DES CREVETTES
(cammarus. Fab.)
Que l'on peut partager d’abord, d'apres la forme et le nombre des pieds, en trois sections.
OA a e . . , 1” Ceux qui ont quatorze pieds, tous terminés par un cro-
chet, ou en pointe et au nombre de quatorze.
2° Ceux dont le nombre des pieds est encore de quatorze , mais où ces organes , on les quatre derniers au moins, sont mutiques et simplement natatoires.
3" Ceux qui n'ont que dix pieds apparens.
La premiere section se partage en deux.
Les uns (urOPTÈRES, Uroptera. Latr.} ont la tête généralement grosse (*), les antennes souvent courtes et simplement au nombre de deux dans quelques-uns , et le corps mou; tous les pieds, la cinquième paire au plus exceptée, simples ; les antérieurs courts ou petits, et la queue, soit accompagnée au bout de nageoires latérales, soit terminée par des appendices ou pointes élargis et bidentés ou fourchus à leur extrémité postérieure. Ils vivent dans le corps de divers acalèphes, ou méduses de Linnæus, et de quelques autres zoophytes.
Ici, comme dans
LES PHRONIMES
(PHRONIMA. Latr.)
(BI. 58, fig. 3.)
Il n’y à que deux antennes (très courtes el biarticulées ); la cinquième paire de pieds est la plus grande de toutes, et terminée en pince didactyle ; les appendices du bout de la queue sont au nombre de six, eten forme de stylets, allongés , fourchus ou bidentés à leur extrémité; lon voit six sacs vésiculeux entre les dernières pattes. Il parait qu’il en existe plusieurs espèces, mais qu’on n’a point décrites d’une manière comparalive et rigoureuse. Celle qui a servi de type est
Le Phron-‘me sedentaire (Cancer sedentarius,Forsk., Faun. arab.,p. 95;
Latr., Gen. crust. et insect., I, 11, 2, 3), se trouve dans la Méditerra-
née, et se loge dans un corps membraneux , transparent, en forme de
tonneau (4), paraissant provenir du corps d’une espèce de beroé. Le Phronime sentinelle de M. Risso ( Crust., IT, 3) vit dans l’intérieur des méduses, formant les genres équorée et géronie de Péron et de Le-
(a) P1:58; fig. 1, 14, 2,24, 5. (2) PI. 58, fig. 3 a.
179 é CRUSTACÉS.
sueur. Une autre espèce, selon M. Leach, a été observée sur les côtes de Zélande.
Là les antennes sont au nombre de quatre (a); tous les pieds sont simples ; la queue a, de chaque côté de son extrémité, une nageoire (2) lamelleuse ou foliacée, dont les lames sont acuminées ou unidentées au bout.
LES HYPÉRIES ,
(HYPERIA. Latr.)
(PI. 58, fig. 1.)
Dont le corps est plus épais en devant ; dont la tête est occupée, en ma jeure partie, par des yeux oblongs et un peu échancrés au bord interne ; dont deux des antennes sont aussi longues au moins que la moitié du corps, et terminées par une tige sétacée, longue , et composée de plusieurs petits articles. (1)
[ Près des hypéries doit être placé un autre genre de crustacés, celui de THEMISTO, établi par M. Guérin , et décrit ainsi que figuré avec soin, dans le tome 1v des Mémoires de la Société d'Histoire-naturelle de Paris. Comme dans les hypéries, les yeux sont très grands et occupent la majeure partie de la tête; deux des antennes, les inférieures, toutes terminées par une tige multiarticulée et allant en pointe, sont manifestement plus longues que les deux autres. La pièce qu’il nomme Zevre inférieure est la languette ; celles qui lui paraissent former la troisième paire de mâchoires sont la première paire des pieds-mâchoires, et qui, de même que dans les amphipodes et les isopodes, ferment la bouche inférieurement sous la forme d’une lèvre; les quatre autres pieds-mâchoires sont très courts, dirigés en avant, appliqués sur la bouche, de sorte qu’ils semblent en faire partie; et qu’en ne les comptant pas, ou qu’en ne considérant que comme des pieds les organes locomotiles suivans et beaucoup plus apparens, cet animal , de même que les hypéries et les phrosines, ne parait avoir, au premier coup-d’œil, que dix pieds au lieu de quatorze. La troisième paire de pieds-mâchoires est terminée par une petite pince di-
(x) Cancer monoculoides, Montag., atl. d'hist. nat., cocxxvirr, 17, 183 Desm., Trans. linn. Soc., XI, 11, 3 ; Consid., p. 258.
