‹ Cultes militaires de RomeChapitre 47 sur 61 · ROLE DES SIGNA DAIVS LES SOLEIVIVITÉS MILITAIRES · texte numérisé non relu

ROLE DES SIGNA DAIVS LES SOLEIVIVITÉS MILITAIRES

Il est inutile désormais d'insister sur le rôle que jouent les enseignes dans toutes les cérémonies militaires : elles y paraissent en tant que dieux de l'armée et à cause de leur caractère sacré y figurent au premier rang ; elles sanctionnent par leur présence les allocutions que prononce le général ou l'empereur, devant elles viennent s'incliner les monarques tributaires ou les rois vaincus, reçus à merci dans le camp romain ; c'est à elles que s'adressent en partie les sacrifices ; et elles défilent en bonne place dans les processions militaires et dans les triomphes.

Uallocufio'* esi le discours solennel adressé par son chef à l'armée en parade : celui qui la prononçait, ayant à ses côtés le préfet du prétoire et parfois d'autres officiers, se plaçait sur une estrade mobile ou sur un tertre de gazon (suggestus, tribunal, caespiticium trihunnl), les troupes se rangeaient en carré autour du tribunal et. au premier rang, s'alignaient les

' Tac , Ann.. I, (Ji .

2 h]., I, Go.

:* Id., II, 20.

* C/"., Pauly-Wissowa, I, p. SjS sq., et Saglio, I, p. C9 sq.

sis^nifère?. La colonne Trajane fournit un certain nombre de

scènes de ce genre ; tantôt l'empereur est placé sur un tribunal, comme pour l'allocution qu'il prononça vers la fin de la première guerre dacique, immédiatement après une luslration de l'armée (Vallocutio était réglementaire en ce cas) ; un[aquilifère et trois signifères prétorien s y présentent leurs enseiofnes.

QuelquefoisTrajan,aulieu de dominer les troupes, est à même le terrain ^ En numismatique^, de pareils

^ Gichorius ; texte, t. II, p 55 (pi. XI) : Trajan sur un tribunal prononce ralloculion réglementaire après la lustration par laquelle s'est ouverte la campagne ; au premier rang- des soldats, face au prince, sont quatre signifères.

P. 134: Trajan sur un tribunal s'adresse sans doute à des troupes de renfort qui arrivent ; un aquilifère et deux signifères représentent là une légion.

P. 208 : Trajan sur un tribunal adresse une allocution aux prétoriens (trois signa prétoriens) après une bataille.

P. 253 : Trajan, à même le terrain, prononce une allocution consécutive à une lustration devant des prétoriens et un détacbement légionnaire (deux signa prétoriens et un vexille).

Cf. p. 3'(2, ;UJ7. etc.

Cf. Petersen ; Die Marcus-Saiile ; pi. XVI (A) ; allocution de Marc-Aurèle ; près du tribunal, deux signa légionnaires et un vexille ; etc. • Cohen, t. II, p. 18 cf. t. I, p. 228-22;) : ADLOGLTio : Galba harangue des soldats, dont un signifère ; .nu deuxième plan un signum encore et un vexille.

FiG. 60. — Les enseignes dans Valloculio. (D'après Gichorius, pi. LXXVll.)

documents abondent : par exemple une monnaie de 1 1 5 après Jésus-Christ représente Trajan sur une estrade, haranguant quatre soldats, dont Tun porte une aigle et un autre un signum secondaire.

Lors de la réception, soit d'un envoyé qui vient faire des propositions de paix, soit d'un chef ennemi qui apporte sa soumission ou son hommage, les enseignes sont rangées aussi autour de l'empereur ou de son légat. Sur la colonne Trajane est figurée l'arrivée au camp romain d'un envoyé dace : un aquilifère et deux signifères, représentant une légion, sont placés derrière Trajane Une monnaie du même empereur rappelle l'histoire de ce prince Parthe qui essaya vainement de se faire roi d'Arménie, et qui, réduit à la dernière extrémité, vint déposer aux pieds de Trajan son diadème royal, avec l'espoir quil lui serait rendu. C'est précisément la scène de l'hommage qui est représentée : l'empereur est assis sur une estrade et accompagné du préfet du prétoire, qui se tient debout près de lui ; autour de l'estrade sont rangés cinq soldats, dout trois au premier plan portent des enseignes et deux au second plan sont armés de la haste ; en bas, le roi Parthamasiris, debout, a la tête nue et les jambes ployées, dans l'attitude d'un suppliant^. L'hommage du vaincu avait un caractère religieux ; il ne s'adressait pas seulement à la personne de Tempereur, mais aussi aux dieux militaires romains, dont celui-ci était entouré. Le roi étranger, avant toute autre démarche, devait donc commencer par un acte d'adoration à l'égard des aigles et des enseignes. Sous Caligula, Artaban, roi des Parthes, sollicita l'amitié romaine, soit

Autre modèle avec quatre signa et un vexille.

