‹ Crustacés décapodes (Sergestides) provenant des campagnes des yachts Hirondelle et Princesse-AliceChapitre 25 sur 77 · C. Stades Mastigopus · texte numérisé non relu

C. Stades Mastigopus

(PI. v, figs. 5a-5h; PI. vr, figs. ra-1b)

a. Stades agés. — Le plus grand spécimen est long de 10.5""; un spécimen (Stn. 215) qui a servi comme type pour les figs. 5%-5% mesure 9.5"", un autre (Stn. 815), type de la figure 5°, a 8.5". Le corps est massif, nettement plus épais que dans aucune autre espèce atlantique. Les sillons gastro-hépatique et cervical sont l'un et l’autre bien développés, nettement creusés. Le rostre vu latéralement (fig. 5°) montre la dent du bord supérieur bien développée et l’épine terminale quelque peu ou beaucoup plus longue que la hauteur de la partie proximale ; les épines supraorbitales et hépatiques ne sont pas visibles.

Les yeux, dans le plus grand spécimen, n’atteignent pas complètement l'extrémité du premier article antennulaire, mais ils l’atteignent dans le spécimen de 8.5" (fig. 5°); ils sont très grands, très larges, surtout vus d’en dessus, quelque peu obliques et aussi larges, ou même plus larges, que la longueur de l’article distal du pédoncule; cet article est épais, s'élargissant très fortement depuis la base jusqu’à la cornée, et dépourvu de toute protubérance distale.

Le premier article antennulaire (Hg. 5°) est un peu plus long que les deux suivants ensemble et extrêmement large, seulement deux fois aussi long que large, avec ses deux cinquièmes proximaux beaucoup plus larges que la partie située au delà de la dent marginale, laquelle est longue et large à la base; les deux articles pédonculaires distaux sont presque égaux en longueur, épais, le second un peu plus que le troisième ; le flagelle inférieur, dans le spécimen dessiné, est plus long que le troisième article, et 5-articulé. L’écaille antennaire s’atténue beaucoup moins que chez l'adulte du milieu à l'extrémité ; le bord terminal est assez long et convexe, la dent marginale petite et n'atteignant pas au delà du bord terminal. Cinquièmes pattes (fig. 5°) assez larges et peu différentes de celles de l'adulte, sauf en ce qu'elles ne montrent aucune soie le long du bord supérieur des deux articles distaux.

Les deux derniers pléosomites se terminent seuls en dessus en un denticule distinct ; le sixième somite n’est pas plus long que le quatrième et le cinquième ensemble. Exopodite des uropodes au moins aussi large que chez l'adulte ; chez le spécimen de 9.5 il est même 4 fois aussi long que large (fig. 5°), la portion glabre du bord externe est deux fois aussi longue que la portion ciliée, la dent assez grande et saillante. Telson, dans le spécimen de 9.5"" (fig. 5) non seulement

avec le bord distal droit, mais même légèrement émarginé, avec une petite épine postéro-latérale, mais sans autres épines visibles ; dans le spécimen de 10.5", l'extrémité du telson n’est pas émarginée, mais légèrement saillante avec la pointe anguleuse, comme chez le jeune mâle décrit plus haut.

Stade jeune. — Ün spécimen appartenant à un stade jeune, mais non au premier stade, mesurant 5.3", a servi de type pour les fig. 5f-5*. Il a été capturé par 43° 23 lat. N., 43° 35° long. W. (Musée de Copenhague). La dent dorsale sur le rostre (fig. 5°) est bien développée, et le processus rostral atteint légèrement au delà du premier article antennulaire ; chaque angle antéro-latéral de la carapace porte une petite épine, mais les épines supraorbitales et hépatiques ne peuvent être distinguées.

Les veux atteignent presque l'extrémité du second article antennulaire, ils sont assez obliques et grands, bien que paraissant plus petits que dans les stades âgés ; le robuste pédoncule s’élargit beaucoup depuis la base, 1l est proportionnellement plus long qu'aux stades âgés.

