‹ Crustacés décapodes (Sergestides) provenant des campagnes des yachts Hirondelle et Princesse-AliceChapitre 42 sur 77 · PET UME · texte numérisé non relu

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allongées dans la même proportion. L'organe dorsal existe probablement, mais ne peut être découvert.

Le flagelle supérieur des antennules (fig. 3°) est un peu plus court qu’au second stade par rapport au pédoncule, mais un curieux fait est que le flagelle inférieur diffère beaucoup de celui du second stade et qu'il est dans un certain sens plus développé ; il est beaucoup plus de moitié aussi long que le flagelle supérieur et se prolonge en une grêle épine, modérément longue et assez courbe, à la base de laquelle se voit une courte épine, courbe et mince. L'’écaille antennaire n'atteint pas au delà des yeux, elle est à peine plus étroite qu’au second stade et sans aucune épine marginale, ainsi qu’il est de règle au premier stade, mais quatre ou cinq grêles épines sont insérées autour de l'extrémité et entre elles deux sont longues et placées au milieu. |

Troisièimes maxillipèdes beaucoup plus épais mais à peine plus de 1.5 fois aussi longs que les troisièmes pattes, considérablement moins allongés par conséquent qu’au second stade. Épines dorsales des troisième ét quatrième pléosomites à peine plus longues qu'au second stade; il en est de même des épines épimérales des premier et second somites, et chacune de ces épines a près de sa base une branche spiniforme dirigée principalement en arrière; épines des troisièmes épimères extrêmement longues, pas beaucoup plus courtes que l’épine dorsale et que les épines précédentes, avec une branche assez près de la base ; les épines des quatrième et cinquième épimères comme dans le second stade et assez courtes. Pléopodes rudimentaires, seulement deux fois aussi longs qu'épais. Exopodites des uropodes (fig. 3°) encore plus grêles qu'au second stade, presque 13 fois aussi longs que larges au milieu de la partie dont le bord est glabre ; la forte épine marginale est située un peu avant l'extrémité du tiers proximal du bord externe. Le telson (fig. 3°) encore plus court et plus large qu’au second stade, seulement un peu plus de 1.5 fois aussi long que large sur la ligne médiane, et différent par la forme de la partie terminale, en ce qu'il montre deux branches divariquées, très divergentes et se terminant par une épine.

E. Occurence et Distribution.

La longue liste des localités montre que S. vigilax est commun dans l'aire explorée, c'est-à-dire dans le carré Gibraltar-Canaries-Fosse de Monaco-Acores ; en outre, il s'étend loin à l’ouest et un peu au nord de la mer des Sargasses, la localité nord-ouest la plus éloignée (Stn. 148) se trouvant par 42° 50° 26” lat. N., 45° 25° long. W., au sud-est du Grand Banc de Terre-Neuve ; finalement, l'espèce a été prise à diverses places de la Méditerranée ouest. On voit en outre que des adultes ont été pris à la surface dans quatre stations, des Mastigopus ou Acanthosoma dans 14 stations, de sorte que presque la moitié des « traits » ont été faits à la surface. O. Sund l’a recueilli dans 13 stations presque dans la même aire, sauf en

Méditerranée ; d’après sa liste on peut voir que parmi les animaux adultes ou subadultes capturés par 50-0", 14 le furent pendant la nuit et seulement 2 pendant le jour ; entre 200 èt 100", 21 spécimens la nuit et 2 le jour ; à 300" ou plus de la surface, 6 spécimens la nuit et 11 le jour. Lorsque Sund ajoute que « la table semble indiquer que. les adultes s’enfoncent pendant la nuit », sa liste prouve tout à fait le contraire.

Le matériel du Musée de Copenhague comprend des adultes et des spécimens immatures pris en 1864-1882 à huit stations de l'Atlantique, entre 42° lat. N., 44° long. W. et 34° 30’ lat. S., 4° 30’ long. W. ; tous ont certainement été capturés dans les filets mouillés par les voiliers et au moins la plupart d'entre eux pendant la nuit ; des Mastigopus ont été capturés par ce moyen à 12 places dans l'Atlantique. Ces données montrent que non seulement les stades larvaires, mais qu'assez fréquemment les adultes de cette petite espèce ont été capturés près de la surface, surtout la nuit.

