courtes et ornées, sur tous leurs articles, de granules assez développés; à part un denticule spiniforme situé sur le bord interne du carpe, elles sont d’ailleurs complètement inermes. Le méropodite est triangulaire, mais son bord supérieur est large et arrondi; le carpe est creusé sur sa face dorsale d’une légère dépression longitudinale dépourvue de granules. La pince est assez fortement renflée dans la région palmaire et ne présente que des bords arrondis; elle se rétrécit beaucoup au niveau des doigts, qui sont denticulés, fortement excavés et en contact sur toute l'étendue de leur bord interne. On distingue des poils courts et assez nombreux sur la partie externe du doigt mobile.

Les pattes ambulatoires sont granuleuses comme les précédentes et se font remarquer par l'épaisseur de leurs articles, qui ne sont pas sensiblement comprimés. Celles de la première paire dépassent les pinces d’une faible partie de la longueur des doigts. Le méropodite n’est nullement caréné, mais 1l se termine en dessus et en avant par un lobe légèrement denticulé. Sur le carpe, les granules ont une tendance à se grouper régulièrement et forment, notamment sur le milieu de la face externe, une rangée longitudinale; cette tendance s’accentue encore davantage

sur le propodite qui devient par là même presque polygonal, et qui pré-

GALATHEIDÆ. 339 sente sur le milieu de sa face supérieure, qui est sensiblement plate, une rangée longitudinale de granules assez fortement saillants. Les doigts sont un peu plus courts que le propodite ; leurs faces latérales se rencontrent en biseau sur le bord inférieur qui présente un petit nombre de denticules irréguliers et très espacés.

Les pattes de la dernière paire se terminent par une pince plus longue que la moitié du carpe; leurs doigts sont brièvement poilus et plus courts que le reste du propodite.

L'abdomen est granuleux dans toute son étendue, mais les granules deviennent de plus en plus petits à mesure qu'on se rapproche du telson; ils manquent, d’ailleurs, sur les dépressions qui séparent les divers ornements en saillie de cette région du corps. Le premier segment est à peu près complètement caché par la carapace. Les trois suivants se font remarquer par la présence d’une large et forte épine comprimée latéralement et recourbée en avant; toute la partie antérieure de ces deux anneaux est déprimée et lisse; la moitié postérieure est granuleuse, irrégulière et divisée en deux moitiés parallèles par un sillon transversal complètement uni.

Les fausses pattes sexuelles du mâle sont bien développées, et celles de la deuxième paire se font remarquer par la présence d’un rudiment de rameau externe. Les deux paires de fausses pattes suivantes sont grandes, très nettement, mais assez irrégulièrement biramées; celles de la troisième paire ne sont pas beaucoup plus réduites, mais elles n’ont déjà plus qu'un rameau.

Le telson se fait remarquer par la présence d'un deuxième lobe impair,

et par la longueur relativement faible de ses deux lobes pairs postérieurs.

Harirar, Dimensions. — Talisman, 1883 : 26 août, n° 136, 4255 mètres; entre les Acores et Rochefort : lat. N. 4420", long. 0. 19931. Vase blanche molle.

Un spécimen mâle ayant sous l'abdomen une Sacculine.

Les dimensions de ce spécimen sont les suivantes :

Longueur du corps, de l'extrémité du rostre à celle du telson. 61 millim.

= de la carapace, y compris le rostre........ esse 33,9 — Largeur de la carapace en avant.......................... 16 — — — ED ATTIÈLE. ee ocre bee ci 19,7 —

Q Longueur du rostre.......,.............................. 8,2 —

Longueur des pédoncules oculaires.......... FE sn ie Due Ja 3,1 millim.

— de la patte antérieure droite.................... SUD

— du méropodite deicette patte "#7 "APTE Er 89 —

=" \AUCATPEL: Meet et SR ee CREUSE 5 A10—

— dela ;pince:s. fatisnmanite cbr los 12 —

— Tes doIR IS nee RTC EE 7,4 — Marseurmaximumi deMlaipince PRET CRC ec r Gi — Longueur de la patte ambulatoire droite de la 1" paire. .... 99 —

ArrinitÉs. — L’0. Parfait se rapproche beaucoup, par sa forme géné-

rale, de l'O. latifrons Hend., qui s’en distingue d’ailleurs par son rostre fortement caréné et uni, par ses pattes ambulatoires et par ses pattesmächoires postérieures armées d’un certain nombre d’épines, enfin par son abdomen qui est absolument inerme. L’0. aries A. Milne-Edwards, qui est large, lourd et complètement inerme, présente aussi quelques affinités avec notre espèce.

CoLoraTIoN. — Teinte générale laiteuse, légèrement violacée. Yeux d’un rouge orangé vif.

Orophorhynchus Marionis, À. M.-Edw.

PI. XXXI, fig. 14-16.

1882. Galathodes Marionis, À. Milne-Edwards, Rapport sur la faune sous-marine, p.17 (en note). — Arch. des Missions scient. et litt., sër. 3, €. IX.

1894. Orophorhynchus Marionis, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat., Zool., série 7, t. XVI, p. 287, 198, 325.

Cette espèce se fait remarquer par la brièveté des pinces, par la forme et par les ornements de la carapace. Cette dernière est large, assez convexe, armée sur chaque bord de quatre dents obtuses et terminée par un rostre court, large, infléchi vers le bas, caréné du côté dorsal et obtus à l’extrémité. Tous les sillons de la carapace sont unis et très accentués, surtout le sillon cervical et son rameau latéral qui délimite un lobe antérieur dans chaque aire branchiale. Très marquée est aussi la profonde dépression transversale qui divise en deux parties l’aire eardiaque, mais toute la partie postérieure de cette aire n’est que très faiblement limitée. Sur la région gastrique se trouvent un certain nombre de grosses saillies tuberculiformes symétriquement situées et, en arrière de celles-ci, des granulations ou des lignes transversales arquées et

GALATHEIDÆ. 341

saillantes, dont le bord est irrégulier, Ces lignes se rencontrent d'ailleurs sur les aires cardiaques el branchiales et deviennent surtout grandes et espacées dans la moitié postérieure de ces dernières; sur les lobes hépatiques, elles sont au contraire remplacées par de grosses granulalions qui se prolongent, en s’atténuant, sur le rostre. Le bord frontal présente une saillie en dehors des yeux. Les pédoncules oculaires sont courts, arrondis, complètement soudés au front ; leur surface cornéenne est rugueuse, et occupe presque loute la partie dorsale des pédoncules.

Sur l’article basilaire renflé des pédoncules antennulaires se trouvent deux épines superposées dont la supérieure est la plus petite. Les deux articles suivants sont sensiblement égaux et le dernier atteint presque l'extrémité du carpe des pattes antérieures; le fouet supérieur ne compte qu'un petit nombre d'articles et l'inférieur n’en a que trois. Il y a quelques poils pennés à l'extrémité antérieure du dernier article pédoneulaire. Les pédoncules antennaires sont inermes; leur fouet dépasse un peu l'extrémité des pinces.

Les mandibules sont armées d'une assez forte saillie sur le milieu de leur bord interne, et d'une autre à l'extrémité postérieure. Les pattesmâchoires antérieures se font remarquer par la forme de leur épipodite qui est triangulaire, fort étroit en avant et beaucoup plus court que l’exopodite. Les pattes-màchoires postérieures ont deux dents aiguës et un très petit denticule sur le bord interne de leur méropodite.

La formule branchialie est la suivante :

PATTES. PATTES-MACHOIRES

a — A v IV III Il I Ill Il I Pleurobranchies ...... 0 (| 1 il 0 0 0 0 Arthrobranchies ...... ! 2 D 2 2 2 0 0 Épipodites. .......... 0 0 1 1 1 1 0 1

Les pattes antérieures sont courtes, granuleuses et assez fortes ; à l'exception d’un denticule aigu qu’on observe en dedans sur le bord antérieur du méropodite, elles sont complètement inermes. Leur méropodite a un bord supérieur granuleux et le carpe des granules dont quelques-uns sont disposés en série longitudinale, ou transformés, comme on l’observe en avant sur le bord interne, en denticules obtus.

La pince se fait remarquer par la ligne de granules plus forts et par la faible dépression longitudinale qu'on observe près de son bord interne; ses doigts sont épais, contigus sur toute leur longueur, excavés sur leur face interne, et denticulés en avant.

