SAINTE FAMILLE
ZADKINE
ZADKINE (Joé), né à Smolensk (Russie), le 14 juillet 1890. Expose au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne.
Zadkine, le plus souvent, taille directement la pierre, le marbre ou le bois. Sans doute, il sait ce qu’il doit sculpter ; mais enfin il ne copie pas, patiemment, un modèle en plâtre, comme font presque tous les sculpteurs, quand ce n’est pas un praticien qui intervient.
Rodin, lui, n’a jamais fait que du modelage. Quand on le représente, au cinéma, tapant dans un marbre, c’est pour la mystification de Monsieur Sacha Guitry et des Guitrys qui suivront; cela fait sourire et l’on passe.
La taille directe offre des avantages, c’est indéniable. Respect de la matière, du « volume », du bloc. Respect surtout dû à la sculpture qui
CUBISTES , FUTURISTES ET PASSÉISTES
veut être d’abord simple, sommaire. Le bronze seul, étant fondu, autorise les trous, les bosses, les menues boulettes rapportées, les mille détails qui permirent à Rodin d’être surtout un Michel- Ange « modeleur ».
Zadkine recherche de préférence lebois. Quand il veut nettement se dégager de la sculpture nègre — d’autrefois — , il témoigne, brusquement, d’une personnalité certaine. C’est rapport d’un art moins « rond » que celui de M. Maillol, qui se complaît, lui, à représenter en sculpture les tableaux de Renoir.
Mais les sculptures de Zadkine sont, en somme, le plus souvent, à cheval — si l’on peut dire! — sur la sculpture nègre et sur la sculpture cubiste, dont M. Archipenko demeure le représentant le plus autorisé. Car il y a, quelquefois, des manifestations de sculpture cubiste — ou mise en place de morceaux d’objets hétéroclites, tels que bouts deboîs, plaques de zinc, mirlitons, débris de porcelaine, etc., etc.
On construisit même, on le sait, en Allemagne des maisons cubistes, avec planchers en pente, toits dans la cave et murs formant entonnoirs !...