‹ Crustacés décapodes (Sergestides) provenant des campagnes des yachts Hirondelle et Princesse-AliceChapitre 11 sur 77 · Sergestes cornutus Krôyer · texte numérisé non relu

Sergestes cornutus Krôyer

1855. Sergestes cornutus, H. KRÔYER {1855}, p. 29. (Adulte).

1859. — — H. KRÔYER (1859), p. 269, 277, 285, pl. nu, fig. 2, a-l. (Adulte). 1888. — longispinus, Se. BATE (1688), p. 417, pl. Lxxvr, fig. 2. (Mastigopus). 1896. — cornutus, H. J. HANsEN (1896), p. 952 (adulte), 953. (Mastigopus).

1903. — « longispinus BATE », H. J. Hansen {1903}, p. 66.

1914. — cornutus, G. ILziG (1914), p. 352. (Tous les spécimens ?},

1920. — — ©. Sund /{r920), p. 7, fig. 1-3.

Campagne de 1887 : Stn. 137(21 juillet), surface; 21° 30-22". Mer des Sargasses. Chalut de surface. 1 mâle, 1 femelle. — Stn. 139 (22 juillet), surface, 22! 15-23h 15, Mer des Sargasses. Chalut de surface. r mâle, 6 femelles. — Stn. 145 (26 juillet), surface, 21" 30-22". Mer des Sargasses. Chalut de surface. Une femelle. — Stn. 148 (28 juillet) surface, 21° 30-22" 30. Mer des Sargasses. Chalut de surface. 1 femelle, 1 mâle Mastigopus.

Campagne de 1894 : Stn. 430 (6 juillet), surface, 22! 20-23". Ouest du Maroc septentrional. Chalut de surface. Une femelle.

Campagne de 1897 : Stn. 815 (10 juillet), surface. Fosse de Monaco, sud des Açores et sud-ouest de Madère. Chalut de surface. Un mâle Mastigopus.

Campagne de 1904 : Stn. 1797 (26 août), profondeur o-2000". Entre les Canaries et les Açores. Filet Richard à grande ouverture. Une femelle Mastigopus.

Campagne de 1905 : Stn. 2069 (5 août), surface. Loin au sud des Açores. Filet fin étroit. Un mâle. — Stn. 2113 (13 août), profondeur o-1500". Mer des Sargasses. Filet Richard à grande ouverture. Un mâle. — Stn. 2130 (17 août), profondeur o-3000". Mer des Sargasses. Filet Richard à grande ouverture. Un mâle.

Campagne de 1912 : Stn. 3219 (9 août), profondeur o-500". Fosse de Monaco. Filet Richard à grande ouverture. Deux Mastigopus, un grand, le second à moitié de sa taille.

Campagne de 1913 : Stn. 3518 (27 septembre), profondeur o-2000". Sud-est du grand banc de Terre-Neuve. Filet Richard à grande ouverture. Un mâle.

A. Spécimens adultes.

(PL 1, fig. 32-31; PI. it, fig. 13)

Cette espèce, tout à fait grêle et de petite taille, est chitinisée normalement. Carapace peu comprimée; le sillon gastro-hépatique profond, aussi bien sur les côtés que dans sa région dorsale ; le sillon cervical absent. Rostre (fig. 3*) plus long que dans aucune autre espèce, bien que loin d’atteindre les cornées ; sa partie proximale est quelque peu ascendante, et séparée de la partie distale, généralement plus longue, par un angle dorsal portant fréquemment un très petit denticule ; la partie distale est horizontale ou légèrement relevée, avec le bord supérieur faiblement concave. Épines supra-orbitales et hépatiques bien développées.

Yeux assez petits (fig. 3°), non déprimés, vus d’en dessus à peine plus larges que le pédoncule, plus larges que longs et beaucoup plus courts que l’article distal du pédoncule ; cet article qui a les deux bords latéraux subégaux en longueur, s'élargit considérablement de sa base à la cornée, et, vu de côté (fig. 3°) il est courbe, avec le bord supérieur un peu convexe. Le bord interne du pédoncule ne porte aucune protubérance au voisinage de la cornée.

