Sergestes grandis Sund
1905. Sergestes bisulcatus, T.R.R.SrTeBBiG (1905), p.87; pl. xxiv A [non S. bisulcatus Wood-Mason, 1801]. 1920. — grandis, O. Sunp, (1920), p. 16, fig. 22-26.
Campagne de 1901: Stn. 1182 (11 août), profondeur 2478". Iles du Cap-Vert. Chalut. Une femelle adulte, très mutilée.
Campagne de 1905 : Stn. 2092 (10 août), profondeur o-1500". Mer des Sargasses. Filet Richard à grande ouverture. Un petit spécimen immature.
Campagne de 1911 : Stn. 3100 (2 août), profondeur 0-3500". Nord de la pointe est de Ténériffe. Filet Bourée en vitesse. Un mâle adulte.
Campagne de 1912 : Stn. 3190 (27 juillet), profondeur 0-3000". A mi-route entre le banc Gorringe et Madère. Filet Bourée en vitesse. Un grand mâle. — Stn. 3205 (6 août), profondeur o-3000". Est de la fosse de Monaco. Filet Bourée en vitesse. Deux grands mâles. — Stn. 3217 (8 août), profondeur o-1000". Fosse de Monaco. Filet Bourée en vitesse. Quatre spécimens adultes : deux mâles et deux femelles.
Campagne de 1913 : Stn. 3414 (10 août), profondeur o-4000". Près de la fosse Sigsbee, loin au sud-ouest du Grand Banc de Terre-Neuve. Filet Bourée en vitesse. Une femelle adulte. — Stn. 3518 (27 septembre), profondeur o-2000". Loin au sud-est du Grand Banc de Terre-Neuve, et presque à mi-route entre Îa fosse Sigsbee et les Acores. Filet Richard à grande ouverture. Un petit spécimen immature.
Campagne de 1914 : Stn. 3608 (29 juillet), profondeur 0-2600". De l’est au nord-est de Säo Miguel. Filet Bourée en vitesse. Un mâle gigantesque.
A. Spécimens adultes.
(PI, v, figs. 3a-3n)
Cette grande espèce est moins grêle que S.fenuiremis, et le tégument du corps est assez fermement chitinisé. Moitié postérieure de la carapace très comprimée ; sillon gastro-hépatique distinct en dessus et profond sur les côtés, sillon cervical bien développé, surtout sur les côtés. Rostre assez court (fig. 3°), plus long et dirigé plus en haut que chez S. fenuiremis où S. mollis, et de forme particulière; vu de côté il est assez épais jusqu’à quelque distance de l'extrémité, le bord terminal est assez peu oblique, et de sa portion supérieure part une dent oblongue ou régulièrement triangulaire, dirigée en avant et en haut; juste derrière l’origine de cette dent le bord supérieur est plus ou moins anguleux ou même — comme dans le spécimen de Stebbing — montre une dent rudimentaire. Les épines supraorbitales et hépatiques font défaut.
Les yeux (fig. 3*) assez grands, aussi larges que longs vus d’en dessus, ou légèrement plus larges, et un peu variables, en ce qu'ils sont plus larges chez les mâles que chez certaines femelles, mais non chez toutes; vu de côté, l'œil est quelque peu déprimé; il est environ aussi long que le bord externe de l’article distal du pédoncule, lequel montre un tubercule tout à fait rudimentaire sur le bord interne, près de la cornée.
Les pédoncules antennulaires à peine aussi longs, mais un peu plus robustes que chez S. tenuiremis (fig. 3°). Le premier article moitié aussi large que long, nettement plus court que chez S. fenuiremis, avec le bord externe seulement aussi long que le bord interne du second article, avec l'incision et la dent habituelles, au milieu. Second article long, considérablement plus long que le troisième, épais, un peu atténué seulement ; troisième article plus épais que large, vu d’en dessus ou latéralement il s’atténue considérablement chez la femelle, — moins chez le mâle — vers l'extrémité, près de laquelle il n'a pas de protubérance subdorsale. Flagelle inférieur multiarticulé chez la femelle (fig. 3?) et presque aussi long que le troisième article pédonculaire. Chez le mâle ce flagelle est beaucoup plus long que le troisième article (fig. 3°), mais l'organe préhenseur et son pédoncule n’occupent guère que le tiers de sa longueur. Le pédoncule (fig. 3%) est assez court et robuste, le premier article n'étant pas le double du second, tandis que le quatrième article est environ deux fois aussi long que le pédoncule. Le processus du troisième article est long, environ 3/2 fois aussi long que le pédoncule, droit, à peine atténué, avec quelques rares soies sur le bord inférieur et au-dessus à l'extrémité; son épine terminale, qui est grêle et fortement courbe, est seulement un peu plus de moitié aussi longue que le processus et atteint presque l'extrémité du cinquième article. Quatrième article avec la courbure usuelle du bord supérieur avant le milieu, assez semblable à celui de S. fenuiremis comme forme, armature d’épines
Gates et de soies, mais plus robuste; la partie grêle du flagelle avec de nombreux articles, 18 dans le spécimen figuré.
