‹ Cultes militaires de RomeChapitre 59 sur 61 · GLORIA · texte numérisé non relu

GLORIA

C'est aussi Tenseigne qui symbolise la gloire, et il semble que plus la victoire abandonnait les légions, plus on multipliait sur les médailles Fimage de la gloire de l'armée ou du peuple romain. Le iv" siècle surtout, de Constantin à Théodose, offre un grand nombre de ces représentations : l'enseigne est ordinairement plantée enterre entre deux soldats casqués, tenant chacun une hasle et appuyés sur un bouclier; pour le signum il y a beaucoup de variantes, mais le plus souvent c'est un vexille sur Téloffe duquel est figurée une couronne ou le chrisme; quelquefois enfin l'empereur portant l'enseigne incarne en lui la gloire de l'empire. C'est le labarum qu'on trouve en pareil cas, comme on peut s'y attendre à la fin du iv* siècle, oii le chrisme figure si fréquemment sur le vexille personnel du prince*.

La figure de l'empereur porte-enseigne, si caractéristique dans les représentations allégoriques de Virtus et de Gloria, et qui apparaît même exceptionnellement dans celles de Concordia et de Fides, devient de plus en plus fréquente, à mesure qu'on avance vers la fin de l'empire. Le pouvoir est alors représenté par la force militaire ; or, la puissance de l'empereur reposant uniquement sur l'armée, il est naturel qu'on mette entre ses mains le symbole de l'armée, c'est-à-dire l'enseigne. L'aigle légionnaire, le signum à la couronne ou à la main droite ouverte, et même l'étendard au chrisme des successeurs de Constantin expriment en ce cas la même idée ; car signa païens et vexille chrétien ont à cette époque une signification plus militaire que religieuse. Le Génie de l'empereur, tenant

• Coh., t. VI, p. i38 [Constantin 1'=''], p. 209 [Delmalius], p. aSa [Constantin II], p. 244 [Constant !«>•], j,. 424 [Procope]; t. VIII, p. 4 [Vétranion],p. 34 [Constance Galle], p. i55 [Théodose].

en main l'emblème de la Force, absorbe en lui pour ainsi dire le Génie de l'armée et les divinités abstraites qui lui font cortège. En ce temps de tyrannie militaire, le culte des foules va naturellement au chef des hommes en état de porter les armes : c'est ce qu'exprime l'image de l'empereur signifère illustrant la légende : principi ivventvtis.

Du milieu duii'^ siècle jusqu'à la fin de la puissance romaine, ces types se multiplient. C'est Antonin le Pieux, vêtu du paludamentum et debout sur un cippe au milieu d'un temple; d'une main il porte une enseigne et, de l'autre, une branche de laurier ^ C'est Salonin dans le même costume et la même attitude ; presque toujours il tient une enseigne^ avec un sceptre, une haste ou un globe, quelqufois deux enseignes ; souvent deux signa sont encore plantés à sa droite*! C'est Constantin avec les deux enseignes en main, ou entre les deux enseignes dressées à côté de lui, ou bien encore debout, dans un quadrige et portant une aigle légionnaire^.

Dans ces représentations infiniment variées, c'est la divinité de l'empereur qui est mise surtout en relief; elle obscurcit, pour ainsi dire, le caractère sacré des signa, qui ne sont entre les mains du prince qu'un symbole de puissance.

1 Coh., t. Il, p. 3riS.

- Id., t. II, p. 485 sq.

3 Id., t. VI, p. 140 sq. — Cf. l. III, p. 207 sq. [Diaduménien], t. VI, p. 5 [Maximin II], p. 209. [Delmalius^, p. 2i.'5 scj. [Constantin II], p. 244 [Constant I"^'], p. 357 [Julien].

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