‹ Cultes militaires de RomeChapitre 53 sur 61 · CONCORDIA · texte numérisé non relu

CONCORDIA

C'est une très vieille déesse romaine. Son premier temple date de l'année 36- avant Jésus-Christ et fut élevé à la suite de dissensions entre les patriciens et la plèbe. Concordia représentait— dans la vie privée, l'affection entre les parents, les frères ou les époux — dans la vie sociale et publique les bons rapports des citoyens entre eux, les relations pacifiques des provinces et, sous l'Empire, l'entente entre les Césars et les Augustes, — enfin, au point de vue militaire, elle symbolisait la fidélité des soldats envers l'empereur. Cette dernière forme est la seule qui nous intéresse ; à partir de Vespasien surtout, les monnaies en offrent des exemples très nombreux, parmi lesquels on n'a que l'embarras du choix. C'est la Concorde de l'armée ou des armées, des soldats, des légions, la Concorde des cavaliers ou celle des prétoriens*. Souvent elle est représentée sous la figure d'une femme debout, tenant de chaque main une enseigne : ces signa varient selon les exemplaires ; c'est tantôt une aigle ou un signum surmonté d'une

1 Coll., t. I. p. (58 et Chj.

2 /(/., t. VIII, p. 224, 239, 243.

3 Cf. Consensus Exercituum; l'Accord des Armées est exprimé soit par deux sif^niféres se donnant la main (Coll., t. I, p. 274 [Vespasien], soit par une fipfure virile portant une haste et une aigle romaine (Mars d'après Cohen, t. I, p. 262, plusieurs types).

* En légende « Concordia exercitus ou exorcili, exercituum, militum, legio num, equiluin, praetorianorum ».

couronne, tantôt deux signa manipulaires, tantôt une enseigne principale ou secondaire avec un vexille^ ; rarement ce sont d'aulres emblèmes, victoire^, branche d'olivier et corne d'abondance^ ou patère et double corne d'abondance'', quelquefois la déesse est debout près d'un autel allumé"'. Ailleurs, la Concorde militaire, au lieu d'être personnifiée, est exprimée par un symbole; deux mains jointes tenant une enseigne^, ou bien encore quatre enseignes placées les unes à côté des autres^. Au iv^ siècle, à la figure féminine portant deux enseignes, est substitué parfois l'empereur lui-même, tenant de chaque main un labarum^.

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