CHAPITRE II
HISTOIPiE DES ENSEIGNES SECONDAIRES, LEURS PRINCIPAUX TYPES
Gomment les perches portant des rameaux entrelacés ou une couronne d'herbes sont-elles devenues les signa que nous connaissons par les monuments figurés de l'époque impériale? De la manière la plus simple. Dans les temps primitifs, VAger Romanusne s'étendait guère, sauf du côté de la mer. à plus de quelques milles au-delà de l'enceinle du pomocrium. La plupart des expéditions militaires consistaient alors en incursions soudaines sur les territoires des peuples voisins^ ; dès qu'on avait réuni du butin en quantité suffisante, on se hâtait de venir le mettre en sûreté à l'abri des murailles de la ville, ou bien les légions sortaient de Rome pour arrêter les pillages des ennemis ; ordinairement, le sort de la campagne se décidait en un seul combat ; souvent même il n'y avait pas de bataille rangée , mais seulement quelques escarmouches, puis des ravages en représailles. L'expédition durait rarement plus de quelques jours ; en tout cas, elle ne se prolongeait pas au delà d'une saison. Pendant quatre siècles, les Romains livrèrent presque toutes leurs batailles dans un rayon de 2;") kilomètres autour de Rome^: ils pouvaient donc rester en communications
^ On était toujours en état de guerre latent avec ces peuples, sauf les cas d'hospitium ou de fœdus ; alors l'intervention des féciaux devenait nécessaire, avant d'entreprendre une expédition.
2 Lorsque pour la première fois on maintint les légions sous les armes pendant la saison d'hiver, à l'occasion du siège de Véies, il en était de même encore ; Véies est à peine à 16 kilomètres de Rome à vol d'oiseau. C'est
directes et continues avec la ville. Ceci a une grande importance au point de vue religieux. Des rites accomplis au Gapitole, par exemple, pouvaient exercer une action directe et immédiate sur les événements de la guerre, puisque le camp se trouvait établi en vue de la colline sacrée.
En 43(i. Aemilius, engagé contre les Falisques, les A'éiens et les Fidénates, a la plus grande peine à contenir Timpatience de ses soldats, rangés en bataille en face d'ennemis hésitants, mais a le diclateur attendait, les yeux fixés sur la citadelle romaine, que les oiseaux, selon les rites, se fussent montrés favorables et que les augures eussent donné le signal convenu; dès qu'il l'eut aperçu, il lança d'abord sur l'ennemi ses cavaliers poussant le cri de guerre...^ » Or le camp d' Aemilius se trouvait exactement au confluent du Tibre et de l'Anio, par conséquent à 6 kilomètres, à vol d'oiseau, du Capitole. De même, il n'était pas difficile pour les Romains, tant qu'ils ne sortirent pas du Latium, d'aller chercher dans l'enceinte même du pomoerium et de renouveler au besoin les plantes sacrées nécessaires à la célébration des rites de la guerre ou à la consécration des enseignes. Mais quand les opérations se trouvèrent transportées dans le Samnium, en Campanie, en Ombrie ou dans lEtrurie du Nord, quand on descendit jusqu'en Lucanie à la rencontre de Pyrrhus, ou qu'on alla chercher dans leur pays, pour venger d'anciennes défaites, les Gaulois cisalpins, il n'en fut plus de même. Pour la consultation régulière des dieux, on fut alors obligé d'inventer les auspices militaires, c'est-à-dire de transporter hors du pomoerium les auspices qui jusqu'à une certaine époque étaient restés exclusivement urbains. Le chef de l'armée les prenait une première fois sur le Capitole et les emportait avec lui, de manière à conserver le droit de s'en servir ailleurs que dans le temple
seulement dans les guerres du Samnium au ivc siècle que les Romains commencèrent à tenir campagne loin de chez eux. 1 Liv., IV, i8.
urbain. De même on remplaça le»^ herbes ou les feuillages véritables qui surmontaient les enseignes par des couronnes de métal, moins fragiles et plus durables. Cette substitution n'est pas attestée explicitement par les textes, mais elle est tout à fait vraisemblable, et elle a eu lieu pour des rites analogues parfaitement connus. Ainsi les couronnes militaires, d'abord en feuillage, furent ensuite en or. Dans les premiers temps, les triomphateurs ceignaient leur front de la simple couronne de laurier que portait le dieu du Capitole et ils allaient dans son temple lui offrir le feuillage coupé sur l'arbre sacré, pour solenniser leur victoire. Mais de bonne heure on prit l'habitude de déposer dans le sanctuaire des couronnes d'or au lieu de couronnes vertes. En 436, le dictateur Aemilius, après avoir défait les ennemis près de Fidènes, consacre à Jupiter dans le Capitole une couronne d'or du poids d'une livre'. Plus de cinquante ans auparavant, en 49^, la Confédération latine avait déjà fait la même offrande-. Si l'on en juge par ces analogies, ce serait au VI® siècle qu'aurait eu lieu la transformation des enseignes ; mais, pour élucider ce point, les données précises nous font défaut.
