LE FRAMBOISIER
Le framboisier est l'arbuste fruitier le mieux prisé au Canada. Son fruit mûrit lorsque la saison des fraises est passée, et les framboisiers continuent à produire pendant trois ou quatre semaines de l’époque des plus fortes chaleurs de l'été. Les propriétés rafraîchissantes des framboises les font grandement apprécier. Elles sont excellentes à manger avec de la crème et du sucre. Aussi, en consomme-t-on ainsi des quantités considérables. Les framboises ne se mangent pas seulement telles qu’elles sont cueillies; mais on en fa:t généralement des gelées et des confitures. Le “ vinaigre framboise ” est une boisson très rafraîchissante qu’on prise surtout à la campagne,
Sol.—Le framboisier rouge réussit mieux dans un sol gras, argileux, frais et humide. Dans des sols légers et dans des sols exposés à se dessécher l'été, la récolte sera moins abondante durant la sécheresse; les tiges croîtront peu, et conséquemment, la récolte sera peu considérable à la saison suivante,
Le framboisier noir réussira mieux dans des sols légers 4..e le framboisier rouge. Il ne prospèrera pas du tout dans un sol froid. Il exige un sol plus chaud que le framboisier rouge.
Plants.—Le framboisier garde ses racines d'année en année, bien qu’il produise de nouvelles tiges tous les ans. Les tiges qui croissent durant une saison portent fruit l’année suivante, après quoi elles meurent. De nouvelles tiges les remplacent. Les meilleurs plants qui puissent être utilisés proviennent des stolons qui sortent au printemps, ou près des vieilles plantes. On les laisse croître durant l'été, on les arrache et on les transplante au mois de septembre, après que le sol est devenu humide. On peut les transplanter aussi au commencement du printemps. Au moment de la transplantation, il est bon de tailler les framboisiers à six ou huit pouces au-dessus du sol. Les framboisiers noirs et la plupart des autres framboisiers ne font pas des stolons comme les framboisiers rouges; mais ils se multiplient par les tiges supérisurs qui s’inchinent vers le sol et ÿ prennent racine. On doit raser les tiges longues et grèles après la récolte ues framboises, A l’état sauvage, où ils sont plus ou moins protégés, ils racinent ; mais dans un champ, en plein air, où ils sont exposés au vent, il est nécessaire de les recouvrir d’un peu de terre. Ainsi traités, ils font bientôt des racines, Les plants restent dans la terre jusqu’à la fin de l’automne ou jusqu’au printemps. Ils sont alors extraits du sol. Si l’on achète des plants qu’il faut transporter à une certaine distance, on doit choisir ceux d’un an. Les racines que l’on recouvrirait de plus de deux pouces de terres seraient exposées à pourrir,
Préparation du sol—Mieux le s est préparé, meilleurs sont les rendements. I] est bon de labourer profondément et d’épandre sur le sal une bonne quantité de fumier. La culture de plantes sarclées l’année précédente aidera beaucoup à une croissance rapide. Si le sous-sol est dur, on doit le fouiller et l’ameublir pour permettre aux
racines de s'enfoncer profondément dans la terre où se trouve toujours la même humidité, laquelle est nécessaire en cas de sécheresse.