Les pattes ambulatoires sont assez grèles et plus longues que les pattes antérieures; elles sont, comme ces dernières, ornées de granules le plus souvent sériés. Le méropodite à un bord supérieur irrégulier et anguleux; le méropodite présente quelques lignes faiblement déprimées et parallèles à celles des granules ; les doigts ne sont pas sensiblement denticulés et se terminent en pointe aiguë et recourbée.

L'abdomen est, comme toutes les autres parties du corps, dépourvu de poils, sauf sur les bords de la nageoire caudale; il est inerme, mais présente deux carènes arquées, et séparées par un sillon, sur les segments 2? et 3. Le segment basilaire du telson est vaguement triangulaire et suivi d’un petit lobe bien développé.

Hagrrar. — Travailleur, ASS1 : 450 mètres ; île Planier. Un spécimen mâle dont les dimensions sont les suivantes :

Longueur approximative du corps, du rostre au telson. 15,5 millim. — de la carapace y compris le rostre......... 8 —= Largeur de la carapace:en ayant..." D — — — CNPARCIÈRE AE CEE CCE D = Longueur des pédoneules oculaires. ................. 0,6 — SE AUITOSITÉR SEP UN EE er ES 1,8 — — (dela patte antérieure:droite. "1-0 9 — — du méropodite de la même patte............ 3 — = 'AOUICALPEL LE PR eee Rec eee 2 — de AI DINCE. er creme ee en 4 — = MES A0ID IS LR ET M TE Er 2 — Pargeurnide la pince REP ERERRRR Re 1,8 — Longueur de la patte ambulatoire antérieure droite... 12 —

Arrinirés, — Cette espèce établit le passage des Munidopsis aux Orophorhynchus, mais elle esttrès facile à distinguer des autres représentants de l’un et l’autre genre.

GALATHEIDÆ. 343

Orophorhynchus lividus, À. M.-Epw.

PI. IV, fig. 3 (en couleur). — PI. NAXT re, 17-22; Elasmonotus lividus, À. Milne-Edwards, 1/ss.

1886. ÆElasmonotus lividus, Ed, Perrier, Les Exploral. sous-marines, fig. 242, n° 9. 1894. Orophorhynchus lividus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat, Zool., sér.7,t. XVI, p. 199, 209, 224, 231, 232, 284, 286, 2871, etfig. 12, p. 208.

La carapace de cette espèce est grande, peu convexe et plus large en avant qu'en arrière, surtout vers le milieu des aires hépatiques. Ses bords sont très finement irréguliers, et son angle antéro-externe se présente sous la forme d'un prolongement aigu un peu irrégulier. L'aire gastrique est très nettement séparée, par un sillon lisse, des aires hépatiques et cardiaque; elle est vaguement divisée en trois zones dont une forme le prolongement élargi de la carène rostrale, les autres deux zones latérales plus convexes en avant qu’en arrière. Les aires hépatiques sont grandes et très peu saillantes; un sillon fort net les sépare en arrière des aires branchiales. Ces dernières ne présentent pas, en avant, de petit lobe distinct; elles se séparent de la partie postérieure de l'aire cardiaque par un sillon moins nettement indiqué que les précédents. La région cardiaque est, de son côté, divisée en deux moitiés inégales par une dépression transversale. Le rostre est large, lancéolé et caréné; il se rétrécit au niveau des yeux et forme un bord frontal très oblique qui plonge du côté ventral en atteignant la saillie antéroexterne; toute la face dorsale est lisse, mais ornée de saillies punetiformes qui deviennent linéaires sur l'aire gastrique, sur l’aire cardiaque et surtout sur les aires branchiales, où elles se prolongent sur les flancs. Ces derniers sont dirigés un peu obliquement en dedans ; en arrière, ils se continuent, par une courbe arrondie, avec les aires branchiales ; en avant, au contraire, ils sont séparés des aires hépatiques par un bord latérai saillant. Les flancs ne s'étendent pas jusqu'au bord postérieur de la carapace ; leur ligne anomourienne, qui est très marquée, se continue avec le bord inférieur, quand la partie située au-dessous d'elle cesse d'exister.

Les pédoncules oculaires sont de contour triangulaire; arrondis du

côté dorsal, ils sont plus irréguliers du côté ventral où ils sont soudés sur leur bord interne, sans suture apparente, avec la pièce interpédonculaire. Ils sont complètement immobiles et se terminent par une surface cornéenne grisâtre; sur la face externe, leur région cornéenne se prolonge en avant sous la forme d’une saillie lancéolée ; sur la face interne, il y a aussi une légère saillie contiguë avec le bord postérieur de la surface cornéenne.

Les pédoncules antennulaires atteignent l'extrémité du rostre, qui les cache d’ailleurs complètement; leur article basilaire présente en avant une épine longue et un denticule aigu. Le bord antérieur du dernier article est orné d’une rangée de longs poils raides, qui présentent sur tout leur pourtour d'assez longues barbules. Le fouet inférieur se compose de quatre articles.

Les pédonculesantennaires sont courts, mais assez forts; leurs articles 1 et 2 présentent une saillie sur leur angle antéro-externe. Le fouet terminal est plus long que le corps: il est grèle et dépourvu de poils.

Tous les appendices buceaux sont faiblement développés; les mandibules, notamment, sont très réduites, et d’ailleurs inermes sur leur bord interne. Les pattes-mächoires antérieures se font remarquer par leur très grand épipodite subtriangulaire, et les pattes-màchoires postérieures par le très faible développement des denticules qui se trouvent sur le bord interne du méropodite.

Branchies et épipodites sont en même nombre que dans l'O. Parfaiti.

Les pattes antérieures sont assez fortes et très courtes, ornées de légères saillies transversales sur le méropodite, de ponctuations sur le carpe, de saillies punctiformes espacées et très légères sur la pince. Ces dernières sont accompagnées de quelques poils, qui deviennent plus abondants et plus longs sur la partie externe et antérieure du doigt immobile. Le méropodite est triangulaire et ses deux faces latérales se réunissent suivant un bord supérieur caréné; 1l y a une carène moins élevée au bordinterne du carpe; quant au bord interne du propodite, il est plutôt subobtus, tandis que le bord inférieur est arrondi. Les doigts ne paraissent pas sensiblement denticulés sur leurs bords internes, et ces

derniers ne sont pas en contact sur toute leur étendue.

GALATHEIDÆ. 345

Les pattes ambulatoires dépassent les pattes antérieures, leur méropodite est caréné sur son bord supérieur qui se termine en avant par un lobe triangulaire saillant: sa face postérieure est plate et présente de faibles saillies linéaires transversales. Le carpe et le propodite sont également carénés sur leur bord supérieur et aplatis de dehors en dedans ; leur face externe est munie de deux saillies ponetuées longitudinales, l’une au milieu de la face externe, l’autre au bord inférieur; ces deux lignes saillantes sont moins accentuées sur le propodite que sur le carpe. Les doigts sont un peu plus courts que le propodite, peu comprimés et armés, sur leur bord inférieur, d’une dizaine de denticules qui deviennent petits et indistinets vers la base de Particle; ils sont légèrement arqués, présentent quelques ponctualions en dessus, des poils assez longs en dessous, et se terminent par une griffe aiguë et recourbée.

La pince des pattes de la dernière paire atteint à peine la moitié de la longueur du carpe; ses doigts sont très courts et présentent quelques légers faisceaux de poils.

L'abdomen est large, peu convexe, complètement inerme et, par endroits, légèrement ponctué; ses anneaux 2? et 3 présentent une saillie transversale. Les fausses pattes sexuelles du mâle sont très développées, surtout celles de la 2° paire dont l’article terminal est long et tordu en spirale; les fausses pattes des trois paires suivantes sont courtes et uniramées. Le segment impair du telson est tronqué en arrière et suivi

d’un autre lobe impair très petit.

Hasrrar, VariarTions. — Talisman, 1883 : 2% juin, n° 41, 2115 mètres; cap Ghir: lat. N. 30°1”, long. O. 146". Vase grise, coquilles.

Deux spécimens, un mâle et une femelle, cette dernière avec une quinzaine de gros œufs.

Voici les dimensions du spécimen mâle qui nous a servi de type :

Longueur du corps, de la pointe du vostre au bout du telson. 25 millim.

