‹ CrustacésChapitre 28 sur 53 · LES DÉCAPODES MACROURES · texte numérisé non relu

LES DÉCAPODES MACROURES

(EXOCHNATA. Fab.)

(Planches 42 à 55 )

Ont, au bout de la queue, des appendices formant le

plus souvent de chaque côté, une nageoire (1), et la

queue aussi longue au moins que le corps, étendue et

découverte, et simplement courbée vers son extrémité

(2) Ces appendices sont composés de trois pièces, dont l’une sert de base ou de pédicule aux deux autres, et s'articule avec l’avant-dernier segment ; le dernier forme le plus souvent avec eux une nageoire en éventail; mais dans les derniers sous-genres de cette famille, ces appendices sont remplacés par des filets en forme de soie, Les fausses pattes du des ous de la queue sont formées sur le même modèle que ces appendices natatoires. Dans les premiers sous-geures, elles ne sont souvent qu'au nombre de trois à quatre paires, et plus petites, ou même, à l'exception des deux antérieures, nulles dans

les mâles ; les pagures n'ent ont, autant qu'il

m'a paru, que sur l’un des côtés; les piccesterminales sont souvent inégales. Mais ensuite ces fausses pattes ont plus d’extension , et sont constamment au nombre de cinq paires : elles portent les œufs, et servent à la natation. Nous observerons que, dans les macroures , où elles sont en moindre nombre ou moins développées, tels que ceux que nous appelons azomaur ; le pédoncule des antennes intermédiaires est proportionnellemeut plus long que dans les autres macroures, et que les deux ou quatre dernières pattes sont plus petites. Ces crustacés semblent tenir encore sous quelques rapports,

des brachyures,

postérieure (*). Son dessous offre le plus souvent et dans les deux sexes cinq paires de fausses pattes , terminées chacune par deux lames ou deux filets (”). Cette queue est toujours composée de sept segmens distincts. Les ouvertures génitales des femelles sont situées sur le premier article des pieds de la troisième paire (°). Les branchies sont formées de pyramides vésiculeuses , barbues et velues (et disposées dans plusieurs, soit sur deux ranuées, soit par faisceaux) (”. Les antennes sont généralement allongées et saillantes. Les pédicules oculaires sont ordinairement courts. Les pieds-màächoires extérieurs sont le plus souvent étroits, allongés, en forme de palpe, et ne recouvrent point en totalité les autres parties de la bouche (*. Le test est plus étroit et plus allongé que celui des brachyures, et ordinairement terminé en pointe au milieu du front. Nous renverrons, pour de plus amples détails , au Mémoire précité de MN. Audouin et Milne Edwards. Un caractère observé par eux sur le homard (astacus marinus, Fab.), et qui serait décisif, s'il s'appliquait aux autres macroures,

cest qu'outre les deux sinus veineux dont nous avons

(a, D 45, fig. 1,2,3; pl. 46, (8) PL 48, fig. 2, 3, 3/; pl. 40, fig. t, 3; fig. 1; pl 47 fig. tete pl. 50, ete.

(e) PL 49. fig.2e (d)PI3 Ge re

Ce) PL 45. fig ca; pl 46, fig 14, etc

FAMILLE DES BRACHYURES. 109

parlé dans les généralités de l'ordre, il en existe un troisieme, logé dans le canal sternal, et s'étendant entre les deux précédens, d’un bout du thorax à l'autre. Cette disposition très curieuse établirait , selon eux , une liaison entre le systeme veineux des macroures et celui des crustacés stomapodes.

Les macroures ne quittent Jamais les eaux, et, à l'ex-

ception d'un petit nombre, sont tous marins.

A l'exemple de De Géer, de Gronovius, on n’en formera qu'un seul (1) genre, celui d'ECREvISSE (4stacus), que l'on

parlagera ainsi :

Les uns, par les proportions, la forme et les usages de leurs pieds. dont les premiers ou les seconds au moins sont en forme de serres (*), et par la situation sous-caudale de leurs œufs (”) se rapprochent évidemment des crustacés précédens, et plus encore de ceux que Fon connaît vulgairement sous les noms d’écrevisse de homard, et de crevette.