L'écaille antennaire atteint environ le milieu du troisième article antennulaire ou un peu au delà ; elle est généralement plus, ou nettement plus de 3 fois aussi longue que large, de même forme que chez S. fenuiremis, avec le bord terminal un peu plus convexe, et l’épine latérale, bien développée, Dr on bien plus en decà de l'extrémité, proportionnellement.
Troisièmes maxillipèdes quelque peu plus courts que la moitié du corps, et beaucoup plus courts que les pattes de la 3" paire, avec leur moitié proximale, en partie, un peu plus large que sur ces membres. Propodite (fig. 3°) 3-segmenté. Dactyle 7-segmenté, le premier de ces segments presque aussi long que les trois suivants ensemble ; les épines, à l'extrémité de ces segments, particulièrement courtes (fig. 3° et 3‘), surtout le long du bord supérieur ; la longueur des épines à l'extrémité des différents segments indique que le dactyle, dans un stade plus jeune, a été divisé en quatre segments, chacun des trois distaux ayant été ensuite divisé subséquemment en deux. |
Les trois paires antérieures de pattes et les pinces, presque comme chez S. tenuiremis; troisièmes pattes considérablement plus longues que la moitié du corps. Quatrièmes pattes atteignant l'extrémité du premier, ou presque le milieu du second article antennulaire, lorsqu'elles sont étendues en avant, elles ont alors un peu moins des deux tiers de la troisième paire. Cinquièmes pattes (fig. 36) un peu plus de moitié aussi longues que celles de la quatrième paire, assez larges, le méropodite surtout ; cet article est un peu plus long que le carpe, lequel est lui-même nettement plus long que le propodite ; ces deux derniers articles munis de nombreuses soies le long de leurs deux bords.
L'exopodite des uropodes (fig. 3°) est un peu plus de 4-5 fois aussi long que large, et la partie glabre du bord externe quelque peu plus de deux fois aussi longue que la partie ciliée ; dent marginale bien développée. Telson avec la moité distale régulièrement atténuée presque jusqu'à l'extrémité aiguë (fig. 3°, laquelle se prolonge en un processus légèrement séparé des bords latéraux par une faible concavité ; épines dorsales très petites ou presque nulles, au nombre de deux paires seulement.
Branchies hautes, beaucoup plus que chez S. fenuiremis, et se touchant. La seconde branchie, au-dessus de la troisième patte, mesure les trois quarts de la première ; la première branchie au-dessus de la quatrième patte est seulement un peu plus longue que la seconde au-dessus de la troisième paire, et s'étend un peu moins vers le haut ; elle est seulement un peu plus haute que la seconde branchie, laquelle est assez grande et bien développée.
Le petasma (fig. 3-3") du type commun dans le groupe I ; le tronc de la partie médiane est long et grêle. La partie externe assez grande ; sa lame f//am) plus longue que chez S.{enuiremis, avec la moitié proximale de son bord externe légèrement concave ; processus unciné(pu)un peu plus long que la lame, robuste, rectiligne,
avec sa partie distale fortement dilatée, l’incision subterminale et le crochet normaux. Processus basal (pb) à peu près comme chez S. fenuiremis, mais à peine aussi large. Processus ventral (pv) long, assez épais à la base et s’atténuant jusqu’à l'extrémité obtuse, dirigé en avant et surtout en dehors, presque rectiligne ou courbé un peu en dedans près de l'extrémité. Lobe armé (/a) seulement visible frontalement (fig. 3"), le processus ventral le couvrant complètement lorsque le petasma est vu par l'arrière (fig. 3!) ; ce lobe est très petit, beaucoup plus long qu'épais, dirigé surtout en dehors et pourvu de deux crochets d’assez grande taille, l’un terminal, l’autre sur le bord distal. |
Lobe connectif (/c) biramé (comparer le même organe chezS. robustus), les deux rameaux assez longs ; branche proximale dirigée presque verticalement en dehors, épaisse à la base, triangulaire-oblongue lorsqu'elle est vue de front (fig. 3"), avec deux crochets à l’extrémité et environ trois crochets le long de chaque bord, ceux du bord frontal particulièrement grands ; vue par l'arrière (fig. 3!) la branche montre, à la base, un groupe d'environ huit crochets ; la branche distale est moins épaisse à la base, mais garde son épaisseur presque jusqu’à l'extrémité, elle est un peu courbée deux fois en directions opposées, se projette en avant et un peu en dehors, et montre sur la partie la plus distale de son bord interne, dirigée en dehors, trois crochets et un crochet distal. Le lobe terminal {/{) repose près de la branche distale du lobe précédent, mais il est beaucoup plus court, avec cinq crochets sur la moitié distale de son bord interne et de l'extrémité ; sur la face antérieure (fig. 3”) on aperçoit trois grands crochets en une série longitudinale courant le long de la base du lobe. Le lobe inerme {/1) est assez long, épais à la base, subconique mais un peu courbé, dirigé surtout en dedans, et l’extrémité distale presque aiguë se termine par une petite épine. La partie adhésive diffère de celle des deux précédentes espèces en ayant le bord frontal saillant sous forme d’un assez grand et large triangle.
