VICTORIA
Rarement la Victoire est figurée portant une enseigne ; de fait, ses attributs naturels, ceux du reste qui raccompagnent presque toujours, sont la palme et la couronne; le signum caractériserait plutôt, au point de vue symbolique, soit la Valeur, soitla Gloire militaire^, et le rôle des enseignes semble fini, pour ainsi dire, quand arrive la Victoire, qui apporte avec elle les récompenses^. Pourtant les monnaies impériales nous
^ Coll., t. I, p. 363 [Titus, an 77 ap. J.-C.]; la Judée en pleurs est assise sur une cuirasse au pied d*un arbre; derrière elle, un bouclier, un casque et un étendard. Des monnaies frappées Tannée précédente, avec la même intention symbolique, offrent un juif à genoux qui présente une enseigne; Coh , t. I, p. 344.
« Id., t. II, p. 455.
* Par exemple Cohen, t. H, p. 504 8<Im ^^ gehm. ; — de sarm. ;etc.
^ Voir plus bas, chap. 3.
^ On peut se figurer la Victoire de deux manières, soit en action pour ainsi dire, au moment où elle entraîne larmée et triomphe de Tennemi (en ce cas on peut lui mettre en main une enseigne), soit (c*est la conception qui a prévalu) lorsqu'elle est un résultat acquis : elle apporte alors les récompenses obtenues, après le succès, par les troupes victorieuses et par leurs enseignes ; ainsi sous Titus, une monnaie de yS ap. J.-C. offre une Victoire debout couronnant un signum (Coh., 1. 1. p. 373).
montrent, dès l'époque d'Auguste, Victoria debout sur un globe et tenant, soit une couronne et un vexille, soit une palme et une Aigle Romaine ^ Ce type, d'ailleurs exceptionnel, se retrouve dans les dernières années de TEmpire romain, mais le symbole a changé, et c'est une grande croix, au lieu d'un signum, que tient la Victoire représentée sur les médailles de Majorien, de Julius Xepos et de Romulus Augustule*.