DES MONOCLES
(moxocuLus. Lin.) (2)
Que nous partagerons en deux sections principales.
La premiere, celle des ropnyrores (Lophyropa), se distingue par le nombre des pieds, qui ne s'élève jamais au delà
(r) Nous mettrons cependant en tête tous premières divisions des lophyropes. les branchiopodes dont les mandibules sont (2) Et de plus, celui de hinocle, dans
munies de palpes ; ils composeront les deux celle de Geoffroi.
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SECTION DES LOPHYROPES. 217
de dix (°); leurs articles sont d’ailleurs plus ou moins cylindriques ou coniques , et jamais entièrement lamelliformes ou foliacés; leurs branchies sont peu nombreuses, et la plupart n'ont qu'un seul œil. Plusieurs, en outre, ont des mandibules munies d'un palpe (1); les antennes sont presque toujours au nombre de quatre, et servent à la locomotion.
Dans la seconde section, celle des PayLLopes (Phyllopa), le nombre des pieds est au moins de vingt, et dans quelquesuns beaucoup plus considérable (*); leurs articles, ou du moins les derniers, sont aplatis, en forme de feuillets ciliés. Leurs mandibules n’offrent jamais de palpes. Ils ont tous deux yeux (situés, dans quelques-uns, à l’extrémité de deux pédicules mobiles); leurs antennes, dont le nombre dans plusieurs n’est que de deux, sont généralement petites et point propres à la natation.
Nous partagerons les Lophyropes en trois groupes principaux, trés naturels, et dont les deux premiers se rapprochent des crustacés des trois premiers ordres, à raison de leurs mandibules, portant chacune un palpe, et de quelques autres caracteres.
1° Ceux (carcinoipes, Carcinoida, Vat.) { dont le test, plus ou moins ovoïide où ovalaire, n’est point plié en deux en manière de coquille bivalve, et laisse à découvert la partie inférieure du corps. Ils n’ont jamais d'antennes en forme de bras ramifiés. Leurs pieds sont au nombre de dix et plus ou moins cylindriques ou sétacés. Les femelles, dont on a observé la gestation, portent leurs œufs dans deux espèces de
(1) M. Straus paraît attribuer exclusive- mais 1l résulte des observations de Jurine ment ce caractère aux cypris et aux cythe- père et de M. Ramdobr , qu'il est encore rées, composant son ordre des ostrapodes ; propre aux cyclopes.
(a) PI. 72, fig. 2, 3; exception fig. r. (8) PL 74, 75:
(ce) PI: 72, fig. 1, 2,5.
218 CRUSTACÉS BRANCHIOPODES.
sacs extérieurs, situés à la base de leur queue. Quelques-uns
offrent deux yeux.
o° Ceux (osrracoDEs, Ostracoda , Latr. ;
Straus) (*) dont le test est formé de deux pièces où valves re-
Ostrapoda ,
présentant celles de la coquille d’une moule, réunies par une charnière et renfermant dans l’inaction le corps. Ils n’ont que six (1) pieds, et dont aucun ne se termine en manière de nageoire digitée et accompagnée de lame branchiale. Leurs antennes sont simples, filiformes ou sétacées. Ils n’ont jamais qu'un œil. Leurs mandibules et leurs mâchoires supérieures sont munies d’une lame branchiale. Les œufs sont situés sous le dos. |
3° Les derniers (cLapocèrEs, Cladocera, Latr.; Daphnides, Straus) (*) n’ont aussi qu'un seul œil et le test plié en deux, mais sans charnière (Jurine), terminé postérieurement en pointe, et laissent la tête, qui est recouverte d’une espèce de bouclier en manière de bec, à nu. Ils ont deux antennes, ordinairement très grandes, en forme de bras, divisées en deux ou trois branches, à la suite du pédoncule, garnies de filets, toujours saillantes et servant de rames. Leurs pieds, au nombre de dix (2), se terminent par une nageoire comme digitée ou pectinée, et accompagnée, à l'exception des deux premiers, d’une lame branchiale. (3)
(1) La première paire de pieds, suivant M. Straus; mais quoique ces parties en remplissent les fonctions, en servant de rames , je les considère néanmoins comme les analogues des antennes latérales des crustacés supérieurs et des deux supérieures des cyclopes, qui, ici encore, concourent avec
les pieds, à la locomotion,
(@) PlESS, fig. ra, 10.
(2) Müller en donne huit aux cythérées ; mais on peut supposer, par analogie, qu’il y a erreur où méprise.
(3) Ce caractère s’applique particulierement aux daphnies, sous-genre le plus nombreux de cette division, et par analo-
gie, aux polyphèmes et aux lyncées.
(6) PL 73, fig. 24,24.
SECTION DE LOPHYROPES. 219
Leurs œufs sont pareillement situés sous le dos; leur corps se termine toujours postérieurement en manière de quene, avec deux soies ou filets au bout. L’extrémité antérieure du corps tantôt se prolonge en manière de bec, tantôt forme une approche de tête presque entièrement occupée par un gros œil.
La premiere division des branchiopodes lophyropes (celle des caRGINOÏDES) peut se subdiviser en deux, d’après le nombre des yeux. Les uns en ont deux.
Ici le test recouvre entièrement le thorax ; les yeux sont grands et très distincts ; les antennes intermédiaires sont terminées par deux filets.
LES ZOES (ZOEA. Bosc.)
Ont les yeux très gros, globuleux, entièrement découverts, et des saillies en forme de cornes sur le thorax.
