DÉCAPODES
( DECAPODA. )
Ont la tête intimement unie au thorax, et recouverte avec lui par un test ou carapace (*) entièrement continu, mais offrant le plus souvent des lignes enfoncées, le divi-
sant en diverses régions (”), qui indiquent les places oc-
(a) Pl. 1. ec. PI. 3. g- r. PL. 7. fig. x, etc. (8) PI. 6, fig. t
cupées par les principaux organes intérieurs (1). Leur mode de circulation offre quelques caractères qui les distinguent des autres Crustacés. Le cœur (2) bien circonscrit, de forme ovalaire et à parois musculaires (*), donne naissance à six troncs vasculaires, dont trois antérieurs, deux inférieurs et le sixième postérieur. Des trois artères antérieures , la médiane (l’ophthalmique ) se distribue presque exclusivement aux yeux (”); les deux autres (les antennaires se répandent sur la carapace, les muscles de l'estomac, sur une portion des viscères et sur les antennes (‘); les deux inférieures (les Aépatiques) portent le
sang au foie; la dernière (ou l'artère sternale), la plus
(tr) M. Desmarest, dans son Histoire na- ganes, comme le milieu ou le centre, l’exturelle des crustacés fossiles, et dans son trémité antérieure et l’extrémité postérieure, ouvrage ayant pour titre: Considérations les côtés, etc.; il nous paraît inutile de surgénérales sur la classe des crustacés, a pré- charger ici la nomenclature. senté à cet égard une nomenclature ingé- (2) Ces observations sont extraites du nieuse, fondée sur la concordance des propor- beau Mémoire de MM. Victor Audouin et tions de la surface extérieure de la carapace Milne Edwards, inséré dans les Annales avec les organes qu’elles recouvrent. Mais d'histoire naturelle, tom. xt, 283-314, et outre que le test de plusieurs crustacés dé- 352-3093. On pourra encore consulter les capodes ne présente aucune impression, où Mémoires du Muséum d'histoire naturelle, qu'elles y sont presque oblitérées, ces dé- où M. Geoffroy St.-Hilaire a inséré le fruit nominations peuvent être remplacées par de ses curieuses recherches sur les parties d’autres beaucoup plus simples, plus fami- solides et la circulation du homard.
lières, et en rapport avec ces mêmes or-
(a) Pl: 4%, 0, (3) PL
(c) PI. 1, aa.
DÉCAPODES EN GÉNÉRAL. 24 volumineuse de toutes, et qui naît tantôt à gauche, tantôt à droite de la partie postérieure du corps, est principalement destinée à porter le fluide nourricier à l’abdomen et aux organes de la locomotion (‘. Elle fournit un grand nombre de vaisseaux d'un volume considérable, parmi lesquels il faut surtout remarquer celui que MM. Audouin et Milne Edwards nomment l'artère abdominale supérieure (”), parce qu'elle sort de la partie postérieure de cette artère (un peu avant l'articulation du thorax et de l'abdomen, appelée vuloairement la queue), et qu'elle pénètre bientôt dans l'abdomen (la queue), où elle se partage en deux grosses branches, continuant son trajet en arrière, et se terminant à l'anus, en s'amincissant de plus en plus. Le sang qui a servi à la nutrition de ces divers organes, et qui est ainsi devenu veineux,
afflue de toutes parts dans deux vastes sinus (1), un de
(1) Ces savans naturalistes les comparent aux deux cœurs latéraux des Céphalopodes, et cette analogie a reçu la sanction de M. le baron Cuvier, dans son Rapport général sur les travaux de l'Académie royale des Sciences, pour 1827; mais c’est une idée que j'avais communiquée à M. Au-
douin, et qui était une conséquence toute
(a) Pl:°7.
naturelle de mon opinion sur la circulation des Crustacés, et que j'avais consignée dans une note de mon Esquisse d’une distribution générale du règne animal, pag. 5.