Les enseignes romaines de l'époque impériale, telles que nous les connaissons par les monuments figurés, sont surmontées souvent dune couronne, et c'est là vraisemblablement une des formes les plus anciennes des signa manipulaires. D'ordinaire, la couronne est placée verticalement en haut de la hampe ; elle entoure parfois une main ou quelque autre symbole.
La main, ordinairement la main droite ouverte, surmontant seule l'enseigne manipulaire, est aussi très fréquente. C'est sans doute un symbole rappelant le manipulus foeni (la poignée représentée par une main) que la tradition attribuait à Romulus. Plus tard, il est possible qu'on ait vu également
* Liv., IV, 20.
- Liv . II, 22.
dans cette main TemlDlème de la Concorde militaire et que cette interprétation nouvelle ait contribué à vulgariser le type. La lance qui termine beaucoup de signa s'explique d'ellemême. Les" premiers guidons qui vinrent s'ajouter aux ensei- , ^, . gnes animales avaient été
des lances ornées d'une pièce d'étoffe de couleur rouf^e ou bleue : tels furent les vexilles qui servaient d'étendards aux cavaliers. Les enseignes secondaires des légions consistèrent aussi, comme nous l'avons vu, en une lance à laquelle on suspendit des verdures sacrées ou quelque autre symbole.
On s'explique dès lors que les signa de l'époque postérieure soient terminés souvent par une pointe de lance ; il est rare du reste que. sous cette pointe, on ne trouve pas soit une couronne, soit un bâton transversal avec pièce d'étoffe ou avec bandelettes terminées par des feuilles de métal. La lance n'est donc que le support de l'enseigne secondaire de la légion et il est probable qu'elle n'a point par ellemême de signification religieuse, à moins qu'on ne veuille y voir la lance de Mars, la forme peut-être la plus ancienne sous laquelle plusieurs peuples Latins se représentaient le dieu de la guerre ; mais à vrai dire une pareille hypothèse ne repose sur aucun fait précis.
<tes
FiG. 49. — Sii;niim d'auxiliaires.
(D'après Lindenschniit, III, 71.),
Quelquefois encore, le sii^num porte vers sa partie supérieure un bâton transversal auquel tantôt est fixé un morceau d'étoffe, tantôt sont attachées des bandelettes terminées par des feuilles de laurier, de lierre ou de tout autre plante, survivance des verdures sacrées qu'on mettait primitivement en haut des enseignes.
Enfin certains signa ont à leur extrémité un petit bouclier de forme allongée dont la signification est assez obscure et qui, le plus souvent, est inscrit dans une couronne ,/,.; ou se détache sur l'étoffe d'un vexille ou bien est W^H^/ encadré par des bandelettes portant à leur bout |^^^'; des feuilles en métal.
Mais d'autres ornements s'ajoutent encore aux signa secondaires des légions et en surchargent toute la liampe : ce sont des écus ou disques ronds, des couronnes de toute espèce et divers symboles. Il faut voir probablement dans la plupart de ces représentations des récompenses militaires accordées, après quelque exploit, à l'ensemble d'une légion et qui contribuent ensuite à orner les signa : ainsi on inscrit sur nos drapeaux le nom des batailles où secondaire. chaque régiment s'est illustré. Les ornements les plus fréquents sont les disques et les couronnes. Celles-ci, toujours faciles à reconnaître, étaient décernées sans doute à la légion toute entière dans les mêmes conditions qu'à un soldat isolé, et on se figure aisément que les occasions de les attribuer ne devaient pas faire défaut. Quand une légion délivrait une troupe romaine assiégée par l'ennemi, on lui accordait la suprême récompense d'une couronne de gazon ; on lui donnait la couronne murale, lorsqu'elle avait emporté d'assaut une place forte, la navale, quand, embarquée sur des navires, elle avait pris part glorieusement à quelque action maritime. M. von Domaszewski cite à ce sujet un texte intéressant'. <( Pour bien interpréter la couronne de laurier du
' Domasz., F., p. 34.
