LES CYCLOPES
(CYCLOPS. Mull.) (Pl 52, fig. 2.)
Si bien observés par Jurine père et M. Ramdohr. Leur corps est plus ou moins ovalaire, mollet ou gélatineux, et se partage en deux portions,
(a) PL 99, fig. r.
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l’une antérieure, composée de la iête et du thorax, et l’autre postérieure ou la queue. Le segment précédant immédiatement les organes sexuels, el qui, dans les femelles, porte deux appendices en forme de petites pattes(supports, fulcra , Jurine), peut être considéré comme le premier de la queue, qui n’est pas toujours bien nettementou brusquement distinguée du thorax. Elle est formée de six segmens ou articles; le second porte en dessous, dans les mâles, deux appendices articulés, tantôt simples, tantôt ayant au côté interne une petite division ou branche, de formes variées , et constituant en tout ou en partie les organes de la génération. La vulve est située, dans l’autre sexe, sur le même article. Le dernier se termine par deux pointes ou stylets, formant une fourche, et plus ou moins garnie de soies ou de filets penniformes. L'autre portion du corps,ou antérieure, est divisée en quatre segmens, dont le premier, beaucoup plus grand, compose la tête et une portion du thorax,qui sont ainsi recouverts par une écaille commune. Il porte l'œil, quatre antennes, deux mandibules (mandibules internes, Jurine), munies d’un palpe simple ou divisé en deux branches articulées, deux mâchoires (mandibules externes, ou lèvres avec des barbillons, Jurine (1)), et quatre pieds divisés chacun en deux tiges cylindriques, garnies de poils ou de filets barbus; la paire antérieure, représentant les secondes mâchoires, diffère un peu des suivantes; elle est comparée à des espèces de mains par Jurine. Chacun de trois segmens suivans sert d'attache à une paire de pieds, conformés ainsi que les deux derniers des précédens. Deux des antennes, supérieures aux autres, sont plus longues, sétacées, simples et composées d’un grand nombre de petits articles; elles facilitent, par leur action, les mouvemens du corps et font presque l'office des pieds. Les in férieures (antennules, Jur.), sont filiformes, n’offrent le plus souvent que quatre articles, et sont tantôt simples, tantôt fourchues; elles font, par leurs mouvemens rapides, tourbillonner Peau. Dans les mâles , les supérieures ou lune d’elles seulement (C. Castor.) offrent des étranglemens et un renflement, suivi d’un article à charnière. Au moyen de ces organes ou de l’un d’eux, ils saisissent soit les dernières pattes, soit le bout de la queue de leurs femelles, dans leurs préludes amoureux, et les retiennent malgré elles dans des situations appropriées à la manière dont ils se fixent. Elles emportent leurs mâles, lorsqu'elles ne veulent pas d’abord se prêter à leurs désirs. La copulation s'opère comme dans les crustacés précédens et
(NE) apres l’ordre successif des parties mais les dentelures des pièces dont il s'agit de la bouche, qui a lieu dans les crustacés ici indiquent des organes maxillaires. La décapodes, la pièce située immédiatement languette a pu échapper aux regards de cet
au-dessous des mandibules est Ja languette ; observateur.
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SECTION DES LOPHYROPES. 293
par des actes prompits et réitérés; Jurine en a vu trois dans l’espace d’un quart d'heure. On avait cru jusqu’à lui que les organes copulateurs des mâles étaient placés aux antennes supérieures , et cette erreur paraissait d'autant mieux fondée, que les aranéides présentent des faits analogues. De chaque côté de la queue des femelles est un sac oval, rempli d'œufs (ovaire externe, Jurine), adhérant par un pédicule très délié au second segment , près de sa jonction avec la troisième, et où l’on voit aussi l’orifice du canal déférent de ces œufs. La pellicule formant ces sacs, n’est qu’une continuation de celle de l’ovaire interne. Le nombre des œufs qu'ils contiennent augmentent avec l’âge ; d’abord bruns ou obscurs, ils prennent ensuite une teinte rougeâtre, et deviennent presque transparens lorsque les petits sont près d’éclore, mais sans grossir. Isolés ou détachés, du moins jusqu’à une certaine époque, le germe périt. Une seule fécondation, mais indispensable , peut suffire aux générations successives. La même femelle peut faire jusqu’à dix pontes dans l’espace de trois mois. En n’en comptant que huit, et en supposant chacune d’elles de quarante petits, la somme totale des naissances s’élèverait à près de quatre milliards et demi. La durée du séjour des fœtus dans les ovaires varie de deux à dix jours, ce qui dépend de la température des saisons et de diverses autres circonstances. Les sacs ovifères présentent quelquefois des corps allongés, glandiformes, plus ou moins nombreux, et qui paraissent être des réunions d’animalcules infusoires.