T. II, p. 5i/, :

ADLOcuTio AVG. Marc-Aurèlc harangue trois aquiliféres id., p. 5o2 : même légende. Marc-Aurèle harangue cinq soldais dont un aquilifère, deux signifères et un vexillaire, etc., etc.

1 Cichor., pi. XLII, n°^ 147-148.

- Coll., t. II, p. 34 ; l'histoire est racontée par Dio Cass. LXVIII, 17 à aO.

spontanément d'après Suétone, soit qu'il y eût été contraint par L. Vitelliiis, gouverneur de Syrie, comme le prétend Dion. II eut donc une entrevue avec un légat consulaire et « ayant passé TEuphrate, il adora les Aigles et les signa romains, ainsi que les images des Césars^ » Une cérémonie religieuse de ce genre nous a été décrite avec quelques détails par Tacite. Il s'agit de l'hommage de Tiridate, roi d'Arménie, à Néron. Il eut lieu une première fois en Arménie devant les légions, puis à Home, un peu plus tard, en présence de l'empereur. Gorbulon avait exigé que Tiridate déposât les insignes de la royauté au pied de la statue de Néron et ne les reprît que de la main du prince. Les deux armées se déployèrent donc en grand appareil. « D'un côté était la cavalerie [Parthe] rangée par turmes, avec ses insignes nationaux, de l'autre se tenaient les masses légionnaires, avec, au milieu d'elles comme en un temple, l'éclat des aigles, des signa et des images divines. Au centre, sur un tribunal, un siège curule, et sur ce siège la statue de Néron. Tiridate s'avança vers elle, après avoir immolé des victimes selon l'usage, puis il enleva de sa tête le diadème et le déposa aux pieds de la statue -. » La cérémonie à Rome fut plus brillante encore. Tout le forum était entouré de cohortes en armes ; près des rostres, Néron était assis sur un siège curule, en costume de triomphateur, au milieu des enseignes et des vexilles"^.

Dans toutes les cérémonies religieuses qui se passent au camp, lorsque le chef de l'armée consulte les dieux avant de partir en expédition ou de livrer bataille, lorsqu'il purifie ses troupes au moment de pénétrer en territoire ennemi, dans les sacrifices ordinaires et extraordinaires, les enseignes figurent au premier plan. Parmi ces rites, un des mieux connus et des plus caractéristiques est celui de la hislratio : une armée ne

* Suet., Cali;/., i4, « ol Iransgressus Eupliratem, atjuilas et signa Romana Caesarumquc imagines adoravil. »

2 Tac., Ann., XV, 29.

3 Suet.jA'er., i3 ; « iulcr signa mililaria atque vexilla ».

se mellait pas en campagne sans une luslration particulière, le camp était soumis également à des purifications régulières, enfin il y avait des lustralions accidentelles, motivées par des circonstances spéciales : ainsi Trajan accomplit une luslrntio après avoir passé le Danube, sans doute parce que cette opération militaire pouvait offrir certains dangers au point de vue religieux. Chaque fois qu'on fait une de ces cérémonies, les enseignes sont présentes au premier rang, l'ofTiciant s'adresse à elles dans ses invocations, et elles reçoivent les effluves purifiants qui émanent du sacrifice.

Sur la colonne Trajane ou sur la colonne Anlonine^ la lustration est plusieurs fois représentée. Autour du campa lieu la procession, dans laquelle les victimaires conduisent un verrat, un bélier et un taureau (suovetaurilid) ; l'autel orné de couronnes est à l'intérieur du camp dans le prétoire; c'est là que se tient l'empereur, la tête couverte selon le rite romain, tenant une patère avec laquelle il s'apprête à faire la libation; les assistants sont couronnés et portent souvent à la main des rameaux de verdure : enfin des groupes d'enseignes-, qui indi-

' Cichor , Traj. -Saille, lacis cilalis ; — Petersen, Marcus-Saûle, pi. LIV et LXXXIV [A], etc ; — cf. Domasz.,.l/T/<. u. epigr Mil(li.,X\'ï, k) sq. (lusiralio excrcilus).