Les autres ont des pieds très grêles, en forme de fil ou de lanière et accompagnés d’un appendice ou rameau extérieur et allongé, qui semble doubler leur nombre. Ils sont propres à la natation, et aucun d'eux n’est terminé en pince (*). Les

œufs sont situés entre eux, et non sous la queue.

(1) Les sections que nous allons exposer riques, ayant pour base des genres de Fa-

pourraient former autant de coupes géné- bricius,

(a) PL 42 A SEE (4) PI. 4%. Gy ze

lc) P1.°55.

110 CRUSTACÉS DECAPODES.

Les premiers se subdiviseront en quatre sections, les anomaux, les Locusres , les HoMarDs et les SALICOQUES.

Les seconds composeront la cinquième et dernière section de cette famille et des décapodes, celle des ScxizoPoDEs.

Dans la premiére, ou celle des aNomaux (anomara), les deux ou quatre derniers pieds sont toujours beaucoup plus petits que les précédens {*). Le dessous de la queue (") n'offre jamais plus de quatre paires d'appendices ou fausses pattes (1). Les nageoires latérales du bout de la queue, ou les pièces qui les représentent, sont rejetés sur les côtés, et ne forment point avec le dernier segment une nagevire en éventail.

Les pédicules oculaires sont généralement plus longs que

ceux des macroures des sections suivantes. :

Ici (les Hippides, Latr.) tous les tégumens supérieurs sont solides (‘). Les deux pieds antérieurs tantôt se terminent par une main monodactyle ou sans doigt, en manière de palette (*), tantôt vont en pointe (‘); les six ou quatre suivans finissent par une nageoire ; les deux dernières sont filiformes, repliés et situés à l'origine inférieure de la queue (f). Cette

KE) A l'exception des deux antérieurs, ces extrémité postérieure. Dans cette section,

appendices sont mêmierudimentaires ou nuls dans les mäles, caractere commun encore aux galathées, aux seyllares et aux langoustes. On remarquera aussi que, dans ces trois sous-genres, les nageoires de la queue sont

plus minces ou presque membraneuses à leur

(a) PL 4, ut, La, 2, 3%: pl. 43, fig. 1; pl. 44, fig. 1. 9, etc ic) PL 4, fig. 1,2 et 3.

(e) PL 40, fig, v.

ainsi que daus les galathées, la portion thoracique portant les deux pieds postérieurs forme une sorte de pétiole , de sorte que ces pieds semblent être annexés à la

queue.

(6) PI. 42, 6g. ta; pl. 43, fig. 1g; 4 4

d, Pl 42, fig. 2.

(7) PL 42, fig. 14.

FAMILLE DES BRACHYURES. 111

queue se rétrécit brusquement, immédiatement aprés son premier segment , qui est court et large, et dont le dernier est en forme de triangle allongé. Les appendices latéraux de l'avant-dernier sont en forme de nageoires courbes (*). Les appendices sous-candaux sont au nombre de quatre paires et formés d’une tige très grêle et filiforme. Les antennes sont très velues ou fort ciliées; les latérales se rapprochent d’abord des intermédiaires , et sont ensuite arquées où contournées en dehors.

LES ALBUNÉES

(ALBUNEA. Fab.) (LU 42, fig 3.)

Ont les deux pieds antérieurs terminés par une main très comprimée, triangulaire et monodactyle ; le dernier article des suivans est en faucile. Les antennes latérales sont courtes; les intermédiaires sont terminées par un seul filet long et sétacé. Les pédicules oculaires occupent le milieu du front et forment, réunis, une sorte de museau, plat triangulaire, avec les côtés extérieurs arqués. Le test est presque plan, presque carré , arrondi aux angles postérieurs, finement dentelé au bord antérieur.

La seule espèce bien connue (Cancer symnista, Lin.), Albunea sym-

(a) PL 42, fig. 1 a, a, 5

nista , Fab.; Herbst. xx11. 2 ; Desm., Consid., xx1x (a), 3, habite les mers

des Indes orientales. (1)

Si le Cancer carabus de Linnœus appartient au mème sous-genre , la Méditerranée en fournirait une espèce.