Hypérie de Lesueur, Latr., Encycl. méth.,
(a) PI. 58, fig. r 4, etc. (b) PI. 58, fig. r A et 2 k, etc.
dactyle. La même paire de pieds proprement dits est beaucoup plus longue que les autres; son avant-dernier article est fort long, et armé d’un rang de petites épines formant une sorte de peigne. On n’en connait encore qu'une seule espèce. ]
LES PHROSINES,
(PHROSINE. Risso.)
Semblables, pour la forme du corps et celle de la tête, aux hypéries, mais dont les antennes sont au plus de la longueur de cette partie, de peu d'articles en forme de stylet, ou terminées par une tige en cône allongé. (1)
LES DACTYLOCÈRES.
(DACTYLOCERA. Latr.)
(PI. 58, fig. 2.)
Dont le corps n’est point épaissi en devant; dont la tête est de grosseur moyenne, déprimée, presque earrée, avec les yeux petits; et dont les quatre antennes, fort courtes et de peu d’artieles, ainsi que dans les phrosines, sont de formes diverses : les inférieures étant menues, en forme de stylet, et les supérieures étant terminées par une petite lame concave au côté interne , et représentent une cuiller ou une pince. (2)
Les autres (CREVETTINES; Gammarinæ , Lair.) ont toujours quatre antennes; le corps revêtu de tégumens coriaces, élastiques, généralement comprimé et arqué ; Pextrémité postérieure de la queue est dépourvue de nageoires ; ses appendices sont en forme de stylets cylindriques ou coniques. Deux au moins de leurs quatre pieds antérieurs sont le plus souvent Lerminés en pince.
Les bourses vésiculaires, dans ceux où on les a observées (les crevettes, Lat.), sont situées à la base extérieure des pieds, à commencer à la seconde paire, et accompagnées d’une petite lame. Ees écailles pectorales renfermant les œufs sont au nombre de six.
(1) Phrosina macrophthalma ; Risso, Desmar,, ibid. La tige des antennes infé- Journ. de phys., oct. 1822; Desm., ibid., rieures présente deux ou trois articles, au P. 259; Cancer galba, Montag., Trans. lieu que, dans les phrosines, elle est inartii ‘ulé i encore les articles des pédoncules linn. Soc., XI, 11, 2. eulée, Ici encore les articles des pé
(2) Phrosina semilunata , Risso , ibid. ; des mêmes antennes sont plus court
Tantôt les quatre antennes, quoique de proportions différentes dans plusieurs, ont essentiellement la même forme et ies mêmes usages ; les inférieures ne ressemblent point à des pieds et n’en font point les fonctions.
Un sous-genre, que nous avons établi sous la dénomination
D'IONE, ONE.)
(PI. 59, fig 1.)
Mais uniquement d’après une figure de Montagu (Oniscus thoracicus, Trans. linn. soc., IX, 111, 3, 4), nous présente des caractères très particu- , liers et qui l’éloignent de tous les autres du même ordre. Le corps se compose d'environ quinze articles, mais que l’on ne distingue que par des incisions latérales, en forme de dents. Les quatre antennes (a) sont très courtes ; les externes, plus longues que les deux autres, sont seules visibles, lorsque l’animal est vu sur le dos. Les deux premiers segmens du corps sont pourvus chacun, dans la femelle, de deux cirrhes allongés, charnus, aplatis, semblables à des rames. Les pattes sont très courtes, cachées sous le corps et crochues, les six derniers segmens sont munis d’appendices latéraux, charnus, allongés, fasciculés, simples dans le mâle, en rameaux dans l’autre sexe. On voil aussi, à l’extrémité postérieure du corps, six autres appendices simples, recourbés, et dont deux plus grands que les autres. Les valves abdominales sont Liès grandes, recouvrent toute la par tie inférieure du corps, et forment une espèce de réceptacle pour les œufs (b). Ce crustacé se tient caché sous le test de la Callianasse souterraine, et y forme sur l’un de ses côtés une tumeur. Montagu a conservé en vie, pendant plusieurs jours, ce crustacé, qu'il avait retiré de sa demeure. Les femelles sont toujours accompagnées de leurs mâles (e), qui se fixent solidement sur jeurs appendices abdominaux, à l’aide de leurs pinces. Ce cruslacé est rare, et se rapproche, à l’égard de ses habitudes, des bopyres. (Voycz les Annales des-sciences naturelles, décembre 1826, XLIX, 10, le mâle ; 11, la femelle.)
lous les amphipodes suivans ont les segmens du corps parfaitement distincts dans toute leur étendue, et aucun d’eux et dans aucun sexe n'offre
ces longs cirrhes, en forme de rame, que l’on voit aux deux premiers des iones.
