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LAURENCIN

LAURENCIN (Marie), née à Paris. Expose au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne.

Une amusante tête ébouriffée, aux yeux tour à tour vifs et paresseux de chatte; une âme très franche, très candide, très brutale aussi; elle serait une nihiliste — et elle l’est ! — si on ne la voyait pas dans un intérieur trop « Salon d’Automne », amusant d’ailleurs par tout ce qu’elle a su y ajouter. Ne lit jamais les journaux, à cause des « saletés » qu’elle y trouverait. S’il survient toutefois une guerre, elle en lit quatre. Adore les chansons à deux sous, dont elle tire des eaux-fortes étranges, se passionne pour les élégantes chaussures, qu’elle appelle godasses ! Elle a un harmonium, sur lequel elle joue des poèmes de Montéhus !

LAURE NC IN

Ce n’est pas tout ! Elle se flatte d’un goût très prononcé pour les choses ridicules; elle collectionne les photographies d’un tas de gens qu’elle ne connaît pas. « Le ridicule est très près du cœur »! répète-t-elle. Elle aime un couturier trop fameux — vous devinez lequel! — parce qu’il a un mauvais goût délicieux! Quand elle s’ennuie, elle fait la tournée des chapeaux à 4 fr. 80, afin d’y trouver des bleus, des rouges, des verts et des jaunes, étonnants, extraordinaires, aigres, hurlants, affreux, discordants, charmants, adorables, que les « grandes » modistes n'osent pas placer sur leurs chapeaux ! Pour tout dire, Mlle Marie Laurencin, c’est une manière de petite Louise Michel, frottée à l’épiderme de l’Arétin et nourrie de livres pourrissants !

Peintre, elle a passé par l’atelier Humbert, a contristé ce podagre pion, et n’a pas su plaire à Carrière, son autre maître si transitoire. Elle expose aux Indépendants, au Salon d’Automne ; et, à côté de Robert Delaunay, elle sélectionna des œuvres curieuses, inattendues, perverses et distinguées, dans une galerie parisienne, au cours de l’année 1912.

CUBISTES , FUTURISTES ET PASSÉISTES

Ce fut une floraison de peintures, d’eauxfortes, de dessins et d’aquarelles.

Dans la mémoire restent les Jeunes Filles; la * Noble Compagnie ; Mademoiselle Minute; les Regrets ; le Pont de Passy; les Robinsonnes ; Diane à tachasse ; — et l’esquisse du portrait de Clorinde à côté de la Cantinière .

LE FAUCONNIER

LE FAUCONNIER, né à Hesdin (Pas-de-Calais), en

On, a déjà beaucoup écrit — et depuis les temps les plus lointains — sur la peinture de M. Le Fauconnier. On a célébré ses évolutions — et l’on a bien caractérisé sa manière forte de peindre actuellement, avec beaucoup de pâte, avec beaucoup de métier, avec une très pénétrante intelligence.

Ecrivains français et écrivains hollandais ont >

fait fête à ces réelles prouesses picturales qui, pour venir des Musées, n’en ont pas moins d’originalité. Nus, paysages, portraits — et des natures mortes surtout extraordinaires, solides, apparaissant des profondeurs de la toile, et singulièrement harmonieuses, voilà un puissant labeur, c’est-à-dire la réalisation de tout ce que

CUBISTES , FUTURISTES ET PASSÉISTES

nous percevons de la réalité du monde extérieur.

Dans l’ensemble, aucun charme tout de suite, aucune volonté de plaire; mais pas de la peinture rébarbative, hostile ; au contraire, de la peinture qui, pour être taciturne, est tout de même attirante et même poignante. Les nus, les portraits, portent en eux, indéniablement, une espèce de mal de vivre; puis, à la longue, quand vous faites vos compagnes de certaines de ces âpres toiles, elles vous suggèrent peu à peu la beauté de la méditation, l’enivrement des longs silences...

M. Le Fauconnier s’est libéré lui aussi du cubisme pour suivre désormais une route plus dure. A la puérile curiosité du premier moment il a fait succéder la grande joie de peindre — et de nous étonner avec les simples mots du dictionnaire humain : Jeune Fille; Nu; Nu aux Soucis; Jeune Fille à la Rose; Nu à la Guitare; etc., etc. Aucune littérature; aucune anecdote; aucune composition compliquée; de simples motifs; et des tableaux peints avec la suffisante raison de présenter d’admirables peintures. Il y

LE FAUCONNIER

Photo Galerie Billiet

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