Vui. 5o.
Siirniini
bas-relief de Mayence^ et les couronnes murales de la colonne Trajane, il faut partir d'un passage de Zonaras, duquel il résulte que les ordres militaires pouvaient être décernés à des corps de troupes tout entiers. Oo xaT' àvoca aovov àcta-T£'JC7avTa TaOTa i^icoio, àXkcx. xal koyoïç 'Ay.i izpa.'zor^ièoii; oXoiç'izccpiiyt-.o^ . Les monuments figurés montrent que les ordres ainsi attribués étaient portés sur les enseignes. Les Romains avaient aussi l'habitude de planter leurs étendards sur les murs des villes prises. PcouiaTot oi twv C£t/ôjv xpaTTjG-avTsç Taç T£ Tr^aaiaç so-TYio-av £7:1 TÔJv Tiupycov^. D'où l'attribution de la couronne murale au corps dont l'enseigne était arrivée la première sur la muraille. » Dans les signa on voit ces couronnes militaires alterner ordinairement avec les disques dont nous parlerons plus bas ; quelquefois deux et même trois couronnes sont superposées ; elles sont toujours placées horizontalement et se distinguent ainsi au premier aspect des couronnes verticales qui ont une autre origine et figurent soit à la partie supérieure, soit plus rarement vers la partie médiane de la hampe ; dans ce dernier cas, elles servent d'encadrement à un autre symbole'^. Ces couronnes verticales ne sont pas des récompenses militaires, mais, comme j'ai essayé de le montrer précédemment, elles constituent l'ornement traditionnel de toute une catégorie d'enseignes à représentations non animales ; elles avaient primitivement une signification religieuse bien précise, et c'est pourquoi elles sont restées plus tard un des symboles essentiels des signa. Leur disposition matérielle dans l'ornementation de l'enseigne empêche de les confondre, je le répète, avec les couronnes, récompenses militaires postérieurement ajoutées.
Moins faciles à expliquer sont les disques, généralement
' Domasz., F., fig. 29.
2 Zonar., 7, 21.
3 Joseph., B. ./., VI, 8, 5.
* Le second cas ne se présente que pour les enseignes des prétoriens ou des auxiliaires.
incurvés sur les bords et bombés au centre, qui apparaissent aussi dans tous les signa secondaires des légions. Le plus simple est d'y voir une autre catégorie de récompenses militaires ^ celle des phalères ou plaques rondes de métal, tantôt unies ou sans autres ornements que leur forme même, tantôt portant, gravée ou ciselée, quelque figure en relief; les soldats por-
,-vs
FiG. 5i. — Ornements militaires. (D'après Lindcnsclimit, ^'I, â.)
taient sur la poitrine ces phalères fixées à des buffleteries. Dans un monument funéraire reproduit par Lindenschmit, on voit un personnage avec des ornements de cette espèce ; d'autre part, sur un bas-relief du musée de Mayence est représenté un aquilifère avec neuf phalères en trois rangées verticales ; les disques y sont absolument disposés comme dans les enseignes et on ne peut pas ne pas être frappé de la parfaite ressemblance des deux séries d'ornements. Certains signa ne comportent, outre le symbole terminal, qu'une rangée de ces phalères, dont le nombre varie alors entre cinq et sept ; le plus souvent, disposées isolément ou par deux ou trois, elles alternent avec d'autres ornements, parmi lesquels on peut citer le globe et le
' Cf. Pauly, art. Signum.
U.Mv. DE Lyo>. — Re>°el.
croissant. Enfin des insignes de légions et particulièrement
des figures animales apparaissent quelquefois parmi ces emblèmes de la hampe.
Ainsi un capricorne est représenté entre unephalère et un globe dans l'enseigne de la XÏV^ Gemina sur un bas-relief de Mayence'.
Un capricorne encore est nettement visible parmi les ornements des signa ficpurés sur certaines monnaies légionnaires de Septime Sévère, et il surmonte même des enseignes dans un type curieux du musée de Vienne^.
Des représentations
FiG. r.2 et 52i'is. Enseignes prétoriennes. (Bas- de dieUXtrOUVCnt place
relief du palais Albani ; la photog-raphie m'en a aUSsi daUS l'omemen-
été obligeamment communiquée par le profes- ... -, . q t-»
seur Garofalo. Cf. Domasz., f., p. 3r.) ^atlOU dcS Signai Par
exemple, sur la colonne Trajane, dans un défilé de troupes romaines, figurent des enseignes prétoriennes, surmontées d'images de divinités, parmi lesquelles la Victoire est aisément reconnaissable^.