— du céphalothorax y compris le rostre........... 13,5 — Largeur dela carapace en avant................!....... n) — — — EL ALICE cases ee 7,5 — MONCUEUROUMDOSE eee rer 4,3 — — de la patte antérieure droite.................. 14,4 —

— duméropodite de cette patte..." "0. HE

— duconperdeceliepatie rc Ces. 2 —

(TALISMAN. — Crustacés.)

Longueur de la pince..." ER 4,1 millim — des doIgiS 2e. certe crc ee CrPCer ce A —

Largeur de la pince... 2... CF -eere-er ee 2,7 —

Longueur de la patte ambulatoire droite................ 18 —

La femelle est de plus grande taille (longueur du céphalothorax, 19"*,8) et d'ailleurs semblable au mâle. Mais ses pinces sont plus fortes , ornées de saillies ou de ponctuations plus apparentes et plus poilues, et en outre plus larges en avant que celles du mâle, grâce au développement en largeur du doigt immobile, qui présente une rangée de denticules sur son bord externe. Les bords internes des doigts sont finement denticulés et légèrement séparés sur leur longueur presque tout entière.

Arrinirés. — Cette espèce se rapproche beaucoup d’une espèce du « Blake », l'O. platirostris Edw. et Bouv., qui s’en distingue d’ailleurs par ses pédoncules oculaires mobiles, par ses deux tubercules gastriques et par la disparition des épipodites des pattes antérieures.

CoLorarion. — Carapace et abdomen d’un blanc laiteux légèrement rosé ; les pattes, au contraire, sont faiblement teintées de jaune. Région

cornéenne des pédoncules oculaires rouge orangé.

TRIBU DES PORCELLANE, Dana.

PETROLISTHES, Simpson.

Petrolisthes Cessaci, A. M.-Epw.

1878. Porcellana Cessacii, À. Milne-Edwards, Bull. Soc. philom. de Paris, p. 10.

La carapace de cette espèce est presque plate sur la face dorsale, mais ses bords latéraux sont arrondis et présentent une épine et un étranglement au niveau de la région hépatique; elle est couverte d’un duvet fin et court qui cache à peine les granulations ou les rides transverses du test et qui disparaît par places, sans doute par le frottement, dans certains exemplaires. La région frontale est triangulaire, fort saillante et nettement infléchie, surtout dans sa partie terminale, qui a la forme d'un bec ; elle s’élargit beaucoup en arrière de ce dernier et présente sur chacun de ses bords deux lobes successifs courts, larges et obtus ; il yaune saillie transversale sur le test en arrière de la région frontale. La

pointe du bec s’avance à peu près au même niveau que l'extrémité des

GALATHEIDÆ. 347 pédoneules oculaires ; ces derniers sont larges eLun peu rétrécis en arrière de la cornée, qui présente en dessus une échanerure et un fort prolongement dirigé en arrière. Le bord antéro-interne de l’article basilaire des antennules est muni de deux pointes entre lesquelles se trouve un large bord denticulé. Les antennes sont au moins aussi longues que le corps quand l’abdomen est étendu, leur fouet est gros et nu; le second article de leur pédoncule présente à l'extrémité antérieure de son bord interne un lobe saillant qui se termine par une épine dirigée vers les yeux.

Les pattes-mâchoires antérieures ont une saillie épipodiale très distincte, mais assez courte; leur exopodile à partout à peu près la même largeur et paraît dépourvu de fouet, mais, la partie terminale de l’appendice étant un peu séparée de la partie basilaire par un léger étranglement, sinon par une ligne articulaire, nous regardons cette partie comme un fouet court, élargi et inarticulé. Les quatre derniers articles des pattes-mächoires postérieures sont triangulaires et, comme de coutume, frangés en dedans de très longs poils; l'angle antéro-interne du méropodite a la forme d’un lobe aigu et saillant.

Les pattes présentent sur leur face supérieure un duvet fixé sur des saillies arquées ; elles sont lisses en dessous et déprimées du côté dorsal. Le carpe des’ pattes antérieures à quatre fortes dents aiguës sur son bord interne, huit ou neuf denticules sur son bord externe; ces denticules s’atténuent d'avant en arrière et sont parfois peu indiqués. Les pinces sont grandes, subégales, presque losangiques ei atteignent leur maximum de largeur au niveau de l'articulation du doigt mobile ; leur bord externe est presque tranchant, leur bord interne est moins saillant, plus obtus et vient se mettre sous les dents du carpe quand la main est ramenée en dedans. La face supérieure forme deux faces inégales et peu inclinées; ces faces se rencontrent suivant une ligne de faîte qui va de l'angle articulaire interne de la main jusqu'à l’extrémité du doigt mobile. La pince gauche se distingue de la droite par sa taille un peu plus grande, par le bord interne de ses doigts qui estsinueux et par le léger hiatus qu'on observe entre ces derniers quand la pince est fermée ; le doigt mobile paraît très légèrement tordu en dedans et présente du côté dorsal, en dedans de la ligne de faîte, un sillon longi-

tudinal assez profond. À droite, les bords internes des doigts sont presque rectilignes et en contact sur toute leur étendue; ils sont d’ailleurs assez tranchants et le sillon longitudinal du doigt mobile est peu profond. — Les pattes ambulatoires présentent quelques longues soies raides au milieu des poils courts de leur duvet; sur le bord antérieur de leur méropodite, celui-ci devient plus long et recouvre plus où moins une rangée de six ou sept épines. On observe également une épine à l’extrémité antéro-inférieure du mème article, et à l’angle antéro-supérieur de l'article suivant; il y a en outre une épine mobile assez forte à l'angle antéro-inférieur du propodite.

Harirar. — T'alisman, 1883 : 23 juillet, 10-30 mètres; La Praya.

Six exemplaires des deux sexes dont plusieurs femelles avec des œufs. Dans

l'une de ces dernières, la carapace a 12 millimètres de longueur et 12,6 de largeur maximum, la grande pince 19 millimètres de longueur et 7,7 de largeur maximum.

DistriBuTION. — Cette espèce paraît propre à la région des îles du le) Cap-Vert où elle fut trouvée pour la première fois par M. A. Bouvier,

qui en donna plusieurs exemplaires au Muséum.

PACHYCHELES, Stimpson.

Pachycheles barbatus, À. M.-Enw.

1878. Pachycheles barbatus, À. Milne-Edwards, Bull. Soc. Philom. de Paris, p. 9.

La face dorsale de la carapace est à peine convexe, suborbiculaire et limitée latéralement par une crête obluse qui commence à l'angle orbitaire externe, s’interrompt par une fissure dans la région hépatique et se termine au niveau moyen de l’aire cardiaque en s’incurvant un peu en dedans. Des saillies courbes, et concaves en avant, ornent la carapace; longues et très distinctes sur les parties les plus externes des aires branchiales, elles s’atténuent peu à peu et disparaissent presque complètement dans la région médiane: elles sont frangées de cils épars et très courts au milieu desquels s'élève parfois une soie raide assez allongée. Le front est limité en arrière par une crête transversale interrompue dans son milieu; il est déclive et couvert de poils courts, ramifiés et

GALATHEID Æ. 349

touffus; son bord antérieur se trouve au niveau antérieur des yeux où il dessine une ligne peu convexe assez nettement trilobée.

Les pédoneules oculaires sont courts; leur cornée est réduite et ne présente qu'une très faible échancrure dorsale. Les pédoneules antennaires et antennulaires sont inermes:; le fouet des antennes est nu et atteint sensiblement l'extrémité de l'abdomen, quand celui-ci est étendu en arrière.

Les pattes-mächoires antérieures sont munies d’un épipodite rudimentaire; leur exopodite ressemble beaucoup à celui de l'espèce précédente, mais 1l est fortement infléchi en dedans. Les pattes-mâchoires de la dernière paire sont remarquables par le lobe arrondi et fortement saillant que présente leur méropodite sur son bord interne: ce lobe sert de limite postérieure à une échancrure arrondie dans laquelle peut exactement venir se placer le bord interne très proéminent de l’article qui suit.