LES HIPPES

(Hippa. Fab. -— Æmerita. Gronov.) (PI, 42, fig. 2.)

Ont les deux pieds antérieurs terminés par une main très comprimée, presque ovoïde et sans doigts ; les antennes latérales beaucoup plus courtes que les intermédiaires, et contournées ; celles-ci terminées par deux filets courts, obtus, placés l’un sur l’autre ; les pédicules oculaires longs et filiformes; et le troisième article des pieds-mächoires fort grand, en forme de lame, échancré au bout et recouvrant les articles suivans. Le test est presque ovoide, tronqué aux deux bouts et convexe. |

Le dernier article des seconds pieds et des deux paires suivantes est triangulaire, mais se rapprochant, dans les derniers

(1) M. Desmarest place près des albu- Vient point aux albunées. I! nous a été im= nées, mais avec doute, le genre Posydon de possible, d'après la manière incomplète dont Fabricius, qui en mentionne deux espèces; il déer.t ce genre, de le reconnaître, et d'en mais, suivant ce dernier, les antennes an apprécier les rapports.

térieures sont bifides, caractère qui ne con

(a) PI. 52, fig. 3.

au moins, de la forme d’un croissant ; les deux derniers de la quatrieme paire sont redressés et appliqués sur les deux précédens ; le premier de la queue a deux lignes imprimées et

transverses. (1)

LES REMIPÈDES (REMIPES. Latr.

(RL R2 Ter)

Ont les deux pieds antérieurs allongés , avec le dernier article conique, comprimé et velu ; les quatre antennes tres rapprochées, fort courtes et presque de la mème longueur; les intermédiaires terminées par deux filets ; les pédicules oculaires fort courts et cylindriques; les pieds - mâchoires extérieurs en forme de petites serres, amincies et arquées au bout et terminées par un fort crochet. Le test est conforme à la manière de celui des hippes.

Le dernier article des seconds et troisièmes pieds forme une lame triangulaire, avec une échancrure au côté extérieur ;

le même des quatrièmes est triangulaire, étroit et allongé. Ainsi que dans les hippes, le premier segment de la queue

offre deux lignes imprimées et transverses.

(1) Hippa adactyla, Fab.; ejusd., A. eme- Desmar., Consid., xxix, 2, dans les mers ritus; Cancer emeritus , Linn.; emerila, des deux Indes, (a)

Gronov., Zoop., xvn, 8, 9; Herbst., xx11, 5;

(a) PI, 40, fie. 2.

On en connait deux espèces, l’une des mers de la Nouvelle-Hol-

lande (1), et l’autre des Antilles et des côtes du Brésil.

Là (les paguriens, Latr.) les tégumens sont légèrement crustacés , et la queue est le plus souvent molle , en forme de sac et contournée ("). Les deux pieds antérieurs se terminent en une main didactyle ; les quatre suivans vont en pointe, et les quatre postérieurs, plus courts, finissent par une sorte de pince ou de petite main didactyle ("). Le premier article du pédoncule des antennes latérales présente un appendice ou saillie allant en pointe ou en forme d’épine (").

Ces crustacés, que les Grecs nommaient carcinion et les Latins cancelli, vivent, pour la plupart, dans des coquilles univalves et vides. Leur queue, les birgus exceptés, n'offre , et dans les femelles seulement, que trois fausses pattes , situées sur l’un des côtés, et divisées chacune en deux branches filiformes et veiues. Les trois derniers segmens sont brusquement plus étroits.

Dans les uns, tels que

LES BIRGUS ,

(BIRGUS. Leach.)

La queue est assez solide, suborbiculaire , avec deux rangs d'appendices, en forme de lames, en-dessous (*). Les quatrie-

(1) Remipes testitudinarius, Vatr.; Desmar., Consid., xxix, 1, Cuv., Règn. anim., IV

xt1-2.(4)

(a) PL fig. 1 © (4) PI. 44 fig. 1, 2.

(CURE ART ETE fair, 23 (d; PI. 44, fig. 2, 5.