' Domasz,, F., fig. 12,
- Domasz., F., fig. 48 à 51.
3 Ces représentations seront l'objet d'une élude plus approfondie dans une autre partie de ce travail, celle où il sera traité des dieux.
* Cf. aussi les signa prétoriens figurés sur le bas-relief du palais Albani et les enseignes à la Victoire de l'arc de Constantin, à Rome.
Quant à l'image des empereurs, elle est caractéristique des enseignes prétoriennes et parfois des signa d'auxiliaires. Elle est introduite aussi dans les légions, à une époque qu'il nous est impossible d'indiquer avec quelque précision, et elle est confiée à des porte-enseignes particuliers, les imaginifères, dont on retrouve fréquemment les traces dans les inscriptions '. Il était interdit, sous la république, de représenter même sur les monnaies l'effigie d'un personnage vivant. César le premier avait violé cette règle, encore s'était-il servi d'un subterfuge. Il est probable qu'une interdiction analogue s'appliquait aux représentations ornementales des signa. Elle cessa au temps des empereurs , et les prétoriens, comme il est naturel, inaugurèrent la coutume d'orner leurs enseignes avec de telles images. Ce fut même une carac-
* Par exemple imaginifères de légions : C. I. L., V, 937 (leg. VII); 736G (leg. V) ; (leg. III August.) ; parfois, dans de longues énumérations de légionnaires, on trouve quelques soldats, dont le nom est suivi de l'abréviation im., qu'on a interprétée soit par imniunis, soit par imaginifer ; (C /. L., "VIII, 2564). — Imaginifères de cohortes auxiliaires : C. I. L., V, <jîy3 (coll. II Thracum); — II, 4o3 (coh. auxil. Gallorum) ; — VII, 760 (coh. I Dalmatarum) ; — etc. — Pour les images d'empereurs dans les légions, voir aussi Suet., Tib., 48. — Tac, Ann., III, 72 et IV, 2.
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FiG. 53. — Imaginifcre.
(D'après Domasz., F., fig. 85.)
téristique de leurs signa qui portent un, deux et jusqu'à trois de ces médaillons. Ils ne présentent pas non plus les phalères, si fréquentes dans les enseignes légionnaires et remplacées ici
par des couronnes plus nombreuses, surtout des couronnes de feuillage.
De plus, comme les prétoriens n'avaient pas d'aigle et que, d'autre pari, cette troupe était devenue peu à peu un des corps les plus importants de l'armée rot '^il^l^^lj U "^^^fk-yi^^ maine, on voulut introduire
r /^fcÉwl ^0IKÊMf^/ dans ses enseignes, à titre de
rappel et comme symbole secondaire, l'oiseau romain ; d'où cet aigle éployé qu'on rencontre presque toujours parmiles ornements des signa prétoriens. Pour le reste, ceux-ci ressemblent assez aux signa légionnaires, sauf la rareté des phalères remplacées par les couronnes et surtout par les images'.
FiG. 54. — Enseignes prétoriennes.
(D'après Cichorius, pi. IV.)
Dans les scènes militaires de la colonne Trajane, l'artiste semble avoir pris soin d'indiquer, au moyen des enseignes, les troupes présentes. Il y a là peut-être une simple convention artistique et il serait imprudent de tirer de ces documents des
' La place des images impériales elle rôle des iniai;inifères dans les légions et les cohortes auxiliaires a été étudié par M. von Domaszewski (F., p. 69 à 73). Dans la légion, l'image de l'empereur était portée sur une hampe particulière et l'imaginilére avait sa place dans la première cohorte (<•/". Vegct., II, (i : « Prima cohors imagines imperatorum veneratur », — et le témoignage pes inscriptions, par exemple C. I. L., III, 6178, 6180).
conclusions relatives aux manœuvres des armées romaines. Toutce qu'on peut constater, c'estqu'uue léi^ion est représentée tantôt par son aigle seule, tantôt par Taigle flanquée de deux signa, quelquefois de trois, tout à fait exceptionnellement par deux signa sans l'aigle ^ Deux légions sont ordinairement figurées par les deux aigles seules, les détachements légionnaires par un simple vexille, les corps prétoriens enfin par leurs enseignes spéciales au nombre de deux ou trois. Les enseignes secondaires appartenant à 'Hr r.*^fl un même corps sont absolu- ^ f^ ^j ment pareilles et les groupes \ /.^ de signa prétoriens sont for- '''
mésaussi d'étendards semblables. Certaines de ces enseignes ont pu être identifiées.