Les pattes antérieures sont assez inégales, mais de structure presque identique; lisses en dessous, elles sont couvertes en dessus, au moins sur la pince et sur le carpe, de saillies basses, inégalement développées, entre lesquelles se trouvent des tubereules nus et très saillants vers le bord interne du doigt mobile et de la main, ainsi que dans la partie postérieure du carpe. Les saillies dont nous venons de parler se terminent par une grosse et longue soie raide dont la base est complètement entourée par un amas de courts poils ramiliés qui revètent comme un tapis la surface du test. Le méropodite forme, à son angle antérointerne, un lobe tridenté contre lequel peut venir s'appuyer la partie la plus antérieure du bord interne de la région palmaire. Le bord antérointerne du carpe dessine une courbe régulière, qui porte une rangée de trois dents sous lesquelles peut, à son tour, venir s’abriter la partie basilaire interne de la main. Le bord externe de celle-ci est muni d’une rangée de fortes dents, de mème que le bord interne du doigt mobile. Les doigts ne se touchent que par leur extrémité ; ils sont armés de nombreuses dents arrondies et d’un tubercule dentiforme très puissant.

Les trois paires de pattes suivantes sont munies en dessus des mêmes saillies sétifères que les pinces; seulement, ces saillies sont plus nom-

breuses, plus petites et portent en général plus d’une soie. Les courts

poils de la base sont moins abondants. On observe deux épines mobiles sur la face inférieure de chaque patte, près du bord articulaire antérieur

du propodite.

Hanrrar. — Talisman, 1883 : 23 juillet, 10-30 mètres. La Praya. Quatre exemplaires en mauvais état.

DisrriBuriox. — Celle espèce n’a pas été signalée jusqu'ici en dehors de

la région du Cap-Vert, où elle fut trouvée par M. A. Bouvier.

SOUS-FAMILLE DES DIPTYCINÆ, Enw. et Bouv.

TRIBU DES DIPTYCÆ, Epw. et Bouv.

PTYCHOGASTER, A. M.-Edw.

Ptychogaster formosus, A. M.-Epw.

PI. IIL fig. 2 (en couleur). — PI. XXXII, fig. 1-5.

Ptychogaster formosus, À. Milne-Edwards, Ass.

1885. Ptychogaster formosus, H. Filhol, La Vie au fond des Mers, p. 135, et fig. 3,

1886. Ptychogaster formosus, Ed. Perrier, Les Explorat. sous-marines, p. 295 et 296, fig. 214.

1894. Ptychogaster formosus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat., Zool:, sér.1,t. XVI, p.222, 225,229, 302,325; fie 19; p. 205, et fig. 20, p. 216.

1896. Gastroptychus formosus, M. Caullery, Résult. de la camp. du « Caudan », fase. I, p- 391.

La carapace est large, assez courte, très bombée transversalement, et munie d’un rostre grèle, fort aigu, et infléchi vers le haut. Très neltement développée entre la région gastrique et la région cardiaque, la suture cervicale s’atténue beaucoup sur les côtés et finit même par disparaître complètement. La région gastrique est convexe d’avant en arrière; la région cardiaque est très déprimée en avant, incomplètement limitée en arrière; quant aux aires branchiales, elles sont étendues et présentent en avant un petit lobe saillant très distinct. Ce lobe est muni d’une longue épine; on en voit une autre immédiatement en avant dans la région hépatique, et deux sur les parties latérales de l’aire gastrique (une en arrière de la base des antennes, l’autre en avant de

GALATHEIDÆ. 351 l'épine hépatique). Au voisinage de la ligne médiane on observe deux paires d'épines gastriques, l'une en avant, l'autre en arrière; cette série se continue par une paire d'épines cardiaques et par deux paires plus rapprochées d’épines branchiales; enfin, un peu en arrière de la paire gastriqne antérieure, on observe une forte épine impaire. Il y a de nombreuses épines plus petites sur les aires branchiales et d’autres plus petites encore sur les flancs, au-dessous de la ligne anomourienne ; des épines plus réduites se groupent en une série sur les aires branchiales au-dessus de cette ligne. Partout, entre les épines, la carapace est unie et parfaitement lisse. La carapace est beaucoup plus large en arrière qu'en avant, plus large encore dans la région médiane, au niveau de l'aire cardiaque ; le front est légèrement marginé entre la base du rostre et celle des pédoncules antennaires.

Les pédoneules oculaires ne dépassent pas le milieu du rostre; ils sont arrondis et très dilatés en avant, mais ils se rétrécissent au milieu et sont en contact à la base, si bien que l’arceau ophtalmique disparaît. La cornée est très étendue; elle n’est pas sensiblement échancrée du côté dorsal el se compose de cornéules quadrangulaires.

L'article basilaire des pédoncules antennulaires est inerme et peu. dilaté; le suivant est allongé et atteint presque la pointe du rostre; le dernier est plus allongé encore, mais il estun peu plus court que le grand fouet terminal. Le fouet inférieur se compose d’une dizaine d'articles.

Les pédoncules antennaires dépassent à peine les yeux; ils se composent normalement de cinq articles, mais présentent à peine les rudiments d’un acicule; leur article terminal est armé en avant de deux petites épines. Le fouet dépasse légèrement les antennules ; 1l est grêle et orné de longues soies.

Le labre est très saillant:; les mandibules sont armées de trois ou quatre grosses dents en avant, de dents plus petites en arrière. L'exopodite des mächoires antérieures est fort réduit, celui des màchoires postérieures est assez développé et se termine en arrière par un lobe à bords convexes. Les pattes-mâchoires antérieures présentent un épipodite rudimentaire ; celles de la dernière paire sont presque en con-

tact à leur base et portées sur une plaque sternale qui est munie d'une

saillie médiane ; on observe une forte épine sur le bord inférieur de larticle basilaire et une autre plus réduite sur le bord externe du méropodite et du carpe, près de l'extrémité antérieure de ces articles; le propodite et Particle terminal sont complètement inermes.

Les branchies sont en nombre normal: les arthrobranchies des quatre paires postérieures de pattes thoraciques sont situées sur les flancs et séparées de larticulalion des pattes. A l'exception du rudiment épipodial des pattes-mâächoires antérieures, les épipodites font défauL.

Les sternites thoraciques sont séparés par de profonds sillons; on trouve trois paires d’épines sur le sternite des pattes antérieures; enfin, il existe un sternite calcaire isolé, mais très distinct, entre les pattes thoraciques de la paire postérieure.

Les pattes antérieures égalent au moins cinq fois la longueur de la carapace; elles sont grèles, sensiblement cylindriques et ornées d'épines variables et sériées, entre lesquelles se trouvent cà et là quelques poils. Les séries longitudinales d’épines sont au nombre de six. Les doigts des pinces restent beaucoup plus courts que la portion palmaire du propodite ; ils sont arqués et séparés en dedans par un large espace où s’entre-croisent des faisceaux de soies raides. Il y a de fins denticules et une grosse dent près de leur base, sur le bord interne.

Les pattes ambulatoires sont plus grèles, mais assez courtes et n’atteignent pas le milieu du carpe des pattes antérieures; elles présentent de nombreuses épines inégales et serrées. Sur le propodite, ces épines sont moins nombreuses et en partie disparaissent en avant; on trouve sur le bord inférieur du même article des épines mobiles qui deviennent très longues et noires dans la partie terminale. Les doigts sont courts, comprimés, très peu arqués; ils se terminent par une longue griffe obtuse et présentent sur leur bord inférieur des denticules jaunes ou bruns, qui sont longs en avant, peu saillants en arrière.

Tous les segments de l'abdomen sont épineux, à l'exception du telson, qui est complètement lisse; ils portent en outre quelques denticules aigus près des bords épiméraux. On trouve sur les segments 1 et 2 une

rangée transversale d’épines inégales et sur les épimères des deux

GALATHEID #. 353 anneaux suivants, il y a quelques épines irrégulièrement disséminées ; sur les segments 5 et 6, les épines sont éparses dans toute l'étendue de la surface dorsale, et un peu plus longues que celles des segments antérieurs ; sur le bord postérieur du 6° segment se voient notamment trois épines allongées. Le telson est grand, profondément échancré latéralement et beaucoup moins en arrière. On trouve des poils sur son pourtour, ainsi que sur le bord antérieur des épimères. Il y a des fausses pattes sur les segments 2,3, 4 et 5 de l'abdomen; ces fausses pattes sont uniramées.