Le premier article antennulaire (fig. 5°), environ 3/2 fois aussi long que la somme des deux autres, diffère beaucoup de celui des stades âgés, en ce que la portion proximale a la même largeur, c’est-à-dire à peu près la moitié de la longueur de l’article, mais elle est beaucoup plus courte, ne mesurant guère que le quart de l’article, et sa dent externe est très grande, longue, triangulaire, large à la base ; les deux tiers distaux de l’article sont au contraire beaucoup plus étroits qu'aux stades âgés; le second et le troisième article d'épaisseur moyenne, le troisième plus court que le second, environ aussi long que le flagelle inférieur 2-articulé. Écaille antennaire très différente de celle des stades âgés, en ce que sa moitié proximale est beaucoup plus étroite ; l’écaille même s’élargit légèrement, depuis le milieu jusqu’à l’origine de la dent marginale, qui est dirigée quelque peu en dehors et assez longue, mais qui est loin d'atteindre cependant l'extrémité de l’écaille, laquelle forme au delà de cette dent une sorte de lobe arrondi aussi long que large. La cinquième paire thoracique est rudimentaire.

Le sixième pléosomite est légèrement plus long que les deux précédents ensemble, et chacun de ces trois somites montre, à l'angle supérieur, une épine assez courte, dirigée en arrière. Seconde paire de pléopodes dépourvue de soies sur l'endopodite assez court, tandis que sur la troisième paire l’endopodite sétifère est moitié aussi long que l’exopodite; sur les deux paires postérieures, l’éndopodite paraît être entièrement développé, et, comme de coutume, notablement plus court que l’exopodite. Exopodite des uropodes (fig. 5°) environ 5 fois aussi long que large, son maximum de largeur étant à la base de l’épine, longue et assez saillante en dehors ; la portion glabre du bord externe environ 3/2 fois plus longue que la portion ciliée ; endopodite normal et beaucoup plus court que l’exopodite. Telson (fig. 58) très différent de ce qu'il est aux stades âgés ; sa moitié proximale est plus large; un peu au delà des deux tiers proximaux on trouve une paire de fortes

Sn (2 Ce

épines, submarginales et dorsales; il a une incision terminale assez étroite, sur un peu plus du cinquième de sa longueur totale, et chacune des branches porte une seule petite épine ou deux épines latérales, et une épine D ne plus longue, mais en réalité assez courte.

Premier stade (PI. vi, fig. 1-1°). — Le plus petit spécimen (Stn. 430) est long de 4.8" (rostre inclus), et si l’on en juge par certains détails, doit être au plus jeune stade Mastigopus. Le spécimen diffère du stade jeune décrit ci-dessus par les particularités suivantes. Le rostre atteint un peu au delà de l'extrémité des pédoncules antennulaires et porte des spinules sur sa moitié distale ; les épines supraorbitales sont bien développées et celles des angles antéro-latéraux sont trois fois aussi longues qu'au stade décrit, l'organe dorsal est très distinct et situé un peu en arrière du bord frontal (fig. 1°).

Les pédoncules oculaires sont nettement plus long que chez les spécimens plus âgés. Sur les pédoncules antennulaires, le premier article a sa portion proximale large tout à fait courte et la moitié distale étroite ; le second article est beaucoup plus long que le troisième; le flagelle inférieur inarticulé, mais presque aussi long que le troisième article. L'’écaille antennaire est particulière, en ce que sa portion proximale mesure à peine, en largeur, les deux tiers de la portion distale, à l’origine de la longue épine marginale. Les deux paires postérieures de pattes manquent totalement.