(e) PL 43, fi

ge 19.

mes pieds sont seulement un peu plus petits que les deux précédens ; les deux derniers sont repliés et cachés, leur extrémité se logeant dans un enfoncement de la base du thorax; les doigts du bout, ainsi que ceux de l’avant-dernière paire, sont simplement velus ou épineux. À l'exception des serres, tous les pieds sont séparés à leur naissance par un écart assez sensible. Le thorax est en forme de cœur renversé et pointu en devant. (*)

Il parait que les birgus, à raison de leur grandeur, de là consistance plus solide de leurs tégumens, et de la forme de leur queue, sont incapables de se loger dans des coquilles. Ils doivent se retirer dans des fentes de rochers ou dans des u'ous, en terre:

L'espèce la plus connue {Cancer latro, Lin.), Herbst., XxX1V ; Rumph., Mus., 1v; Seba , Thes., 111, XX1, 1, 2 (4), ferait, suivant une tradilion populaire des Indiens, sa nourriture des amandes des fruits de cocotier, el ses excursions auraient lieu la nuit. (1)

Dans les autres, savoir :

LES HERMITES où PAGUÜRES, (PaGuRus. Fab.) (PL. 44, fig. 1 et 2.)

Les quatre derniers pieds sont beaucoup plus courts que

les précédens, avec les pinces chargées de petits grains (°). La

(x) Fagurus laticauda ; Cuv., Règne laire a publié sur l'anatomie de l'espèce anim., IV, x, 23 Desmar., Consid., p. 180, précédente des faits curieux, mais dont nous

de l'ile de France, M. Geoffroy Saint-Hi- ne tirons pas les mêmes conclusions.

(a) PL 43, fig. 1 f. (D) PL 43, fige r (e) PL 44, fige 1 0.

queue est molle, longue, cylindracée, rétrécie vers le bout , . . , : . : QI EURE

et n’offre ordinairement qu’un rang d'appendices ovifères, et

qui sont en forme de fil. Le thorax est ovoide ou oblong.

A l'exception de quelques espèces très pen connues et domiciliées dans des éponges, des serpules, des alcyons, toutes les autres vivent dans des coquilles univalves, ont elles ferment l'entrée avec leurs pinces antérieures, et le plus souvent avec un seul de leurs mordans, qui est ordinairement plus grand que Pautre. On prétend que les femelles font deux ou trois pontes par année.

Quelques espèces (CÉNOBITE, Cœnobéla ; Lalr.)(a), distinguées des autres par leurs antennes avancées, et dont les miloyennes presque aussi longues que les extérieures ou latérales el à filets allongés (2); dont le thorax est ovoido-conique, étroit, allongé, très comprimé latéralement, avec la division antérieure ou céphalique en forme de cœur, se logent dans des coquilles terrestres, sur les rochers maritimes, et roulent avec elles, de haut en bas, dans les instans de danger. (1)

Celles-ci, qui forment la division la plus nombreuse (PAGURES propres, Pagurus, Latr.) (ce), ont au contraire les antennes mitoyennes courbées, notablement plus courtes que les latérales , avec les deux filets courts, et dont la supérieure en cône allongé ou subulé ; la division antérieure du thorax est carrée ou en forme de triangle renversé et curviligne. Elles habitent des coquilles marines.

L’Hermite Bernard (Cancer Bernhardus Lin.), Herbst., XXIL. 6: Pagurus streblonyx, Leach., Malac. Brit., XXVE. 1—4(d; est de grandeur moyenne. Ses deux serres sont hérissées de piquans, avec les pinces presque en cœur, et dont la droite plus grande. Les derniers articles des pieds suivans sont pareillement épineux. Celte espèce est très commune dans toutes les mers d'Europe Une autre, mais fossile, le Pagure de Faujas (Desmarest, Hist nat. des crust. foss., XI, 2), s’en rapproche beaucoup.

FA (1) Pagurus clÿpeatus ; Fab: Herbs. , XXII, ©.

(a) PL 44, fig. r. ON Mon (e) PI 44, fig. 2, 3. (d) PL. 44; fig 2.