- Voici la description sommaire des enseif;nes figurant dans deux des lustralions de la colonne trajane :

Cichor., texte: tome II, p. 40 ; planches IX et X; à droite de la tente principale, deux groupes de signa sont plantés en terre. Premier groupe : trois signa prétoriens semblables deux images, trois couronnes d'or, une couronne murale, un aigle dans une couronne et un petit bouclier ovale sur un vexillej ; — deuxième groupe : un aigle sur une base, les ailes éployées et libres avec un anneau au cou ; à droite et à gauche de l'aigle, deux signa secondaires |^cinq disques, un vexille, un petit bouclier dans une couronne, un bâton transversal avec feuilles de métal suspendues à dos bandelettes, et nne pointe de lance ; derrière l'aigle, un vexille avec frange, bandelettes et pointe de lance. Ainsi les troupes (jui assistent et participent à cette liistratio sont des cohortes prétoriennes, une légion entière et une vexillalio d'une autre légion.

Id.., text., t. Il, p. 248; pi. XXXVIII et XXXIX; adroite d'un autel en pierre, près de Trajan, se tiennent deux aquilifères et trois signifères ; les

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quent les troupes présentes, sont d'ordinaire plantés dans le

voisinnge de l'autel, le plus souvent à droite du prétoire et

FiG. 6i. — Les enseignes dans le lustralin.'^{D'aprcs Cichorius, pi. VIII.)

près de la lente impériale; les signifères portent généralement sous le bras une large patère plate d'après Frôhner, un bouclier rond d'après Cichorius ^ .

signa, tous trois semblables, sont formés de quatre couronnes, deux images, une autre couronne, un aigle dans une couronne, un bouclier ovale, un bâton transversal avec bandelettes et feuilles de métal ; les aigles ont l'un les ailes libres dressées, l'autre les ailes dressées et enfermées dans une couronne. Trouj)es présentes: des cohortes prétoriennes et deux légions complètes; Tune d'elles, celle qui a l'aigle avec une couronne murale autour des ailes, est la lég. I Adjulrix.

Cichor. ; pi. LXXVII ; la scène représentée est une lustration dans laquelle exceptionnellement ne paraît aucune enseigne ; l'absence des signa me sem" ble due à ce que ce bas-relief se trouve très resserré entre ses voisins ; l'artiste manquant de place n'a pu faire figurer, comme d'habitude, les signifères.

• Celle dernière hypothèse me parait jjIus vraisemblable : si les signifères avaient une patère destinée à raccom[)lissement des rites du sacrifice, on ne voit guère pourquoi elle serait d'une autre dimension que celle dont se sert

D'autres sacrifices que celui de la lustratio sont représentés sur la colonne Trajane, celui par exemple d'un ou de plusieurs taureaux: des porte-enseignes y sont toujours figurés près de l'autel '.

Il va sans dire que les signa occupaient le premier rang, comme dieux de la légion, dans une cérémonie religieuse qui leur était spécialement consacrée : tous les ans chaque légion célébrait l'anniversaire de son aigle (dies nalalis aquilae)^ chaque corps d'auxiliaires l'anniversaire de ses signa. Malheureusement nous n'avons pas de renseignements détaillés sur ce rite, mais seulement quelques allusions dans les textes ou les inscriptions^.

Au jour de la fête de l'empereur, religieusement observé dans les camps, les signa rehaussaient naturellement la cérémonie ; c'est en leur présence qu'avait lieu le sacrifice, puis le banquet, par lesquels on célébrait cet anniversaire^.

l'officiant, ni pourquoi celui-ci la tiendrait toujours à la main tandis que ceux-là la porteraient sojs le bras.

' Ciclior, text., t. III, p. 53 sq. ; pi. LXII : on voit deux autels et quatre victimes, qui sont des taureaux. A droite, deux signa légionnaires [couronne, cinq disques, une traverse avec bandelettes et feuilles de métal, une main droite ouverte] ; l'aigle, présente partout ailleurs avec les deux signa, manque ici ; M. Cichorius pense qu'elle existait primitivement et qu'elle a dû disparaître par suite de quelque mutilation ; dajirès les signa secondaires, on aurait affaire probablement à la lég. I Adjulrix.

