C. Stades Mastigopus
(PL. r, fig. 2a-2p)
a. Stade âgé. — Un des plus grands spécimens (Stn. 142) mesure 11"*. Le rostre consiste en un processus assez court, mesurant environ la moitié du plus grand diamètre de l'œil ; les épines de la carapace presque comme chez l'adulte.
Les pédoncules oculaires (fig. 2*) avec les cornées atteignent l'extrémité du premier article antennulaire ; en conséquence, le pédoncule est beaucoup plus long que chez l'adulte, plus grêle aussi, et un peu courbé, avec le bord antéro-interne un peu concave ; les yeux sont très proéminents en dedans, en dessus et en avant, avec leur plus grand diamètre très oblique sur l’axe pédonculaire, et mesurant.plus de deux fois la longueur de lil.
Le premier article antennulaire (fig. 2*) presque 2.5 fois aussi long que large, avec la partie proximale élargie un peu plus courte que chez l'adulte ; la partie au-delà de la dent marginale beaucoup plus étroite que chez l'adulte, bien . qu'encore assez large, avec son bord externe légèrement concave ; le flagelle inférieur de ce mâle mesure un peu plus de la moitié du bord interne du second article. L'écaille antennaire atteint le milieu du 3"° article antennulaire ; elle est presque 5 fois aussi longue que large, plus étroite par suite que chez l'adulte ; le bord externe droit, sauf à la base, et l'extrémité diffèrent de l'adulte, le bord terminal étant transverse et un peu convexe, et l’'épine marginale assez courte.
Les troisièmes maxillipèdes sont un peu plus courts que les troisièmes pattes, mais le méropodite et le carpe sont beaucoup plus élargis que dans ces dernières ; le dactyle est divisé en trois segments, le premier aussi long que les deux autres ensemble, et ceux-ci subégaux ; les longues soies sont plus grêles que chez l'adulte et non courbées vers l'extrémité. Le dactyle presque entier est représenté dans la fig. 2°, d’après un spécimen de 9.3"%, Première et seconde paire de pattes avec le processus spiniforme dorsal et vertical du milieu de l’ischion assez développé. Pinces des seconde et troisième paires sensiblement comme celles de l'adulte. Quatrième paire un peu plus courte que chez l'adulte. Cinquième paire un peu moins de moitié aussi longue que chez l'adulte, avec l’ischion et le méropodite notablement plus étroits, et le méropodite beaucoup plus long que le carpe et le propodite réunis.
Les 5 premiers pléosomites sans aucune épine; le 6%, qui est seulement un peu plus court que les trois précédents réunis, porte une minuscule épine sur l'extrémité supérieure (fig. 2°). Pléopodes bien développés ; petasma rudimentaire avec le bord externe assez onduleux. Exopodites des uropodes (fig. 2°) un peu moins de 5 fois aussi longs que larges ; leur partie ciliée occupe un peu moins du tiers du bord externe, et l’épine est bien développée. Telson (fig. 2°) mesurant beaucoup plus de la moitié des uropodes ; son extrémité est tronquée, avec une petite épine à chaque angle.
b. Siade intermédiaire. — Le spécimen décrit est long de 8", Le rostre (g. 2°) un peu plus long que chez le Mastigopus âgé, moitié aussi long que le bord interne du second article antennulaire.
Pédoncules oculaires un peu plus longs, et yeux (fig. 2“) proportionnellement plus grands que dans le stade précédent, atteignant, lorsqu'ils sont étendus, l'extrémité du second article antennulaire, en outre, les pédoncules sont un peu plus courbés avec le bord antérieur un peu concave ; forme des yeux comme dans le stade précédent.
Premier article antennulaire plus de 2.5 fois aussi long que large ; sa partie proximale élargie est nettement plus courte qu’au stade précédent, et, au-delà de la volumineuse dent, l’article est beaucoup plus étroit et atténué que dans le stade
précédent, avec le bord externe nettement concave presque jusqu'à l'extrémité ;
le troisième article est 1.5 fois aussi long que le bord interne du second, ét un peu plus long que le bord externe du premier article ; le flagelle inférieur est notablement moins de moitié aussi long que le bord interne du second article. L’écaille antennaire est environ sept fois aussi longue que large, faiblement mais graduellement atténuée de la base à l'extrémité ; le bord terminal est plus convexe qu'au stade précédent et légèrement dépassé par l’épine latérale bien développée ; le bord externe est légèrement concave.