La Zoé pélagique (Zoe pelagica, Bosc, Hist. nat. des crust., Il, XV, 3, 4) a le corps demi-transparent, quatre antennes insérées au-dessous des yeux , et dont les extérieures coudées et bifides; une sorte de long bec sur le devant du thorax, entre les yeux, et une élévation pointue, longue , rejetée en arrière sur son dos. Les pieds sont très courts, à peine visibiles, à l'exception des deux derniers, qui sont allongés ou terminés en nageoires. La queue est de la longueur du thorax, courbée, de cinq articles, dont le dernier grand, en croissant, épineux. Ce crustacé a été trouvé par M. Bosc dans l’océan Atlantique.
Le\Monoculus taurus de Slabber (Microsc., V) et le Cancer germanus de Linnæus paraissent avoir des rapports avec lui. (1)
(1) Voyez V'Hist. nat. des crust. ct des ou du moins satisfaisante, Ce genre, et nous insectes de Latreille, et l'ouvrage de M. Des- n'avons pu nous en procurer un seul indimarets sur ces premiers animaux, On na vidu.
pas encore décrit d’une manière complete
220 CRUSTACÉS BRANCHIOPODES.
LES NEBALIES (NEBALIA. Leach.) (PI 723 fig. x.)
en À D
Ont les yeux triangulaires, aplatis, en partie recouverts par une écaille lriangulaire et voûtée.
Les pieds sont fourchus, et les appendices du bout de la queue sont en forme de soies. (1)
Là, le thorax ou le test, vu en dessus, est divisé en cinq segmens, dont le premier, beaucoup plus grand, porte les antennes, les yeux et les piedsmâchoires; dont le second et le troisième ont chacun une paire de pieds; dont le quatrième porte les deux paires suivantes, et le cinquième, la dernière. Les yeux sont petits et point saillans ; toutes les antennes se teriminent par un filet simple.
LES CONDYLURES.
(CONDY LURA. Latr.)
Les antennes inférieures sont plus longues. Les côtés antérieurs du premier segment sont prolongés en pointe, et forment deux écailles rapprochées en manière de bec. Les pieds se terminent en pointe soyeuse; quelques- uns des intermédiaires ont, comme dans les schizopodes, un appendice extérieur, près de leur base; la queue est étroite, de sept anneaux, dont le dernier, allongé, conique, s’avance entre les deux appendices latéraux,
qui sont gréles, en forme de stylet, de deux articles, dont le dernier soyeux. (2)
[Près des condylures, on placera le genre CUME (Cuma), de M. Milne Edwards (Annales des sciences naturelles, tome 13, pl. xu1, B). Ses antennes supérieures sont rudimentaires, et ne consistent qu’en un seul
(1) Nebalia Herbstii, Leach, Zool. mis- liens de Viviani, le thorax est divisé en plucell., xzv; Desmar., Consid., x£c, 5; sieurs segmens, ce qui l'exclut des nébalies. Ramd., monoc., I, 8? Il forme aussi un nouveau sous-genre in-
La nébalie ventrue de M. Risso (Journ. termédiaire entre le précédent et le suide phys., octobre, r$22) constitue proba- vant. blement, dans la section des schizopodes, (2) Condylure de d'Orbigny , Lat., sur
un sous-genre propre. Dans le cyclops ext- les côtes maritimes de La Rochelle.
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article. La tête est distincte du thorax, qui est divisé en quatre segmens, dont le premier porte les quatre pattes antérieures, et chacun des trois suivans une autre paire; tous ces pieds sont nataloires, dirigés en avant, et sans crochet au bout ; les deux premières paires sont seules bifides. ]
Nota. Le genre Nicothoë de MM. Audouin et Milne Edwards (a), dans la supposition qu’il ait des mandibules et des mâchoires, appartiendrait à cette section; mais comme le crustacé d’après lequel il a été établi est parasite, et que j'ai cru y apercevoir les vestiges d’un sucoir, je l'ai placé dans l’ordre des pæcilopodes. Je remarque néanmoins que les pattes, à l'exception des antérieures, ressemblent beaucoup à celles des cyclopes ; et que les femelles portent aussi leurs œufs dans deux sacs situés à la base de la queue, de même que celles des derniers.
Le second de ces naturalistes vient de publier, dans le tome XIII° des Annales des sciences naturelles, de nouvelles recherches sur les nébalies et les caractères des trois autres genres nouveaux de crustacés. Notre travail sur les animaux de cette classe étant terminé au moment où le mémoire de M. Milne Edwards a été communiqué à l'Académie, et n'ayant pas alors le temps de revenir sur cet objet, nous avons renvoyé l’exposition de ces genres, ainsi que de ceux établis dans la famille des aranéides par M. Savigny, et de quelques autres introduits récemment par M. le comte Dejean , dans celle des coléoptères carnassiers, au supplément de cet ouvrage. Nous y donnerons aussi les caractères de quelques autres coupes génériques, établies par MM. Guérin, Lepelletier de Saint-Fargeau et Serville. Je n'aurais pu les intercaler dans mon travail sans précipiter un examen, qui doit être d’autant plus réfléchi, que lon multiplie plus facilement les groupes génériques.
Les autres Lophyropes de notre première division, dont le thorax, ainsi que dans les condylures , est divisé en plusieurs segmens, et dont le premier beaucoup plus grand, ne présentent plus qu'un seul œil , situé au milieu du front, entre les antennes supérieures. Tels sont