Harirar, Variations. — Talisman, 1883 : 30 août, n° 141, 1480 mètres; à 120 kilomètres au large de Rochefort : lat. N. 4459", Tone. O. 629". Corail. Un spécimen femelle dont les dimensions sont les suivantes :

Longueur du corps, de l'extrémité du rostre à celle du

LEISODRAE DIDME ER ee soma eee Se ne ec 39 millhim. Longueur de la carapace y compris le rostre............ AT — Largeur de la carapace en avant...................... Go —

— AUMIEU 115 —

== -— CDIAENIE TES er ere ds ee 9,5 — POnSUEUMAUTOSINE "2e... sec cn 4,2 —

— des pédoncules oculaires.................... 2,5 — DTAMÉTE MAXIMUM cesser sessesesvesese 1,6 — Longueur de la patte antérieure droite................ 103 — duméropodite de cettepatte.-.-........... 39 — — du carpe a 26,5 — — de la pince SE — des doigts M 9,55 — Parseurmimmumidelapince "0200... 1,7 —

— maximum renoue ce 3 —

Longueur de la patte ambulatoire antérieure droite... CI

En outre, quatre femelles de petite taille, beaucoup moins épineuses. Longueur de la carapace, 7 millimètres.

9 juillet, n° 72, 882 mètres ; au sud du cap Bojador : lat. N. 24039", long. O. 18°28. Sable vaseux, coraux, coquilles.

Un spécimen mâle dont les pattes antérieures sont plus courtes et plus grosses que celles de la femelle précédente, les pattes ambulatoires antérieures atteignant presque la base de la pince; la griffe et les denticules des doigts des pattes ambulatoires sont jaunes, les épines mobiles du propodite des mêmes pattes sont blanchâtres; on trouve une paire d’épines sur le sternum des pattes-mâchoires postérieures etune petite épine impaire sur l'aire cardiaque. Les épimères abdominaux sont dépourvus d'épines au voisinage des bords, de même que la surface dorsale des segments 3, 4 et 5. Les fausses pattes sexuelles de la première paire sont assez

l ù 1 PS (TALISMAN. — Crustacés.) 45

courtes el se terminent par une grande lamelle creuse en forme de cuiller, mais repliée à son extrémité libre; la fausse patte sexuelle suivante esttrès grosse à sa base eld'ailleurs plus allongée que la précédente; son article terminal forme une espèce de tube, étroitement fendu sur le côté et élargi en pavillon à l'extrémité; on trouve un rudiment de fausses pattes sur chacun des trois anneaux suivants.

Longueur du spécimen, de la pointe du rostre à l’extré-

mité durtelson déployé ere er -crcccrre D2 millim. Longueur de la carapace y compris le rostre.......... 22 — Largeur maximum de la carapace.................... 16 — Longueur de la patte antérieure droite..." 121 —

—duiméropodite (de cette patte..." 4x — —— du carpe De 28 — — de la pince ST M Sécéoeerenracee Al — — des doigts D die 14,5 — Parseurmimmumdelatpince "Ce Ce rene 2,8 — — maximum Re ee D ee ce I — Longueur de la patte ambulatoire antérieure droite... 78,5 —

Dans le même dragage a élé recueillie une femelle à peu près de même taille que le mâle précédent. Les épines dorsales etsternales sont sensiblementsemblables à celles du spécimen mâle, et l'abdomen n’est pas beaucoup plus épineux ; mais les pattes thoraciques sont longues et grèles. Une centaine d'œufs sont situés sous l'abdomen.

Longueur de la carapace y compris le rostre.......... 19 millim. — de la patte antérieure droite................ 116 — — de la patte ambulatoire antérieure droite.... 73 —

Cette dernière patte atteint presque la base de la pince.

27 juin, n° 52, 946 mètres; Canaries. Sable piqué de noir, roches.

Un spécimen mâle avec un Bopyrien dans la chambre branchiale gauche. Get individu est remarquable par la gracilité et la longueur de ses pattes antérieures; il ressemble d’ailleurs complètement au mâle précédent.

Longueur de la carapace y compris le rostre........... 21 millim. — de la patte antérieure droite................ 1360 — — de la patte ambuiatoire antérieure droite. ... 81 —

En résumé, cette espèce présente des variations en rapport avec l’âge, le sexe, et peut-être la localité. Les petites épines de la carapace sont peu nombreuses ou absentes chez les jeunes, les épines des appendices sont peu serrées el les pédoncules oculaires très dilatés:; dans les exemplaires de grande taille, les épines accessoires de la carapace se

multiplient, celles des membres deviennent bien plus nombreuses et

GALATHEIDÆ. 355 donnent aux appendices une forme polygonale, enfin les yeux sont médiocrement dilatés.

Les variations sexuelles sont plus difficiles à établir, car on ne saurait admettre, comme nous l’avons cru un instant, que les paites des femelles sont plus grèles et plus longues que celles des mâles ; nous croyons pouvoir affirmer toutefois que les segments moyens de l’abdomen du mâle sont plus complètement inermes que ceux de la femelle.

Nous ajouterons enfin que les exemplaires grands ou petits du golfe de Gascogne ont les pattes plus cylindriques et moins épineuses que ceux des profondeurs plus méridionales ; ils présentent aussi un abdomen plus épineux.

Arrinirés. — Cette espèce a les affinités les plus étroites avec le 2. Molne-Edwardsi Hend., que le « Challenger » a recueilli par 400 brasses de profondeur à Sarmentio Channel, en Patagonie. Cette dernière espèce, comme le fait remarquer M. Ienderson, se distingue de la nôtre par l'abondance des épines qui recouvrent tous les segments de l'abdomen; elle présente aussi des pattes ambulatoires beaucoup plus longues que celles de tous nos exemplaires, enfin ses pattes-mächoires postérieures sont armées, sur le bord externe du propodite et du carpe, d’une série de denticules aigus ou d’épines, qui remplacent l'épine carpienne unique du P£. formosus.

DisrrBuTIon. — L'espèce à été retrouvée par le « Caudan », dans le golfe de Gascogne, à une profondeur de 1700 mètres. D’après les recherches du « Talisman », elle s'étend dans l'Atlantique oriental depuis la latitude de Rochefort jusqu'à celle des Canaries, par 1000 mètres environ de profondeur.

CoLoraTiox. — Rouge vif, plus accentué encore sur les nombreuses épines du test et des appendices. La teinte paraît être un peu plus claire sur ces derniers.

DIPTYCHUS, A. M.-Edw.

Diptychus rubro-vittatus, A. M.-Epw.

PI. XXXII, fig. G-14.

1881. Diptychus rubro-vittatus, À. Milne-Edwards, €. À. Acad. des Se., 5 dée. 1881. 1883. Diptychus rubro-vittatus, A. Milne-Edwards, Æecueil de Crust. nouv. ou peu connus, pl. XII.

1888. Diptychus rubro-vittatus, J. Bonnier, Bull. scient. de la France et de la Belgique, sér. 3, 1"° année, p. 84, pl. XIV.

1894. Diptychus rubro-vittatus, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat., Zool.,sér.7, t. XVI, p. 225, 229, 306, 307, 325, et fig. 11, p.207:

1896. Uroptychus rubro-vittatus, M. Caullery, Résult. de la camp.du « Caudan », fase. I, p. 393.

La carapace est médiocrement convexe et beaucoup plus large que dans la plupart des autres espèces du genre ; légèrement denticulée sur ses bords, elle présente du côté dorsal des poils épars et des ponctuations qui deviennent nombreuses et assez fortes au-dessus des régions branchiales. L'aire cardiaque est encore large, mème dans sa partie la plus étroite; la région gastrique et les aires hépatiques sont imparfaitement limitées en arrière par une dépression peu accentuée. Le bord externe de l'orbite est saillant et obtus, mais on trouve une assez forte épine à l'extrémité antérieure du bord latéral de la carapace. Le rostre est large, triangulaire, un peu découpé sur les bords et déprimé sur la face dorsale; il dépasse à peine lextrémité de l’avant-dernier article des pédoneules antennulaires. Les flancs se terminent en avant par un angle subaigu ; 1ls sont couverts partout de grosses granulations éparses, sauf au niveau d’une faible dépression située un peu en avant du milieu, perpendiculairement à la ligne anomourienne. Cette dernière est fortement accentuée ; elle est accompagnée d'un bourrelet assez saillant qui va rencontrer, en avant et en arrière, un bourrelet de mème nature qui accompagne le bord inférieur. Dans la partie postérieure, en arrière du point de rencontre des bourrelets, on voit sur les flancs deux petites aires assez bien isolées, au milieu d’une région membraneuse.