Plantage, culture et taille.—Les variétés de framboisiers drageonnants doivent être plantées en rangs espacés de six pieds et avec un écartement de trois pieds dans le rang. Une autre méthode permet de planter en buttes espacées de six pieds. On peut ainsi cultiver de chaque côté des rangs. Il est bon de mettre en terre deux plants l’un près de l’autre, pour que l’un ou l’autre prenne racine. Les plants des variétés drageonnantes sont repiqués à une profondeur de quatre ou cinq pouces. Les framboisiers noirs doivent être plantés à des intervalles à peu près semblables, mais moins profondément, comme je l’ai déjà dit. Aussitôt après le repiquage on doit fouiller le sol, en ameublir la surface, durant l'été, par de fréquents binages. Il est opportun que les plantes soient vigoureuses. On ne peut les rendre vigoureuses que par de bons binages, mais, à la fin de la deuxième saison. le nombre peut en être réduit à quatre ou six des drageons les plus vigoureux. Les drageons sont sarclés à la main ou à la houe. Ils produisent peu la première année après le repiquage; ce n’est que la deuxième année qu’ils doivent donner une bonne récolte. Ensuite ils peuvent donner un bon rendement durant un espace de temps qui varie entre six ou huit ans. Quant aux variétés drageonnantes, il faut raser les tiges mortes ou inutiles, en en conservant de quatre à six des plus vigoureuses. L'opération peut se faire l'automne ou le printemps. Les tiges qu’il est bon de recouvrir l’hiver pour les protéger et qui pourraient mourir sans cette protection doivent avoir atteint une hauteur de quatre à six pieds. Les tiges qui ne sont pas protégées doivent être rabattues lorsqu'elles ont atteint une hauteur de quinze à vingt pouces. Les plantes alors produisent des branches latérales et deviennent très touffues. Ces branches sont rasées à douze ou quinze pouces au-dessus du sol, à la fin de l'automne ou au printemps. Les expériences qui ont été faites, à ce sujet, n’ont pas prouvé que l’émondage fait l'été avait des résultats aussi satisfaisants que lorsqu’on laisse les tiges atteindre leur longueur normale et que l’on se contente d’enlever l’extrémité des tiges au printemps. Dans les régions plus froides ces branches latérales sont exposées à souffrir des rigueurs de l'hiver. On doit tailler les tiges des framboisiers à chaque saison, lorsqu'elles ont atteint une hauteur de deux à deux pieds et demi, Si l’on ne fait pas cela, on peut difficilement réussir. En taillant la plante, on la rend touffue et l’on fait disparaître les branches latérales. On peut raser les branches latérales de douze à quinzes pouces, à l'automne; mais il vaut mieux les laisser intactes jusqu’au printemps. On peut alors enlever les branches mortes s’il y en a. Dans quelques régions on court quelque risque en taillant les plantes l'été. Si cette opération n’est pas faite en temps opportun, les jeunes pousses croissent trop tard et sont endommagées par les froids de l'hiver. 11 vaut mieux tailler les plantes, le printemps, à la hauteur voulue.
Protection en hiver.—Dans quelqnes régions du Canada certaines variétés de framboisiers ne réussissent pas très bien, si leurs tiges ne sont pas protégées durant l’hiver. On peut les protéger facilement en les ployant jusqu’à terre et en recouvrant leur sommet d’un peu de terre. Powur les ployer et les recouvrir sans les briser, il faut prendre un peu de terre sur un côté de la butte, réunir les tiges en un faisceau, les coucher le long du rang au moyen d’une fourche maniée par un homme, tandis qu’un autre homme les couvre de terre en quantité suffisante pour les empêcher de se rs :
Rennes ve pos à
Le coût du travail nécessité pour la culture d'une acre de terre, planté de framboisiers,
ne devrs't pas dépasser 85.00. Ainsi protégées, les tiges resteront en bon état durant l'hiver, 81 elles ne sont pas protégées, elles souffriront beaucorp.
En, “e.—Du fumier d’étable bien pourri, épandu tous les ans, aidera à conserver la fertili 6 du sol, qui est nécessaire à l'obtention de bonnes récoltes.
Variétés de framboises recommandées.
Pour la culture générele:— Rouges, hâtives.—King, Brighton, Count, Marlboro. Récolte principale.—Curthbert, Herbert.
Noires.—Hilborn, Older, Gregg, Smith, Giant.
Pour la consommation domestique :— Rouges.—Herbert, Sarah, Clarl., Hubner.
Jaunes. —{olden Queen.
Violettes.—Columbian.
