‹ Crustacés décapodes (Sergestides) provenant des campagnes des yachts Hirondelle et Princesse-AliceChapitre 35 sur 77 · Sergestes pectinatus Sund · texte numérisé non relu

Sergestes pectinatus Sund

1806. Sergestes henseni, H. J. Hansen (1896), p. 959. [En partie ‘ et non S. hensent Ortm.] 1014. — — G. Izuc (1914), p. 360 [en partie], fig. 11, fig. 21-22. 1920. —— pectinatus, O. Sunp {/1920), p. 24, fig. 42-43.

Campagne de 1887 : Stn. 148 (28 juillet), surface. Mer des Sargasses. Chalut de surface : 21" 30-22" 30. Trois Mastigopus incomplètement développés.

Campagne de 1904: Stn. 1715 (1% août), profondeur o-ro00". Ténériffe. Filet Richard à grande ouverture. Une femelle. — Stn. 1749 (9 août), profondeur 0-2500". Entre Madère et Palma. Filet Richard à grande ouverture. Un jeune Mastigopus. — Stn. 1768 (17 août), profondeur o-3000". Ouest de l’île de Fer (Canaries). Filet Richard à grande ouverture. Un Mastigopus à demi développé. — Stn. 1781 (21 août), profondeur o-5000". Entre les Canaries et les Açores. Filet Richard à grande ouverture. Deux grands et un très petit Mastigopus. — Stn. 1794 (25 août), profondeur o-3000". Entre les Canaries et les Açores. Filet Richard à grande ouverture. Un assez grand Mastigopus. — Stn. 1797 (26 août), profondeur o-2000". Entre les Canaries et les Acores. Filet Richard à grande ouverture. Deux femelles adultes et deux Mastigopus. — Stn. 1800 (26 août), profondeur o-1000". Entre les Canaries et les Acores. Filet Richard à grande ouverture. Un mâle adulte et trois Mastigopus non complètement développés. — Stn. 1856 (9 septembre), profondeur 3250". Acores, sud-ouest de S. Miguel. Filet Richard à grande ouverture. Deux Mastigopus, parmi lesquels un de grande taille.

Campagne de 1905 : Stn. 2087 (9 août), profondeur o- 2225. Mer des Sargasses. Filet Richard à grande ouverture. Un mâle adulte. — Stn. 2130 (17 août), profondeur o-3000". Région des Sargasses. Filet Richard à grande ouverture. Un mâle immature. | Tin

Campagne de 1911: Stn. 3098 (2 août), surface. Iles Canaries. Filet fin étroit. 20"-20! 30. Un très petit Mastigopus. — Stn. 3107 (7 août), profondeur 0-4000". Sud de Madère. Filet Bourée en vitesse. Une femelle adulte. — Stn. 3118 (10 août),

" Sur la question de la synonymie voir les « remarques » à l'espèce suivante, S. Sargassi Ortm.

profondeur o-2380". Sud de Madère. Filet Richard à grande ouverture. Un Mastigopus bien développé. | |

. Campagne de 1913: Stn. 3518 (27 septembre), profondeur o-2000". Sud-est du Grand Banc de Terre-Neuve. Filet Richard à grande ouverture. Une femelle.

A. Spécimens adultes.

(PI. vu, fig. 42-49)

Le corps de cette petite espèce est assez robuste et normalement chitinisé. Moitié postérieure de la carapace légèrement comprimée ; le sillon gastro-hépatique profond, aussi bien sur les côtés qu'en dessus ; le sillon cervical distinct ou assez bien développé sur les côtés, faible ou invisible en dessus. Rostre très petit, bas, triangulaire, avec le bord antérieur subvertical et l’extrémité saillante en une petite ou très petite dent horizontale ; le rostre est, dans l’ensemble, pareil à celui de S. sargassi (Pl. 1x, fig. 2), bien que parfois un peu plus réduit. Épines supraorbitales et hépatiques assez petites, aiguës.

Yeux modérément petits (fig. 4"), un peu plus larges que le pédoncule, obliques. Article distal du pédoncule oculaire modérément épais et un peu plus étroit à la base, avec le: bord interne presque deux fois aussi long que l'œil. Une protubérance arrondie, assez basse, au bord précédant la cornée.