Une espèce de la Méditerranée (Pagurus angulatus, Risso, Crust. de Nice, 1,8; Desmarest, Consid., XXX, 1), est remarquable par ses pinces, qui sont fortement sillonnées , avee des arêtes longitudinales. La droite est la plus forte. (1)

Une autre de la même mer s'éloigne des précédentes par plusieurs caracières , et mérite de former un sous-genre propre (PROPHYLACE, Prophylax, Lair.) (a). La queue, au lieu d’être, à l'exception du dessus des trois derniers segmens, molle et arquée, de n'avoir qu'un seul rang de filets ovifères, est couverte de tégumens coriaces , se dirige en ligne droite et ne se courbe en dessous qu’à son extrémité; sa surface inférieure présente un sillon et deux rangs de fausses pattes. Le corps en outre est linéaire, avec les deux appendices latéraux du bout de la queue presque égaux, et dont la division , plus grande, foliacée et ciliée. Les quatre derniers pieds sont légèrement granuleux à leur extrémité, et semblent n'être terminés que par un seul doigt, ou du moins ne sont pas très distinctement bifides. Peut-être faut-il rapporter à cette division les hermites vivant dans les serpules, les alcyons, tels que le pagure /rbrdaëre de Fabricius.

Dans tous les macroures suivans, les deux pieds postérieurs an plus sont seuls plus petits que les précédens (”. Le plus souvent les fausses pattes sous-caudales sont au nombre de cinq paires. Les tégumens sont toujours crustacés. Les nageoires latérales du pénultième segment de la queue et son dernier en forment une commune disposée en évantail.

Les deux sections suivantes ont un caractère commun qui les sépare de la quatrième ou celle des salicoques. Les anten-

nes sont insérées à [a même hauteur ou de niveau; le pédon-

(1) Voyez, pour les autres espèces, l'arti- que , dans la figure du cancer megistos cle Pagure de l'Encyclopédie méthodique ; d'Herbst., L\1, 1, la queue est fausse, parce l'Atlas d'histoire naturelle du mème ouvrage; que, manquant dans l'individu qui à servi Desmarest, Considérations générales sur la au dessin, on y a suppléé en prenant pour classe des crustacés; les planches d'histoire modèle la queue en nageoire d'un maeroure naturelle accompagnant la relation du voya- ordinaire.

ve du’ capitaine Freyeinet, On observerà

(a) F'oyez l'explication del pig, fige 0, (D)P PINS ours 2:

cule des latérales, lorsqu'il est accompagné d'une écaille , n’est jamais entièrement recouvert par elle (‘). Souvent les fansses pattes sous-caudales ne sont qu'au nombre de quatre paires. Les deux antennes mitoyennes ne sont Jamais termi: nées que par deux filets el ordinairement plus courts que leur pédoncule, ou à peine plus longs. Le feuillet extérieur des appendices natatoires de lavant-dernier segment de la

queue n'est Jamais divisé par une suture transverse.

Notre troisième section, les LOCUSTES (LOCUSTÆ) (), ainsi désignée du mot /ocusta, donné par les Latins aux crustacés les plus remarquables de cette division, et d’où est venu celui de langouste, qu'ils portent dans notre langue, n’ont toujours que quatre paires de fausses pattes. L’extrémité postérieure de la nageoire, terminant la queue, est toujours presque membraneuse ou moins solide que le reste ("). Le pédoncule des antennes mitoyennes est toujours plus long que les deux filets du bout, et plus ou moins replié ou coudé; les latérales ne sont Jamais accompagnées d’écailles; tantôt elles sont réduites au seul pédoncule, qui est dilaté, très aplati, en forme de crête (*); tantot elles sont grandes, longues, allant en pointe et entièrement hérissées de piquans (*). Tous les pieds sont presque semblables et vont en pointe au bout; les deux premiers sont simplement un peu plus forts; leur pénultième article et celui des deux derniers est au plus unidenté, mais sans iormer avec le dernier une main parfaitement didactyle. L’es-

pace pectoral compris entre les pattes est triangulaire (1); le

\ EL a NU 4 Mr Se (ai PL 45, fig. 1,2, 3; pl. 46, fig. r, etc (D) PI. 45, fige r, 2,855; pl: 40, fig (6) PI, M5 fig. 1,2 3% pl 46, fig. r. (4, DL 45, fig. 1,2, 2a,e, 3.