Les pédoncules oculaires sont courts, un peu dilatés en avant et se terminent par une cornée assez grande qui s’avance aussi loin du côté

GALATHEIDÆ. 357 ventral que du côté dorsal, Les cornéules ne sont pas exactement quadrangulaires, les sommets contigus et en contact de deux cornéules voisines se trouvant plus où moins tronqués.

Les pédoncules des antennes internes se composent, comme toujours de trois articles (1) qui rappellent par tous leurs caractères ceux des autres Diptychus; Varticle terminal est un peu plus long que le précédent, et celui de la base se fait remarquer par la forte épine qui termine en avant le bord externe de sa face supérieure, Il Y à une douzaine de segments au fouet supérieur et cinq ou six au fouet inférieur.

L'article basilaire des antennes présente un tubercule très saillant, en forme de lame épaisse dirigée en avant, et se réduit presque à cette lame : l’orifice rénal se trouve en avant sur la face inférieure de celle-ci. Le second article s'articule avec le précédent et sert de base à l’acicule qui est large, triangulaire, eilié sur le bord externe et un peu moins long que les deux derniers articles du pédoncule. Le 3° article s’insère sur le bord interne du second et s'articule en avant avec le 4° qui est assez court; l’article terminal, quoique plus long que tout le reste du pédoncule, dépasse à peine le milieu de lavant-dernier article des pédoncules antennulaires ; il se termine par un fouet grèle et assez allongé.

Le plastron sternal est parcouru par un sillon longitudinal très profond et présente, comme de coutume, trois paires de sillons latéraux; son bord antérieur concave, compris entre les pattes-mächoires externes, se prolonge en arrière par une échancrure très peu profonde et ne présente aucune épine. Dans sa partie située entre les pattes-mâächoires externes et la bouche, le plancher sternal est muni d’une faible carène obtuse.

Les mandibules n’ont que cinq ou six dents sur leur bord interne. Les màchoires antérieures sont dépourvues de fouet exopodial et se font remarquer par la forme allongée et relativement étroite de la lacinie interne. Les mâchoires postérieures ont également une lacinie interne fort réduite, mais le lobe antérieur de la lacinie externe est très développé. Sur les pattes-mächoires de la première paire s'observe une légère saillie épipodiale qui a été justement signalée par M. Bonnier, mais nous

(1) M. Boxer en signale quatre dans notre espèce, comme dans tous les Galathéidés; mais nous ne croyons pas qu'il y ait lieu de diviser l’article basilaire en deux parties.

n'avons nullement trouvé, comme cet auteur, des soies longues et plumeuses sur le bord interne de la lacinie externe; dans notre animal, comme chez tous les Paguriens et Galathéidés jusqu'ici connus, l’armature de cette lacinie esttoujours la mème et se compose de soies raides qu'on retrouve d’ailleurs sur la lacinie interne.

Les pattes-mâchoires postérieures dépassent un peu, en avant, l’extrémité du méropodile des pattes antérieures ; elles se font remarquer par la saillie tuberculeuse et inerme que forme en dedans le basipodite, par la finesse extrème des denticules qui occupent le bord interne et supérieur de l’ischiopodite et par la forme globuleuse du carpe. Le propodite est plus long que les deux articles précédents réunis et présente une face interne très proéminente au niveau du tiers postérieur. Comme le suivant et le précédent, cet article porte des faisceaux serrés de soies longues et flexibles; ces soies ne sont jamais plumeuses et sont ornées tout au plus de quelques crénelures à leur extrémité libre.

Les pattes antérieures sont lisses, allongées, étroites et se font remarquer par la présence de très légères saillies arquées en avant, sur lesquelles s’insèrent des poils plus ou moins allongés. Ces saillies acquièrent leurs plus grandes dimensions sur la face inférieure du méropodite, et s'atténuent beaucoup, pour se réduire même à de simples ponctuations sur les pinces; elles sont d’ailleurs groupées en séries longitudinales régulières, et disparaissent sur les doigts où se trouvent seulement quelques ponctuations et des poils courts. Le carpe est à peine plus long que le méropodite, mais il est un peu plus court que la portion palmaire des pinces; tous les articles sont fort peu comprimés et le carpe est presque cylindrique. Les doigts paraissent un peu plus longs que la moitié de la portion palmaire; ils sont faiblement et finement denticulés sur leur bord interne qui forme une légère saillie à quelque distance de la base. On observe deux denticules aigus en avant sur la face inférieure du carpe et du méropodite.

Des saillies ou des ponctuations plus réduites, irrégulières, et beaucoup moins visibles que celles des pattes antérieures, se rencontrent aussi sur les pattes des trois paires suivantes, et sontégalement ornées de poils

plus ou moins longs. Le propodite est légèrement dilaté en avant et pré-

GALATHEID Æ. 339 sente sur le côté inférieur, à l'articulation des doigts, deux groupes de deux où trois longues épines articulées. Le doigt est beaucoup plus long que la moitié du propodite: il est à peine arqué, fort peu poilu, et porte sur son bord inférieur, dans ses deux tiers terminaux, une série de denticules étroits assez allongés.

Les pattes de la paire postérieure se terminent par une pince médiocre, à doigts courts et armés de denticules sur les bords.

L'abdomen est presque nu, uni, où, par endroits, légèrement ponetué ; tous ses segments, à l'exception du premier et du septième, sont un peu plus convexes dans la partie médiane : le second segment se fait remarquer par son bord latéral allongé et un peu concave, qui se Lermine en avant par un angle presque droit et, en arrière, par un angle aigu. Le telson et les appendices foliacés du segment précédent ne présentent rien de particulier. — Les fausses pattes de la femelle ont un article basilaire très réduit et deux autres articles beaucoup plus allongés et munis de poils simples qui forment une rangée sur presque loute l'étendue du

bord interne de l’article terminal.

Hasirar, Variations. — Travailleur, ASS : 16 août, n° 16, 899 mètres: au nord du cap Penas : lat. N. 44°2’, long. O. 9°27'. Vase et coraux.

Deux spécimens adultes, un mäle et une femelle avec quelques œufs. C'est la femelle qui nous a servi de type; elle a les dimensions suivantes :

Longueur du céphalothorax v compris le rostre. 13,7 millim. Largeur du céphalothorax au front................. Go = — en arrière. .............e US Longueur des pédoncules oculaires à partir de leur AE RSR PE 2 — environ.

Longueur de la pointe rostrale..................... ï —= de la patte antérieure droite. ............. 31,2 — du méropodite de la mème patte. ........ 92 — — du carpe a 10,1 — — de la pince a 15 01 — des doigts une D —

= de la patte ambulatoire antérieure droite...

Le spécimen mâle, à peu près de même taille, présente quelques différences : les poils sont peu nombreux sur la carapace, qui est assez régulièrement ponctuée ; le rostre est un peu plus long que celui de la femelle, lacicule est plus étroit, plus allongé et dépasse un peu l'extrémité des pédoncules antennaires ; les pattes antérieures sont légèrement plus fortes et celle de gauche se fait remarquer par le

tubercule assez fort qui orne le bord interne de son doigt mobile. Les fausses pattes sexuelles ne diffèrent pas sensiblement de celles des D. uncifer el nitidus. T'alisman, 1883 : 8 juillet, n° 62, 614-781 mètres; cap Bojador : lat. N. 26°20", long. O. 17°13". Sable, coquille, coraux.

Un beau spécimen femelle.

ArriNITÉs. — Par la forme des pattes antérieures, cette espèce n’est pas sans quelques analogies avec Le D. xitidus var. concolor, mais elle en diffère complètement par les ornements des mêmes pattes et par la forme de la carapace. Elle établit le passage entre les Diptychus à carapace armée et les espèces à carapace inerme.

DisrriBurion. — Cette espèce a Jusqu'ici très sensiblement la même distribution que le Ptychogaster formosus et se trouve, ainsi qu'il résulte des recherches du « Caudan », par des profondeurs comprises entre 300 et 1400 mètres. On l’a surtout capturée dans le golfe de Gascogne;

l’« Hirondelle » l’a recueillie aux Açores.

Diptychus nitidus, À. M.-Enw., var. concolor, Epw. et Bouv. PI. IV, fig. 4 (en couleur). — PI. XXXII, fig. 15-19.

1894. Diptychus nitidus, var. concolor, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Se. nat., Zool.,sér. 7, t. XVI, p. 225, 229, 306,307, 319; 329, fig. 16, p. 213; etrfig. 21, p. 217.

