CASSIS OU GADELIERS NOIRS
On produit au Canada moins de cassis que de gadelles rouges; mais il y en a une demande constante, et nous croyons que la demande ira en augmentant à mesure qu’on les appréciera davantage. Les cassis font d'excellente gelée, et on connaît depuis longtemps la valeur de la confiture de cassis.
Variétés de cassis recommandées.
Saunders, Collins, Prolific, Buddenborg's et Victoria.
Entre les variétés qui ne sont pas encore au commerce et que nous considérons égales ou supérieures à celles ci-dessus, les suivantes sont les meilleures: -
Kerry, Eclipse, Magnus, Clipper, Climax et Eagle, et le Success pour variété précoces lorsqu'on recherche la grosseur et la qualité du fruit plutôt que la productivité.
Le cassis Topsy est très beau, son fruit est de bonne grosseur et de bonne qualité. Il mûrit uniformément; mais il n’a pas été tout à fait aussi productif que d’autres. La Bishop Giant est une variété qui promet.
Multiplication.
La méthode ordinaire de multiplication des gadeliers est celle du bouturage. Les boutures racinent très facilement et en une saison. On en obtient de très bonnes plantes. Le meilleur temps de l’année pour faire les boutures est l’automne; car les gadeli commencent à pousser de très bonne heure au printemps, et une fois que les bourgeon son gonflés, on ne peut plus bien faire raciner les boutures. On emploie du bois de la pousse de l’année. On peut le couper au commencement de l’automne, aussitôt que le bois est aoûté; à Ottawa, il est bon de le couper pendant la première moitié de septembre. On coupe les pousses aussi lc gues que possible pour sauver du temps dans le champ, et on les place dans une cave humide et fraîche, ou bien on les enterre dans du sable. Il est préférable de faire aussitôt les boutures. A cette fin on taille le bois en tronçons d’environ neuf pouces de longueur, quoiqu’un pouce ou deux de plus ou de moins ne fasse pas une grande différence. L’extrémité inférieure doit être taillée carrément, juste au-dessous d’un œil. Au sommet il faut laisser au moins un demipouce de bois au-dessus de l’œil le plus haut; car ‘1 faut que le bourgeon produit par cet œil pousse vigoureusement, et, si le bois étr à trop près, la pousse pourrait en
être affaiblie; il vaut mieux que cette section soit faite en biais pour laisser écouler l'eau de pluie; mais cela n’eët pas important. Lorsque les boutures sont faites, il faut les planter aussitôt ou bien les meitre en jauge. Si on les met en jauge, on les attache
recouvrant d'environ trois pouces de terre. La raison pour laquelle on doit les enterrer la tête en bas, c’est pour que le bas des boutures soit plus près de la surface, où le sol est plus chaud et où il y à plus d’air; ceci les fait former un callus plus vite. Les callus seront formés au bout de quelques semaines; et on pourra alors planter les boutures en pleine terre si on juge à propos de le faire. On conserve les boutures pendant lhiver en les mettaht en jauge ou en les enterrant dans du sable dans une cave fraîche; ou bien, après que les callus se sont formés sous quelques pouces de sol en pleine terre, on peut les y laisser passer l’hiver après les avoir recouvertes de quatre ou cinq pouces de terre de plus afin de les empécher de sécher. C’est en plantant les boutures en rangs de pépinière aussitôt qu’on les a faites, qu’on a le moins de peine à obtenir de bons résultats. Il faut que le sol ait été bien préparé et que l’eau n’y séjourns jamais. On trace des sillons espacés de trois pieds et assez profonds pour que l'œil le plus haut ou deux yeux au plus soient au-dessus de la surface. On place les boutures à environ six pouces les unes des autres du côté uni des sillons, et on les recouvre en partie de te:re, que l’on tasse bien avec le pied. Lorsqu'on n’en a qu’un petit nombre à planter, on peut creuser une tranchée à la bêche.
= Rendements des gadeliers.