Comme ces naturalistes n’ont fait aucune mention de ce que j'avais écrit à cet égard, soit dans cette brochure, soit dans mon ou-
vrage sur les familles du règne animal, je
(b) PL 1, aab.
chaque côté, au-dessus des pattes, et formés de golfes veineux, réunis en une série longitudinale, en manière de chaîne. Il se rend dans un vaisseau externe (afférent) des branchies (*) s'y renouvelle, redevient artériel, passe dans un vaisseau interne (efférent) (°) et se dirige ensuite vers le cœur, en traversant des canaux (branchio-cardiaques) logés sous la voûte des flancs. Tous les canaux d’un même côté se réunissent en un large tronc, s'abouchent avec la partie latérale et correspondante du cœur, par une ouverture unique, dont les replis forment une double valvule ou soupape, et s'ouvrent pour que le
sang puisse aller des branchies à ce viscère, mais se fer-
rapporte ici, à la suppression pres des mots ventricule gauche, cette note : « Une opinion que je soumels au jugement des Zootomistes, et plus spécialement de M. Cuvier, est que, dans les invertébrés où il existe une circulation, l'organe appelé cœur représente, par ses fonctions, le tronc artériel et dorsal des poissons et des larves des batraciens ; une ou deux artères, et qui, dans les céphalopodes, ont la forme de cœurs, remplaceraient le ventricule droit. Le foyer de la circulation , très concentré dans les premiers vertébrés, s’affaiblirait ainsi gra-
duellement, et de manière qu'enfin il n’y
{a) PI, 1, wa.
aurait plus de circulation. Le vaisseau dorsal des insectes ne serait plus que l’ébauche du cœur des Mollusques et des Crustacés. »
J'ajouterai que, dans mon Histoire naturelle des Crustacés et des Insectes, qui date de plus de vingt-cinq ans, j'avais rectifié l’erreur de Rœæsel par rapport au cordon nerveux de la moelle épinière, qu'on avait pris pour un vaisseau.
{ Dans le passage que je cite on peut conserver les mots ventricule gaucke; il faut seulement lire : L'organe appelé cœur représente par ses fonctions, un ventricule gauche. |
(b) PL 1. we.
DÉCAPODES EN GÉNÉRAL. 29 mant pour lui interdire une marche opposée, ou l'empécher de passer du cœur aux organes respiratoires. Examiné à l'intérieur, le cœur offre un grand nombre de faisceaux et de fibres musculaires entre-croisés dans divers sens, et composant plusieurs petites loges, au-devant des orifices des artères. Ces loges sont autant de petites oreillettes, qui communiquent facilement entre elles, lorsqu'il se dilate, mais qui paraissent former, pour chaque vaisseau, dans sa contraction, pareil nombre de petites cellules, dont la capacité est en rapport avec la quantité du sang des vaisseaux qui leur sont propres. Ces vaisseaux débouchent dans l'intérieur du cœur par huit ouvertures, les deux latérales à soupape, dont nous avons parlé plus haut, comprises; tel est, à quelques modifications près (Tr), le système général de la circulation des Décapodes.
La face supérieure du cerveau (2) est partagée en quatre lobes, dont les mitoyens fournissent chacun, de leur
bord antérieur, le nerf optique (*), qui se porte directe-
(1) Voyez les généralités de la famille Cuvier. J’oyez, pour d’autres détails et queldes Macroures. ques faits particuliers, le Mémoire précité (2) Ces observations sont extraites des de MM. Audouin et Milue Edwards.