Les troisièmes maxillipèdes avec le dactyle un peu plus long que le propodite, divisé en quatre segments presque égaux; les soies du dactyle presque semblables à celles de la fig. 2°, d’après un spécimen de 9.3"*, Pattes de la première et de la seconde paires avec le processus ischiatique comme au stade antérieur ; le doigt fixe de la pince de la 2°° paire un peu, celui de la 3°° considérablement plus court que le doigt mobile. 4% paire seulement un peu plus de moitié aussi longue que la carapace ; 5% paire mesurant environ 1/5 de la 4" paire, divisée en articles sauf près de la base et dépourvue de soies.
Quatrième et cinquième pléosomites avec chacun une petite spinule dorsale près de l’angle postérieur et de direction oblique, en haut et en arrière ; sixième somite un peu plus court que les trois précédents ensemble, avec une petite épine horizontale à l'angle postérieur; pas de processus sur les épimères. Endopodites des pléopodes bien développés. Exopodites des uropodes (fig. 2°) un peu plus de cinq fois aussi longs que larges ; la partie ciliée occupe plus du tiers du bord externe, et la dent est assez grande. Le telson (fig. 2° diffère de celui du stade précédent par ses épines terminales plus longues.
Branchies assez petites, rudimentaires au-dessus de la 4" paire de pattes.
c. Stades jeunes. — Un spécimen mesure 6"*, un autre 5.5", rostre inclus ; malgré quelques légères différences, ils peuvent être décrits ensemble. Dans le plus grand spécimen, le rostre (fig. 26) atteint à peine le milieu du second articlé antennulaire ; dans le plus petit, il atteint un peu au-delà de lextrémité du même article (fig. 2. Épines supra-orbitales assez longues, épines hépatiques beaucoup
plus longues ; chez lés deux, l’« organe dorsal » est visible sous forme d’un petit tubercule (fig. 2) ; de plus, la carapace montre sur la ligne médiane et un peu en decà du bord postérieur (fig. 2!) une épine grêle, courbée en avant et bien développée.
Pédoncules oculaires plus longs et notablement plus grêles qu’au stade intermédiaire, presque deux fois aussi longs que le plus grand diamètre de l'œil, celui-ci atteignant un peu au delà du second article antennulaire ; les yeux diffèrent de ceux du stade intermédiaire en étant non seulement fortement dilatés en dedans et en haut, mais aussi, surtout dans le petit spécimen (fig. 2) en étant dilatés quelque peu en bas, à l’autre extrémité de leur plus grand diamètre.
Pédoncules antennulaires différant de ceux du stade intermédiaire en ce qu'ils sont beaucoup plus grêles, avec la partie proximale élargie proportionnellement plus courte et surtout en ce que le premier article est un peu, ou considérablement, plus long que le troisième. De plus, ils montrent quelques différences entre les deux spécimens. Dans celui de 6"*, le troisième article est un peu plus long que le second et un peu plus court que le premier; dans le spécimen de 5.5", les deux articles distaux sont égaux en longueur et considérablement plus courts chacun que le premier, d’autre part le premier article est à peine plus étroit que dans l’autre spécimen ; le flagelle inférieur inarticulé est presque aussi long qu'au stade intermédiaire, tandis que le supérieur est seulement presque aussi long que les deux articles pédonculaires distaux ensemble, avec seulement quelques articulations. Écaille antennaire du grand spécimen (fig. 28) un peu plus courte que le pédoncule antennulaire, étroite et légèrement élargie aux deux extrémités ; la moitié distale du bord externe est un peu concave, et, au delà de la base de l'assez longue épine marginale, l’écaille se projette comme un lobe arrondi presque aussi long que large. Dans le petit spécimen, l'écaille est un peu plus étroite, et aussi longue que le pédoncule antennulaire.