Le gadelier rouge est une des plantes à fruits qui produisent le plus régulièrement, et, comme il est naturellement fécond, le rendement moyen doit être élevé. Boiley, dans le Horticultural Rule Book, estime le produit moyen à 100 boisseaux par acre. Card, dans son livre Bush Fruits (Les Petits Fruits), l’évalue à 100 ou 160 boisseaux, le rendement pouvant s'élever jusqu’à 320 boisseaux par acre. A la-ferme expérimentale centrale, la variété Rankin’s Red, la plus féconde, a, les quatre années dernières, donné une moyenne de 8,107 livres par acre, c’est-à-dire plus de 202 boisseaux par acre. La variété Red Dutch a rapporté une moyenne de 7,835 livres par acre, ce qui fait plus de 188 boisseau. La production la plus forte obtenue de gadeliers rouges, à la ferme expérimentale centrale, a été en 1900, alors que six plantes de Red Dutch ” ont donné 73 livres et 15 onces de fruit. Les plantes étaient espacées de 6 pieds par 5. Ceci représente un rendement de 17,892 livres par acre, de 40 livres au boisseau, 447 boisseaux et 12 livres par acre. La même variété, en 1905, dans une nouvelle plantation, a produit 564 livres sur six plantes, 13,431 livres par acre, soit 335 boisseaux et 31 livres. Ce sont là des rendements très élevés, et, bien que dans la culture ordinaire en champ on ne puisse pas compter sur la moitié d’une pareille récolte, le fait qu’il est possible d'obtenir de tels rendements dans une petite étendue de terrain doit être un encouragement à tâcher d'obtenir davantage dans une grande.
Le rendement moyen des cassis est un peu moindre que celui des gadeliers rouges, quoiqu'il y ait des cas de rendements élevés. Le cassis Saunders, au cours de quatre années, a produit en moyenne 6,382 livres par acre, ce qui fait plus de 159 boisseaux. Le plus fort rendement de cassis a été obtenu en 1905, alors que six plantes de Kerry, espacées de 6 pieds par 5, ont produit 62 livres de fruits, ou 15,004 livres F«r acre, ce qui équivaut à 375 boisseaux, le boisseau pesant 40 livres.
Maladies et insectes.
Le gadelier est sujet à très peu de maladies. Les seules qui lui fassent beaucoup de tort sont les suivantes.
l'avelure (Leaf Spot, Rust).—Le champignon de la tavelure affecte les gadeliers noirs, rouges et blancs, dont il fait tomber les feuilles prématurément, ce qui affaiblit les plantes. On remarque d’abord cette maladie vers le milieu de l'été, alors que de petites taches brunâtres font leur apparition sur les feuilles. Ces taches deviennent quelquefois si nombreuses qu’elles affectent une grande partie du feuillage et font bientôt tomber les feuilles. Comme la maladie apparaît souvent avant que les fruits aient été cueillis, il est difficile de la combattre si l’on traite les plantes seulement après la récolte. Si l’on fait usage de carbonate de cuivre ammoniacal, on peut, sans tacher les fruits, traiter les plantes une semaine ou deux avant le moment approximatif de la récolte et au besoin faire une deuxième application. Aussitôt après la récolte des fruits, il faut parfaitement asperger les gadeliers avec la bouillie bordelaise. Nos expériences ont fait voir que l’on peut enrayer cette maladie par des aspersions de ce genre.
Anthracnose du gadelier (Currant Anthracnose).—Cette maladie, que l'on peut confondre avec la tavelure, affecte différentes parties de la plante, y compris les feuilles, les pétioles, les jeunes branches, les fruits et les pédoncules des fruits. Elle se manifeste sur les feuilles par de petites taches brunes, qui sont ordinairement plus petites que celles produites par le champignon de la tavelure. Les feuilles inférieures sont d’abord atteintes, puis les supérieures. . Elles jaunissent et finissent par tomber à terre, et la maladie peut même les faire toutes tomber prématurément. Sur les pétioles la maladie cause de légères dépressions. Le fruit est marqué de taches noires arrondies qu’on voit plus facilement lorsque le fruit est vert. Sur le jeune bois les parties attaquées sont de couleur plus claire mais moins apparentes. Le bois est loin d’être aussi décoloré que les feuilles. Les spores qui propagent cette maladie se forment dans des pustules qui sont pour la plupart sous l'épiderme supérieur de la feuille. Là où les spores doivent apparaître, la surface de la feuille est soulevée en petites bosses noirâtres. Lorsque les spores sont formées, l’épiderme crève, et elles s’en échappent par l'ouverture pour aller infecter d’autres parties de la plante. Quand la maladie a fait tomber les feuilles de bonne heure, il peut arriver que le fruit soit échaudé par le soleil. Le fruit peut aussi se flétrir avant d’être mûr, faute de nourriture ou d’humidité, la circulation étant ralentie par suite de l’absence de feuilles. Une autre conséquence de la chute prématurée des feuilles c’est que les boutons ne s’aoûtent pas bien et par conséquent ne sont pas en bon état pour porter fruit l’année suivante.