Sur les antennules (fig. 4) le premier article est un peu plus de deux fois aussi long que large, mais sa partie la plus large est assez courte, en ce que l’article commence à s'atténuer avant même le bord frontal de la cavité du statocyste, et depuis là jusqu'à l'extrémité le bord externe est quelque peu concave. Le second article est grêle dans l’ensemble, bien que sa moitié proximale soit ün peu plus épaisse que la distale, et l’article est de longueur telle que son bord interne est seulement un peu plus court que le premier article. Troisième article un peu plus grêle que le second, un peu plus court que le bord interne, un peu plus long que le bord externe de l’article. Flagelle inférieur court chez la femelle, beaucoup plus long toutefois que le diamètre du troisième article antennulaire, trapu et obtus. Chez le mâle, le flagelle inférieur (fig. 4) est court et de forme

particulière ; le pédoncule est épais, assez court, et ses trois articles fusionnés de sorte qu’on voit à peine un vestige d’articulations ; le processus du troisième article presque horizontal, assez épais, atteignant un peu au delà du milieu du quatrième article, avec deux soies, tandis que son épine terminale est très longue, presque aussi longue que les quatre articles proximaux ensemble, assez courbe, avec son extrémité obtuse atteignant celle du flagellum; quatrième article plus long même que les trois articles proximaux et le processus du quatrième article ensemble, assez courbe, modérément épais, et prolongé au-dessus de l'extrémité en une protubérance arrondie aussi haute que large, tandis que le bord supérieur de l’article montre seulement une simple soie ; le flagelle au delà du quatrième article est plus

LU court que ce dernier, très épais, et avec deux articulations obscures. Écaille antennaire (fig. 4°) un peu plus de quatre fois aussi longue que large ét s'atténuañit considérablement vers l'extrémité ; le bord términal est court, transverse dans l’ensemble, plus ou moins convexe, et dépassé par la dent marginale ; le bord externe est presque droit ou très légèrement concave sur ses trois quarts distaux ; l’écaille n'atteint pas le milieu du troisième article antennulaire.

Les troisièmes maxillipèdes (fig. 4‘) sont quelque peu plus courts que le corps et très Caractéristiques. Le carpe n'est pas beaucoup moins de deux fois aussi long que le méropodite, avec sa moitié proximale fortement renflée, mais s'atténuant à: tel point distalement, que le quart distal presque entier est grêle. Le propodite et le dactyle extrêmement grêles et allongés, aussi longs que le carpe, le méropodite et la moitié de l'ischion réunis. Propodite presque aussi long que le carpe et la moitié du méropodite réunis, presque 2.5 fois aussi long que le dactyle, et divisé en segments ; son bord supérieur non épineux, son bord inférieur avec un assez petit nombre d'épines normales, de longueur différente, et en outre, sur le tiers distal, ou même sur plus de la moitié distale, un organe pectiné formé de fines épines égales, parallèles et très serrées. Dactyle (fig. 4) 5-segmenté, le premier segment égal aux second et troisième réunis, et les quatre segments distaux subégaux en longueur ; Le dactyle entier a le bord inférieur armé d’un « peigne » d’épines égales et très serrées, interrompues pat uñe dizaine à peine d'épines plus longues, ou longues ; le bord supérieur ne porte aucune épine, et le dactyle se termine par une seule longue épine.

Les premières pattes (fig. 4°) mesurent un peu plus du tiers des troisièmes maxillipèdes ; le propodite est au moins 1.5 fois aussi long que le carpe, assez tadistinctement divisé en 2-3 segments, et le bord supérieur de l'ischion a une petite dent. Deuxièmes pattes avec, au-dessus de l’ischion (fig. 4°), une dent basse, presque rudimentaire ; propodite divisé en quelques rares segments; les pinces (fig. 45 et 4") sont assez faiblement développées, avec le doigt mobile presque trois fois aussi long que l'immobile. Troisièmes pattes mesurant à peine plus des trois quarts des troisièmes maxillipèdes et attéignant, étendues, au delà du milieu du propodite de ces appendices ; propodite segmenté, se términant par deux épines et trois soïes, (fig. 4), la pince faisant complètement défaut. Quatrièmes pattes très longues, atteignant en avant la base du troisième article antennulaire. Cinquièmes pattes (fig. 4*) un peu moins de moitié aussi longues que les précédentes, grêles, avec un assez petit nombre de soies marginales ; méropodite presque aussi long que l’ischion et plus de r.5 fois aussi long que le carpe, lequel est environ le double du propodite ; les deux articles distaux avec des soies le long de leurs deux bords.

Exopodite des uropodes (fig. 4!) cinq fois aussi long que large ; la portion ciliée du bord: externe environ, quatre fois aussi longue que la portion glabre, celle-ci occupant les 4/5 du bord, et sans aucüne dent à sa base. Le telson a seulement une paire d'épines latérales, et au delà de celles-ci la partié apicale est en forme soit

cm Miss d’un très large triangle avec la pointe anguleuse mais non aiguë (fig. 4"), soit d'un triangle plus allongé, environ deux fois aussi large que long (fig. 4"), avec l’apex saillant en un court processus spiniforme.