Les troisièmes maxillipèdes sont anormaux sur le plus petit spécimen, en ce que le dactyle est beaucoup plus court que le propodite, inarticulé, mais avec deux paires d’épines sur le bord interne, de façon à marquer sur l’article trois segments égaux (les appendices manquent sur le grand spécimen). Pattes de la 1° et de la 2° paires avec le processus vertical ischiatique bien développé. Dans le petit spécimen, les pinces de la 2% et de la 3% paires sont complètement semblables, et assez rudimentaires (fig. 2") en ce que le doigt mobile est court, le doigt fixe rudimentaire, chaque doigt se terminant par une fine soie extrêmement longue ; dans le plus grand spécimen, les pinces ont le doigt fixe plus de moitié du doigt mobile assez court. | Les cinq premiers pléosomites (fig. 2°) ont chacun une épine, courte, verticale ou un peu courbée en avant sur les deux premiers, longue et verticale sur le troisième, très longues et un peu tournée vers l'arrière sur le quatrième, assez longue et un peu plus horizontale encore sur le cinquième somite ; en outre, chaque
plaque épimérale a une petite épine perpendiculaire. Le sixième pléosomite, un peu plus long que la somme des trois précédents, a une épine terminale assez petite, dirigée en arrière et un peu en haut. Dans le plus grand spécimen l’endopodite du cinquième pléopode mesure environ les deux tiers de l’exopodite, il est articulé distalement et sétifère ; sur le quatrième pléopode, l’endopodite est seulement moitié aussi long que sur le cinquième, entier et glabre; sur le troisième, et plus encore sur le second, l’endopodite est un simple rudiment. Dans le plus petit spécimen (fig. 2!) l’endopodite du cinquième pléopode mesure à peine plus de la moitié de l’exopodite, il est garni de soies à l'extrémité ; aucun autre pléopode ne porte d’endopodite. L’exopodite des uropodes, dans le plus petit spécimen (fig. 2") est 10 fois aussi long que large, avec la longue épine située au milieu du bord externe; dans le plus grand spécimen, l'exopodite est un peu plus large et l’épine située un peu au delà du milieu. Le telson, dans le plus grand spécimen (fig. 2°) est à peu près de moitié aussi long que les uropodes, proportionnellement un peu plus court et plus large qu’au stade intermédiaire, avec deux paires de très petites épines sur la moitié distale des bords, tandis que le bord terminal est concave, avec une épine assez longue à chaque angle postéro-latéral. Dans le plus petit spécimen, (fig. 2!) le telson est seulement moitié aussi long que les uropodes, mais de même forme que dans le spécimen précédent.
Branchies du plus grand spécimen tout à fait petites, mais distinctes.
‘d. Premier stade. — Le plus petit Mastigopus (Stn. 1802) mesure seulement 4.6", y compris le rostre qui à lui seul a presque 1°". Le spécimen appartient manifestement au stade qui succède à l’Acanthosoma. Par divers détails, il est assez semblable aux spécimens qui viennent d’être décrits, mais il en diffère par d’autres, dont plusieurs il est vrai de minime importance. Le rostre (fig. 2") atteint presque le milieu du troisième article antennulaire, il est presque aussi long que la carapace ; épines supra-orbitales et hépatiques très longues. |
Les yeux atteignent presque le milieu du troisième article antennulaire (fig. 2°) ; ils sont, proportionnellement, plus larges qu’au stade voisin, et les pédoncules oculaires sont très grêles, sauf au voisinage des cornées.
Pédoncules antennulaires encore plus grêles que dans les spécimens plus âgés, partie proximale élargie du premier article plus courte que large, avec un bord transverse et antérieur concave ; premier article un peu plus long que le troisième, lequel est légèrement plus long que le second ; flagelle inférieur assez court, flagelle supérieur légèrement plus long que le premier article, avec une petite touffe de filaments sensoriels avant le milieu. Ecaiïlle antennaire très grêle (fig. 2°) nettement plus étroite au milieu qu'aux extrémités ; la partie au delà de l'insertion de l’épine marginale est oblongue, et dépasse l’épine elle-même.