Lecons d'anatomie comparée de M, le baron
(a) PL 2, fig. 5. b, et fig. 7 et &.
ment dans le pédoncule de l'œil, et s'y divise en une multitude de filets, se rendant chacun à autant de facettes de la cornée de ces organes. La face inférieure du cerveau produit quatre autres nerfs qui vont aux antennes et donnent aux parties voisines quelques filets (*. De son bord postérieur naissent deux cordons nerveux fort allongés, embrassant latéralement l'œsophage, et se réunissant en dessous (”). Là, comme dans les Brachyures, cette réunion n'a lieu qu'au milieu du thorax, et la moelle médullaire prend ensuite la forme d’un anneau (°, et sous des proportions huit fois plus grandes que le cerveau ; cet anneau donne naissance, de chaque côté, à six nerfs, dont l’antérieur se rend aux parties de la bouche, et les cinq autres aux cinq pattes du même côté. Du bord postérieur part un autre nerf (‘), se rendant dans la queue, sans produire de ganglions sensibles, et paraissant représenter le cordon nerveux ordinaire. Ici, comme dans les Macroures, les deux cordons nerveux, avant que de se réunir sous l'œsophage, donnent chacun naissance, au milieu de leur longueur, à un gros nerf, se rendant aux mandibules et à leurs muscles (*). Réunis, ils forment
un premier ganglion médian (sous-cervical) (, fournis-
(a) PL 2, fig. 5, c, d. (b) PL.2, fig. 3,e, fig. 7,4, etfig.8, d. (c) PL 2, fig. 7, d. (d) PI. 2,fg.7,e,etfig. 8,4. (e) PL. 2, fig. 3, f. (S) PL 0, fig. 3, À.
sant des nerfs aux mâchoires et aux pieds-mächoires (1). Rapprochés, ensuite, dans toute leur longueur, ils offrent successivement onze autres ganglions (*) dont les cinq premiers donnent chacun des nerfs à autant de paires de pattes, et les six autres fournissent ceux de la queue; celle des Pagures a quelques ganglions de moins, et ces Crustacés paraissent ainsi faire le passage des Brachyures aux Macroures. Nous ajouterons que M. Serres a cru reconnaitre, dans ces Crustacés décapodes, des vestiges du grand nerf symphatique. (2)
Les bords latéraux de la carapace ou test se replient en dessous pour recouvrir et garantir les branchies, mais laissent antérieurement un vide pour le passage de l'eau (”). Quelquefois même (voyez Dorippe) l'extré-
mité postérieure et inférieure du thorax présente, à
(x) D'après M. Straus, la division antérieure du corps des Limules, celle qui est recouverte par un bouclier sémi-lunaire, ne présente aussi, outre le cerveau, que le même ganglion; d’où l’on peut déduire que les organes locomotiles inférieurs correspondent aux parties de la bouche des Décapodes, des Stomapodes, et même des
Arachnides, et que ceux de l'autre division
(a) PL 2, fig. 3 et 4.
(6) PL 3. fig. 2 et 3.
du corps ou du second bouclier sont ana- , logues aux pieds des mêmes décapodes.
(2) MM. Audouin et Milne Edwards ont observé dans le Maja et la Langouste un nerf analogue à celui que Lyonnet nomme recurrent, dans son Anatomie de la chenille du saule. On leur doit aussi la découverte
des autres nerfs gastriques. (c)
(c) PL 2, fig. 3, g, et 8, j.
cette fin, deux ouvertures particulières (*). Ces branchies sont situées à la naissance des quatre derniers piedsmâchoires et des pattes; les quatre antérieures sont moins étendues. Les six pieds-mächoires (”) sont tous de forme différente, appliqués sur la bouche, et divisés en deux branches, dont l'extérieure a la forme d’une petite antenne, formée d'un pédonecule et d'une tige sétacée et pluriarticulée: on la comparée à un fouet (Palpus flagelliformis) (1). Les deux pieds antérieurs, quelquefois même les deux où quatre suivans, sont en forme de serres (‘). L'avant-dernier article est dilaté, comprimé et en forme de main ; son extrémité inférieure se prolonge en une pointe conique, représentant une sorte de doigt, opposé à un autre, formé par le dernier article, ou le tarse propre(”. Celui-ci (2) est mobile, et a recu le nom de pouce (pollex); autre, ou le fixe, est censé être l'index (irdex). Ces deux doigts sont aussi
appelés mordans. Le dernier est quelquefois très court,
(1) Leur base offre une late tendineuse, (2) La main posée de tranche, le doigt
longue et velue. (d) est supérieur.