Les branchies sont assez hautes, en proportion de la petite taille de l'animal, et étroitement jointes. Première branchie au-dessus de la troisième patte assez haute, mais la seconde représentée seulement par une lamelle bien développée ; branchie antérieure au-dessus des quatrièmes pattes un peu plus de moitié aussi haute que celle au-dessus des troisièmes pattes, mais beaucoup plus étroite; branchie postérieure à peine les deux tiers de l’antérieure.

Le petasma (fig. 4°-49) appartient par son contour général au type commun dans les espèces du groupe I, en ce que le tronc de la partie médiane est proportionnellement grêle et long, avec un long intervalle entre la partie adhésive et la base des lobes, mais deux des lobes normaux sont absents. La lame externe (/am) est fortement procidente en arrière sous forme d’un triangle à extrémité arrondie, et son bord externe est rectiligne sauf à ses deux extrémités ; le processus unciné {pu) est quelque peu plus court que la lame, droit, plus large avant l’extrémité qu'avant le milieu, avec l'incision subapicale transverse et normale. Processus basal (pb) modérément long et assez grêle, avec l'extrémité largement obtuse. La longue portion libre de la partie médiane s’atténue considérablement à la base du processus ventral (pr), lequel est assez long, avec sa très courte portion basale épaisse, mais qui est par ailleurs modérément grêle, en forme de boudin un peu courbe. Le lobe armé (/a) est presque cylindrique, épais, beaucoup plus court que le processus ventral, et son extrémité un peu épaissie a deux grands crochets, tandis que quatre crochets de grandeur moyenne sont distribués sur sa face antérieure (fig. 49) près de son bord interne. il reste seulement un lobe, qui paraît être le lobe terminal (/t) si l’on en juge par la comparaison de S. corniculum et de S. sargassi ; il atteint l'extrémité du processus ventral, dont il ne diffèré pas beaucoup comme contour ; sa moitié proximale est cependant un peu plus épaisse, ce qui est dû aux cinq crochets du bord externe sur la face frontale ; le lobe est dirigé en avant, un peu courbé, avec un grand crochet sur l'extrémité très oblique. Partie adhésive de taille moyenne, avec un rudiment de protubérance sur le bord antérieur.

L'aire génitale femelle peut à peine être décrite avec une certitude suffisante sur les petits spécimens étudiés, et sera par conséquent omise.

Rien n’est connu en ce qui concerne la coloration. Longueur du corps d’une des plus grandes femelles 15%", carapace 4.5"%, troisième maxillipède 12.57, première patte 4.3%%, troisième patte 9.5", quatrième patte 5.3", cinquième patte 2.39% ; le plus grand mâle mesure presque 15". O. Sund, qui a disposé d’un matériel beaucoup plus grand, mentionne des mâles avec la carapace mesurant 6", soit 19% pour la longueur du corps, et une femelle de 25",

B. Stades Mastigopus.

(PL. 1x, fig. 1a-1b)

a. Stade le plus âgé. — Un des plus grands spécimens de la collection de Monaco mesure 8.2", Le corps est robuste. Le rostre (fig. 1‘) est représenté par une petite épine grêle, pas plus longue, ou même plus courte, que les épines supraorbitales ; épines hépatiques de la même taille.

Yeux énormes et de la forme la plus curieuse. Les pédoncules oculaires, sw les spécimens morts, sont généralement dirigés soit directement en dehors, soit, plus fréquemment, en dehors et quelque peu en arrière; l’article distal consiste en une partie courte et modérément épaisse, qui n’est pas antérieurement 1.5 fois aussi longue que large, et, à l'extrémité de son court bord frontal la rétine touche le pédoncule, mais en arrière, ou en dehors, de cet endroit, le pédoncule est très fortement élargi et saillant, couvrant comme une sorte de plaque la face postérieure. de l'œil réel ; le bord postérieur de l’article distal du pédoncule, de sa base à la rétine, est presque plus de trois fois aussi long que son bord antérieur. Vu d'en dessus (fig. 1*), l'œil, avec la partie postérieure saillante du pédoncule, est très ovale oblong, pas beaucoup moins de 2.5 fois aussi long que large et extrêmement oblique, en ce que l'angle entre l'axe du pédoncule et le plus long diamètre de l'œil n'atteint même pas 40° ; le plus long diamètre de l’'œ1l est nettement plus de moitié aussi long que le pédoncule antennulaire et un peu plus de moitié aussi long que la carapace sur la ligne médiane (rapport 11: 19); vu latéralement, l'œil est très oblongovale.

