‹ Cultes militaires de RomeChapitre 60 sur 61 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Telle est Thisloire des signa considérés au point de vue reli" gieux. Depuis les animaux grossièrement sculptés et placés en haut d'une hampe, cpii accompagnaient dans les batailles les clans latins, avant que fût fondée la ville de Romulus, jusqu'aux étendards païens ou chrétiens portés par les derniers empereurs de Rome, l'évolution du culte des enseignes s'est faite lentement. A l'origine, il n'y avait pas d'autres divinités militaires : les clans, dans les expéditions guerrières, emportaient avec eux les images des anciens totems devenus dieux thériomorphiques, ou bien, fixées au bout de perches, les branches des arbres sacrés, qui remplissaient dans les cérémonies religieuses un rôle purificateur ou propitiatoire. Ce furent là les plus vieilles enseignes, non point guidons tactiques ou signes de ralliement, mais dieux concrets, adorés comme tels par les soldats, ou talismans qui assuraient aux hommes de la tribu la protection des Esprits. Peu à peu une distinction s'établit : les signa à représentations animales restèrent, dans l'organisation tactique de la légion, les enseignes principales, tandis que les autres n'eurent plus qu'un rôle secondaire et se multiplièrent au fur et à mesure des besoins. Au contraire, le nombre des enseignes animales, d'origine généralement totémique, était demeuré fixe de très bonne heure, car on n'en acceptait de nouvelles que lorsque de nouveaux clans s agrégeaient à la cité primitive, ou que des contingents d'une autre race venaient

L'.Mv. uL Lyon. — Rbnel. 21

grossir les levées romaines. x\u ii^ siècle avant l'ère chrétienne, cinq animaux sacrés conduisaient les légions: c'étaient FAigle, le Loup, le Cheval, le Sanglier et le Taureau à face humaine. Mais quand se furent fondus tous les éléments ethniques constitutifs de la Cité; quand il n'y eut plus qu'un peuple romain au lieu d'un agrégat de clans confédérés, la diversité de ces dieux mobiles de l'armée n'eut plus de raison d'être, et Marins put réaliser facilement l'unification des enseignes principales : désormais l'Aigle fut le seul guide sacré de la légion, tandis que les signa secondaires, sans perdre complètement leur caractère religieux, étaient mis tous au même rang et réduits de plus en plus au simple rôle de guidons. En même temps on achevait d'organiser officiellement le culte des enseignes, célébré dans le sanctuaire du camp, et qui persista tant que dura Rome.

A partir du i'^' siècle après Jésus-Christ, les habitants de la Capitale du monde et ceux de l'Italie tout entière furent soustraits au service militaire; les armées, devenues provinciales, furent envahies peu à peu par les étrangers latinisés, et même parles Barbares ; grâce au recrutement local, les légions devinrent vite de véritables corps régionaux, avec des surnoms individuels et une histoire ; l'Aigle resta, il est vrai, l'âme religieuse de chacune d'elles, mais dans la plupart se manifesta une tendance à posséder un emblème personnel qui pût orner les enseignes. Ce ne sont pas des dieux nouveaux qu'enregistre ici l'histoire des cultes militaires de Rome, mais des symboles qui sont d'origines très diverses et n'ont guère de commun que leur signification.

Aux camps, le culte de l'empereur éclipse bientôt tous les autres, y compris celui des signa; il pénètre même ce dernier, et certaines enseignes portent comme unique emblème l'image impériale. Dans les grandes cérémonies religieuses de la guerre, les enseignes sacrées entourent le prince, s'il est présent, ou, s'il est absent, sa statue ; et c'est pourquoi, sur les monnaies du lu^ et du iv® siècle, le signum, devenu le symbole de la force militaire, est mis aux mains de Tempereur-dieu.

A partir des successeurs de Constantin, le chrisme remplace quelquefois, en haut de la hampe ou sur l'étolFe des vexilles, l'antique symbole de la couronne ou de la main droite ouverte; mais l'emblème chrétien semble avoir été surtout l'étendard particulier de l'empereur ou de sa garde, et jamais il n'a remplacé à la tête des légions l'Aigle Romaine : jusqu'au dernier jour celle-ci domina les dragons barbares qui, depuis le ir siècle, servaient d'enseignes aux cohortes, et les signa manipulaires, qu'on faisait remonter à lîomulus. Elle ne disparut que sous le flot toujours montant des invasions, avec les dieux au culte desquels elle se trouvait liée et qui, presque tous, étaient plus jeunes qu'elle.

INDEX

Abstractions personnifiées, 21, Jai.

Achille, loG

Açvins, 100, io5.

Aius Locutius^ 21.

Ai<île, 2;{, 26, ;5i, 36, 4o> '^'i sq., 74,

83, 148a i<)o, 192, ig5, 201, 244i

Aigle léontocéphale Ghaldéen,5i.

Albe (Légende ktistique d'), 120.

Allocutio, 297 sq.

Anaïtis, 218 Animaux (Culte des), 4osq., r)G sc[.,

etc.

Antesignani, 3o, 292.

Apollo Conservalor. 223.

Apollo Soranus, 1K8.

Apollo Veiovis, 247.

Aquilia (Gens , lâg.

Aquilifère, 27, 201, 207, 288, 298 sq.

Aquilo, 177 sq.

Arbres (Culte des), 238 sq.

Assur, lâi.

Assyriens (Coutumes militaires des),

Assyriens (Mythes), i36 sq., i5o.

Alhéné Hippia, 107.

Aztèques (Coutumes militaires des).

Bélier, 201, 2i3. 23o Buteo, iGo, 1C4, \(')6.

Capoue (Légende ktistique de), 1^4.

Capricorne, 200, 201, 2i3, 21"), 217

sq., 225, 229, 2G2.

Centaure, 21 3, 228. Centurie, 28, 3o.

Ceres, i3i.

Chaldéens (Cou tûmes militaires des),

Chaldéens (Mythes), 137 sq., i5o.

Chêne, i85, 240, 245 s(|.

Cheval, 3fi, G2 sq., G7, 74, 9G à 112,

192 sq.

Cigogne, 2i3, 226 sq.

Claudia (Gens), i23 sq.

Cohorte (Enseigne de), 23, 27, 3i,

Comanches (Coutumes des), 45.

(loncordia, 225, 258, 27G, 207, 3 16. Consecralio, iHG s(j.

Consualia, 107.

Consus, 107 sq.

Corbeau, G4, 184, ig5.

Couronne, 241 sq., 237 sq.

330 INDEX

Culte (rendu aux signa), 23. 39 sq.,

etc.

Cyhele. 21 S.

Demeter, i32.

Démet er Erinys, 106.

Diana Conservairix, 220.

Dieux militaires, 21, 23, 299, 3io.

Disciplina, 807, 821.

Dragon, 206 sq.

Dragonnaire, 207.

Durniia (Gens), i44-

Egyptiens (Coutumes des), 53 sq.

Egyptiens (Mythes), i53.

Eléphant, 201, 210, 2i3, 23o.

Epona, 107.

Equirria, 109, 11 1 .

Europa, i3G.

Enseignes générales, 26, 19C sq.

Enseignes secondaires, 26, 37, 19C,

234 sq., 2G5.

Enseignes (Origine des), 32, 43, ôT),

')6, 64, 6."), etc.

Enseignes (Nombre des), 29 sq.,

69 sq.

Enseignes particulières à chaque légion, 197 sq.

Enseignes de troupes auxiliaires,

Enseignes prises, 3i, 35, G9, 291,

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