Ce) PI. 16, fig. 1. \ (f) PL 45, fig. te, 3a,a.

thorax est presque carré, où subcylindrique, sans prolongement frontal, en maniere de bec pointu ou de lance.

LES SCYLLARES , ou CIGALES DE MER,

(scyLrLaRus. Fab.) (Pl, feux, 275)

Présentent dans la forme de leurs antennes latérales, un caractère tout-à-fait insolite; la tige manque, et les articles du pédoncule, très dilatés transversalement, forment une grande crête, aplatie, horizontale, plus ou moins dentée. (*

La branche extérieure des appendices sous-caudaux est terminée par un feuillet; mais l’interne, dans quelques mâles, ne se montre que sous la forme d’une dent. (”)

D’après les proportions et la forme du thorax, la position des yeux et quelques autres parties, le docteur Leach a établi trois genres : 1” Ses SCYLLARES (Scyllarus) ont le thorax aussi long ou plus long que large, sans incisions latérales , et les yeux toujours situés près de ses angles antérieurs; l’avant-dernier article des deux pieds postérieurs est unidenté dans les femelles. Ces crustacés se creusent dans les terrains argileux, près des rivages , des trous qui leur servent d'habitation. Nous citerons deux espèces.

L’une est le Scyllare ours (Cancer arctus, Lin.), Cigale de mer, Rondel., Liv. XU1, chap. 6 ; Herbst., XXX, 6 (c). Les antennes extérieures ou latérales sont très dentées. Le thorax a trois arrètes longitudinales et dentées. Le dessus de la queue est comme sculpté et sans crénelures sur ses bords latéraux.

(a) PI. 45, fiu ra. (b) PI. 15, fig. TC 1 '& (cg), DE 45, fig.r

L'autre est le Seyllare large (Scyllurus eq uénortalis, Fab.; Sryllarus orientalis, Risso ; Squille large Où Ochetta, Rondel. ; Gesn., Hist. anim., Il , pag. 1097). Elle est grande, chagrinée, sans arêtes. Les crêtes n’ont point de dents. Les segmens de la queue sont crénelés sur leurs bords. Sa chair est très estimée. Ses œufs sont d’un rouge vif. 9° Ses THÈNES (Thenus) ont le thorax, mesuré en devant, plus large que long , avec une incision profonde à chaque bord latéral ,et les yeux situés à ses angles antérieurs. (1)

3° Ses IBAGUS (/bacus) ne diffèrent des thènes que par la position des veux, qui sont rapprochés de l'origme des antennes intermédiaires ou beaucoup plus intérieures.

Dans une espèce de la Nouvelle-Hollande (Zbacus Peronii, Leach., Zool. Miscell., cx1x.; Desm., Consid., xxx, 12) le troisième article des pieds-mâchoires extérieurs est strié transversalement, et dentelé en mauière de crête au bord latéral externe. (2)

LES LANGOUSTES (PALINURUS. Fab.) (PL 46, fig. 1.)

Ont les antennes latérales grandes, sétacées, et hérissées de

piquans.

(1) Thenus indicus, Leach : Scytlarus (2) Ajoutez scyllarus antarcticus ; Fab., di Fab, ; Rumph., Mus., 11, D. , Herbst,, xxx; 2 ; Romph., Mus. n, D. (2). Herbst., xxx. 1: Encv ’hi g i

Dst., XXX. 1; Encyclop. atl, d’hist, nat., Consultez l’article Scyllare de l'Encyclopé- CGGxiv; Desmar., Consid. , xxxr, 1 (a). die méthodique.

PI. 45, fie, » * (a) 10, fig. à “b) PI. 45, fig. 3.