Nous recommandons les aspersions de bouillie bordelaise pour aider à tenir la maladie en échec. 11 est utile, dans les endroits où lon a à souffrir de l’anthracnosè du gadelier, de traiter parfaitement les plantes avant la pousse des feuilles. Il faut faire une deuxième application lorsque les feuilles se développent, et d’autres ensuite, à intervalles de dix à quinze jours, jusqu’à ce que les fruits aient atteint presque toute leur grosseur et qu’il y ait danger que ces fruits, une fois mûrs, soient décolorés par la bouillie. On ajoute du vert de Paris à la bouillie bordelaise lorsqu’apparaît la première génération de la chenille du gadelier. Il est bon d’en faire une forte applic:tion après
la récolte des fruits.
autres sans ailes, Les pustules sont causées par les attaques de ces insectes, ot, jore. cas, ils font beaucoup de tort aux
quantités de pucerons; mais il faut que les
«—Dans la Colombie-Anglaise et dans plusieurs endroits des provinces du Nord-Ouest ot du Manitoba, les gadelles rouges, les noires et
« ées, sérieusement attaquées par les vers d’une atteignent leur grosseur juste au moment où les fruits vont être mûrs. Ils les font tomber à terre; là les insectes en sortent et s’enfoncent dans le sol pour s’y transformer en pupes. Le fruit attagu + contenant les vers, n’a plus aucune valeur; et souvent c’est seulement lorsque le est cuit que l’on y reconnaît la présence des vers blancs. Le ver de la gadelle nCcontre quelquefois d1ns les groseilles, mais beaucoup moins fréquemment que de cassis et les groseilles rouges.
Remède.—Le seul traitement qui ait donné quel bon résultat exige beaucoup de travail; il consiste à enlever trois pouces du sol au .essous des plantes que l'on sait avoir -t- infestées et à le remplacer par d’autre sol. Celui qui a été enlevé doit être traité de manière à ce que tous les pupariums qu’il contient soient détruits. On peut, pour cela, le jeter dans un étang ou l’ensevelir profondément dans la terre.
Chenille du gadelier ou mouche-à-scie du gadelier importé (Currant Worm or
Imported Currant Sawfy).—De beaucoup le mieux connu de tous les insectes des gadeliers et des groseillers est la “ Chenille du gadelier”, On peut malheureusement trouver chaque année ces fausses-chenilles d’un vert foncé, à taches noires, dans la plupart des plantations de gadeliers ou de groseilliers de presque toutes les parties du Canada. Les œufs, qui sont blancs, sont déposés vers la fin de mai en rangs le long des nervures des feuilles, à la surface inférieure, Les jeunes chenilles, une fois écloses, trahissent bientôt leur présence par les petits trous qu’elles percent à travers les feuilles, À moins qu’on ne:les détruise Promptement, elles ont bientôt défeuillé les plantes, qui étant par là très affaiblies, ne peuvent pas müûrir leurs fruits cette année ni non plus en donner, l’année suivante, de bonne qualité. Il y a, au Canada, au moins deux générations de cet insecte par saison. La première apparaît juste au moment où les feuilles atteignent toute leur grandeur, et la seconde lorsque les fruits môûriscent. L’insecte parfait est une mouche à quatre ailes qu’on peut voir voltiger autour des plantes au commencement du printemps. Le mâle est noirâtre, a les pattes jaunes et est à peu près de la même grosseur qu’une mouche domestique, mais il a le corps moins épais. La femelle est plus grosse que le mâle et a le corps jaune comme les pattes,
Remède.—Contre la première génération on peut saupoudrer sur les plantes un mélange de 1 once de vert de Paris et de 10 galions d’
eau, ou bien les poudroyer d’un mélange sec de 1 once de vert de Paris avec 6 livres de farine, après une averse, ou
pendant que les feuilles sont humides de rosée. Pour la seconde génération il ne faut pas employer le vert de Paris, mais l’ellébore blanc; on l’applique à l’état de poudre sèche ou bien on en répand une décoction de 1 once dans 2 gallons d’eau. Il vaut naturellement beaucoup mieux combattre énergiquement la première génération, de manière à réduire le nombre des femelles qui pondraient les œufs et créeraient la seconde génération.