Troisième maxillipède normal, en ce que le dactyle est environ égal au propodite, inarticulé, mais avec trois paires de soies équidistantes sur le bord inférieur, soies correspondant aux trois articulations secondaires présentes chez la larve
semi-adulte. Première, seconde et troisième paires de pattes presque comme au stade suivant ; quatrième et cinquième paires à l'état de simples bourgeons.
La spinulation de l'abdomen (fig. 2°) presque comme au stade suivant, mais l’épine dorsale sur le quatrième somite est extrêmement [ongue, plus longue que l'épaisseur du somite ; sixième pléosomite presque aussi long que les quatre précédents ensemble. Pléopodes comme dans le spécimen de 5.5", Exopodite des uropodes 10 fois aussi long que large ; partie ciliée du bord externe distinctement plus longue que la partie glabre. Telson (fig. 2° et 2P) un peu moins de moitié aussi long que les uropodes, plus court et nettement plus large qu'au stade plus âgé ; il porte deux paires de menus denticules latéraux, l'extrémité montre une large incision subtriangulaire, assez peu profonde, et chaque angle une longue épine terminale. ‘
D. Occurence et distribution.
La liste des localités montre que S. atlanticus est commun dans l'Atlantique est au sud de la latitude 38°5 N., qu'il a été rencontré plus au nord dans la mer des Sargasses, que la localité la plus septentrionale est par 40° 50° 26 lat. N. 45° 25° long. W. au sud-est du grand banc de Terre-Neuve, et qu'’enfin ïil n’a pas été rencontré dans la Méditerranée. On voit aussi que la majorité, tant des adultes que des larves, a été capturée près de la surface dans 14 stations, et c'est seulement dans 9 stations que le filet Richard à grande ouverture fut tiré de grandes ou de considérables profondeurs vers la surface. O. Sund l'a obtenue de 17 stations, dont beaucoup situées dans la même aire, mais, parmi elles, l’une, beaucoup plus septentrionale, se trouve par 47° lat. N., 43° long. W., et une autre est dans la Méditerranée, un peu à l’est de Gibraltar; il conclut que la capture a lieu « le plus souvent dans les couches superficielles, bien que les adultes paraissent descendre à des profondeurs intermédiaires ».
Le matériel du Musée de Copenhague est énorme, il comprend des adultes, des spécimens immatures et des Mastigopus, recueillis — surtout entre 1864 et 1882 — à plus de 70 stations de l’Atlantique tropical et tempéré-chaud, depuis 42° lat. N. 44° long. W. jusqu'à 37° 30° lat. S., 10° 40° long. E.; tous ont été avec certitude capturés au filet fin, traîné par des navires à voiles, et le plus souvent, sinon toujours, pendant la nuit. Ces faits montrent que non seulement les stades larvaires, mais généralement aussi les adultes de cette petite espèce sont capturés près de la surface, surtout pendant la nuit. | |
Quant à la distribution de l’espèce hors de l'Atlantique, on peut citer les faits suivants. Le Musée de Copenhague possède des spécimens de la baie du Bengale, de plus de 20 stations à travers l'Océan Indien au sud de l'équateur depuis 34° lat. S.,
* L’Acanthosoma m'est inconnu, mais Illig (1914, p. 350) donne une très brève description avec figure d’un spécimen à ce dernier stade.
36° long. E. jusqu’à 15° lat. S., 109° 20° long. E.; en outre, du sud de la Mer de Chine par 15° 14 lat. N., r18° 41° long.E.,et du sud-est du Pacifique par 27° 11° lat.S., 88° 52° long. W.; le SI80G4A a capturé le Mastigopus jusqu'à 6° 47 5” lat. S., 128° 10 5° long. E. (Hansen, 1919); si S. pacificus Stimp. est un synonyme de S. atlanticus, l'espèce se trouverait également dans le Pacifique nord tempéré par 27°,5 lat. N., 138 long. E.; (pour cette synonymie éventuelle voir les « remarques »); M. Rathbun a, de plus, (1904) signalé l'espèce dans nombre de stations presque sur toute la côté pacifique des États-Unis, et aussi du golfe de Californie. Les spécimens de Bate du Mastigopus S. ancylops Kr. des Nouvelles- Hébrides, étaient déterminés correctement, mais beaucoup de ses spécimens de S. atlanticus, sauf ceux de l'Atlantique nord, appartiennent à d’autres espèces (Hansen, 1903, p. 59).