Parmi ces crustacés appelés par les Grecs Carabos, par les Latins Locusta, etsur lesquels Aristote a donné plusieurs observations importantes, il en est qui acquièrent avec l'âge jusqu'à près de deux mètres de long, en y comprenant les antennes. L'espèce de nos climats se tient, pendant l'hiver, dans les profondeurs de la mer, et ne se rapproche du rivage qu'au retour du printemps. Elle préfére les rochers ou les parties rocailleuses. Elle fait alors sa ponte et ses œufs, qui sont petits et très abondans, sont d’un beau rouge, ce qui leur a valu le nom de corail. L'on prend alors plus de mâles que de femelles, tandis que celles-ci sont plus communes après la ponte. Suivant M. Risso, il y auraït un second accouplement, suivi d’une autre ponte, au mois d'août. Les langoustes sont répandues dans toutes les mers des zônes tempérées et intertropicales, mais surtout dans celles-ci. Leur test est raboteux, hérissé de piquans, et présente en devant de fortes épines ou dents très fortes, avancées et plus ou moins nombreuses. Ses couleurs, ainsi que celles de la queue, consistent en un mélange agréable de rouge, de vert et de jaune. La queue présente souvent des bandes transverses, ou des taches, quelquefois en forme d'yeux, disposées par séries. Leur chair, surtout celle des femelles, avant et pendant la ponte, est très estimée.

Dans l'espèce de nos côtes et probablement dans les autres, les femelles ont à l’extrémité de lavant-dernier article des deux pieds postérieurs une saillie, en forme d’ergot ou de dent, exclusivement propre à ce sexe. Les scyllares nous ont présenté la méme différence.

La Langouste commune (Palinurus quadricornis , Fab.; Herbst., 4staeus elephas, xIX, 1; Leach., Malac. Brit., xxx) (4) a quelquefois près

(a) PI, 46, fig. 1

d’un demi-mètre de long, et, chargée d'œufs , pèse de douze à quatorze livres. Son test est épineux, garni de duvets, avec deux fortes dents, dentelées en dessous , au-devant des yeux. Le dessus du corps est d'un brun verdâtre ou rougeâtre. La queue est tachée et ponctuée de jaunàtre ; ses segmens Ont un sillon transversal, interrompu au milieu , et ses bords latéraux forment un angle avec des dentelures. Les pattes sont entrecoupées de rouge el de jaunâtre. Elle habite nos côtes, mais plus particulièrement celles de la Méditerranée. On la trouve aussi en Italie , à l'état fossile. (1)

La quatrième section, celle des HoMARDS (AsrAGINI, Latr.), se distingue de la précédente par la forme des deux pieds antérieurs, et souvent aussi par celle des deux paires suivantes, qui se terminent par une pince à deux mordans où une main didactyle (*). Dans quelques-uns, les deux ou quatre derniers sont beaucoup plus petits que les précédens, ce qui les rapproche des anomaux (*); mais la nageoire en éventail de l'extrémité de leur queue et d’autres caracteres les éloignent de ceux-ci. Le thorax se rétrécit en devant (°), et le front s’avance plus ou moins, en maniere de bec ou de museau pointu.

Quelques-uns ( Galathadées, Leach) ont, ainsi que les ma-

croures précédens, quatre paires de fausses pattes, et les an-

(1) M. Desmarest en mentionne (Hist.

nat, des crust. foss., pag. 132) deux autres espèces dans le même état, mais dont la seconde pourrait bien appartenir àu sousgenre d’écrevisse proprement dit, et se rapprocher de l’astacus norwegicus de Fabricius.

Voyez, pour les autres espèces vivantes, les Annales du Mus. d'hist. natur., tom. III,

pag. 391 et suiv.; l’article Palinure de

(a) PL 46, fig. 2; pl. 47, 48, 49.

l'Encyclop. méthod., et son atlas d'hist.

natur.; l'article Langouste de la seconde édition du nouv. Dict. d'hist. natur., et le même article de l'ouvrage de M. Desmarest sur les crustacés. Consultez encore, quant au système nerveux de l'espèce de nos cô— tes, MM. Audouin.et Miloe Edwards; suivant eux, ous les ganglions thoraciques

sont, pour ainsi dire, soudée bout à bout.

(2) PL 46, fig. 2; pl. 47, fige t, 2.

(c) PI, 49, £g 2.C:

tennes mitoyennes coudées, et avec les deux filets, représentant la tige, manifestement plus courtes que leur pédoncule (*). Celui des antennes latérales n’est jamais accompagné d’une lame en forme d’écaille (*). Les deux pieds antérieurs se terminent seuls par une main didactyle, et qui est souvent très aplatie. Le dernier segment de la queue est bilobé, du moins dans la plupart. (°

En tête de cette division viendront ceux dont les deux (r) pieds postérieurs sont beaucoup plus menus que les précédens, filiformes, repliés, et inutiles à la course. (")

LES GALATHÉES (GALATHEA. Fab.)