Voici quelques exemples.
Legio I Adjuïhix^.
Aiqle: aigle debout avec un collier autour (lu cou, les ailes droites enfermées dans une couronne murale.
Signa m ' : une couronne, un croissant, six phalères, bâton transversal avec feuilles de métal suspendues à des bandelettes, main droite ouverte dans une couronne.
FiG. Jô. — Enseignes de la Icf^ion I Adjutrix et vexillc d'un détachement légionnaire.
(D'après Cichorius, pi. IV.)
Legio II Trajana'*.
Signum : sept phalères, main droite ouverte.
' Cichorius jjense même que dans l'exemple unicjuc (jiic fournil la colonne Trajane, l'aii^le a dû être fi-^^urée primitivement et disparaître dans un accident arrivé au bas-relief.
•i Cichor., Tr.-Saùle, pi. I, pi. XXXVIII- XXXIX.
' Les signa sont décrits en commençant [jar le bas.
* Domasz., F., fig. 14. — Eph. épigr., II, ^27.
266 CULTES MlLITAIhES DE ROME
Legio Vil Claudia ^
Aigle : ai<;le debout, les ailes ouvertes mais abaissées, sans collier, ni couronne.
Signum : une couronne, un croissant, cinq phalères, un bâton transversal avec feuilles de métal suspendues à des bandelettes, main droite ouverte.
Legio YIII Augusta*.
Signum : un bâton transversal avec bandelettes et feuilles de métal, une couronne, cinq phalères, un autre bâton transversal plus j,^rand, main droite ouverte.
Legio XI Claudia^.
Aigle : aigle debout, les ailes droites et libres, tenant un foudre dans ses serres; la tête manquant, il est impossible de dire si l'oiseau avait un collier.
Legio XIV Gemina*.
Aigle: aigle debout, les ailes droites enfermées dans une couronne de laurier, tenant au bec un gland et un foudre entre les serres.
Sicftiiim : double frange, un croissant, un globe, protome de capricorne, six phalères, une couronne verticale, bâton transversal avec feuilles de métal suspendues à des bandelettes, pointe de lance.
Voici maintenant L^ description de quelques signa prétoriens figurés sur la colonne Trajane.
1° Cinq couronnes dor, deux images, une couronne navale, bâton transversal avec feuilles de métal, aigle dans une couronne, petit vexille-".
2° Une couronne d'or, deux images, une couronne dor, un bâton transversal avec feuilles de métal, aigle dans une couronne, petit bouclier ovale".
* Cichor., pi. XVII-XIX.
2 Domasz., F., lig. i8 a et b.
3 Ici., F., f.g. 4.
* 1(1., F., fig. 3 et 12 ^ Cichor., pi. VIII.
« /(/., pi. XVII-XIX.
3" Une couronne d or, une couronne murale, une image, petit bouclier ovale dans une couronne verticale'.
4" Une couronne d'or, une imag-e, une couronne murale, aigle dans une couronne, petit vexille, pointe de lance-.
5° Une couronne d"or,unephalère (■?), trois images, une couronne murale, petit bouclier dans une couronne, puis un autre sur un vexille '.
6" Quatre couronnes d'or, trois images, deux couronnes dor, aigle dans une couronne, petit bouclier ovale''.
7° Quatre couronnes dor, deux images, une couronne d'or, aigle dans une couronne, petit bouclier ovale, bâton transversal avec feuilles de mélaP.
Les corps craiixiliaires, comme nous l'avons déjà vu.
avaient des enseiiines fort diverses. Nous n'en citerons qu'une seule . consliluée comme suit: frange, un globe, un croissant, aigle éployé tenant un foudre en ses serres, unephalère, un bâton transversal avec deux glands suspendus à des bandelettes, une couronne verticale, au-dessus de laquelle se dresse une pointe de lance ^. On remarquera
FiG. ÔG. — Signum d'auxiliaires.
(D'après Lindenschmit, XI, 6.)
1 Cichor, pi. XXV.
2 Id , pi. XXXIII.
3 Id., pi. XXX et XXXII.
* Id., pi. XXXVII.
5 7(7., pi. XXXVIII.
^ Voir pour de plus nombreux exemples Domasz , F., fig. 8G sq..
dans celte enseigne l'absence de couronnes militaires et Tadjonction du symbole de l'aigle : par le premier signe elle se dislingue des enseignes prétoriennes et, par le deuxième, des enseignes secondaires de légion.