Go UENONRE se. (@) PI.59,fig. ré. (e) PL 59, fig. r.
Dans ceux-ci, la griffe ou le doigt mobile, lorsqu'il existe des pieds terminés en pince, n’est formée que d’un seul article. ()
Parmi ces derniers , il en est dont les antennes supérieures sont beaucoup plus courtes que les inférieures, et même que leur pédoncule (4); la tige de celles-ei est composée d’un grand nombre d'articles.
LES ORCHESTIES (ORCHESTIA, Leach.)
(PI, 59, fig. 3 et 4.)
Ont les seconds pieds terminés, dans les mâles, par une grande pince, avec la griffe ou le doigt mobile long, un peu courbe; et par deux doigts dans les femelles. Le troisième article des antennes inférieures est au plus de la longueur de celles des deux précédens réunis. (1)
LES TALITRES
(TALITRUS. Latr.)
(PI50 gr.)
N’ont aucun pied en forme de serre.
Le troisième article des antennes inférieures est plus long que les deux précédens réunis ; ces antennes sont grandes, épineuses. (2)
Dans les suivans, les antennes supérieures ne sont jamais beaucoup plus courtes que les inférieures. (c)
Quelques-uns, ayant d’ailleurs leurs antennes allongées, sétacées, et terminées par une tige pluriarticulée et sans serres remarquables, se rapprochent des précédens en ce que les antennes supérieures sont un peu plus
(x) Oniscus gamarellus, Pall., Spicil. (2) Oniscus locusta, Pall., Spicil. zool., z001., fasc. IX, 1v, 8; Cancer sammarus fase. IX, 1v, 73 Cancer gammarus saltator, littoreus, Montag. ; Desmar. ,. Consid., Montag.; Desm., Consid., x£v, 2.
PH261 XEv,. 3
(a) PL 59, fig. 2 4, 3, 4 ; pl. 60, fig. 1, 3,6. (2) PI. 59, fig. 2a, 3 et 4. (c) PI. 60, fig. 1, etc.
courtes que les inférieures, et s’éloignent encore des suivans par la forme de leur tête, rétrécie par devant, en manière de museau. Tels sont
LES ATYLES.
(ATYLUS. Leach.) (1)
(PI. 60, fig. 8.)
Tous ceux qui succèdent ont les antennes supérieures aussi longues ou plus longues que les inférieures, et leur tête n’avance point en manière de
museau.
Ici, comme dans les cinq genres suivans du docteur Leach, le pédoncule des antennes est formé de trois articles. /2)
Quelques-uns offrent , dans leurs antennes supérieures, un caractère unique dans cet ordre : l'extrémité interne du troisième article de leur pédoncule porte un petit filet articulé. Il distingue
LES CREVETTES ou CHEVRETTES,
(GAMMARUS. Latr..)
(PL 60, fig. 1.)
Les quatre pieds antérieurs sont en forme de petites serres, avec la griffe ou le doigt mobile se repliant en dessous.
L'espèce la plus connue , et d’après laquelle cette coupe a été établie, est la Crevette des ruisseaux (Cancer pulex, Lin.), Squilla pulex, Deg.,
Insect., VII, xXxXIIE, 1, 2. (a)
Les autres espèces sont marines. (3)
(x) Atylus carinatus, Xeach, Zool.
misc., xx; Desmar., Consid., p. 262, XLV, 4; Gammarus carinatus, Fab.
G. nugax? ejusd.; Phipps, Voyage au Pôle bor., x11, 2?
(2) Le troisième article du pédoncule
peut devenir très petit, et s'assimiler ainsi
(ae) PL Go, fig r.
aux suivans ou ceux de la tige; ce pédoncule, comme dans les dexamines, ne parait alors composé que de deux articles. La tige , dans la méthode du docteur Leach, est censée former un autre article, mais composé.