(a) PI. 39, fig. 1. à.
(6) PL 7, fig. 14,18, 1f/,1g,1h;etc (ec) PI. 5, fig. 1 L, ete.
(d) PL 0, fig. 1/, 1g, 1 h;c,ete.
sous la forme d’une simple dent, l’autre alors se replie en dessous. La main, ainsi que les doigts formeront pour
nous la pince proprement dite. On nomme carpe l'ar-
ticle précédent, ou l’antépénultième.
Les proportions respectives et la direction des organes locomotiles sont telles, que ces animaux peuvent
marcher de côté, ou à reculons.
Excepté le rectum, qui va s'ouvrir au bout de la queue (1), tous les viscères sont renfermés dans le thorax, de sorte que cette portion du corps représente le thorax et la majeure partie de l'abdomen des insectes (‘). L’estomac (”), soutenu par un squelette cartilagineux, est armé à l'intérieur de cinq pièces osseuses et dentelées, qui achèvent de broyer les alimens. On y voit, dans le temps de la mue, qui arrive vers la fin du printemps,
deux corps calcaires, ronds, convexes d’un côté et planes
(1) Cette suite de segmens qui, dans les de nous prèter au langage ordinaire, est Crustacés des premiers ordres, succèdent très impropre; elle ne peut convenir qu'aux immédiatement à ceux auxquels sont an- appendices terminant postérieurement le nexées les cinq dernières paires de pieds, corps et le débordant notablement, Foyez compose ce que j'appelle post-abdomen. La mon ouvrage sur les familles naturelles du dénomination de queue, qu’on a coutuine Règne animal, pag. 255 et suiv.
de lui donner, et que nous conservons, afin
(a) PL 1. (à) PL 5, fig. 1 ct 2.
de l’autre, qu'on appelle vulgairement yeux d'écrevisse, et qui, disparaissant après la mue, donnent lieu de présumer qu'ils fournissent la matière du renouvellement du test. Le foie (*) consiste en deux grandes grappes de vaisseaux aveugles , remplis d'une humeur bilieuse, qu'ils versent dans l'intestin, près du pilore. Le canal alimentaire est court et droit (*). Les flancs offrent une rangée de trous, placés immédiatement à l'insertion des branchies, mais qu'on ne découvre que lorsqu'on enlève ces organes (‘). Le plastron, vu à l'intérieur, présente, du moins dans plusieurs grandes espèces, des loges transverses formées par des lames crustacées, et séparées dans leur milieu par une arête longitudinale de la même consistance.
Les organes sexuels des males sont situés près de l’origine des deux pieds postérieurs. Deux pièces articulées, de consistance solide, sous la forme de cornes, de stylets ou d'antennes sétacées, placés à la jonction de la queue et du thorax, et remplaçant la première paire d'appendices sous-caudaux, sont regardés comme les or-
ganes copulateurs mâles, ou du moins leurs fourreaux (*).
(a) Planche 5, fig. 1 J. (8) Planche 5, fig. à à.
(ce) Planche 5, fig. 1 4, (d) Plancher, fig. tn, 10; plS, fig.2c, ete.
Mais, d'après nos observations sur divers Décapodes, ils consisteraient chacun en un petit corps membraneux, tantôt en forme de soie, tantôt filiforme ou cylindrique, sortant d’un trou situé à l'articulation de la hanche des deux pieds postérieurs avec le plastron (‘). Les deux vulves sont placées sur cette pièce, entre ceux de la troisième pare, ou à leur premier article, dispositions qui dépendent de l'élargissement et du rétrécissement du plastron (”). L’accouplement se fait ventre à ventre. La croissance de ces animaux est lente, et ils vivent longtemps. C'est parmi eux qu'on trouve les plus grandes espèces et les plus utiles à notre nourriture, mais leur chair est difficile à digérer. Le corps de quelques Langoustes acquiert jusqu'à un mètre de longueur. Leurs pinces, comme on le sait, sont fort redoutables, et d’une telle force, dans quelques grands individus, qu’on en a vu soulever et faire perdre terre à une chèvre. Ils se tiennent habituellement dans l'eau, mais ne périssent pas sur-le-champ à l'air; quelques espèces même y passent une partie de leur vie, et ne vont à l’eau que dans le temps de l'amour, et afin d'y déposer leurs œufs. Elles
sont cependant obligées de faire leur séjour, soit dans des
(a) Planche 6, fig. 2; pl. 22. fig. 1 /, ete. (&) PL 10, fig. ac.