1899. Diptychus nilidus, var. concolor, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Aésult. des camp. scient.de El « Hirondelle » (supplément) ef de la « Princesse-A lice », fase. XIIT, p. 87, pl. I, fig. 2. 1896. Uroptychus nilidus, var. concolor, M. Caullery, Résult.de la camp. du « Caudan», fase. IT, p. 393.

Les 2). rtidus recueillis par le « Travailleur » et le « Talisman », dans l'Atlantique oriental, appartiennent à une variété spéciale que nous avons nommée concolor, el qui diffère de l’espèce typique par les carac-

tères suivants :

D. nitidus typique. D. nitidus, var. concolor. 1° Méropodite de la palte antérieure très 1° Méropodite de la patte antérieure méallongé, grèle, muni en dessous d’un pro- | diocre, fort etarmé en dessous de nombreux fond sillon longitudinal, mais à peu près | denticules aigus, et muni d’un sillon longi-

complètement inerme. tudinal plus ou moins profond. 2° Ischiopodite de la même patte à peu 2° Ischiopodite armé d'une ou deux ranprès uni du côté ventral. gées de denticules aigus sur l'étroite face

ventrale.

GALATHEID Æ. 361 D. nilidus typique. D. nilidus, var. concolor. 30 Carpe très déprimé, à face supérieure formée de deux facettes longitudinales à peine convexes, qui se rencontrent suivant une ligne très obtuse.

4° Pince très déprimée sur les deux faces qui sont un peu plus régulièrement convexes que celles du carpe. Doigts allongés et en contact dans les deux sexes ; tuber-

3° Carpe régulièrement convexe sur toute sa longueur, et presque cylindrique.

1° Pince épaisse, très régulièrement convexe sur les doux faces et sur les bords. Doigts médiocres, très poilus à l'extrémité, généralement fort éloignés l’un de l’autre cule du doigt mobile long, mais peu sail- | dans leur partie médiane chez le mâle; tulant. bercules des doigts mobiles très saillants, surtout chez le mäle.

5° Pattes ambulatoires assez longues,

D° Pattes ambulatoires médiocres, munies munies d'une douzaine de denticules aigus

d'une dizaine de dents sur le bord inférieur

sur le bord inférieur des doigts. des doigts.

6° Pas d'épines sur le bord externe de 6 Une petite épine sur le bord externe l'orbite. de l'orbite.

7° Une douzaine de dents sur le bord in- 7° Une dizaine de dents sur le bord interne de la mandibule. terne de la mandibule.

8° Les pédoncules antennaires atteignent 8° Les pédoncules antennaires sont loin sensiblement la base du dernier article des | d'atteindre la base du dernier article des pédoncules antennulaires. pédoncules antennulaires.

Les caractères 1 à 4 sont les plus constants et rappellent jusqu’à un certain point le 1. uncifer ; ils s'atténuent sensiblement chez les femelles, dont les pattes sont en général plus déprimées. Les autres présentent

des variations dans les deux espèces et sont, par suite, moins importantes.

Hamrrar, Varrarioxs. — Travailleur, 1882 : 12 juillet, n° 7, 600 mètres ; golfe de Gascogne : lat. N. 44°4”, long. O. 9°25'. Sable.

Un exemplaire mâle à rostre et à pédoncules oculaires un peu rétrécis au milieu. Les doigts des pinces sont en contact sur toute leur longueur.

Talisman, 1883 : 9 juillet, n° 72, 882 mètres; Les Pilônes : lat. N. 25°39, long. O. 18°22’. Sable vaseux, coraux, coquilles.

Deux spécimens de grande taille, une femelle et un mäle. La femelle est munie d'œufs et ses doigts ne présentent qu'un faible hiatus.

1 juillet, n°79, 1232 mètres; entre le cap Bojador et le cap Blanc : lat. N. 23°52", long. O. 19°36'. Vase grise.

Un spécimen femelle muni de quelques œufs non segmentés.

11 juillet, n° S0, 1139 mètres;

; mêmes parages, mêmes fonds.

Deux spécimens, un mâle de grande taille et une femelle beaucoup plus petite. Dans le spécimen male, le rostre n'atteint pas le milieu du dernier article des pédoncules antennulaires, le méropodite présente sur la face ventrale de forts denticules aigus et un puissant sillon longitudinal, enfin les pinces sont larges

(TaLISMAN, — Cruslacés.) 46

et leurs doigts fortement écartés au milieu. Dans la femelle, les appendices antérieurs sont plus grèles el moins armés, les doigts des pinces restent en contact et le rostre, très allongé et fortement recourbé vers le haut, atteint l'extrémité des pédoncules antennulaires.

11 juillet, n° 81, 1139 mètres; au large du Sahara : lat. N. 23°50", long. O. 19°31. Vase grise.

Une femelle de grande taille, à pinces presque sans hiatus, à œufs très développés. Longueur de la carapace y compris le rostre, 15 millimètres.

14 juillet, n° 99, 1090 mètres; au nord du banc d'Arguin : lat. N. 17°12, long. O. 19°27. Sable vasard verdâtre.

Deux spécimens, un mâle et une femelle, l'un et l’autre d'assez grande taille. Les différences sexuelles sont les mêmes que dans les spécimens précédents; toutefois, le rostre est à peu près égal dans les deux sexes. La femelle ne porte pas moins de 30 à 40 œufs.

30 juillet, n° 113, 495-618 mètres; îles du Cap-Vert : lat. N. 1653", long. O. 27°32/. Sable vasard.

Trente spécimens adultes : seize mâles et quatorze femelles. Les différences sexuelles comme ci-dessus, mais dans un mâle nous trouvons les paltes antérieures grèles et à doigts contigus.

45 août, n° 127, 1257 mètres; lat. N. 38°38", long. O. 30°41”. Vase grise.

Un mâle dont les pinces n’ont qu'un faible hiatus.

16 août, n° 128, 960-998 mètres; de Fayal à Saint-Michel : lat. N. 38°7, long. O. 29°32’. Sable, coquilles. Globigérines.

Quatre exemplaires: deux femelles, dont l’une avec des œufs, et deux mäles.

17 juin, n° 34, 836-868 mètres ; Maroc : lat. N. 32°27", long. O. 12°15". Vase rouge.

Un beau spécimen mâle tout à fait normal.

30 août, n° 141, 1480 mètres; golfe de Gascogne : lat. N. 45°59", [ong. O. 6°29". Corail.

Trois exemplaires accrochés aux rameaux d'une Mopsea.

En résumé, les variations de cette forme sont assez peu considérables : le rostre est toujours grêle en avant, parfois assez court et un peu infléchi vers le haut; les pédoncules oculaires sont ordinairement rétrécis au milieu, rarement cylindriques; les lignes transversales du sternum sont plus ou moins saillantes et l’acicule des antennes à des dimensions un peu variables.

Les variations sexuelles, que nous n'avons pas pu observer sur les spécimens peu nombreux de l'espèce typique, apparaissent ici assez nettement, mais ne sont pas constantes ; elles sont relatives, comme on l’a vu plus haut, à la largeur des pinces et à l’écartement des doigts qui les ter-

minent. Chez le mâle, d’ailleurs, ces pattes paraissent plus fortes, leurs

GALATHEIDÆ. 363

doigts sont plus courts et les saillies inférieures des méropodites plus développées.

Voici les dimensions de deux exemplaires mâles assez différents l’un de l’autre.