Noires.—Hilborn, Older, Gregg, Smith, Giant.
Variétés plus rustiques.
L'ouges.—Herbert, Sarah, Turner, King, London.
Jaunes.—Golden Queen.
Noires.—Hilborn, Older, Cumberland et Gibraltar, deux nouvelles variétés . qui promettent. e
La récolte des framboises, comme celle de la plupart des autres fruits, dépend grandement des conditions météorologiques, et, bien que j'on ait planté la meilleure variété, ni la saison est défavorable ou que la plantation n'ait pas été faite avec soin, le rendement en sera sensiblement diminué. Généralement on constatera que plus on pourra augmenter la production par des soins particuliers, plus le surcroit de travail et de dépense sera compensé par l'augmentation de la récolte et du profit. Suivant Bailey, une bonne récolte de framboises varie, entre 50 et 100 boisseaux par acre. Card a constaté, d’après les renseignements reçus de 56 horticulteurs, que le rendement moyen des framboises rouges est d'environ 69 boisseaux par acre. À la ferme expérimentale centrale le rendement moyen d’un rang du framboisier Herbert d’une longueur de 90 pieds, a été, pour les deux années dernières, de plus de 205 boisseaux par acre ou d’environ 6,586 livres. Le rendement moyen de deux rangse de 18 pieds de long ou d’un seul rang de 36 pieds de long a été, pour les trois dernières années, de 229 boisseaux par acre ou de 5,602 livres, Le rendement moyen du Brighton dans deux rangs de 18 pieds de longueur a été de plus de 175 boisseaux par acre ou de 5,602 livres. Le rendement le plus considérable d’une seule variété r été donné, en 1904, par Je Herbert, dont deux rangs de 18 pieds ou un seul rang de 36 pieds de longueur, ont
produit 50 livres et 19 onces, ce qui représente 10,284 livres par acre ou 319 boisseaux et 26 livres, le boisseau pesant 32 livres,
Bien que ces rendements considérables soient ceux < petites pièces de terre, ils. indiquent qu’on peut augmenter beaucoup la sroduction moyenne dans tout le pays.
Le môûrier est originaire des Etats de l'Est. Au Canada on le trouve à l’est et à l’ouest, depuis la Nouvelle-Ecosse jusque près de la frontière du Manitobs. La production des mûres pour le marché dans les provinces de l'Ontario et de Québec est restreinte surtout au sud-ouest de l'Ontario. Dans la région du lac Huron, où il tombe beaucoup de neige, les mûres réussissent très bien, mais lorsque la neige comme abri leur fait défaut en hiver, leur rapport n’est pas satisfaisent. On les cultive avec plus ou moins de succès dans d’autres parties de ons provinces, les résultats obtenus correspondent en général à la somme de pro’ xtion qu’elles ont eue pendant l’hiver. À Ottawa les bonnes récoltes de mûres sont rares, car le plus souvent il n’y a pas tout à fait assez de neige pour les bien abriter, et les tiges souffrent. Le mûrier produit très abondamment dans la Colombie-Anglaise, et sa culture réussit aussi dans certaines parties des Provinces Maritimes.
Multiplication.
Le môûrier est un de” arbustes fruitiers dont la multiplication est la plus facile.
On peut emplorer les drageons (suckers) qui sont produits en grand nombre, ou bien, ei l’on veut multiplier une variété encore plus rspidement que par l’emploi des drageons, on peut le faire par des boutures de racines. On coupe les racines en tronçons de deux à trois pouces de longueur, ce qu’on fait à l'automne ou au printemps. On les plante en rengs de pépinière pendant une saison, à environ trois pouces de profondeur; puis, à l’automne, si l’on a bien rempli le sol, on aura de bonnes plantes.
Sol, plantage et culture.