L’aire génitale femelle (fig. 3°) a la partie visible de l’opercule (0) nettement plus large que longue, avec le bord postérieur faiblement anguleux. Derrière l’opercule se voit un large espace plus large que long, avec une impression médiane longitudinale et une impression transverse près du milieu ; ces deux impressions assez larges et peu définies divisent l'aire en quatre parties, chacune formant une protubérance arrondie et basse. Le troisième coxa (c) a son processus postéro-intérieur assez petit, plus court que large ; on ne distingue pas de second processus. La duplicature membraneuse {m) de l'articulation est assez étroite.
En ce qui regarde la couleur, Stebbing écrit (1905, p. 88): « Spécimens sudafricains rouges, virant à l’orange ».
Longueur d’un mâle de belle taille 76"%, mais à la Stn. 3608 fut capturé un spécimen géant de 84%"; la plus grande femelle (Stn. 3190) a seulement 67%", mais Stebbing figure une femelle de 74" et, selon toute probabilité, la femelle peut être au moins aussi grande et probablement plus grande que le mâle. Chez le mâle de 84", le troisième maxillipède mesure 39.5", la première patte 317%", Ja seconde 38%", la troisième 48", la quatrième 30", la cinquième 177.
Chez une femelle de 65" le troisième maxillipède mesure 29.5", la troisième patte 37%", la quatrième 24", la cinquième 13.6",
B. Spécimens immatures.
(PI. v, fig. 30-3r)
Un spécimen mesurant 26" (Stn. 3518) appartient à S. grandis ; il a le sillon cervical très distinct, le rostre agrée dans l'ensemble avec celui de l'adulte, bien que sa moitié distale soit plus étroite, de sorte que son bord terminal est plus court et plus convexe avec la dent quelque peu plus petite; de plus les branchies sont assez hautes, et les seules différences entre les deux paires postérieures de ce spécimen et celles de l'adulte sont les suivantes : la seconde branchie au-dessus de la troisième paire de pattes a seulement comme hauteur les deux tiers de la première, et la seconde branchie au-dessus de la quatrième paire a les trois quarts de la première. Le céphalothorax est moins grêle que chez S. tenuiremis, les pédoncules oculaires comme de coutume plus longs en proportion de la cornée que chez l'adulte, les deux articles distaux des pédoncules antennulaires presque semblables à ceux de l’adulte comme forme et longueur relative ; l’écaille atteint au delà du milieu du troisième article pédonculaire. Le telson a trois paires distinctes d’épines et la partie au delà de la paire postérieure environ comme chez S. mollis,' c'est-à-dire assez différente de la forme adulte.
Un autre spécimen un peu plus petit (Stn. 2092) a 25.5" de long, mais il est moins bien conservé, de sorte que l'existence d’un sillon cervical ne peut être démontrée. Le spécimen agrée complètement avec le précédent par le développement des deux dernières paires de branchies, point très important, aussi par les pédoncules oculaires, le telson, et assez bien seulement par les pédoncules antennulaires. Le rostre (fig. 3°) diffère en étant plus atténué, de sorte qu'il n’a pas de bord terminal, mais une dent horizontale et triangulaire à l'extrémité. L'exopodite des uropodes (fig. 3) est un peu de plus de 4.5 fois aussi long que large, et la partie glabre du bord est presque 2.5 fois aussi longue que la partie ciliée.