A leur naissance, les petits n’ont que quatre pattes , et leur corps est arrondi et sans queue. Müller avait formé avec ces jeunes individus son genre amymone (amymone). Quelque temps après (quinze jours, de février en mars), ils acquièrent une autre paire de pieds : c’est le genre nauplie (nauplius) du même ; après la première mue, ils ont la forme et toutes les parties qui caractérisent l'état adulte, mais sous des proportions plus exiguës ; leurs antennes et leurs paties sont proportionnellement plus courtes. Au bout de deux autres mues, ils sont propres à la génération. La plupart de ces entomostracés nagent sur le dos, s’élancent avec vivacité, et peuvent se porter aussi bien en arrière qu'en avant. À défaut de matières animales, ils attaquent les substances végétales ; mais le fluide dans lequel ils vivent habituellement ne passe point dans leur estomac. Le canal alimentaire s’élend d’une extrémité du corps à l’autre. Le cœur, dans le cyclope Castor, est immédiatement situé sous le second et le SORTE segment du corps, et ovalaire ; chacune de ses extrémilés donne HAS ANEE à un vaisseau, dont l’un va à la tête el l’autre à la queue. Immédiatement au-dessous de lui est un autre organe analogue, mais en forme de poire, produisant aussi, à chaque bout, un vaisseau représentant peut-être les canaux branchio-cardiaques, dont nous avons parlé en traitant de la circulation des crustacés décapodes. Il résulterait de plusieurs expériences
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de Jurine, sur des cyclopes alternativement asphyxiés et rappelés à la vie, que dans cette sorte de résurrection, l’extrémité du canal intestinal et les supports donnent les premiers signes de vie , et que l’irritabilité du cœur est moins énergique; celles des antennes, et plus spécialement de celles des mâles, des palpes et des pattes ensuite, est inférieure. Lorsqu'on coupe une portion d'antenne, il ne sy fait aucun changement; la réintégration s’effectue sous la peau, puisque cet organe reparait dans toute son intégrité à la mue suivante. Le cyclope staphylin forme, à raison de ses antennes plus courtes, et dont les supérieures ont beaucoup moins d’articles que les mêmes des autres cyclopes, tandis que les inférieures en offrent, au contraire, davantage; à raison encore de son corps, qui s’amincit graduellement vers son extrémité postérieure, de manière qu’il semble n’avoir point de queue, du moins brusquement formée, et que son dessous est armé, dans la femelle, d’une sorte de corne arquée en arrière, une division particulière. Le cyclope castor et quelques autres, dont les antennes inférieures et les palpes mandibulaires sont divisés, au-delà de leur base, en deux branches, peuvent aussi composer un autre groupe. elui que M. Leach désigne sous le nom générique de CALANE (Calanus), pourrait, en effet, former un sous-genre propre, s’il était vrai que lanimal dont il est le type n’eüt point d’antennes inférieures; mais s’en est-il assuré par lui-même, ou n’en parle-t-il que d’après Müller ? c’est ce que j'ignore. .
Le Cyclope quadricorne (Monoculus quadricornis, Lin.); Müll., Entom., XVII, 1-14; Jurine, Monoc., I, IF, III, a toutes les antennes simples ou sans divisions. Les inférieures ont quatre articles, et leur longueur
n’égale guère que le tiers des supérieures. Le corps proprement dit est
assez renflé et presque ovoïde; la queue est étroite et de six segmens. La couleur varie beaucoup; les uns sont rougeâtres, les autres blanchâtres
ou verdâtres. La longueur totale est de deux lignes. Cette espèce est très commune. (1)
[ Le genre PONTIE (Pontia) {a), fondé par M. Milne Edwards (Ann. des Sc. nat. X1V), nous parait avoisiner celui de cyclope. La tête est distincte du tronc, et terminée par un rostre, qui est un peu aigu, et paraît formé de deux articles; elle offre deux yeux sessiles, quatre antennes, dont les su-
(x) Desmar., Consid,, pag. 364. Forez, cyclops ; Jurme, Hist. des monoc., pag. 1pour les autres espèces , le même ouvrage , 84, premiere famille des monocles à copag. 361-564, riv; Müller, Entom., G. quille univalve ; Ramd,, monoc., I, 11, III.
(a) Pl. 52,f