Le groseillier ou groseillier à maquereau (gooseberry) a été comparativement peu prisé en Amérique, quoique dans le nord de l’Europe, et surtout dans les îles Britanniques, il ait longtemps été en grande faveur, et que, depuis deux ou trois cents ans, il s’y soit produit une étonnante amélioration dans la grosseur du fruit. Lorsque l’on a commencé à cultiver le groseillier en Europe—probablement au 16e siècle—le fruit, s’il était ce qu’il est maintenant à l’état sauvage, avait seulement un demi-pouce de diamètre et pesait moins d’un quart d’once. Les groseilles les plus grosses qui aient été produites ces dernières années, ont une bien plus grande dimension. Le poids le plus élevé dont j'aie eu connaissance était de 2 onces; maip il y a probablement des fruits d’un poids plus considérable. Les groseilliers d'Angleterre et d'Europe proviennent d’une espèce originaire du nord de l’Europe appelée Ribes Grossularia.
Comme le groseillier est une plante indigène et qu’on le trouve croissant à l’état presque sauvage ou tout à fait sauvage, jusqu’au cercle arctique, la culture de cet arbuste fruitier s’étendra sans nul doute très loin vers le nord.
Il y a au Canada une demande de groseilles constante bien que restreinte; mais la groseille n’a jamais été généralement prisée dans ce pays-ci. En Angleterre on cultive les groseilles en grandes quantités pour les manger crues ou en confitures. Au Canada on ne les mange guère crues, mais plutôt dans des tartes, ou bien en conserves ou en confitures.
Sol, plantage et culture.
Le groseillier est une plante qui a besoin d’hun.'dité; c’est pourquoi il fait choisir un terrain où il y a toujours de l’eau pendant la saison de la croissance. Dans les sols secs les groseilliers souffrent beaucoup durant la sécheresse, les feuilles tombant quelquefois prématurément, et le fruit étant échaudé par le soleil. Il faut que le terrain soit frais. La plupart des terrains sont ordinairement frais, mais la surface d’un terrain sableux devient très chaude en été, ce qui est défavorable aux groseilliers. Les terres fortes argileuses bien drainées sont celles qui leur conviennent le mieux, car elles sont à la fois fraîches et humides. Le sol devrait contenir beaucoup d’aliments nutritifs facilement assimilables. Pour produire ces aliments, une bonne application de fumier pourri et soigneusement assimilé au sol est parfaitement utile. Le sol doit être bien préparé et ameubli comme pour une culture de racines. Vu que les groseilliers commencent à pousser de bonne heure au printemps, il est ordinairement préférable de les planter en automne, et, comme ils perdent leurs feuilles de bonne heure, on peut les planter en septembre; ils seront ainsi en bon état à l’approche de l’hiver. On peut employer, pour planter, des boutures ou des marcottes bien racinées. On les met en rangs espacés d’environ six pieds et à intervalles de quatre pieds dans les rangs.
Comme les groseilliers poudtent beaucoup plus de bois qu'il n'est avantageux de leur en laisser, il est nécessaire de les tailler énergiquement. On taille en général les variétés anglaises à une seule tige: mais la chose n'est pas nécessaire, quoique ls cireulation plus libre de l'air, quand la taille a été faite, puisse contribuer à empêcher la Propagation du mildiou,
Le forme qu’on leur donne habituellement en Amérique est celle de la haie, A cette fin on laisse quelques-unes des manière à rendre le sommet de la d'en laisser cinq ou six en
de nouvelles pousses prendre de la taille étant de ne laisser que des tiges à pousse vigoureuse et capable de porter fruit. Le fruit se forme sur les pousses d’un an et sur bois plus vieux. En général, il n'est pas avantageux de plus de trois ans. Le meilleur temps pour la taille est l'automne ou l'hiver. On retranche à la surface du sol les jeunes braiches les plus . faibles, ainsi que celles d'entre les plus fortes dont on n’a plus besoin pour la fructification ou pour le remplacement des vieillæ +. ches, qui doivent être supprimées, On rabat les pousses latérales des vieilles brauvaes, ou bien on les supprime entièrement de manière à meintenir le sommet de la haie passablement ouvert pour qu'il soit aussi facile que possible de cueillir le fruit, et pour conserver assez de bois nécessaire à la production d’une bonne récolte et pour ombrager le fruit et le protéger contre le soleil ; Car par les temps chauds et secs les groseilles sont sujettes à souffrir d’échaudement. Lorsque les branches ont plus de trois ans, on les supprime, afin qu’il y ait place pour du bois plus jeune. Il est bon de retrancher toutes les branches qui touchent le sol, Pour que l’air circule plus facilement et que le fruit ne risque pas d’être sali par la terre. Les groseilliers commencent souvent à produire la deuxième année après le plantage: mais il n’y a pleine récolte qu’à la quatrième saison. Si l’on maintient le sol en bonne condition par une application annuelle faite, en automne, de fumier d’étable bien consommé, enfoui à la herse le printemps suivant, et si l’on poudroie de poison les groseilliers et si on les taille intelligemment, il n’y aura, pendant bien des années, aucune nécessité de renouveler la plantation.