(3) Foy. Desmar., Consid., p. 265-267.
Les antennes des suivans sont, ainsi que dans tous les autres amphipodes , simples ou sans appendices.
| LES MÉLITES (MELITA. Leach.)
(PL. 60, fig. 5)
Ont les seconds pieds terminés, dans les mâles, par une pince, grande, comprimée, avec la griffe repliée sous sa face interne. Les antennes sont presque d’égale longueur. L’extrémité postérieure du corps offre, de chaque côté, une petite lame foliacée. (1)
LES MÆRA,
(MÆRA. Leach.)
(PI. 60, fig. 3)
Dont les seconds pieds sont pareillement terminés, dans les mâles, en une grande pince comprimée , mais dont la griffe se replie sur sa tranche inférieure et n’est point cachée. Les antennes supérieures sont plus longues que les inférieures, et l'extrémité postérieure du corps ne présente point de lames en feuillet. (2)
LES AMPITHOES,
(AMPITHOE. Leach.)
(PI. 60, fig. 6.)
Où les quatre pieds antérieurs sont à-peu-près identiques dans les deux
sexes, et dont l’avant-dernier article ou la main est ovoïde. (3)
(x) Cancer palmatus, Montag., Trans.
linn, Soc., VII, p. 69; Encycl. méthod., atl. d’hist. nat., cocxxxvi, 31; Desmar, Consid., xzv, 7.
(2) Cancer gammarus grossimanus, Montag., Trans. Soc. linn., IX, 1v, 5 ; Desm., Consid., p. 264.
(3) Cancer rubricatus, Montag., Trans.
linn. Soc., IX, p. 993; Encycl. méthod., atl. d’hist. nat., cocxxxvr, 33; Desmar., Consid. xLv, 9.
Oniscus cancellus, Pall., Spiail. zool., fasc., IX, ut, 18; Gammarus cancellus,
Fab.
LES PHERUSES, (PHERUSA. Leach.) Qui ne diffèrent des ampithoés qu’en ce que les mains des serres Sont filiformes. (1)
Là, le pédoncule des antennes n’est composé que de deux articles (le troisième se confondant par sa petitesse avec ceux de la tige, ou formant celui de sa base); les supérieures sont plus longues que les inférieures. Tous les pieds sont simples ou sans pinces. Tels sont
LES DEXAMINES.
(DEXAMINE. Leach.) (2)
Dans ceux-là la griffe ou le doigt mobile des deux pinces est biarticulée.
Les antennes sont d’égale longueur.
LES LEUCOTHOES ,
(LEUCOTHOE. Leach.) (PI. 60, fig. 7.)
Qui ont les antennes courtes, avec le pédoncule de deux articles ; les quatre pieds antérieurs terminés fortement en pince ; les griffes des deux antérieurs biarticulées ; celles de la seconde paire d’un seul article et longues. (3)
LES CERAPES,
(CERAPUS. Say.) (PL 67. fig. 5.)
Dont les antennes sont grandes , avec le pédoncule de trois (les supérieures) où quatre (les inférieures) articles; dont les deux pieds anté-
(1) Pherusa fucicola, Leach, Trans. tag., Trans. Soc. linn., XI, p. 3 ; Desm., linn. Soc., XI, p. 560; Desmar., Consid.. Consid., xzv, 6. p. 268. (3) Cancer articulosus, Montag., Trans.
linn. Soc., VII, 6; Desmar., Consid.,
NO Re + (2) Cancer gammarus spinosus , Mon- P'263 110
rieurs sont petils, avec une griffe d’un seul article, et dont les deux suivans se terminent par une grande main triangulaire, unie, dentée, avec la griffe biarticulée. (a)
Le Cérape tubulaire (Cerapus tubularis, Thom. Say, Jour. of the Acad. of nat. scienc. of Philad., 1, 1v, 7-11; Desm., Consid., XLVI, 2) (6) vit dans un petit tube cylindrique, et se rapproche à cet égard du sousgenre suivant. On le trouve, en grande quantité, près de Egg-Harbourg, sur les côtes maritimes des États-Unis, parmi les sertulaires, dont il parait se nourrir.
. Taniôt enfin les antennes inférieures, beaucoup plus grandes que les supérieures, et dont la tige est composée au plus de quatre articles, ont la forme de pieds, et paraissent servir, du moins quelquefois, d’organes de préhension. (c) Ici les seconds pieds sont terminés par une grande pince. (d)
LES PODOCÈRES,
(PODOCERUS. Leach.) (PL 61, fig. 4.)