terriers, soit dans des lieux frais et humides. Le naturel des Crustacés décapodes est vorace et carnassier. Certaines espèces vont jusque dans les cimetières pour y dévorer les cadavres et en faire leur pâture. Leurs membres se régénèrent avec une grande promptitude: mais il est nécessaire que les fractures aient lieu à la jonetion des articles, et ils savent y suppléer, lorsque la assure se fait autrement. Lorsqu'il veulent changer de peau , ils cherchent un lieu retiré, afin d'y être à l'abri des poursuites de leurs ennemis, et de s’y tenir en repos. La mue opérée, leur corps est mou, et, suivant quelques personnes, d’un goût plus délicat. L'analyse chimique du vieux test nous à fait connaitre qu'il est formé de chaux carbonatée et de chaux phosphatée unie, en diverses proportions, à la gélatine. De ces proportions dépend Ja solidité du test; il est bien moins épais et flexible dans les derniers genres de cet ordre, plus loin il devient presque membraneux. M. de Blainville à observé que celui des Langoustes est composé de quatre couches superposées, dont les deux inférieures et la supérieure membraneuses; la matière calcaire est interposée entre elles et forme l’autre couche. Par l’action de la chaleur, l’épiderme prend une teinte d’un rouge plus où moins vif, et le principe colorant se décompose à l’eau bouillante; mais d’autres combinaisons de ce prin-
cipe produisent dans quelques espèces un mélange de
DECAPODES EN GÉNÉRAL. 57 couleurs tres agréables, et qui tirent souvent sur le bleu ou le vert.
Le plus grand nombre des crustacés fossiles découverts jusqu'à ce jour appartient à l’ordre des décapo des. Parmi ceux des contrées européennes, les uns et les plus anciens , se rapprochent des espèces actuellement vivantes dans les zones voisines des tropiques ; les autres, ou les plus modernes, ont une grande affinité avec les espèces vivantes, propres à nos climats. Mais les crustacés fossiles des régions tropicales m'ont paru avoir les plus grands rapports avec plusieurs de ceux que l'on y trouve aujourd'hui en état vivant, fait qui serait intéressant pour la géologie, si l'étude des coquilles fossiles de ces pays, et recueillies dans les couches les plus pro-
fondes, nous donnait un semblable résultat.
La premiere famille (1) ou celle des
DÉCAPODES BRACHYURES ,
( KLEISTAGNATHA, Fab.)
À ia queue plus courte que le tronc, sans appendices
(1) Les coupes que nous qualifions ainsi anatomiques tnporlabs, el répondent ordi-
sont fondées sur un ensemble de caractères nairement aux genres de Linnæus, et quel-
ou nageoires à son extrémité , et se reployant en dessous, dans l’état de repos, pour se loger dans une fossette de la poitrine”. Triangulaire dansles mâles et garnie seulement à sa base de quatre ou deux appendices(”, dont les supérieurs plus grands, en forme de cornes, elle s’arrondit, s'élargit et devient bombée dans les femelles (1). Son dessous offre quatre paires de doubles filets velus (2), destinés à porter les œufs, et analogues aux
pieds natatoires sous-caudaux des crustacés macroures
et autres.
quefois aussi à ceux que Fabricius avait les caractères sont peu tranchés ou trop établis dans ses premiers ouvrages, Ces minutieux, deviendront, dans une méthode familles sont dès-lors plus étendues que plus détaillée ou plus spéciale, des coupes les coupes que je nomme ainsi dans mes génériques.