PI. LXIII : sacrifice d'un taureau ; à droite, trois enseignes prétoriennes semblables [trois couronnes, image, couronne murale, couronne, image, couronne, aigle dans couronne, couronne, petit bouclier .

PI. LXXXV : sacrifice d'un taureau ; troupes présentes : des cohortes prétoriennes et un détachementlégionnaire. Signa : trois signa prétoriens [deux couronnes, image, couronne, image, couronne murale, traverse, couronne, image, couronne, aigle dans une couronne;, — et un vexille avec franges.

• Par exemple, C.I.L., II, 2552 (iCiJ après Jésus-Christ): « Jovi Optimo Maximo pro salute M.Aurelii Antonii et L.Aurelii Veri Augustorum oh natalem agrut7ae vexillariorum legionis VII Geminae, sub cura Licini Paterni centurionis legionis ejusdem et .. JuliJuliani antesignani legionis ejusdem... etc. »

C.I.L., II, 2553 (167 après Jésus-Christ) : « Jovi Optimo Maximo pro salute M. Aurelii Antonii et L. AureliiVeri Augustorum ob natales sif/norum vexillariorum cohortis III Celtiberorum, sub cura » (suivent divers noms propres).

■^ Ain«i Tii. Ruinart ; Acta primorum Martyrum, 1689, p. 3 12 .«q. (acla

On a vu déjà que, dans l'ordre de marche, les signa étaient placés au milieu de la colonne, après les extraordinarii et les cavaliers, et avant Tinfanlerie formée en cohortes. « Alors venaient les tribuns et les officiers supérieurs, avec une escorte de soldats choisis, ensuite, entourée des enseignes, l'aigle qui chez les Romains est à la tête de chaque légion... Ces emblèmes sacrés étaient suivis par les trompettes ^ » Lorsque l'empereur partait solennellement pour une expédition ou en revenait, ou bien lorsque, dans une occasion extraordinaire, on voulait transformer l'ordre de marche habituel en une sorte de procession militaire, on plaçait en tête le groupe des enseignes avec les trompettes; derrière venait l'empereur, puis la cavalerie. Sur les monnaies figure souvent une réduction de cette scène, avec la légende adventvs ou profectio avg. ; l'empereur à cheval est précédé en général par un groupe d'enseignes, il est suivi tantôt par des enseignes encore, tantôt par des soldats, quelquefois par une Victoire qui le couronne".

Tacite décrit l'entrée solennelle de Vitellius à Rome, en indiquant la place exacte des aigles, des signa secondaires, ainsi que des enseignes de cohortes auxiliaires. « Vitellius voulait partir du pont Milvius, sur un cheval magnifique, revêtu du paludamentum et ceint du glaive, en poussant devant lui le

sancti Marcellt cenlurionis) ; « in civitate Tingitaiia... advenit natalis dics imperatoris ; ibi cum omnes in conviviis epularenlur atqiie sacrificarent, Marcellus quidam ex centurionibus legionis Trajanac,.. rejeclo cingulo militari corani sifjnin lerjionis quae tune aderant... clara voce testatus est... etc. »

1 Joseph., in, 6 ; c/". V, 2.

2 Coll., l. II, p. 5o2, n'^ 3Gi : adventys avg. M. Anrèle en paludamentum, lient un spectre et un trophée et se dirige vers un arc de triomphe ; il est précédé de deux signifères et suivi delà Victoire qui le couronne.

/(/., p. 5o5, n" 376 : profectio avg. M. Aurèle et un cavalier galopent à droite avec le manteau flottant ; ils sont précédés et suivis d'un signifère.

Id., III, p. 3G2, n" H: adventvs avg. — Vaisseau avec des rameurs ; à la poupe, les trois empereurs (Sévère, Caracalla et Gela)assis et le pilote debout; à l'extrémité, deux signa.