E. Remarques.
S. atlanticus est très facile à séparer de toutes les autres espèces du groupe I par les caractères de la clé (p. 40). Il est plus étroitement allié à S. cornuius Kr. qu'à aucune autre forme, mais il faut remarquer que ces deux espèces occupent une position presque isolée dans le groupe : en ayant les deux articles antennulaires distaux grêles et le troisième article long, par la forme de l’écaille antennaire, en ayant seulement une pleurobranchie et une lamelle au-dessus de la troisième paire de pattes, et surtout par le petasma, les deux espèces ont beaucoup d'affinités avec la seconde tribu du groupe II, c'est-à-dire avec les espèces telles que S. vigilax Stimp., S. armatus Kr., S. Edsyardsi Kr.; mais elles s'éloignent de ces espèces et s’allient étroitement au groupe Ï par la structure entière et l’armature du troisième maxillipède, et aussi en RTE moins du tiers cilié sur le bord externe de l’exopodite uropodial.
Les Mastigopus de S. atlanticus sont très nettement distincts des larves d’aucune autre espèce par la forme très curieuse de leurs yeux. Je dois remarquer ici que j'ai été conduit à la découverte que S. ancylops Kr. est la larve de S. atlanticus, en essayant de déterminer, il y a plus de 25 ans, l'énorme matériel du Musée de Copenhague concernant cette espèce, matériel où je pus constater la présence de toutes les formes possibles de transition entre les adultes et les S. ancylops typiques ; je fus conduit aussi à cette observation, que les formes Mastigopus de l'espèce changent leur aspect général, par exemple l’armature de leurs pléosomites, tout à fait de pair avec leur taille et leur degré de développement. J'obtins par cette voie la maîtresse clé pour le « débroussaillement » de la plupart des espèces de Sergestes connues dans la littérature du sujet.
Un simple point quant à la synonymie. Stimpson (1860, p. m7 établit S. pacificus sur des spécimens du Pacifique tempéré nord, mesurant 1.25 inches, soit environ 33mm. les plus grands spécimens de S. aflanticus me paraissent être un peu plus
sn Le
petits, mais je ne puis trouver aucune différence réelle entre la très brève description de Stimpson et S. atlanticus. Je suppose donc que S. pacificus est seulement un synonyme, mais l'étude future d’un riche matériel du Pacifique nord, et surtout du petasma, pourra seulement résoudre la question. Les spécimens nommés par M. Rathbun (voir plus haut) appartiennent certainement à la forme décrite par Stimpson. Lorsque Borradaile (1916, p. 80) rapporte à S. pacificus des spécimens de l'Atlantique tropical et de l'Atlantique nord tempéré-chaud, disant que « cette forme n'a pas encore été citée de l'Atlantique » il est tout à fait dans l'erreur. Il dit que, d’après Ortmann, S. pacificus diffère de S.atlanticus M. Edw. (S. Frisit Kr.) par « la possession d’une épine supraoculaire » et que Bate et Krôyer « décrivent S. atlanticus sans cette épine ». Dans cette voie, c'est-à-dire en maintenant ou établissant une espèce sur quelque inadvertance ou erreur d’un ancien ou d’un négligent auteur, il serait très facile, comme Borradaïle lui-même l'a fait pour Lucifer, de doubler pour de nombreux genres, le nombre des espèces existant dans le monde. Krôüyer, qui, il y a plus de 60 ans, posa les fondements de nos connaissances sur le genre, et qui était généralement très soigneux, commit pourtant quelques péchés d’omission ; le travail d’Ortmann (1893) est de légère valeur quant aux Sergestes, et très loin d’être fait avec soin ; l’indigence du travail de Bate (1888) n'a plus, je pense, besoin d’être démontrée, l'ayant moi-même suffisamment fait (1903); par exemple, je trouve que les adultes déterminés par Bate lui-même comme S. aflanticus et conservés au British Museum appartiennent en réalité à quatre espèces différentes. S. atlanticus sans épines supra-orbitales distinctes n'existe pas, et en conséquence, l'argumentation de Borradaile s’évanouit. +