Rendements des groseilliers.
Le groseillier d'Amérique est fécond et produit en général abondamment, si on le cultive bien. Il est toutefois très important qu’il ait un ample feuillage pour abriter les fruits contre le soleil; malheureusement, beaucoup d’horticulteurs fruitiers laissent détruire une grande partie des feuilles par la chenille du gadelier, et ensuite, s’il vient un temps chaud, les fruits en souffrent. Six pieds du groseillier Pearl ont, en cinq ans, produit par an une moyenne de 12,402 livres par acre, ou plus de 310 boisseaux de 40 livres par acre. Le rendement le plus élevé d’une seule année que nous ayons obtenu, a été en 1905, alors que cinq pieds de Pearl espacés de 6 pieds par 4 ont produit 74 livres, ce qui équivaut à 27,995 livres par acre, équivalant à 680 boisseaux et plus par acre.
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Le rendement le plus élevé mentionné par Card dans son ouvrage “ Bush Fruits ” a été de 450 bolsseaux par acre, obtenus à 1: station expérimentale dy Geneva (N.-Y.). Li estime la production probable à 300 ou 600 boisseaux par acre. Bailey évalue la production moyenne à 100 boisseaux par acre; mais nous croyons ce chiffre très inférieur à celui du rendement qu’on obtient au Canada.
Variétés de groseilliers recommandées.
Variétés d'Amérique.—Pearl, Dowing, Red Jacket.
Variétés d’Angleturre (d’après les essais faits à la ferme expérimentale centrale).— C'ompanion, Eagle, Glenton Green, Queen of Trumps, Snowball.
Variétés d'Angleterre ordinairement recommandées.—Whilesmith, Industry.
Mu)tiplication.
On peut multiplier le groseillier par le bouturage ou par le marcottage. Le culti- : vateur ordinaire obtiendra sans doute les meilleurs résultats par le marcottage, car il est souvent difficile de réussir par le bouturage. Pour le marcottag., on taille énergiquement les groseilliers en automne. Cette opération détermine, à la saison suivante, une pousse vigoureuse de jeune buis. Lorsque la pousse est à peu près terminée, c’està-dire au commencement de juillet, on relève la terre autour des tiges et entre elles, jusqu’à ce que les sommets des jeunes pousses soient seuls découverts. On tasse la terre et on la recouvre de terre meuble, qui retiendra mieux l'humidité, La plupart des variétés américaines seront bien racinées à l'automne; on pourra alors détacher les jeunes plantes et les repiquer en rangs de pépinières le même automne ou le printemps suivant. On doit les laisser là durant une saison. 11 faut ordinairement deux ans aux variétés anglaises pour raciner; on laisse donc tout ce temps le sol sur les tiges. Les boutures des vuriétés américaines donnent quelquefois des résultats assez satisfaisants, si elles ont été faites de bois bien aoûté et traitées comme celles des gadeliers. On les fait de six à huit pouces, au moins, de longueur, et on les enterre à l'automne. Au printemps on les repique en rangs de pépinière, en les plantant assez profondément pour qu’il y ait seulement un ou deux yeux au-dessus du sol. On peut multiplier les variétés américaines ou anglaises par des boutures de bois vert mises dans une serre ou dans une couche chauffée par le fond.
Echaudement du fruit.