La maturation des mûres a lieu à un moment critique de l’année, car à la fin de juillet ou en août, le temps est souvent chaud et sec. Si le sol n’est pas saturé d’humidité, le fruit se dessèche et, au lieu de la grosse récolte qu’on pouvait attendre, on n’a que quelques bonnes mûres. 11 faut done choisir un sol qui retient bien humidité. Comme le mûrier croît tard en automne et est, par conséquent, plus délicat que le framboisier, il est bon de choisir un sol qni, bie: que riche en aliments nutritifs, ne contient pas trop d'azote, ce qui occasionnerait une pousse tardive. C’esi pourquoi il faut éviter en général les terrains bas, car ils sont ordinairement riches en azote.
Un des meilleurs sols pour les mûres est une terre argileuse élevée. Dans un tel sol, il y a probablement assez de suc pour les plantes et assez d'humidité, sans excès de l’une ni de l’autre; les conditions y sont favorables au développement du fruit-et à
l’aoûtement du bois. 11 faut que le scl soit bien préparé, comme pour tous les autres arbustes fruitiers, et pour la plupart des sols on trouvera avantageux d’appliquer une bonne couche de fumier d’étable pourri.
Il est ordinairement préférable de planter au printemps, Si mencement de l’automne les jeunes plants pourront Pousse souffrira de l'hiver: c’est Pourquoi si l’on plante en automne il faut le faire tard. De vigoureux drageons d’un an sont les meilleurs à planter.
l’ôn plante au comcommencer à pousser, et leur
Pouces, et les plantes à environ trois pieds les une des autres faire rapidement le plantage, il faut tracer de
LA
Si l’on désire produire des fruits particulièrement beaux, il faut d
onner un espacement de huit pieds en tous sens, et tenir les plantes en buttes.
On peut ainsi passer la
. Les plantes, ayant ainsi plus d’espace pour se développer, porteront de plus beaux fruits. :
Il faut faire de bons “houages la première année racine et poussent vigoureusement durant les jou plantes ont de dix-huit pouces à deux pieds de hauteur, on les rase afin de leur faire pousser des branches latérales et de les empêcher de trop s'étendre. On retranche toutes les tiges excepté trois ou quatre des plus vigoureuses. La seconde année on rase les nouvelles pousses de la saison lorsqu'elles ont de dix-nuit pouces à deux pieds de hauteur, et, comme elles n’ont pas toutes la même taille, il est nécessaire de renouveler l'opération plusieurs fois. Il est important de faire ce travail au bon moment; var si l’on tarde trop, les branches latérales Pousseront trop tard et souffriront de l’hiver. A la seconde saison il faut laisser cinq ou six des tiges les pl toutes les autres pendant l'été ou ennée en retranchant les tiges qui Tous les printemps on rabat «.:ergiquement les branches latérales. doit laisser aux branches dépend de la variété. I] ÿ en a qui produi | près de l’extrémité que d’autres.
| Chaque variété, il faut rabattre les branches latérales seulement lorsq fleurs apparaissent.
afin que les plantes prennent bien rs de la végétation. Lorsque les
La longueur qu’on sent les fruits plus
est le meilleur. On peut rabattre les plantes au printemps jusqu’à la hauteur de trois ou quatre pieds,
et couper les branches latérales, comme nous lavons déjà recommandé. L’émondage opéré en été tend à mainteni seraient autrement; i
Pour la production des mûres, la Conservation de 1 et, comme le fruit ne mûrit que tard en été, les hou
"humidité est très importante, E ages devront être plus tardifs que
pour la plupart des arbustes fruitiers. On trouvera, en général, qu’il vaut mieux les continuer jusqu’à la veille de la cueillette. .
Cueillie à point la mûre est un des fruits les plus savoureux, mais, cueillie avant d’être mûre, elle est absolument sans valeur. Malheureusement, certaines variétés noircissent avant d’être parfaitement mûres, et on les cueille trop tôt. Souvent aussi on cueille les mûres avant qu’elles soient bien colorées. Elles ne sont pas mûres quand elles arrivent sur le marché, ét il ne faut pas s'étonner si ceux qui les goûtent dans cet état ne veulent plus manger de mûres. Les producteurs de fruits auraient le plus grand avantage à prendre note de cela, et à n’expédier d’autres fruits que ceux qui seraient en bonne condition lorsqu'ils parviendraient au consommateur.