Sur les pédoncules antennulaires, le premier article est à peine trois fois aussi long que large, c'est-à-dire un peu plus grêle que chez l'adulte ; son bord externe est un peu plus concave et environ aussi long que celui du second et de la moitié du troisième article réunis ; le troisième article est aussi long que le bord interne du second. Flagelle inférieur proportionnellement aussi long que chez l'adulte. Écaille antennaire atteignant à peine le milieu du troisième article antennulaire, :5 fois environ aussi longue que large, s’atténuant à son extrémité; bord terminal assez court, convexe, dépassé par l'épine marginale bien développée ; bord externe quelque peu concave. Troisièmes maxillipèdes différant de ceux des adultes surtout par l'absence de peigne sur le propodite et le dactyle (fig. 1°); sept sur onze des épines du dactyle sont extrêmement longues, les quatre autres beaucoup plus courtes; dactyle divisé en trois segments peu différents en longueur, chacun des deux segments distaux étant en outre très faiblement subdivisé en deux; carpe avec une protubérance très marquée en dessus, à l'extrémité, laquelle se prolonge en un processus oblong, spiniforme, aigu, dirigé surtout en avant (fig. 1° et 1°, sur

un animal mesurant seulement 6.5"), Pléosomites sans épines en dessus ou sur les épimères. Exopodites des uropodes

(fig. 1°) un peu plus de cinq fois aussi long que large ; partie ciliée du bord externe de 4 à 5.5 fois aussi longue que la partie glabre, sans dent au commencement de la ciliation. Extrémité du telson comme chez l'adulte.

b. Stade le plus jeune. — Le plus petit spécimen (fig. 1° et 18) mesure 3.257, rostre inclus ; un autre (dont le rostre est brisé) est environ de la même taille, mais ils ont perdu l’un et l’autre les troisièmes maxillipèdes et la plupart des pattes thoraciques. Le rostre mesure environ les deux tiers de la carapace sur la ligne médiane et porte quelques rares spinules ; épines supraorbitales très notablement plus longues qu’au stade âgé, épines hépatiques paraissant peu développées ; sur la ligne médiane, quelque peu avant le sillon gastro-hépatique bien développé, on remarque une protubérance spiniforme dirigée fortement en avant, et représentant certainement une curieuse forme de « l’organe dorsal ».

Yeux et ophtalmopodes presque comme au stade âgé, mais les yeux sont beaucoup plus grands en proportion du corps, et leur plus grand diamètre mesure plus des quatre cinquièmes de la ligne médiane de la carapace.

Pédoncules antennulaires extrêmement grêles sauf près de la base, mais la partie contenant le statocyste est remarquablement courte et la grande dent habituelle sur l’angle externe distal est absente; le premier article est un peu plus long que les deux autres ensemble et le second, qui est à peine distinct du premier, est légèrement plus long que le troisième ; flagelle supérieur un peu plus court que la somme des deux articles pédonculaires précédents ; flagelle inférieur tout à fait rudimentaire. L’écaille antennaire atteint au delà du milieu du troisième article antennulaire,elle est courbe, avec le bord externe assez concave, et ses bords sont parallèles depuis près de la base jusqu'à l’épine marginale, qui est assez longue et dépasse la partie terminale modérément saillante de l’écaille.

Les cinq pléosomites antérieurs avec des épines de longueur moyenne sur les épimères ; les trois somites antérieurs sans épines dorsales, les trois postérieurs chacun avec une épine subhorizontale sur l'angle postérieur dorsal, la première de ces épines étant plus de moitié aussi longue que le segment suivant et plus longue que les autres épines. Pléopodes longs avec les exopodites aussi longs que les pédoncules, articulés et garnis de soies, mais les endopodites ne sont pas visibles sur les quatre paires postérieures sur le plus petit spécimen, tandis qu'ils sont comme des bourgeons tous à fait rudimentaires sur l’autre spécimen. Exopodite des uropodes (fig. 1") sept fois aussi long que large ; il diffère fortement de celui du stade âgé en ayant une dent bien développée à l'extrémité de la partie glabre du bord, et en ce que la partie ciliée est nettement moins de deux fois aussi longue que la partie glabre ; endopodite un peu plus court que l’exopodite et s'atténuant graduellement. Telson moitié aussi long que les uropodes ; le bord terminal est concave et chaque angle saillant en une assez petite épine.

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