A yeux saillans. (1)
LES JASSES
(JASSA. Leach.) (PL. 61, fig. 2, 5.)
À yeux non saillans. (2) Là, aucun des pieds n’est terminé par une grande pince.
LES COROPHIES.
(COROPHIUM. Latr.) (PI. 65, ge i.)
La Corophie longues-cornes (Cancer grossipes, Lin.);, Gammarus longi-
(1) Podocerus variegatus, Leach, Trans. (2) Jassa pulchella, Leach, ib., p. 361; linn. Soc., XI, p. 361; Desmar., Consid., Desmar., Consid., p. 269. P. 269.
(a) PL. 61, fig. 5e. (b) PL 61, fig. 5.
(c) PI. 61, fig. 1, 2, 3, 4. (d) PI 61, fig. 2, 3,4.
cornis, Fab.; Oniseus volutator, Pall., Spicil. zool., fasc., IX, 1v, 9 ; Desm., Consid. XLVL 1 (a), appelée pernys sur les côtes de La Rochelle, vit dans des trous qu’elle se pratique dans la vase, couverte en grande partie de pares en bois, nommés houchots par les habitans. L'animal ne commence à paraitre qu’au commencement de mai. Il fait une guerre continuelle aux néréides, aux amphinomes, aux arénicoles et à d’autres annélides marins qui font leur séjour dans les mêmes lieux. Il n’est rien de plus curieux que de voir, à la marée montante, des myriades de ces crustacés, s’agiter en tout sens, battre la vase de leurs grands bras , et la délayer, pour tàcher d’y découvrir leur proie. Ont-ils trouvé lun de ces annélides, souvent dix et vingt fois plus gros qu'eux , 1ls se réunissent pour lattaquer el le dévorer. Ils ne cessent leurs carnages que lorsqu'ils ont aplani et fouillé toutes les vases. Ils se jettent même sur les mollusques, sur les poissons et les cadavres restés à sec. 11s montent aux clayons renfermant les moules, et sur elles. Les boucholeurs prétendent même qu’ils coupent les soies qui y retiennent ces coquillages, afin de les faire tomber dans la vase et pouvoir ensuite les dévorer. Ils paraissent se multiplier pendant toute la belle saison , puisqu'on trouve à diverses époques des femelles portant leurs œufs. Les oiseaux de rivage et plusieurs poissons les dévorent à leur tour. Nous sommes redevables de ces intéressantes observations à M. d’Orbigny père, conservateur du Musée de La Rochelle et correspondant de celui d'histoire naturelle de Paris (Voy. l'article Podocèére de PEncyclop. méthod.).
La seconde section (HETEROPES, Meteropa, Lat.) est composée de ceux qui ont quatorze pieds, dont les quatre derniers au moins mutiques au bout et uniquement propres à la natation, comprend deux sousgenres. (1)
(1) Cette section et la suivante forment . dices sous-caudaux nous a paru les rapprodans la première édition de cet ouvrage , cher beaucoup plus des amphipodes que la seconde des isopodes , celle des phytibran- des isopodes, Au surplus, ainsi que nous ches. Mais, outre que nous avons aperçu, l’observons plus bas, ces animaux, dont dans quelques-uns de ces crustacés , des nous n'avons vu qu'un pelit nombre, n’ont palpes mandibulaires, la forme des appen- pas encore été bien étudiés.
(a) PL 61, fig 1.
LES PTERYGOCERES (PTERYGOCERA. La.)
Qui ont le thorax partagé en plusieurs segmens ; quatre antennes garnies de soies ou de poils, formant des panaches ; tous les pieds natatoires, et dont les derniers grands et pinnés (1); et des appendices cylindriques, articulés , à Pextrémité postérieure du corps.
LES APSEUDES, (APSEUDES. Leach. — Expheus. Risso.) (PE 62, fig. 1.)