Quelquefois, l'empereur est à cheval, seul ou précédé d'un soldat, mais sans enseignes: t. III, p. ■ï^f^^ n"' 7 et if) (adventus), et t. III, p. 37"), n"'* 343 sq. (profectio).

sénat eL le peuple ; mais ses amis le délournèrent d'entrer ainsi dans Rome comme dans une ville prise ; il mit donc la prétexte et s'avança dans l'ordre de marche suivant: en tête les aigles de quatre légions entourées d'autant de vexilles pris dans d'autres légions, puis les signa de douze ailes, et, après les légions, la cavalerie; enfin trente-quatre cohortes rangées par nations ou d'après la variété des armes. En avant de chaque aigle marchaient les préfets de camp, les tribuns et les premiers centurions, vêtus de blanc'.., ».

Quand on rapporta d'Asie les restes de Germanicus, Tibère envoya deux cohortes prétoriennes à Brindes. « Les cendres étaient portées sur les épaules des tribuns et des centurions; en tête du cortège venaient les enseignes sans ornements (incompta signa) et les faisceaux renversés*. »

Enfin dans la pompe du triomphe, les enseignes romaines défilaient en tète des légions, tandis qu'avec le butin figuraient, disposés en trophées sur des chars, les étendards des vaincus; c'était un des plus clairs symboles de la défaite, les dieux militaires faits prisonniers en même temps que leurs adorateurs et promenés triomphalement dans Rome. Après la cérémonie, ces enseignes servaient à orner les temples, les basiliques, les édifices publics^.

Dans les espèces de cavalcades militaires organisées par les empereurs du iii^ siècle pour amuser le peuple, on faisait aussi défiler toutes les enseignes de l'armée, avec les étendards des différents collèges. Trebellius PoUion. un des historiens de l'histoire Auguste, décrit une pompe de ce genre sous Gallien,

» Tac, Hist., II, 8f).

« Id., Ann., III, 2.

3 Coh., t. II, p. 6, n» iS ; basilica vlpia ; sur chacune des colonnes de côté on voit un trophée de deux enseignes.

Liv.,XL, .")! ; le censeur Lépidus, en 178 avant Jésus-Christ, fait disparaître du péristyle du temple de Jupiter Gapitolin les statues qui le masquaient, et il enlève des colonnes les boucliers et les enseignes militaires de toutes provenances qui y étaient fixées.

en 2G2 après Jésus-Christ*. « Avec une procession formée par le sénat en toge, Tordre équestre, les soldats vêtus de blanc et le peuple entier qui ouvrait la marche, par les esclaves et les femmes qui précédaient avec des torches de cire et des lampes, l'empereur monta au Capitole. De chaque côté marchaient cent bœufs blancs aux cornes dorées portant d'éclatantes housses de soies à deux couleurs; ils étaient précédés d'une double fde de deux cents brebis blanches, et de dix

éléphants qui se trouvaient alors à Rome A droite et à

gauche venaient cinq cents hastes dorées, et on vit défiler en outre cent vexilles qui appartenaient aux différents collèges, les dragons, et enfm les enseignes des temples et celles de toutes les légions. Il y avait aussi des nations simulées, telles

que des Goths, des Sarmates, des Francs, des Perses- »

Mais dans de telles cérémonies les enseignes figurent comme ornements beaucoup plutôt que comme symboles sacrés.

^ Hisl. AuQ. Treh. Poil., Gallieni, duo, chap. 8.

2 « Vexilla cenlena {jraetcrea, quae coUeyiorum erant, dracones et signa templorum omniumque legionum ibant. Ibant praeterea gentes simulatae, ut Golhi, Sarmatae, Franci, Persae... • M. von Domaszewski cite ce passage dans un article du Reinisch. Mus. fiir Philol. (Unteisuchungen zur Romischen Kaisergcschichte, dans Rhein. Mus. f. PhiL, t. aj (1902), p. 5n sq., et l'interprèle d'ailleurs d'une façon un peu difTérente de la nôtre : d'après lui, il s'agit des 100 vexilles des collèges, des dragons (enseignes des auxiliaires barbares), des images des dieux tirées des temples et enfin des signa légionnaires. Nous pensons au contraire que l'auteur fait allusion aux enseignes fixées en trophées sur les murs et les colonnes des temples (voir plus haut).

Cf. Ilist. Au^r. ; Flav. Vopisc. Aurelianus, chap. 34 ; description du triomphe d'Aurélien : « Jani populus ipse Ronianus, jani vexilla collegiorum atque castrorum et catafractarii milites et opes regiae et omnis exercitus et senatus... multum pompae addideranl. »

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