Tous les pléosomites portent des épines; les cinq antérieurs ont de courtes épines naissant des épimères ; le troisième somite porte, un peu avant l'angle postérieur dorsal, une épine assez longue dirigée en haut et un peu en avant; le premier et le second somites ont chacun une courte épine semblable, tandis que sur le quatrième et le cinquième les épines dorsales, égales à celles du troisième somite, sont dirigées en arrière et seulement un peu en haut; le sixième somite est un peu plus long que la somme des deux précédents et son épine dorsale (fig. r°) plus longue que celle des précédents. Endopodites des seconde et troisième paires de pléopodes presque rudimentaires, plus longs sur la quatrième paire, mais sans articles ni soies, sur la cinquième paire à peine moitié aussi longs que les exopodites, avec quelques soies. Exopodite des uropodes (fig. 1°) environ 5.5 fois aussi long que large près de l’origine de la longue épine marginale, partie glabre du bord pas tout à fait 3/2 fois aussi longue que la partie ciliée; endopodite normal, s’atténuant de la base à l'extrémité et notablement plus court que lexopodite.Telson (fig. 1°) diffèrent de celui du spécimen précédent surtout par lincision longitudinale plus longue, mesurant plus du tiers du telson ; les branches sont très grêles, parallèles, chacune avec quelques épines.

D. Occurence et Distribution.

La liste des localités comprend 21 stations ; elle moñitre que $. crassus est assez commun, en moyenne, dans l'aire de Monaco, surtout dans sa partie est, au sud de 36° 5 lat. N., mais qu'il est absent de la Méditerranée, qu'il se trouve dans la mer des Saïgasses et au nord des Acçores, et finalement dans l'Atlantique ouest par 38° 58’ lat. N. On peut remarquer que presque tous les spécimens adultes ou presque adultes ont été capturés dans 6 stations seulement, 13 stations n'ayant fourni que des Mastigopus. Une seule femelle adulte provient de 500-0" ; les autres spécimens adultes proviennent de traits où le filet a été remonté de 3500" ou davantage, tandis que dans 11 des stations à Mastigopus, ceux-ci ont été capturés à la surface.

Sund a examiné des spécimens adultes et immatures provenant de 24 traits, effectués dans 12 stations appartenant presque à la même aire ; la plus septentrionale de ces stations est par 40° lat. N. et beaucoup plus proche de l'Amérique que du Portugal. Beaucoup de ses spécimens adultes, ou subadultes (72 en tout) ont été pris à 50-100" de la surface et tous pendant la nuit, la grande majorité par 101-250" et presque tous pendant la nuit, un assez petit nombre à plus de 250", et dans ce cas presque le même nombre pendant le jour et pendant la nuit. Sa table d'occurence bathymétrique « semble indiquer que l'espèce évite les couches superficielles pendant le jour, mais remonte pendant la nuit, bien que ne se montrant pas à la vraie surface ». ‘Ce dernier détail résulte également du fait que le Musée de Copenhague, qui possède un énorme matériel de S. atlanticus, capturé à plus de 70 places dans l'Atlantique près de la surface, ne possède pas un seul adulte ou subadulte de S. crassus, mais seulement des Mastigopus provenant de trois stations, toutes trois dans l'Atlantique nord et la plus septentrionale par 43° 23° lat. N., 43° 35’ long. W. | |

E. Remarques.

S. crassus est identique à S. splendens Sund, qui à été bién décrit par cet auteur, mais il est nécessaire de lui donner un nouveau nom, car, en 1919, j'ai nommé, avec plusieurs remarques caractérisantes, l'espèce très différente qui sera décrite plus loin comme S. splendens. Sund a également, comme ses figures le montrent, rapporté correctement plusieurs spécimens de Mastigopus âgés à cette espèce.

S. crassus est facile à distinguer de toutes les autres espèces de l’Atlantique nord par la forme du rostre, la non-segmentation des articles distaux des troisièmes maxillipèdes, les larges pattes de la cinquième paire, «etc. Mais il est très étroitement allié à S. Gardinerit Kemp, décrit pat Kemp ‘en 1913 et plus tard par moi (1919); S. Gardineri est beaucoup plus petit, mais

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