(PIN 47 fig. 7,2, 5:)

Ont la queue étendue, le thorax presque ovoide ou oblong, les antennes mitoyennes saillantes, et les pinces allongées. Le dessus du corps est ordinairement très incisé ou strié, épineux et cilié. Les espèces les plus remarquables de nos mers sont :

La Galathee rugueuse (Galathea rugos«, Fab.; Leo, Rondel., Hist. des

(x) D’après une observation qui m'a été térieurs, mais encore les avant-derniers, communiquée verbalement par le docteur seraient plus petits que les autres. Cette Leach, dans la galathée amplectens de Fa- espèce formerait alors un genre propre.

bricius, non-seulement les deux pieds pos-

(a) PL 46, fig. 2b; pl. 47, fig. 14, »a. (&) PL 47, fig. 16, 3 a, etc. (c) PL 46, fig. 28; pl. 47, fig. «. (d) PI. 46, fig. 2; pl. 47, fig. 1,2, 3.

124 CRUSTACÉS DECAPOLES.

poiss., pag. 390; Penn, Brit. zool., IV, xtir: Malac. Brit., xx1x)

dont les serres sont très longues et cylindriques ; dont les mandibules . . I er +

sont dépourvues de dents; et qui a trois longues épines dirigées en avant,

et dix semblables et pareillement avancées sur la

Leach.,

au milieu du front, queue , SAVOIr : six au second segment et quatre au suivant. (1)

La Gulathée striee (Cancer strigosus. Lin.) Herbst., xx VI, 2; Penn., Brit. zoo. IV, xIV; Leach., Malac. Brit., xxvi1, B. (a). Semblable, quadbgux mandibules , à la précédente, mais ayant le front avancé en manière | bec, avec quatre dents de chaque côté et une autre au bout ; les serres A grandes, mais non très longues ni linéaires, et très épineuses , ainsi qu’une grande partie des pieds suivans. Ce dernier caractère la distingue d’une troisième espèce , pareillement indigène , la G. M e-crocl lt (Ga-

lathea squamifera., Leach., Malac. Brit. XX VIH, A) du docteur Leach.

Ce savant forme , avec la Galathée gregaria de Fabricius, un genre propre, sous le nom de GRIMOTÉE. Grèmotea (b). Le second article des antennes intermédiaires se termine en massue, et les trois derniers des pieds-màchoires extérieurs sont foliacés (c). Elle est de couleur rouge, et a été découverte par Joseph Banks Hans son voyage autour du monde Elle formait une agrégation si considérable, que la mer paraissait d’un rouge de sang.

Le G. ÆAGLÉE. (Æglea) (d) du même, n’est distinguée du précédent et de celui de galathée, qu’en ce que les mandibules sont dentées, que le second article de leurs pieds-mâchoires extérieurs est plus court que le premier (c), et que le dessus du corps est généralement uni. (2)

Celui que M. Risso avait d’abord nommé caLyPso , et qu’il a ensuite appelé JANIRA, ne se distingue probablement pas, ainsi que le pense M. Desmarests (Consid., pag. 192), de celui de Galathée. :

(x) Cette espèce forme le genre muni- genér. des crust.

et des insect., tom. VI

vée, munida, de M, Leach. Foy. Desmar., Consid., pag. 191. Mais celui-ci se trompe en attribuant à ce savant d'avoir reconnu le premier que cette espèce était le crustacé

que Rondelet nomme lon. Foy. mon Hist.

(a) PL 49, fig. fa (ce) PL 45, fig. 26.

(e) PL 45, fig. 3c.

pag. 198. :

(2) Æglée lisse, Desm., Consid., xxxtir, 2; Latr., Encyclop. méthod., all. d'hist.

natur., CCGviti, 2 (f).

() PI 47, fig. 2.

(d) PL. 47, fig. 3.

(S) PL 47, fig. 3.

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