Par un temps très chaud et sec, les groseilles sont souvent échaudées, deviennent sans valeur et tombent à terre. Si les groseilliers sont plantés dans une terre forte et fraîche, fréquemment binée, et si l’on empêche les fausses-chenilles de dévorer les feuilles, on n’aura point üe difficulté sous ce rapport-là. Malheureusement, dans beaucoup de plantations les fquilles font grandement défaut, soit faute de binages, soit par suite des dégâts des fausses-chenilles; et c’est alors que l’échaudement cause le plus de tort.
Mildiou du groseillier (Gooseberry Mildew).—Le mildiou du groseillier a empêché de cultiver généralement le groseillier «nglais en Amérique. Cette maladie attaque 20143—3
les fouilles, les rameaux et les fruits. Devenue violente, elle détruit les fouilles et envahit les fruits, dont elle fait tomber la plus grande partie: Elle affaiblit tellement me nes que celle-ci ne 'aodtent pas parfaitement et qu'elles se Ru,
sans nouer de fruits. La récolte est virtuellement détruite. La maladie se manifeste
sent Rmcement de la saison par une couche, ressemblant à une toile, QE HAN
Jes feuilles, les pousses et les fruits. C'est le mycèle du champignon de la maladie;
et ce mycèle produit ensuite les spores qui propagent la maladie. On le remarque
ordinairement d'abord sur les parties inférieures et les plus ombragées de la plante.
Au moment de la production des spores, le mildiou semble pulvérulent. Plus tard il se
forme des spores d'hiver qui éclosent au printemps. Comme le mycèle et les spores
sont à la surface de la plante, on pourrait penser qu’il doit être facile de tenir cette maladie en échec; mais les cor \itions météorologiques de notre pays paraissent être si
favorables au développement des spores que le mildiou du groseillier se répand avec une grande rapidité, et que pour empêcher cette infection il faut des aspersions empoieonnées constantes et complètes. Les variétés d'Amérique sont rarement attaquées par le mildiou du groseillier.
Remède.—Première application : Poudroiement de sulfate de cuivre ou lavage de soufre et de chaux, immédiatement avant l'ouverture des feuilles.
Seconde application :—Bouillie bordelaise ou sulphide de potasse (1 once dans deux gallons d'eau), ou aspersion de chaux et de soufre juste avant l'épanouissement des boutons.
Troisième application :«— Mélange de bouillie bordelaise et d’ellébore, poudroiement de chaux et de soufre ou sulphide de potasse, quand le fruit est noué.
Quatrième application :—Poudroiement de chaux et de soufre ou de sulphide de potasse dix joure plus tard, si ]a chose est nécessaire.
Tavelure (Leaf Spot Rust).—Cette maladie qui cause des taches sur les feuilles du groseillier et les fait tomber prématurément, est semblable à la tavelure du gadelier,
et on peut la traiter de la même manière.
Ver du gadelier.—Voir sous le titre “ gadelier ”.
Ver de la groseille (Gooseberry Fruit-worm).—Juste avant que les groseilles môûrissent, on peut quelquefois en voir deux ou trois ensemble, colorées prématurément et liées entre elles par des toiles filées par la chenille d’un petit papillon. Ces chenilles sont d’un blanc verdâtre pâle avec une teinte rougeâtre. Elles vivent dans le fruit même, et, lorsqu'elles ont dévoré l’intérieur d’une groseille, elles passent dans celle d'à côté, qu’elle lient à la première par une toile en fils de soie. Arrivées au terme de leur croissance, elles tombent à terre et, juste au-dessous de la surface du sol, se file un cocon brun ressemblant à du parchemin. On voit très rarement les papillons, qui
de stries et de bandes obscures. Ils pondent leurs œufs de
sont gris pâle et marqués bonne heure au printemps, et il n’y a qu’une seule génération par an. mbattre ces insectes, qui heureusement ne
Remède—La meilleure manière de co sont pamais nombreux, est celle de ramasser à ia main les groseilles infestées et liées
ensemble. On assure que les poulets et autres oiseaux de basse-cour sont utiles pour détruire les chenilles et les chrysalides, et il est certain que les très jeunes poulets sont
ide de
euilles idelier,
oseilles rément henilles le fruit ns celle erme de , se file ons, qui œufs de
ment ne et liées les pour lets sont
Jeur mère enfermée pour qu'elle ne puisse aller partout.
Insecticides.
Préparation du vert de Paris: 1 livre, éteinte ou toute autre poudre parfaitement sèche, 50 livres.
Son empoisonné.—Mêler à livre de vert humecté.
Arséniate de plomb: Contre les Arséniate de plomb.. .....:.