Une plantation de mûriers est en pleine production la troisième saison après le plantage, et continuera à donner longtemps du profit si on la cultive bien; mais il vaut généralement mieux renouveler la plantation tous les huit ou dix ans.
Rendement du mûrier. |
La récolte de mûres est plus incertaine que celles des gadelles, des groseilles et des framboises, car elle souffre plus des gelées en hiver et souffre plus de la sécheresse en été. Nous n’avons jamais eu à Ottawa de récoltes de mûres vraiment bonnes, la plus forte ayant été faite en 1895, alors que l’Agawam produisit 2,452 boîtes de fruits par acre. La récolte la meilleure après celle-ci fut faite en 1903, alors que l’Agawam produisit 1,979 boîtes par acre.
Bailey, dans son Horticultural Rule Book, évalue le rendement à 50 ou 100 boisseaux par acre, ce qui, à 32 livres au boisseau, équivaut à 3,200 livres par acre.
Variétés recommandées.
Agawam, Snyder, Eldorado, et pour les régions du sud, Kittatinny.
Antkracnose du framboisier (Raspberry Cane Rust).—Depuis quelques années, l’anthracnose nuit sérieusement aux framboisiers dans bien des parties du Canada. Les dommages que cette maladie, si difficile à enrayer, a fait éprouver aux producteurs, les a découragés et leur a fait abandonner la culture du framboïisier. Cette maladie se manifeste quand les jeunes pousses ont de douze à quinze pouces de longueur; on la reconnaît alors aux taches brunâtres ou violâtres ou bien aux dépressions qu’elle laisse sur les jeunes pousses et sur les pétioles des feuilles. À mesure que les pousses croissent, les taches s'étendent et deviennent grisâtres au centre; et à la fin de la saison elles peuvent avoir envahi complètement les tiges. La plante souffre plus durant la deuxième saison, alors que la maladie s’est tellement étendue qu’une grande partie des tiges est atteinte et que l'humidité n’arrive plus jusqu’au fruit, ce qui l'empêche de se bien développer, et cause souvent la mort de la tige. Cette maladie se propage en été par des spores disséminées par le vent et la pluie. On suppose que la maladie, l’hiver, reste à l’état latent, sous la forme du mycèle du champignon, dans les espaces intercellulaires de la tige.
L'application du poison n’a guère servi à enrayer cette maladie, quoique quelques expérimentateurs assurent avoir obtenu de bons résultats. Les meilleurs résultats ont
6t6 obtenus au moyen de la bouillie bordelaise avant que les feuilles aient poussé au printemps, puis par une deuxième application peu après que les jeunes tiges apparaissent au-dessus du sol. On ‘doit recouvrir complètement les tiges de la bouillie en
; C'est pourquoi il faut bien entretenir les framboisiers et tenir les tiges peu serrées dans les
rangs, Car, si l'air cireule bien, il y a moins de danger que la maladie les atteigne.
Ce sont des mites minuscules d’un blanc rougeâtre ou verdâtre qu’on trouve à la surface inférieure des feuilles; elles tissent au-dessus une fine toile de äls ‘‘sus laquelle elles vivent. Cette toile empêche de les atteindre avec les applications liquides ordinaires. Ces petites créatures se multiplient très rapidement; et on reconnaît bientôt leur présence sur les plantes par la couleur Jaunâtre ou grisâtre marbré que prennent les feuilles, qui ne tardent pas à se dessécher et à tomber.