Longueur du céphalothorax y eompris le rostre...… 15 millim. 17 millim. Largeur du céphalothorax au front. ............... ( — 6,5 — — — EDIENTÈPE ee ce 8,T — 9,5 — Longueur des pédoncules oculaires à partir de leur DES tn een 3 — 3 — Longueur de la pointe rostrale.....,.............. 5 — 5,8 — — de la patte ambulatoire antérieure droite. 28,8 — 93 — de la patte antérieure droite. ........... 56 — 60 — — du méropodite......................... 13,3 — 15,2 — = AUICANE ed 2. roue. . es AT 18,1 — — HOIAMPINCE. ...:........- 1... sen 22,3 — 24 -— DE OO IS eee comes es 7 — 9 — Épaisseur maximum de la pince................... 4 — 3 — Largeur — M D2 — 52 — Rapport de la longueur de la patte anté- ) Sans le rostre. 5,6 — 5,36 — rieure droite à celle du céphalothorax. $ Avec lerostre,. 3,73 — 3,53 — Rapportde la longueur de la patte antérieure droite à celle CRT ÉLDDOUILERR Eee Mare ue Rire. eee 4,21 — 3,94 — Rapport de la longueur de la patte antérieure droite à celle AUICATDE RER rene eee Mine mens amtnauise 0 SR 3,16 — 3,31 — Rapport de la longueur de la patte antérieure droite à celle TEMABDIDCESR eme ee cos des escroc 2,51 — 2,50 — Rapport de la longueur des doigts à celle de la portion Dhs sus SSSR ER CP 0,45 — 0,60 — Rapport de la largeur de la pince à son épaisseur... ... 1,30 — 1,73 — Rapport de la longueur de la pince à son épaisseur. .... 5,57 — 8 — Rapport dela longueur de la patte antérieure droite à celle de la patte ambulatoire antérieure droite............. 4,94 — 41,81 —

DisrrBuriox. — Le ). nitidus représente le terme d'évolution le plus avancé du genre Diptychus et, d'une manière générale, de tous les Diptycinés grimpeurs.

C’est une espèce cosmopolite ou du moins répandue dans toutes les mers chaudes ou tempérées du globe ; elle a été signalée par le «Blake », puis par le « Challenger » dans la mer des Antilles, par le « Travailleur » etle «Talisman », puis plus récemment par le « Caudan » dans l'Atlantique oriental (où elle s'étend depuis le golfe de Gascogne jusqu'aux îles du Cap-Vert), par l« Investigator » dans l’océan Indien, enfin par

l’« Albatros » dans le Pacifique oriental (golfe de Panama). Sa forme typique se trouve dans la mer des Antilles ; elle est représentée dans le Pacifique oriental par la var. occidentalis Faxon et dans l’Atlantique oriental par la var. concolor que nous venons d'étudier.

L'espèce habite des profondeurs comprises entre 495 et 1 600 mètres.

COLORATION SUR LE VIVANT. — Thorax et abdomen rose violacé; appendices un peu plus clairs, tirant sur le rose jaunâtre.

D’après une aquarelle faite à bord de la « Princesse-Alice », la partie antérieure du céphalothorax serait rouge, la partie postérieure violacée; l'abdomen serait plutôt rose, et les pattes couleur rouge-brique.

TRIBU DES EUMUNIDÆ, Epw. ct Bouv.

EUMUNIDA, S.-I. Smith.

Eumunida picta, S.-I. Suiru.

PI. V, fig. 1 (en couleur); pl. XX VIIL, fig. 26, et pl. XXXIL, fig. 20-24.

1883. Eumunida picta, S.I. Smith, Proc. U. S. Nat. Mus., vol. VI, n°1, p. 44, pl. T1, fig. 2; pl. UL fig. 6-10; pl. IV, fig. 1-3 a.

1886. £umunida picta, S.-L. Smith, ep. Comm. Fish and Fisheries for 1885, p. 46.

1894. Eumunida picta, À. Milne-Edwards et E.-L. Bouvier, Ann. des Sc. nat.. Zool., sér. 7, t.. XVI, p. 230, 309, 310, 324, fig. 14.

Talisman, 1883 : 23 juillet, n° 103, 277 à 150 mètres; La Praya de Santiago (îles du Cap-Vert). Roches.

Deux spécimens femelles de laille médiocre et à pattes antérieures très grêles. Les fouels antennaires dépassent à peine la base des pinces et présentent quelques poils, les pédoncules oculaires sont très dilatés.

9 juillet, n° 71, 640 mètres; cap Bojador : lat. N. 25°39", long. O. 18°18’. Sable vaseux, corail, coquilles.

Dix exemplaires de l'un ou l’autre sexe; ces spécimens présentent les dimensions suivantes :

GALATHEIDÆ. 365

| No Nos No 3 No 5 No6 | No7 Nog9 |No10 Femelle. Mäle. Femelle. | Femelle. | Femelle. Müle. |Femelle.

In mm Longueur totale du corps, de la pointe du rostre à l'extrémité du telson 14 26 ; 50 | 4S 61,5! G ÿ 129 | 125 Longueur {otale de la patte antérieure droite 22,1} 38 53,7| 47 j 80,5| 9 92 | 901 | 16% Longueur totale de la patte ambulatoire antérieure droite... 10,8!) 22 31 48,2! 52,5| 59 59,5| 123 | 118 Partie de la patte antér. droite) ke milieu |mil.de la mil,de la mue L qui est atteinte par l'extrémité € Pise basede LL L'ortion [base des portion |mité des du fouet antennaire doigts |palmaire palmaire | doigts Largeur de la pince droite à la baseides doigts: -.....". ... Die 2219 Longueur des pédoncules ocu- LUS ES RER comes sente Diamètre maximum des pédonculestoculairese 2...

Rapport des deux dernières di- MEDION SRE eee eee Rapp. de la long.de la patte antérieure droile à celle du carpe .….

Rapp.de la long. de la patte ant.

droiteàlalarg.max.delapince.

dép. le bout des doigts.

base des

carpe la pince doigts doigts

Ce tableau suffit pour montrer combien sont étendues les variations irrégulières de cette espèce. Quant aux variations régulières, elles sont peu importantes et relatives surtout aux fouets antennaires qui perdent leurs poils à mesure que la taille augmente.

IL est cependant un caractère qui prend une grande importance avec l’âge, et sur lequel nous devons insister ici, puisqu'il n’a pas été signalé par M. Smith; c'est la présence, sur la face inférieure des pinces et Juste à l'extrémité de la portion palmaire, d’une aire irrégulièrement ovale qui est complètement couverte d’un épais revêtement de poils serrés, très courts et d’égale longueur ; ces poils sont ornés, près de leur extrémité, de barbes nombreuses, inégales et très courtes ; ils reposent sur une surface membraneuse où la chitine a en grande partie disparu. L'aire veloutée dont nous parlons est simplement indiquée par une région claire et lisse dans le spécimen n° 1; elle est veloutée de poils dans tous les autres, et prend un grand développement chez les individus les plus âgés; dans le spécimen n° 8, elle a 8 millimètres de long sur 4°",5 de large.

DisrriBuriox. — L'Eumunida picta est un des rares Galathéidés com-

muns aux régions orientales et occidentales de l’Atlantique. Elle a été trouvée, en effet, sur la côte orientale des États-Unis, entre 115 et 16 brasses de profondeur, au large de Martha’s Vineyard et de la baie Delaware, depuis 38°39° de latitude nord jusqu'à 39°58'; elle fut même recueillie, à 167 brasses de profondeur, au large de la baie Chesapeake, par 37°7'de latitude nord. La longueur totale des plus grands spécimens des États-Unis ne dépasse pas jusqu'ici 50 millimètres de longueur. Les exempläires de l'Atlantique oriental sont, comme nous l'avons vu, ordinairement beaucoup plus grands ; on ne les connaît jusqu'ici que dans larégion comprise entre le cap Bojador et les îles du Cap-Vert, où ils se trouvent à des niveaux variant entre 200 et 650 mèires de profondeur. IT est très probable qu'on retrouvera cette espèce dans des eaux beaucoup plus septentrionales, sous les latitudes correspondantes à celles où existe l'espèce aux États-Unis.

CoLoraTiox. — On peut dire que la teinte générale de l’animal est le rouge orangé vif; cetle teinte s'étend sur la partie antérieure du céphalothorax, sur les grandes pattes et sur le méropodite des pattes ambulatoires; sur le reste du céphalothorax et sur la partie terminale des pattes, la couleur fondamentale devient beaucoup plus claire, presque jaune, et l’on n'observe plus que des bandes rouges. L’abdomen est plutôt rose, avec des bandes transversales plus ou moins rouges et plus ou moins nombreuses. Cornée noire.

Dans un exemplaire de petite taille, les flancs seuls étaient rouges, tout le reste du céphalothorax était blanc avec des taches bleuâtres.

Fic.

Fic.

Fic.

Fic.

ts

EXPLICATION DES PLANCHES

PLANCHE I (en couleur)

. Homologenus rostratus À. Mizxe-

EpwaRps.

. Endopodite etexopodite de la patte-

machoire externe gauche.

. Palicus Caroni Roux.

. 4° patte gauche, face externe.

. Partie antérieure du test.

Fc.

6. Ethusina abyssicola S.-1. Surrx (contour d'après $S.-T. Smith).

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