autres écrits; mais si on les considère comme b a . +. 1) Le nombre apparent des segmens, qui des premières divisions ordinales, et si l’on (1) | PP | 5 . 1 : a se est généralement de sept, varie aussi quelregarde comme familles ce que j'appelle ici ; , ;
: moe rs Fr quefois selon les sexes: il est moindre dans tribus, l’on jugera qu’à ces désignations ; S ’ ; or les femelles, Le docteur Leach a fait un près, la méthode est toujours essentielle-
à : : grand usage de cette considération, mais ment la même. Il n’y a donc point, contre à ; : ; nn: ‘ . qui nous parait peu importante et contraire l'opinion de quelques naturalistes, de dis-
9 à ; à l’ordre naturel.
cordance réelle à cet égard. D'apres les
mêmes principes, les sous-genres, à l'ex- (2) Plusieurs de ces filets existent dans ception néanmoins de quelques-uns dont les mäles, mais dans un état rudimentaire. (e) PL 7, fig.rhim;pls,fig.2c. (b) PIS, fige 2e; pl. 22, fig. 1 l, ete.
(ce) Pl 7 AB. DÉC T0 etc. (d) PL 10, Gg.3 c.
FAMILLE DES BRACHYURES. 59
Les vulves sont deux trous placés sous la poitrine, entre les pieds de la troisième paire ®. Leurs antennes sont petites; les intermédiaires, ordinairement logées dans une fossette sous le bord antérieur du test, se terminent chacune par deux filets très courts. Les pédicules oculaires sont généralement plus longs que ceux des décapodes macroures ®. Le tube auriculaire est presque toujours pierreux. La première paire de pieds se termine par une serre”. Les branchies sont disposées sur un seul rang”, en forme de languettes pyramidales, composées d’une multitude de petits feuillets empilés les uns sur les autres, parallelement à laxe. Les pieds-mâchoires” sont généralement plus courts et plus larges que dans les autres décapodes ; les deux extérieurs forment une sorte de lèvre (1). Leur système nerveux ® diffère
encore de celui des macroures. / /’oyez la généralité des
L4 Décapodes ).
(r) Ceux des macroures sont plus allon— rence que Fabricius a établi son ordre des gés et plus étroits. C'est sur cette diffé exochnata. (a). Pl°1o, fig.2 c. (8) PL 5, fig. ra,et ré; pl, 8, fig. 3 a, etc (e) PL 0, fig. 1; pl. 17, fig. 1, etc. (d) PL 5, fig. 1p, etc. (e) PL 1; pl.2.fig.9/; pl. 17, fig. 1 4,ete. (f) PL 7, fig. ra, 1f, 1g, 1 h, etc., etc.
(ge) PL 2, fig. mets.
Cette famille pourrait, comme dans plusieurs métho-
des antérieures à la distribution de ces animaux par Dal-
dorf, ne former qu’un genre, celui de
CRABE. (cancer)
Le tres grand nombre a les pieds tous attachés aux côtés
de la poitrine, et toujours découverts”; les cinq premières
sections sont dans ce cas. La première, ou les NAGEURS ( PINNI-
PÈDES ) (t), joint à ce caractère celui d’avoir les derniers pieds
(1) Cette distribution méthodique des décapodes brachyures est artificielle ou peu vaturelle sous quelques points ; aussi ÿ avons-nous fait quelques changemens dans uotre ouvrage sur les familles naturelles du règne animal. Les QUADRILATÈRES COMPOsent notre première tribu, à la tête de laquelle sont les ocypodes et les autres crabes de terre ou tourlouroux, et qui finit par les crabes de rivière ou les telphuses. Les ARQUÉS forment la seconde. Celle des cr xr- TOPODES, DOUS paraissant plus rapprochée de la précédente que celle des triangulaires, viendra immédiatement après, et sera la troisième, et non la quatrième, comme dans cette méthode. Dés-lors nous placerous à la fin de la tribu des arqués, des genres dont
les pinces sont en forme de crête, dont les
a) PL 5, fig. 1, et suivantes jusqu'a la Dove
antennes latérales sont toujours très cour— tes, et dont le troisième article des piedsmächoires a une forme triangulaire et ne présentant souvent aucune échancrure; tels sont les hépates, les matutes, les orithyies et les mursies.