Remède.—I1 est probable que la plupart des espèces de mites tisserandes passent l'hiver à l’état d'œufs sur les plantes. Les plantations qui ont été une année infestées, devraient de bonne heure au printemps être arrosée parfaitement avec la lotion Chaux-
Pémulsion de pétrole; après quoi, dans les attaques obtinées,-—car elles sont souvent attaquées—on applique sur les plantes encore humides du soufre en poudre au moyen de l’un des instruments appelés fusils à insectes ou soufllets horticoles.
LE GADELLIER.
On ne fait pas au Canada un usage aussi général des fruits du gadellier ou du groseillier à grappes (current) que de certains autres; peu de personnes les aiment crus; et, lorsqu'on les cuit, on en fait ordinairement des gelées, dont seulement une partie comparativement faible de la population fait usage. Dans les parties plus froides du Canada, où l’on ne peut pas produire d’autres fruits, la gadelle est plus en faveur et est d’un usage beaucoup plus général. C’est un fruit sain et rafraîchissant et qui mérite de recevoir beaucoup plus d'attention qu'on ne lui en donne à présent.
Pour obtenir les meilleurs résultats, il faut planter les gadeliers dans un sol riche. Le sol doit aussi être frais, car le gadelier a besoin d se trouvent près de la surface du sol, il souffre lorsque la terre est chaude et sèche. Une terre argileuse riche, bien drainée, est celle qui convient le mieux aux gadeliers, aquoiqu'ils réussissent bien dans Presque tous es sols, Si le sol n'est pas aussi bon qu’il devrait l'être, on y applique, avant de planter, une bonne couche de fumier, qu’on
‘humidité, et, comme ses racines
ent
mêle bien au sol en le pulvérisant. On doit choisir un terrain exposé au nord, où les gadeliers seront moins exposés à souffrir de la sécheresse.
Plantage.
Le meilleur temps pour planter les gadeliers est l’automne. Si on les plante au printemps, ils auront probablement bourgeonné quelque peu avant le plantage, et en conséquence, ils pousseront moins bien durant la première saison. Lorsque :e sol est en bonne condition, les gadeliers, surtout les variétés noires, font une pousse vigoureuse et atteignent une forte taille; il vaut donc mieux leur donner beaucoup d’espace; ils réussiront mieux, et la cueillette des fruits sera plus facile. Six pieds par cinq constituent un bon espacement. Si on les serre davantage, surtout dans un sol fertile, ils se nuisent l’un à l’autre avant qu’il soit temps de renouveler la plantation. Les plantes vigoureuses d’un an sont les meilleures; mais des plantes de deux ans valent mieux que celles d’un an mal racinées. Il vaut mieux planter plutôt profondément que pas assoc II est bon de planter les gadeliers d’un pouce, au moins, plus profondément qu'ils n'étaient plantés dans la pépinière. Il far . bien tasser le sol autour des jeunes plantes, pour qu’elles ne risquent pas de sécher. Après le plantage, on égalise la surface du sol et on l’ameublit pour qu’elle retienne mieux l'humidité.
Houages.
Comme le gadelier a besoin d’humidité, on commence les houages peu après le plantage, et on maintient tout l’été le sol superficiel bien ameubli. Pendant que les rlantes sont jeunes, les houages peuvent être passablement profonds au milieu de l’espace laissé entre les rangs; mais, lorsque les racines commencent à s'étendre à travers cet espace, il faut houer très superficiellement, car une grande partie des racines est tout près de la surface du sol.
Engrais.
Après la première application de fumier, il n’est besoin d'aucune autre jusqu’à ce que les plantes commencent à fructifier, à moins qu’on ne fasse d’autres cultures dans les intervalles, auquel cas il est bon d’appliquer chaque année en couverture une couche de fumier d’étable bien consommé. Si l’on fait seulement une légère application de fumier, il sera très utile d'ajouter deux ou trois cents livres de muriate de potasse à l’acre. La cendre de bois, mêlée au fumier d’étable, constitue aussi un bon engrais. O: ne risque guère de donner trop de fumier à la plantation de gadeliers. Malheureusement, on néglige souvent d’en donner. On doit faire une application d’engrais tous les ans aux gadeliers qui donnent des fruits.