Les pédoncules antennulaires (fig. 3°) sont longs, seulement un peu plus courts que la ligne médiane de la carapace. Le premier article est à peine 2.5 fois aussi long que large, sa moitié proximale (ou un peu moins) est nettement plus large que sa moitié distale, il se termine par une dent sur le bord externe ; la partie distale plus étroite s’atténue beaucoup à l'extrémité et son bord externe est un peu concave. Le second article grêle, un peu plus court que le premier ; troisième article un peu plus long que le premier, très grêle, très légèrement plus épais chez le mâle que chez la femelle. Flagelle inférieur chez la femelle un peu moins de moitié aussi long que le troisième article pédonculaire, 7-articulé. Chez le mâle, le flagelle inférieur est beaucoup plus long, et ro-articulé (fig. 3° ; les articulations sont

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distinctes sur le pédoncule 3-articulé du flagelle, et le second article est nettement moindre que la moitié du premier ; les quatre articles proximaux ensemble sont beaucoup plus courts que la partie grêle distale ; le processus du troisième article avec son épine atteint seulement l'extrémité du sixième article; vu de côté, le processus lui-même est assez petit, plus long qu'épais, avec une couple de soies, à peine moitié aussi long que l’épine, qui s’atténue à son extrémité aiguë, qui est très courbe vers son milieu, et légèrement courbée en sens opposé un peu avant sa pointe; le quatrième article est très épais sur plus de la moitié de sa partie proximale ; il est convexe sur plus des 2/3 de son bord supérieur et distalement courbé vers le bas, de sorte que cet article est très grêle un peu avant son extrémité, tandis que sa courte partie terminale est courbée et élargie vers le haut, et assez grêle ; le bord supérieur de l’article porte quelques courtes soies près de la partie terminale. L’écaille antennaire (fig. 3°) dépasse le milieu du 3" article antennulaire ; elle est un peu plus de quatre fois aussi longue que large ; son bord externe est presque droit ou nettement concave, sauf près de la base; le bord terminal est assez court, ou court, et plus ou moins oblique en avant à la base de l'épine marginale.

Troisièmes maxillipèdes un peu plus longs que la moitié du corps, et un peu plus courts que la troisième paire de pattes ; leur moitié proximale est plus large que celle des pattes, mais non réellement épaissie. Le propodite (fig. 34) sans articulation secondaire ; dactyle un peu plus court, ou presque aussi long que le propodite, divisé en 4 segments, le premier aussi long que le second et le troisième réunis, le second aussi long que le troisième et le quatrième ensemble, les deux segments distaux peu différents comme longueur ; la figure montre la spinulation bien apparente du propodite et du dactyle.

Les trois paires antérieures de pattes avec le propodite segmenté. La première paire mesure environ les 2/5 du corps ; carpe beaucoup plus long que le propodite ; un petit dactyle oblong peut être observé ; ischion avec un très petit processus aigu vers le milieu. Seconde paire avec un processus ischiatique un peu plus grand ; troisième paire un peu plus longue que la moitié du corps ; pinces semblables sur la seconde et la troisième paires, avec les deux doigts égaux, longs et grêles de facon insolite (PI. mm, fig. 1‘), et la pince entière dépourvue de toute rangée de soies plumeuses. Quatrième paire singulièrement étroite, moins de moitié aussi longue que la troisième, atteignant presque le bord frontal de la carapace. Cinquième paire (fig. 3°) très petite, mesurant seulement les 2/5 ou 1/3 de la quatrième paire; méropodite assez long, plus long que l'ischion, beaucoup plus long que le carpe et le court propodite ensemble; ces deux articles distaux dépourvus de soies le long de leur bord supérieur.

Exopodite des uropodes (fig. 3°) 4.5 fois aussi long que large ; la partie glabre du bord externe légèrement plus de 2.5 fois aussi longue que la partie ciliée ; épine marginale bien développée. Telson presque comme chez S. ailanticus,

mais les deux paires de dents proportionnellement plus petites que dans cette espèce. |

Branchies de hauteur moyenne. Au-dessus de la troisième patte une pleurobranchie bien développée et une lamelle ; au-dessus de la quatrième patte, une pleurobranchie nettement plus courte que la précédente, et en outre une lamelle avec deux à cinq branches au sommet, la branchie ainsi constituée étant peu développée et plus faible que chez aucune autre espèce adulte.