Des brachyures se rapprochant des derniers, quant à la forme du même article , mais dont les serres sont différentes, el qui ont les antennes latérales saïllantes, avancées et souvent velues, tels que les thia, les pirimèles, les atélécycles, précéderont immédiatement ces derniers sous-genres.
Comme les telphuses semblent se lier avec les ériphies, les pilumues, et que de ceux-ci l'on passe naturellement aux crabes proprement dits, ils s'ensuit que les portunes
elaulres arqués nageurs commenceront cette
FAMILLE DES BRACHYURES. 1
au moins terminés par un article très aplati en nageoire (ovale ou orbiculaire, et plus large que le même article des pieds précédens, même lorsqu'ils sont aussi en nageoires‘). Ils s’éloignent plus souvent du rivage et se portent en haute-mer. Si l'on en excepte les orithyies, la queue des mâles n'offre bien distinctement que cinq segmens (‘), celle des femelles en a sept (‘). Nous commencerons par ceux dont tous les pieds , les serres exceptées, sont natatoires. (‘)
LES MATUTES (MATUTA. Fab.)
( Planche 5.)
à tribu. Viendront ensuite les ORBICULAIRES, saillie, une grande ressemblance avec ceux les TRIANGULAIRES et les nororones. Mais des macroures, parmi ceux-ci, les dromies et les dorippes Quoique nous n'ayons divisé de décapodevraient remonter plus haut. Les homoles, des qu'en deux genres, on pourrait cepen-
. : : “dant, pour se rapprocher des dernières les lithodes et les ranines me paraissent Pr PP
’ RE méthodes, et afin de diminuer le nombre être de tous les brachyures ceux qui tien- . .
des sous-genres, convertir nos sections en nent de plus près aux macroures. Les tribus, répondant à autant de genres, que
De A 1: BL. < 20 . . .
pieds-mächoires extérieurs des homoles et l'on partagerait ensuite en diverses cou-
des lithodes ont, par leur allongement et leur pes sous-génériques, (a) PI. 9, fig. 1; pl 8, fig. 1,2 et3; pL 9, fig. 1, etc. (2) PL 5, fig. rl; pl. 8, fig. 2 d (c) PI. 7, fe, 1 77, (d} PL. 9, fig. 1; pl. 8, fig. 2.
GRUSTACES, 6
: ARE À . ’ d’une dent très forte, en forme d’'épine; les mains dentelées
supérieurement en maniere de crête, et hérissées, à leur face
extérieure, de tubercules pointus (4): et le troisième article des
pieds-mächoires extérieurs sans échancrure apparente, se terminant en pointe, de sorte qu'il forme avec l'article précédent un triangle allongé, presque rectangle”. Les antennes extérieures sont très petites (?. Les pédicules oculaires sont
un peu arqués.
De Géer en mentionne une espèce (Cancer latipes), qu’il dit être des mers d'Amérique, et avoir le front terminé par un bord droit et entier. Mais toutes celles que nous avons vues (1) venaient des mers orientales, et le milieu de ce bord offre toujours une saillie bidentée ou échancrée.
LES POLYBIES
{ POLYBIUS. Leach.)
(PL'8/fp0ar)
Avoisinent les étrilles où portunes; mais leur test est pro-
portionnellement moins large et plus arrondi; ses côtés n’of-
(1) M. Victor, Fab.; Herbst., vi, 44. (d)
M. planipes , Fab.; Herbst. xzvut, 6, M. lunaris, Leach, Zool., Miscell., exxvt,