Taille.
Les gadeliers noirs (cassis) et les gadeliers rouges portent la plus grande partie de leurs fruits sur du bois d’âge différent; c’est pourquoi ils doivent être taillés un peu différemment. Le cassis porte la plus grande partie de ses fruits sur du bois de la
saison précédente; il est donc impor’ant qu'il y ait une bonne provision de bois sain d'un ani les gadeliers rouges ot les gadeliers lance produisent leurs fruits sur des éperons (spurs) qui se développent sur k bois rieux de deux ans et de trois ans: il est donc important, lorsqu'on les taille, de réserver suffisamment de bois de deux ans ou plus; mais comme les fruits Pur un bois très vieux sont moins bons que sur un bois plus jeune, il vaut mieux s’en tenir surtout au bois deux ans et de trois ans pour lui faire porter des fruits. T1 peut être nécessaire de le tailler un peu à la fin de la première saison, après }, plantage. De six à huit tiges principales, ou même moins, avec leurs branches latérales, si elles sont bien distribuées, porteront une bonne récolte de fruits. Dans la suite on taillera pour avoir, à chaque saison, de six à huit tiges principales et quelques autres qui poussent pour prendre leur place plus tard. Par une taille annuelle intelligente on peut maintenir la plante suffisamment dégagée pour laisser pénétrer la lumière et le soleil. Il est bon de ae pas avoir de branches de plus de trois ans; car, si on se restreint à cette limite, le bo:: sera plus sain, la pousse plus vigoureuse et les fruits seront meilleurs.
Quand renouveler la plantation.
Une plantation de gadeliers produira un grand nombre de est bien entretenue; mais, si elle est négligée, de quelques années. L'horticulteur devra, d’après l'apparence des gadeliers, décider quand renouveler la plantation; mais, comme on peut renouveler une plantation de gadeliers, avec comparativement peu de peine, il vaut mieux avoir de jeunes plantes prêtes à remplacer les vieilles quand celles-ci donneront des signes de faiblesse. On peut faire, au moins, six bonnes récoltes sux des gadeliers bien cultivés, et dix ou plus s’ils sont dans un sol riche et s’ils sont bien cultivés. gadeliers à l’usage de la famille, on peut leur faire reprendre vigueur en les rabattant tous les deux ans (une moitié des plantes une année, l’autre moitié l’année suivante)
jusqu’au sol et en obtenant ainsi un nouvel approvisionnement de jeune bois vigoureux. :
bonnes récoltes si elle les plantes perdent leur vigueur au bout
Là où l’on n’a que quelques
GADELIERS ROUGES ET GADELIERS BLANCS.
Les gadelles rouges font une excellente gelée, qu’elles sont en grande faveur. On fait chaque ann dérable de gelée de gadelles rouges. On emploie au fection de pâtés et de confiture, acidité, on ne les aime guère sans sucre :
chissants. On aime mieux les
moins que celles du cassis.
Les gadelles rouges restent en bonne :ondition sur les plantes pendant quelque temps après qu’elles sont mûres, et par conséquent il n’est pas nécessaires de les Cueillir aussi tôt que les cassis.
Variétés de gadeliers recommandées,
Variétés rouges-—Pour la culture générale: Pomona, Victoria, C'umberland Red, Red Dutch, Greenfeld, Rankins, Red, Red Grape.
Là où les plantes sont abritées par la neige pendant l’hiver et dans les régions les plus tempérées : Pomona, Victoria, C'umberland Red, Wilder, Cherry, Fay et Red Cross. La variété Perfection est une variété qui promet.
Variétés blanches—White Cherry, Large White, White Grape. Il est possible que dans des sols et sous des climats différents d'autres variétés pourraient réussir également bien.