‹ Cultes militaires de RomeChapitre 55 sur 61 · PIETAS · texte numérisé non relu

PIETAS

Une figure analogue aux précédentes est celle de la Piété militaire ; elle n'apparaît d'ailleurs que par exception ; on la représente sous la forme d'une femme debout posant la main droite sur une enseigne ; derrière elle, une autre enseigne est plantée en terre ^.

Telles sont les principales ligures symboliques qui ont des enseignes pour attributs ; les unes correspondent à de véritables divinités, auxquelles on rendait un culte, comme Goncordia ou Fides ; d'autres sont de pures abstractions, comme Consensus, et c'est par analogie avec des synonymes verbaux qu'elles ont été personnifiées quelquefois. Mais toutes comportent dans leurs représentations un type traditionnel caractérisé surtout par la présence de l'enseigne : ainsi se décèle la signification avant tout militaire de ces dieux ou de ces symboles.

Du reste, au fur et à mesure que les armées deviennent plus nécessaires aux empereurs pour assurer leur puissance

* Coll., t. III, p. Oo, p. 104, p. i;J5; cf. t. IV p. lyi [Philippe le père].

- Id , t. IV, p. 3i, p. 37; cf. encore t. IV, p. 146 [Gordien]; id., p. 35o [Gallien]; les deux derniers types offrent l'empereur couronné par la Victoire; à ses cotés se dressent deux enseignes; et les lésions dont on affirme la fidélité, sont marquées par des figures symboliques, le Tigre et l'Euphrate d'une part, qui correspondent à l'armée luttant contre les Parlhes et, d'autre part, la Drave et la Save, qui équivalent aux troupes défendant la frontière du Danube.

^ Jd., t. IV, p. i3 [Alex. Sév.]

et leur vie, quand prétoriens et légions se disputent le honteux honneur de faire des Césars et des Aus^ustes, et de récrier ainsi les destins du monde, le militarisme, si je puis dire, pénètre de plus en plus dans la symbolique religieuse. Ainsi, au iv*" siècle, l'enseigne apparaît exceptionnellement comme attribut de certaines figures divines qui, d'habitude, ont un type traditionnel tout différent, et elle donne alors à ces abstractions personnifiées une signification particulière. Par exemple, sur une monnaie de Constantin, avec la légende PACi PERPETVAE, la Paix tient une branche d'olivier d'une main et de l'autre un signum^ ; c'est en quelque sorte l'image de la paix armée, comme nous disons aujourd'hui. Sur une autre monnaie du même empereur, l'Espoir- est symbolisé par un étendard surmonté du chrisme et dont la haste perce la poitrine d'un dragon ; cet emblème belliqueux ne convient guère cependant pour figurer lEspérance et fait regretter la déesse païenne qui relève gracieusement un pli de sa robe et tient à la main une fleur. Enfin citons un dernier type monétaire où la Providence, sous les traits d'une femme debout à la poupe d'une galère, donne la main à une figure militaire qui porte une enseigne^: à cette époque, on se fiait plus à l'armée qu'aux dieux pour diriger la Providence.

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