‹ CrustacésChapitre 39 sur 53 · LE QUATRIÈME ORDRE · texte numérisé non relu

LE QUATRIÈME ORDRE

LES LÆMODIPODES

(LÆMODIPODA.)

(Planche 65.)

Sont, parmi les malacostracés à yeux sessiles, les seuls dont l'extrémité postérieure du corps n'offre point de branchies distinctes ; qui n'aient presque pas de queue, les deux dernières pattes étant insérées à ce bout, ou le segment leur servant d'attache n'étant suivi que d’un à deux autres articles très petits (*). [ls sont encore les seuls où les deux pieds antérieurs, et qui répondent aux seconds pieds-mâchoires, fassent partie de la tête. (°)

Ils ont tous quatre antennes sétacées et portées sur

(a) PI. 63, fig. 3, 34. (ë) PL. 63, fig. 1, 54.

un pédoncule de trois articles, des mandibules sans palpes (‘), un corps vésiculaire (”) à la base de quatre paires de pieds au moins, à commencer à la seconde ou à la troisième paire, y compris ceux de la tête. Le corps, le plus souvent filiforme ou linéaire, est composé , en comptant la tête, de huit à neuf articles, avec quelques petits appendices, en forme de tubercules, à son extrémité postérieure et inférieure. Les pieds sont terminés par un fort crochet. Les quatre antérieurs, dont les seconds plus grands, sont toujours terminés en pince monodactyle ou en griffe. Dans plusieurs, les quatre suivans sont raccourcis, moins articulés, sans crochet au bout, ou rudimentaires, et nullement propres aux usages ordinaires.

Les femelles portent leurs œufs sous le second et : troisième segmens du corps, dans une poche formée d'écailles rapprochées. (°)

Ces crustacés sont tous marins; M. Savigny les considère comme avoisinant les pycnogonides, et faisant avec eux le passage des crustacés aux arachnides. Dans la première édition de cet ouvrage, ils formaient la première section de l'ordre des isopodes, celle des cisti-

branches.

(a) PL 63, fig. 14, 34. (8) PI. 63, fig. x, 3, 3h, 35. (c) PL 63, fig. 14.

LÆMODIPODES. 187

D à On pourrait n'en former qu'un seul genre, auquel, par

droit d'ancienneté, on conserverait le nom

DE CYAME.

(CYAMUS, Latr.)

Les uns (FILIFORMES , Féliformia , Latr.) ont le corps long el très gréle ou linéaire, avec les segmens longitudinaux (a); les pieds pareillement allongés et déliés, et la tige des antennes composée de plusieurs petits articles.

Ils se tiennent parmi les plantes marines, marchent à la manière des chenilles arpenteuses , \ournent quelquefois avec rapidité sur eux-mêmes, ou redressent leur corps en faisant vibrer leurs antennes. Ils courbent , en nageant , les extrémités de leur corps.

LES LEPTOMERES (LEPTOMERA. Latr. — Proto. Leach.) (PI, 63, fig. 2.)

Ont quatorze pieds (les deux annexés à la tête compris) complets et dans une série continue. à

Ici, comme dans nos LEPTOMÈRES propres (Gammarus pedatus, Müll., Zool. dan., CI, 1, 2), tous les pieds, à l'exception des deux antérieurs, ont un corps vésiculaire à leur base. Là, comme dans les PRoTONS de M. Leach (Cancer pedatus, Montag. , Trans. linn. Soc., 11,6; Encyclop. méth., atl. d’hist. natur. , CCCXXXVI, 38), ces appendices ne sont propres qu'aux seconds pieds et aux quatre suivans. (1)

LES NAUPRÉDIES (NAUPREDIA. Latr.)

N’ont que dix pieds, ous dans une série continue ; les seconds el les deux paires suivantes ont à leur base un corps vésiculaire. (2)

(1) Rapportez encore aux leptomères la être congénère. Il lui donne six pieds, mais

squilla ventricosa de Müller, Zool. dan., sans compter la tète. Lvi1, 1-3 ; Herbst., xxxvt, 11; () (2) Sous-genre établi sur une espèce de Le Cancer linearis de Linnæus est peut- nos côtes, qui me parait inédite,

(a) PL 65, fig. r, 2. (b) PL. 63, fig. 2.

LES CHEVROLLES

(CAPRELLA. Lamck.) (PI. 63, fig. 1.)

N’ont pareillement que dix pieds, mais dans une série interrompue , à commencer inclusivement au second segment , la tête non comprise ; ce segment et le suivant offrent chacun deux corps vésiculaires et sont totalement dépourvus de pattes. (1)

Les autres læmodipodes (OVALES, Ovalia. Latr.) ont le corps ovale, avec les segmens transversaux. La tige des antennes paraît être inarticulée. Les pieds sont courts ou peu allongés ; ceux des second et troisième segmens sont imparfaits et terminés par un long article cylindrique et sans crochets; ils ont , à leur base , un corps vésiculaire allongé (a). Ces læmodipodes forment le sous-genre

DES CYAMES proprement dits.

(CYAMUS. Latr. — Lœrunda. Leach.) (PL 63, fig. 3.)

J'en ai vu trois espèces, qui vivent toutes sur des cétacés , et dont.la plus connue , le Cyame de la baleine (Oniscus ceti, Lin. ; Pall., Spicil. zool., fase. IX, IV, 14; Squille de La baleine, De Géer., Ins., VIE, 6, vi; Pycnogonum ceti, Fab.; Savig., Mém. sur les anim. sans vert., fasc. I, v, 1) se trouve aussi sur le maquereau : les pêcheurs l’ont désignée sous le nom de Pou de baleine. Une autre espèce, très analogue, a été rapportée par feu Delalande de son voyage au cap de Bonne-Espérance. La troisième , beaucoup plus petite, se trouve sur des cétacés des mers

des Indes orientales.

(z) La squilla lobata de Müller, Zool.

dan. Lvr, 4-6; son Gammarus quadrilobatus, ibid., exiv, 123 lOniscus scolopendroides de Pallas, Spicil. zool., fase. IX, 1v, 15, sont des chevrolles ; mais leur distinction spécifique n’est point rigoureusement caractérisée. Nous avions rapporté à la première le cancer linearis de Linnæus, cé qui (foyez la note note précédente) nous parait aujourd’hui douteux.

(a) PI, 63, fig. 3, 34, 3c,

Son cancer filiformis est probablement une chevrolle ; le cancer phasma de Montagu, Trans. linn. Soc., VII, vi, 2, est congénère. La figure qu’il en a donnée a été reproduite dans l’atl. d’hist. natur, de l’'Encyclop. méthod., pl. ccexxxvr, 37.

Voyez, pour cet ordre et ses genres , la seconde édition du nouv. Dict. d’hist. natur., et l'ouvrage de M. Desmar., sur les

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