S. vigilax a été cité par divers auteurs (Kôünig, Lo Bianco, Senna, Thiele, Pesta) en de nombreuses stations méditerranéennes et adriatiques, il se trouve même près de Chypre, par 35° 55’ long. E. (Kônig) ; à ces localités non seulement les Mastigopus mais aussi les adultes ont été pris à la surface. Mais l'espèce a probablement une distribution plus large en dehors de l'Atlantique. Le Musée de Copenhague possède une très grande femelle (28.3"%") prise à l'est de l'Afrique du sud par 34° lat. S., 36° long. E. (capitaine Andréa legit), et des spécimens de Mastigopus provenant du sud de l'Océan Indien, à 6 stations situées sur une ligne assez sinueuse, entre 39° 54’ lat. S., 41° 30’ long. E. et 24° 50° lat. S., 103° long. E.; Illig relate des adultes et des Mastigopus provenant de deux stations situées presque entre les deux dernières citées. Le Mastigopus de la station la plus orientale agrée complètement avec les spécimens de l'Atlantique nord, mais, comme l'espèce atlantique S. Edywardsi Kr. ne diffère presque de l'espèce indienne S. ortenialis H. J. H. que par la structure du petasma, on est porté à la plus extrême réserve ; comme le petasma d’un spécimen de S. vigilax de l'Océan Indien n’a pas été spécialement étudié, il existe une possibilité pour que des spécimens de cet Océan, et au moins de sa partie orientale Pacifique, puissent appartenir à quelque espèce très voisine de S. vigilax et encore inconnue.

F. Remarques.

Le nom de S. vigilax fut donné par Stimpson à un très grand Mastigopus « long de 0.75 poll. », provenant des Acçores ; sa description agrée bien dans l’ensemble avec notre espèce, et agrée seulement avec cette forme larvaire de l'Atlantique nord, de sorte que le nom de S.yigilax peut être appliqué avec certitude. Les spécimens adultes et subadultes sont aisément distingués de toute autre espèce de ce groupe par le nombre, la longueur relative et la spinulation des segments

du dactyle sur les troisièmes maxillipèdes, et aussi par la partie glabre très courte, sur le bord externe de l’exopodite des uropodes ; le Mastigopus a les pédoncules' oculaires plus longs que dans aucune autre espèce de Sergestes sauf S. cornutus ; il est allié au Mastigopus de S. diapontius Bate, et les différences entre les deux formes seront données plus loin. L’Acanthosoma peut être immédiatement séparé des stades correspondants, chez les autres espèces du présent travail, par le telson très court, mais ce détail se rencontre probablement aussi chez l’Acanthosoma encore inconnu des trois espèces suivantes.

Un seul point doit encore être rappelé. Ortmann (1893) dit que S. parvidens Bate a été établi sur un jeune spécimen de S. vigilax (le Mastigopus), et j'ai accepté cette interprétation en 1896. Dans le travail sur le matériel du CHALLENGER (190%) je dis qu'un spécimen capturé, comme le note Bate, « pendant le passage de Ténériffe à S° Thomas » est le Mastigopus de S. vigilax, mais que les spécimens des autres localités citées par Bate pour S. parvidens, par exemple « l'Océan Pacifique, au nord des îles Sandwich, à la hauteur de Sidney et de Wellington, Australie » ne peuvent être trouvés, tandis que des spécimens déterminés par Bate comme S. parvidens de stations du Pacifique non mentionnées dans le « Challenger Report » appartiennent à d’autres espèces. De même, l'argument de Sund n’est pas valable lorsqu'il écrit : « L'opinion de Hansen (1896) que le S. parvidens de Bate, recueilli à la fois dans l'Atlantique et le Pacifique, est le jeune de S. rigilax, est certainement erronée. Les pédoncules oculaires, tels qu'ils sont représentés par Bate, sont beaucoup trop courts ». Que Bate ait rapporté un spécimen atlantique de S. vigtlax à S. parvidens, le fait est certain, et trois autres faits sont également certains, à savoir que les figures de Bate sont fréquemment très inexactes, qu'il a mélangé à plusieurs reprises plusieurs espèces en une seule (par exemple des spécimens de S. atlanticus M. Edw., S. arcticus Kr., S. similis H. J. H., et S. Challengeri H. J. H., avec S. atlanticus), et enfin que pour le spécimen dessiné comme S. paryidens, il ne nous dit pas si la localité d’où il provient est Atlantique ou Pacifique. Lorsque tous ces faits sont considérés ensemble, la remarque de Sund apparaît comme une hypercritique sans utilité ; il n’a pas étudié mon travail de 1903. En ce qui concerne l'attribution, en partie fausse, qu’il fait de lettres aux processus et lobes du petasma, je renvoie à la page 36 du présent travail.

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