Qui ont aussi le thorax divisé en plusieurs segmens, mais dont les deux pieds antérieurs sont terminés en une pince didactyle ; dont les deux suivans sont élargis en une massue , terminée en pointe et dentelée sur les bords ; dont les six suivans sont grèles et onguiculés au bout; dont les quatre derniers sont natatoires. Les antennes sont simples. Le corps est étroit , allongé, avec deux longs appendices, en forme de soie, à son extrémité postérieure. (2)
Le genre RHOÉ (Rhœa) de M. Milne Edwards (Annales des Sciences Naturelles, XIIT, 292, xt11, A) diffère du précédent par les antennes supérieures qui sont plus grosses, plus longues et bifides. (2)
La troisième et dernière section (DECEMPÈDES, Decempedes. Latr.) se compose d’amphipodes n’offrant que six pieds distincts.
(1) D’après la figure de Slabber (Onis- (2) Eupheus ligioides, Risso, Crust. IIT, cus arenarius , Encyclop. méthod., atlas 373; Desmar., Consid., 285;
d’hist. natur., ccexxx, 3, 4), le nombre Apseudes talpa, Leach; Cancer gamdes pieds ne serait que de huit; mais je marus talpa , Montag., Trans. linn, Soc.,
présume , par analogie, qu’il est de qua- IX,1v,6.(a); Desmar., Consid., x£v1, 9.
torze ; au surplus , si la figure est exacte, ce genre appartiendrait à la section sui-
vante.
(a) PL 62, liy 1.
Poy. aussi le gammarus heteroclitus de Vi-
viani, Phosphor. maris, IE, 11, 12.
(b) PI Go, fig. 2.
LES TYPHIS (TYPHIS. Risso.)
(Planche 62 bis.)
N’ont que deux antennes très petites. La tête est grosse, avec les yeux point saillans. Chaque paire de pieds est annexée à un segment propre ; les quatre antérieurs sont ‘terminés en pince didactyle. De chaque côté du thorax sont deux lames mobiles , formant des sortes de battans ou de valves, qui, réunies, et l’animal repliant ses pieds et sa queue en dessous, ferment inférieurement le corps, et lui donnent la forme d’un sphéroïde. L’extrémité postérieure de la queue est dépourvue d’appendices. (1)
LES ANCEES, (ANCEUS. Risso. — Gnathia. Leach.) (PI, 6, fig. 3.)
Qui ont aussi le thorax divisé en autant de segmens que de paires de pieds, mais où tous ces organes sont simples et monodactyles. Ils ont d’ailleurs quatre antennes (sétacées). La tête est forte, carrée , avec deux grandes saillies en forme de mandibules. L’extrémité de la queue a des appendices foliacés, en forme de nageoires. (2)
LES PRANIZES (PRANIZA. Leach.)
(PI. 62, fig. 4.)
Ont quatre antennes sétacées , ainsi que les ancées ; mais leur thorax, vu en dessus , ne présente que trois segmens , dont les deux premiers, très courts, transversaux , portant chacun une paire de pieds , et dont le troisième, beaucoup plus grand , longitudinal , portant les autres. Tous les pieds sont simples. La tête est triangulaire, pointue en devant, avec
(1) Typhis ovoides, Risso , Crust., II, Anceus maxillaris ; Cancer maxillaris , 9 ; Desmar., Consid., pag. 281, xLvr, 5. Montag., Trans. linn. Soc., VIT, vr, 2 ; Des- (2) Anceus forficularis, Risso, Crust., mar., &id., XLVI, 7.
IT, 10; Desmar., Consid., xrvr, 6 ;
les yeux saillans. L’extrémité postérieure du corps offre aussi , de chaque côté, une nageoire. (1)
A ce même ordre des amphipodes paraissent appartenir divers autres genres de MM. Savigny, Rafinesque et Say (2), mais dont les caractères n’ont pas été donnés ou suffisamment développés. Ceux même de quelques -uns des sous-genres que je viens de citer sollicitent un nouvel examen.
M. Milne Edwards a recueilli, sur plusieurs de ces crustacés, des ob-
servations précieuses et détaillées, qui contribueront certainement à éclaircir ce sujet.
(x) Oniscus cæruleatus, Montag., Trans. Ergine de M. Risso : il semble, par le nomlinn. Soc., XI, 1v, 2 ; Encyclop. méthod., bre des pieds, appartenir à la dernière secatl. d’hist. nat., cocxxix, 28, et cccxxix, tion des amphipodes, et par la maniere 24, 25; Desmar., Consid., xzvi, 8. dont ils se terminent et le nombre des seg-
(2) Je ne puis encore rien dire du &, mens du corps, se ranger avec les isopodes.