Le petasma (fig. 36-3*) est extrêmement spécial. Par le tronc très large et court de la partie médiane, par l'absence de crochet à l'extrémité du processus unciné (pu), il appartient au même type que chez S. atlanticus et diffère fortement du petasma de toutes les espèces du groupe I, mais il montre en outre divers détails s’écartant de toutes les espèces du genre. La partie externe est grande ; sa lame {lam) est très oblongue, presque plus de deux fois aussi longue que large et plus large frontalement, avec environ les deux tiers proximaux de son bord externe fortement concaves ; antérieurement, cette lame est fortement saillante en dehors et en avant, de sorte que son bord antérieur est profondément excavé, tandis que la partie proximale de la lame fait saillie sous forme d’un triangle courbe, oblong, à extrémité obtuse ; le processus unciné {pu) est assez long, bien que beaucoup plus court que la lame, un peu courbé, extrêmement grêle, avec le bout arrondi. La partie médiane a une très curieuse apparence ; le processus basal est très réduit, consistant seulement en une petite protubérance subtriangulaire du côté interne, là où le pédoncule du petasma se continue par la partie médiane. Le processus ventral manque, car il semble impossible d'interpréter comme tel la protubérance triangulaire située sur le bord externe de la partie médiane juste au-delà de l'insertion de la partie externe. La partie médiane, distalement, possède deux branches divariquées ; la branche externe, qui est selon toute probabilité le lobe armé //a) est grande, assez large à la base, fortement atténuée avant son milieu, où le lobe est subitement et fortement courbé en dedans ; au delà de cette courbure le lobe a presque la forme d’un boudin quelque peu irrégulier, et montre sur le côté postérieur et interne un groupe proximal de six forts crochets environ, plus un long crochet près de l'extrémité. La branche interne se projette én avant et beaucoup plus en dedans; sa majeure partie proximale est assez épaisse et, vers le milieu de sa face antérieure, cette branche montre un lobe épais, mais extrêmement court, ou encore une couple de protubérances tout à fait basses et confiuentes, chacune avec un crochet assez grand (fig. 3); cette partie est probablement le lobe connectif //c). La partie distale de la branche, plus grêle, avec un crochet à son extrémité obtuse, correspondrait au lobe terminal fit); le lobe inerme étant absent. (Je sais bien qu'une autre interprétation des deux lobes de la branche interne serait possible, mais la ramification de la partie médiane est si réduite, et de plus si aberrante, qu'il me semble très difficile d'en donner une explication certaine). La partie adhésive est assez grande, son bord

interne avec les rétinacles assez longs, et son bord antérieur avec une petite protubérance.

L'aire génitale de la femelle (fig. 3!) a les deux mêmes protubérances obliques, larges et basses, et postérieurement les mêmes étroïtes carènes transverses que chez S. atlanticus, mais les protubérances sont de forme un peu différente et faiblèment prononcées. L’opercule (0) est grand, avec son bord postérieur convexe. Mais la face interne du troisième coxopodite est particulière. La figure montre, sur le bord interne de chaque coxa, une protubérance considérable, arrondie, tournée en dedans ; en avant de cette saillie, le bord est fortement concave, et plus antérieurement, très convexe, circonscrivant derrière le trochanter une sorte dé saillie antérieure largement arrondie ; en outre, on trouve sur la face inférieure du coxopodite, le long de son bord, à partir de l’angle frontal de la protubérance postérieure, une aire oblongue profondément déprimée, qui ne s'observe dans aucune autre espèce.

Rien n'est connu relativement à la coloration.

La longueur des spécimens adultes est de 12.5-17.5%" ; les femelles sont fréquemment plus grandes que les mâles, soit 14-17.5"" ; tandis que les mâles mesurent 12.5-14.5%*, au plus 16"*. Sur une femelle de belle-taille, de r7"", le troisième maxillipède mesure g.6"", la première patte 6.7", la troisième patte 10", la quatrième 4.3", la cinquième 1.7"%, Chez un mâle de 14.5" de long, le troisième maxillipède mesure 8°" et la troisième patte 8.4",

B. Spécimens immatures.

C'est un fait curieux, inconnu chez aucune autre espèce, que les spécimens immatures, intermédiaires entre le Mastigopus et l'adulte, ne semblent pas exister ici, au moins chez les mâles. Ainsi qu'il sera dit plus loin, les Mastigopus typiques du sexe mâle, au stade le plus âgé, sont presque aussi grands, ou pleinement aussi grands, que les petits mâles adultes.

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