M some rester
Bien mélanger avant de s'en servir,
Ellébore:
à sec et sans le diluer.
Ou bien on saupoudre l’ellébore
Eau de pluie... ..
Savon... .. »
pétrole et on agite fortement le mélange dilue les 3 gallons d'émulsion-mère dans 9 parties d’eau,
les aspersions.
Emulsion de farine:
Pétrole.. .. ...
Farine.. ...
minutes. Employer immédiatement.
Savon à l'huile de baleine:
Contre les pucerons bruns ou noirs.. .. .
Contre le kermès (jeunes)... .+ -: +: -- 1 Contre les pucerons verts et Îles cicadelies. Contre le kermès de San-José (en hiver)...
Lo +
RE LR LL is avec farine, plâtre à amendement, chaux
utiles dans un jardin pour détruire un grand nombre d'insectes. 11 faut toutefois tenir
Vert de Paris: Contre les insectes qui dévorent les feuilles.
de Paris avec 50 livres de son légèrement
insectes qui dévorent les feuilles.
Hllloes Mans. se core se ee veerenre see nr ve
Emulsion de pétrole: Contre de kermès et autres insectes suceurs. Pétrole (huile de charbon)... .. ....::+::::::"* °°
On fait dissoudre le savon dans l'eau bouillante, on le retire du feu, on y verse le pendant 5 minutes. Avant de l’appliquer, on ce qui donne 30 gallons pour
Méler la farine au pétrole, puis ajouter l’eau et agiter violemment pendant cinq
1 liv. dans 4 gal. d'eau.
1 livre.
1 “ 160 gallons.
8 livres. i 40 gallons.
1 once.
2 gallons.
9 gallons. È 1 gallon. | à livre.
1 pinte.
8 onces.
2 gallons.
Bouillie soufrée: Contre le kermès San-José et les maladies fongueuses. Es de + Soufre en poudre.. ...,.................... 15 “ EE
Eteignes la chaux dans une quantité d’eau suffisante pour faire la lotion. Ajoutezy du soufre en le saupoudrant sur la chaux que vous délayez. Brassez bien et faites bouillir durant une heure, au moins, en n’y ajoutant que l’eau qu’il faut pour faire facilement cette mixture. Quand celle-ci est bien bouillie, filtrez-là dans de la toile à sacs et appliquez-là pen nt qu’elle est chaude.
La solution chaux-soufre, qu’on emploie sur les arbres qui n’ont pas de feuilles, doit être diluée dans la proportion de 1 gallon de la bouillie concentrée pour 9 gallons d’eau, suivant la densité de cette bouillie, Pour être employée en été, la préparation chaux-soufre doit être diluée dans la proportion de 1 gallon pour 38 ou 40 gallons d’eau. L’arsénite de chaux fera du tort au feuillage.
Insecticides.
Bouillie bordelaise—Con’-a les insectes.
Sulfate de cuivre pluestone).. .. .. ............ CAMES sec ce ce ses de Eau (un baril).. .......
Diluez le sulfate de cuivre en le mettant dans un vaisseau de bois ou de terre suontenant 4 ou 6 gallons d’eau, plus ou moins.
Eteignez la chaux dans un autre vaisseau. Si la chaux, une fois éteinte, reste en gros morceaux ou granulée, elle doit être filtrée dans de la grosse toile ou dans un tamis fin: Versez la solution de sulfs* ‘3 cnivre dans un baril. Le sulfate peut être tout d’abord dissous dans ce baril. : sez à demi le baril, diluez la chaux éteinte dans
. ce baril, et versez-y la solution te de cuivre. Brassez bien le tout.
Ne mêlez jamais le lait de ch; .. concentré à la solution de cuivre.
On peut préparer une forte solution de sulfate de cuivre et de lait de chaux et la garder dans des barils couverts. Il faut avec soin prendre note des quantités de chaux et d’eau qui doivent entrer dans la préparation. La bouillie bordelaise perd sa propriété en vieillissant et doit être utilisée aussitôt qu’elle est faite. Si la couleur de la bouillie tourne au brun rougeâtre, ajoutez-y du lait de chaux.
La bouillie bordelaise—Contre le fongus et les insectes qui dévorent les feuilles — Ajoutez à 40 gallons de la bouillie bordelaise, préparée comme ci-dessus, de 4 à 8 onces de vert de Paris, ou 3 livres d’arsénite de plomb.